31/07/2005« Une seule chose est nécessaire : la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même et ne rencontre personne durant des heures. »
(Rilke)
Où Monsieur Népomucène exprime ses pulsionsMessage personnel illustré de Monsieur Népomucène
C'est avec cette photo de Notre-Dame-de-Paris que Monsieur Népomucène souhaite un excellent jour du Seigneur à tous ses dingues de lecteurs.
Le (non-)blog de Monsieur Népomucène, un (non-)blog catholique, apostolique et romain.Où Monsieur Népomucène lance un appel d'offresI need to fuck. Right now.
30/07/2005Message personnel illustré de Monsieur Népomucène
Monsieur Népomucène va au lit.
Bonne nuit dans l'Europe du Traité de Nice,
tous les fadas !
Surtout, avant de vous coucher,
n'oubliez pas d'éteindre M. Lionel Jospin.
Ah, bah, flûte, il s'est déjà éteint tout seul. Bon, tant pis.
Monsieur Népomucène du 20 juillet 2005 au 30 juillet 2005
Dix jours ? Dix points !
I.
Plein de rencontres intéressantes de gens du monde entier.
Non, rien de sexuel.
II.
Pas pensé à mes dingues de lecteurs, ou si peu.
III.
Rythme assez intense, un peu fatigué.
IV.
Très bien dormi.
V.
Trop mangé. Putain, ce que c'était bon.
VI.
Appris mercredi vers 17h15 une nouvelle concernant P. qui m'a plus qu'enchanté.
VII.
Loin de Paris et à peu près coupé du monde.
VIII.
No surf on ze ouaibe.
IX.
Quasiment pas lu.
X.
Ramené quelques centaines de photos (dont il est possible qu'aucune ne soit publiée sur ce blog), grâce à un monsieur qui pratiquait la photographie de manière compulsive.
Le (non-)blog de Monsieur Népomucène, le (non-)blog d'un primate qui s'épanche trop.
20/07/2005Fermé
A bientôt !
Berlin, 1995 (8)Dimanche 16 juillet 1995
Vendredi, nous avons visité le musée du mur. A l’entrée se trouve une plaque sur laquelle est gravée le visage de Brejnev et où on a écrit un texte en russe. En fait, cette plaque a été posée à l’entrée de la maison de Brejnev après sa mort pour lui rendre hommage mais il y a quelques années Eltsine a trouvé préférable de rendre hommage aux victimes de Brejnev et l’a donnée au musée.
Dans la soirée, nous sommes allés, après quelques temps dans le métro, à une fête franco-allemande près de l’aéroport de Berlin-Tegel. Cela a plutôt bien commencé avec tout un petit groupe dont Joseph que je trouve vraiment sympa. Pourtant, le premier soir, j’avais pensé que ce ne serait qu’un sale gosse. Tout faux. Nous avons pris les « autos tamponneuses », j’étais d’ailleurs avec Joseph. Mais une fille m’a ensuite demandé de garder son sac et lorsqu’elle l’a repris, les autres étaient partis. Alors je suis parti à leur recherche.
J’ai retrouvé un autre petit groupe devant un manège. J’ai hésité : j’y vais ? j’y vais pas ? Une fille a commencé à se diriger vers la caisse. P.*, qui ne voulait pas y aller, m’a demandé : « Tu ne voulais pas y aller ? ». Alors, la charmante demoiselle s’est vivement tournée vers lui et a fait une moue si déplaisante que j’ai préféré faire celui qui n’avait pas entendu la question.
Evidemment, j’en ai voulu à la Terre entière. Je suis parti avec un groupe de filles qui se sont arrêtées) un manège. Alors, je me suis assis devant, à côté de leurs sacs, le visage fermé. Soudain, une dame allemande de quarante-cinq ans environ s’est approchée, m’a donnée plein d’entrées gratuites et m’a dit « Froh ! » ou « Sei froh ! ». Elle est repartie vers son mari et les deux jeunes qui étaient avec eux sas que je puise réagir. Alors ; ,nous avons pu aller à un manège, des tasses tournantes, avec trois des filles qui étaient avec moi. Avant de repartir, nous avons donné ce qui nous restait d’entrées (15-20 peut-être) à trois jeunes qui nous paraissaient sympas et qui nous ont remerciés d’un souriant « Danke schön ! ».
Au retour, ceux que j’avais perdus de vus étaient complètement bourrés : M., N., B., Joseph, Rony (un allemand de la famille de N.). Matthieu m’a dit qu’il avait regretté que je ne sois pas là.
Hier matin, j’ai fait connaissance avec les enfants, revenus de Pologne, puis je suis parti à Dresde avec P. et son fils, C.. Nous avons mangé chez des amis puis nous sommes allés dans la « Säxische Schweiz ». P. a absolument insisté pour m’offrir une cassette vidéo sur la région. Nous sommes rentrés ensuite, nous avons mangé puis nous nous sommes rendus au centre ville, après m’être assuré [sic] en deux tours de pâté de maison que je savais encore faire du vélo.
Le centre de Dresde est très beau et peut-être surtout le soir. Beaucoup de bâtiments reconstruits depuis quelques années mais tous les travaux ne sont pas terminés. Il y a un endroit magnifique, une sorte de cour fermée par des bâtiments assez beaux. Je crois que cela s’appelle « der Zwinger ». Ensuite, nous avons franchi le pont sur l’Elbe et nous sommes assis à un café, juste devant une discothèque qui n’est séparée de l’extérieur que par une baie vitrée.
Les deux P. ont bu chacun 1,5 litre de bière et… ils étaient parfaitement nets. Nous sommes rentrés. Les deux filles aînées, et leurs copains respectifs, étaient rentrées de leurs vacances en France. C’était l’occasion pour les deux P. notamment de boire de nouveau de la bière.
Aujourd’hui, nous avons, P. et moi, visité un musée sur les Indiens et l’écrivain Karl May dont je ne pense pas avoir entendu parler.
Ensuite, nous avons pris un train à vapeur pour Moritzburg (une demi-heure de trajet). Nous avons visité une résidence des rois de Saxe, dont le plus célèbre était Auguste II « der Stark » (le fort). Puis, nous avons mangé et sommes repartis.
P. m’a emmené voir un pont à la construction duquel il avait participé et que nous avons franchis. De l’autre côté, il m’a montré une centrale hydroélectrique qui a un siècle. L’eau circule en circuit fermé du haut ‘une colline vers le bas ie la centrale, puis par le biais de pompes du bas vers le haut.
Lorsque nous sommes rentrés à Dresde, il y avait encore e nouveaux visages. Nous avons mangé (les « copains » étaient partis peu avant le repas), j’ai posté une carte (pour S.) et nous sommes rentrés à Berlin.
L’inconvénient de ce week-end est que j’ai pas mal pensé (pensé et non réfléchi). Inutile de préciser à qui.
Il est 23h. Je vais essayer de terminer Le Sous-sol et me coucher.
Le regard rétrospectif et les notes en italique, c'est pour plus tard.19/07/2005Message personnel illustré de Monsieur Népomucène
Hommage à un homme qui fait l'Histoire
Monsieur Népomucène va au lit.
Bonne nuit dans l'Europe du Traité de Nice,
bande de mabouls !
Surtout, avant de vous coucher,
n'oubliez pas d'éteindre M. Pierre Méhaignerie,
un warrior de la politique*.
[* : La preuve, c'est que M. Méhaignerie a été président du CDS. Et toc !] « Un intérieur bourgeois comme le nôtre, c’est la laideur absolue. Dès qu’un paysan commence à s’élever et se soucie d’avoir un salon, il entre en bourgeoisie, c'est-à-dire en laideur. »
(François Mauriac, Un adolescent d'autrefois) « Il y a loin de se connaître comme éphémère, à le sentir dans sa chair. »
(François Mauriac, Un adolescent d'autrefois) « J’ai vingt-deux ans. J’ai vingt deux ans. C’est déjà assez terrible de ne plus en avoir quinze, de ne plus en avoir dix-huit pour que je songe à m’en réjouir. Je sais que chaque année maintenant sera une marche que je descendrai… Mais je m’arrête sur cette marche de mes vingt-deux ans, enfin je me donne l’illusion de m’y arrêter puisque en fait la Hure ni le temps ne s’arrêtent de couler. »
(François Mauriac, Un adolescent d'autrefois) Berlin, 1995 (7)Jeudi 13 juillet 1995
Ce matin, j’ai écrit une carte pour T.*[…]. Je ne sais pas encore à quelles autres personnes (ni dans quel ordre) j’écrirai. Sans aucun doute aux filles.
Ce matin, nous avons fait cours en plein air. […] Les cours sont un peu ennuyeux mais bon…
Ce midi, j’ai fait lire mon texte Révolution** à quelques personnes. L’une d’elles, je ne nomme pas les personnes dont je ne veux pas me souvenir, m’a aussitôt demandé si j’étais communiste (elle a même dit : « On dirait un partisan de Staline »). Pauvre idiote. […] Ensuite, la discussion s’est généralisée (sic) à la politique. […] Qu’ils sont cons, mais cons…
Cet après-midi, nous avons fait un tour en car dans Berlin. Ku’damm et Kreuzeug ont l’air intéressants***. Ku’damm est en quelque sorte le centre commercial de Berlin-Ouest ; Kreuzeug était le quartier « alternatif ».
Notre guide nous a aussi montré un arc que Chirac avait offert en 1987 pour le 750e anniversaire de Berlin « quand il était normal » et nous a aussi expliqué que des cars français avait eu les vitres brisées, à cause de la sage décision de notre bien-aimé président de la République****.
Ce soir, je ne sais pas si je sortirai ou si je resterai lire. Il pleut beaucoup : il y a des orages depuis la fin de l’après-midi*****. 19h21.
* : disons, en très gros, mon meilleur ami de l'époque. Je le considérais du moins comme tel, même si cela mériterait quelques précisions (ou réserves, non quant à l'affection amicale que je lui portais mais quant au sens que l'on peut donner à l'expression).
** : Un machin emphatique et très court que je préfère ne pas relire, même si je ne crois pas devoir en avoir honte.
*** : Je suis frappé de la manière dont j'expédie les lieux que je visite, les lieux qui sont l'objet même de ma visite, sinon de tout mon séjour berlinois. Je crois m'être toujours senti impuissant pour décrire des lieux, dire des choses intelligentes (ou non) à leur propos. Je pense que je n'ai jamais eu ni la patience ni le goût de m'y intéresser vraiment.
**** : J'ai dû prendre cette histoire des essais nucléaires au sérieux, à l'époque. Aujourd'hui, je crois bien que je m'en branle complètement.
***** : Est-ce à cause de la vue que j'avais depuis la fenêtre de ma chambre, avec ces grands ensembles et ces arbres, ou à cause du climat qui donnerait aux orages d'été plus grande violence à Berlin qu'à Paris ? Toujours est-il que ces immenses éclairs, ce ciel sombre m'impressionnaient fort, me fascinant sans m'effrayer.
Sartrûnet d'amûûûrI.
« L’important [...] est dans l’effet induit de la présence pensante et vivante de Sartre au cours de l’« entrée dans la vie » de certains d’entre nous. Une initiation : Sartre n’était pas un modèle ni un exemple, plutôt un intercesseur entre l’expérience nue de l’existence et le commerce des hommes. Ainsi, nous a-t-il modifiés. »
(Jean Duvignaud)
II.
« Homme de certitudes fondées et temporaires, en situation, Sartre n’éprouvait pas de remords, de besoin d confesser l’erreur ou de multiplier l’autocritique. Il assumait son itinéraire, comme il assumait sens anciennes amours, sans se renier, sans couvrir de mépris un passé et son bonheur. Cela ne lui a jamais interdit ni d’avancer ni de faire retour sur lui-même. »
(Alain Geismar) Message personnelChapi, tu as reçu mon SMS, pendant ton p'tit week-end ? « Avant d’être intolérance à la diversité, la haine de l’autre homme (dont l’antisémitisme fournit le modèle) manifeste l’intolérance du moi devant sa propre responsabilité. »
(Alain Finkielkraut, La Sagesse de l'amour) « La sorcellerie, c’est cela : le monde moderne ; rien n’est identique à lui-même, rien ne se dit car aucun mot n’a son sens propre ; toute parole est un souffle magique : personne n’écoute ce que vous dites ; tout le monde soupçonne derrière vos paroles du non-dit, un conditionnement, une idéologie. »
(Lévinas, Du sacré au saint) 18/07/2005Avis aux dingues de lecteurs de Monsieur Népomucène
Ce soir, c'est sur le blog du jeune Maxouuu qu'une extinction vespérale de personnalité vous sera proposée.
La présidence de la Népomucène World Company remercie le jeune Maxouuu d'assurer aujourd'hui, comme il l'a déjà fait au mois de mai, ce service habituellement proposé sur le (non-)blog de Monsieur Népomucène.
Bonne nuit, dingues de lecteurs du (non-)blog de Monsieur Népomucène. Un peu de poésie dans ce monde de brutes (II)A Georges Izambard (13 mai 1871)
Charleville, [13] mai 1871.
Cher Monsieur!
Vous revoilà professeur. On se doit à la Société, m'avez-vous dit; vous faites partie des corps enseignants: vous roulez dans la bonne ornière. - Moi aussi, je suis le principe: je me fais cyniquement entretenir; je déterre d'anciens imbéciles de collège: tout ce que je puis inventer de bête, de sale, de mauvais, en action et en parole, je le leur livre: on me paie en bocks et en filles. Stat mater dolorosa, dum pendet filius. - je me dois à la Société, c'est juste, - et j'ai raison. - Vous aussi, vous avez raison, pour aujourd'hui. Au fond, vous ne voyez en votre principe que poésie subjective: votre obstination à regagner le râtelier universitaire, - pardon! - le prouve! Mais vous finirez toujours comme un satisfait qui n'a rien fait, n'ayant rien voulu faire. Sans compter que votre poésie subjective sera toujours horriblement fadasse. Un jour, j'espère, - bien d'autres espèrent la même chose, - je verrai dans votre principe la poésie objective, je la verrai plus sincèrement que vous ne le feriez! - je serai un travailleur: c'est l'idée qui me retient, quand les colères folles me poussent vers la bataille de Paris - où tant de travailleurs meurent pourtant encore tandis que je vous écris! Travailler maintenant, jamais, jamais; je suis en grève.
Maintenant, je m'encrapule le plus possible. Pourquoi? je veux être poète, et je travaille à me rendre voyant: vous ne comprendrez pas du tout, et je ne saurais presque vous expliquer. Il s'agit d'arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens. Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète, et je me suis reconnu poète. Ce n'est pas du tout ma faute. C'est faux de dire: je pense: on devrait dire: On me pense. - Pardon du jeu de mots. -
Je est un autre. Tant pis pour le bois qui se trouve violon, et Nargue aux inconscients, qui ergotent sur ce qu'ils ignorent tout à fait!
Vous n'êtes pas Enseignant pour moi. je vous donne ceci: est-ce de la satire, comme vous diriez? Est-ce de la poésie? C'est de la fantaisie, toujours. - Mais, je vous en supplie, ne soulignez ni du crayon, ni - trop - de la pensée:
Le coeur supplicié
Mon triste coeur bave à la poupe etc. ...
Ca ne veut pas rien dire. -Répondez-Moi: chez M. Deverrière, pour A. R.
Bonjour de coeur,
Art. Rimbaud.
Un peu de poésie dans ce monde de brutes (I)Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud « Chaque fois qu’il entendait ce cliché que les victimes n’étaient pas mortes en vain, il sentait monter en lui la colère. »
(Singer) « Si la crédulité, qu’elle soit militante, dévote ou simplement grégaire, consiste bien à écouter sans interpréter, il existe une autre bêtise, présente aussi dans le discours politique, dans le discours religieux ou dans la vie quotidienne, et qui a pour elle les dehors du discernement et le charme de la perspicacité : interpréter pour ne pas écouter, fuir les mots prononcés ou écrits dans le non-dit dont ils portent témoignage, les diluer dans leur contexte, ne voir dans l’homme qui parle que le discours qui se parle à travers lui, et échapper ainsi par une défiance continue à tout ce que peut avoir de tranchant ou de dérangeant une parole étrangère. »
(Alain Finkielkraut, La Sagesse de l'amour) « Pour sa gloire de Dieu moral et pour la gloire de l’homme majeur, Dieu est impuissant. »
(Lévinas, Difficile liberté)
OnirismeRêvé que Robert Badinter, vingt ans après, voulait absolument casser la gueule à tel repris de justice qui avait menacé de kidnapper son fils.
Je crois qu'ensuite il essayait de lui extorquer des renseignements à propos de je ne sais quelle autre affaire en employant ce qu'on appelle la manière forte. 17/07/2005Message personnel illustré de Monsieur Népomucène
Hommage à la littérature contemporaine
Monsieur Népomucène va au lit.
Bonne nuit dans l'Europe du Traité de Nice,
bande de mabouls !
Surtout, avant de vous coucher,
n'oubliez pas d'éteindre Mme Bernadette Chirac,
écrivain contemporain, auteur du célèbre ouvrage intitulé Conversation*.
[* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel]
[* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel] Conversation*
Ce site est rempli de dingues. Et certains sont vraiment grâtinés.

[* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel] Sept expériences angoissantes de Monsieur NépomucèneI.
Parfois, il y a des gens dont la seule beauté fait mal. Je sais, j'ai qu'à ne pas être un crétin superficiel.
II.
Ca fait tout bizarre de dire à un ami, peut-être son meilleur ami : "A dans trois ans". Bon, bah, c'est la vie. A dans trois ans, vieux.
III.
Se sentir à vingt-sept ans comme on se sentait à la veille d'un départ en colonie de vacances. Un peu inquiet, assez stressé devant l'inconnu. De fait, je ne sais pas très bien où je vais. Sera-ce une colonie de vacances ? un club pour personnes âgées ? un monastère où la réflexion avance à pas de géants ? un hôtel à la bouffe infecte ? une colonie pénitentiaire ? un bol d'air frais ? une occasion de rencontres enrichissantes ? les vacances les plus rasoir de ma vie ?
IV.
Certains jours, je fume un peu trop. Du coup, je me sens un peu assommé. Enfin, je suppose que c'est ça. Et puis je ne marche pas assez, ça me ferait digérer et m'aèrerait davantage. Donc je ne suis pas aussi productif que je le pourrai.
Bon, reprendre tout ça en main dès aujourd'hui
V.
Débordant de bonheur pour P. au début de mois, désormais, j'appréhende.
VI.
Problèmes de courrier, semblerait-il.
VII.
Pénurie de certitudes.
Je cherche des certitudes. Vous n'auriez pas des certitudes à me prêter ? C'est pour être plus certain. De tout, si possible, dans tous les domaines. J'ai perdu mes certitudes. Rêve aquatiqueRêvé ce matin de phoques, de raies (oui, le poisson, bande de gros dégueulasses), d'école pour animaux marins, de Jérôme Bonaldi et Muriel Robin assis sur un canapé flottant sur l'eau, de pénuries d'eau potable au sultanat d'Oman et en Birmanie (ou au Vietnam ?), de la plage à Saint-Malo et de la marée qui monte. Il y avait peut-être aussi le jeune Maxouuu quelque part, mais je ne sais plus où. Sans doute aussi quelques assassinats. Amûûûûûûûr« Dans l’amour – à moins de ne pas aimer d’amour –, il faut se résigner à ne pas être aimé. »
(Emmanuel Lévinas, Autrement qu'être ou au-delà de l'essence) « Les hommes parlent, la caravane passe : la bêtise se reconnaît à ce calme cheminement d’un être que ne détournent ni n’affectent les paroles extérieure. Elle n’est pas le contraire de l’intelligence, mais cette forme-là d’intellectualité qui met tous les êtres à sa mesure, et qui résorbe tout commencement dans une intrigue familière. A la bêtise, rien d’humain n’est jamais étranger : ce qui constitue, par-delà le ridicule, sa force inébranlable et sa possible férocité. »
(Alain Finkielkraut, La Sagesse de l'amour) Message personnel illustré de Monsieur Népomucène

Rubens, Le Christ entre les deux larrons
C'est avec ce tableau que je vous souhaite, mon cher Jean, un excellent jour du Seigneur, ainsi qu'à Gaston, qui est d'une amabilité exquise, à la Farkasse, qui est hérétique, à Anatole (prénom fictif), qui a d'excellentes lectures dominicales, -alias- adoré, dont j'ignore quelles sont les convictions religieuses mais que j'adore, et à Pyram, qui est bouddhiste.
Bon jour du Seigneur à tous les autres aussi.
Le (non-)blog de Monsieur Népomucène, un (non-)blog catholique, apostolique et romain.L'injure qui tue

Le (non-)blog de Monsieur Népomucène, un (non-)blog catholique, apostolique et romain.16/07/2005Message personnel illustré de Monsieur Népomucène
Monsieur Népomucène va au lit.
Bonne nuit dans l'Europe du Traité de Nice,
tous les fadas !
Surtout, avant de vous coucher,
n'oubliez pas d'éteindre Mme Adrienne Clarkson,
Gouverneure générale du Canada.
« La manière chercheuse, anxieuse, exigeante que nous avons de regarder la personne que nous aimons, notre attente de la parole qui nous donnera ou nous ôtera l’espoir d’un rendez-vous pour le lendemain, et, jusqu’à ce que cette parole soit dite, notre imagination alternative, sinon simultanée, de la joie et du désespoir, tout cela rend notre attention en face de l’être aimé trop tremblante pour qu’elle puisse obtenir de lui une image bien nette. Peut-être aussi cette activité de tous les sens à la fois et qui essaye de connaître avec les regards seuls ce qui est au-delà d’eus, est-elle trop indulgente aux mille formes, à toutes les saveurs, aux mouvements de la personne vivante que d’habitude quand nous n’aimons pas, nous immobilisons. Le modèle chéri, au contraire, bouge : on n’en a jamais que des photographies manquées. »
(Proust, A l’ombre des jeunes filles en fleur)
« Le visage est cette réalité par excellence où un être ne se présente pas par ses qualités. »
(Lévinas, Difficile liberté)
Conversation*
L’œcuménisme, c'est pas évident tous les jours.
I.
« Pourriez-vous, s'il vous plaît, prier tous les saints du protestantisme pour l’avancement de ma cause ? Je vous en saurais infiniment et éternellement gré.
- Vous savez combien votre cause m'est chère. Toutefois, nos saints sont dépourvus de tout pouvoir d'intercession.
- Excusez-moi de vous le dire mais... vos saints sont des tapettes.
- Réponse publique.
- Oulalalalala. J’ai peur.
- N'ayez pas peur, comme disait votre précédent Premier Secrétaire
- Souverain* Pontife*.
- Le Grand Sachem ?
- Le Très Saint-Père. Le successeur de Pierre.
- L'Antéchrist?
- Qui relève s'abaisse. Je crois que je vais plutôt aller me préparer ma peu-sou. D'ailleurs, ça y est, j'y suis.
- Qui relève s'abaisse. Comme dirait votre chien, vous êtes mon idole incroyable.
- " mon idole incroyable " : ces puritains sont toujours excessifs »
II.
« Ca me fait flipper, ce que vous me dites. Je ne suis au courant de rien.
- Ne flippez pas. Le Seigneur est avec vous. Comme le disait notre bien-aimé Jean-Paul II, trop tôt arraché à notre affection : n'ayez pas peur.
- Les gentillesses d'un idolâtre sont toujours pleines de maladresse. Mais je sais discerner la bonne intention dans votre coeur obscurci par le paganisme romain.
- Le train de vos sarcasmes anglicans roule sur les rails de ma catholique indifférence.
- Faites gaffe aux trains anglais, quand même.
- Hihihihi :) »
[* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel]
Où le jeune Juju vous parle de la mortI.
« L’effarement de l’homme devant la mort porterait à croire qu’il n’a jamais entendu parler d’elle, que c’est une chose qui se produit pour la première fois. Il demeure stupide en face de cet événement, comme si la nature venait de changer une de ses lois et de modifier son cours d’une façon monstrueuse. Il ne comprend pas, il prévoyait tout, sauf cette calamité à laquelle il n’ose donner un nom, qu’il désigne par des périphrases ; il en est tellement surpris qu’il met en doute la vérité de ce qu’on lui affirme et de ce qu’il peut voir de ses propres yeux.
Il faut un grand nombre d’années pour faire sentir à l’homme que sa vie en ce monde ne sera pas éternelle ; il arrive même que la vie tout entière y passe et qu’il ne se rende pas compte de ce qu’il en est avant le point extrême qui le sépare de la mort. La plupart des hommes meurent dans une stupéfaction douloureuse.
Ils se sont établis dans la vie comme s’ils n’en devaient jamais sortir et qu’il dût se faire une exception en leur faveur, car ils conçoivent très bien que leurs proches puissent disparaître. Ils finissent même par s’y habituer. Mais ce qu’ils n’accepteront jamais, c’est qu’eux-mêmes cessent d’exister un jour. L’idée seule leur en paraît si étrange qu’ils ne s’y arrêtent même pas, ou s’il en est que cette idée rend tristes, le monde les appelle des malades.
Cela ne veut pas dire que la mort n’intéresse pas les hommes. Bien au contraire, c’est un sujet qui n’a jamais manqué de les passionner. Ils la trouvent curieuse sous tous ses aspects, horrible ou tranquille. Ils n’écoutent rien avec plus d’attention que le récit d’une mort, les uns volontiers, les autres malgré eux et en vertu de quelque chose d’instinctif plus fort que leur goût. Et il n’importe pas que la personne dont on leur raconte les derniers moments soit en aucune manière remarquable, qu’elle soit connue ou très intelligente ; elle va mourir, et cela suffit.
La vie la plus ennuyeuse et la plus vaine devient prodigieusement attachante au moment où elle va prendre fin. Les dernières heures qu’un être humain passe sur terre revêtent un caractère de solennité extraordinaire. Les moindres gestes du moribond sont observés avec une sorte de religion ; on guette ses paroles, on espère qu’il dira encore quelque chose, on interprète son souffle – et quelques jours auparavant on ne l’écoutait pas. C’est comme si, dans son agonie, il entrait en communion avec une vérité secrète et terrible qui n’a pas encore été révélée aux vivants et dont ils espèrent néanmoins surprendre quelque chose. Le moment le plus important de la vie est-il donc celui où elle va s’éteindre ? Jamais la curiosité humaine n’est plus forte qu’autour d’un lit de mort.
Il semble que l’agonisant soit devenu tout autre de ce qu’il a été pendant sa vie, et que sa personnalité s’anéantisse tout d’un coup pour céder la place à un homme nouveau. Il est déjà loin du monde, il appartient déjà à cette race mystérieuse que nous enfantons et dont nous ignorons tout : les morts. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans)
II.
« Dans un livre, la description d’une mort saisit l’attention des plus indifférents. C’est un sujet dont on ne se lasse pas et dont on ne pense jamais qu’il est traité avec trop de minutie, car c’est le détail qu’on cherche et c’est le détail qui frappe et qu’on n’oublie pas. A-t-il longtemps souffert ? Qu’a-t-il dit ? A quelle heure, à quelle minute est-il mort ? A-t-il su qu’il allait mourir ?
Il est rare qu’un jour se passe sans que, d’une manière ou d’une autre, il soit question de la mort, ou que la pensée s’en présente à l’esprit. Il n’est pas d’exemple qu’une année se passe sans qu’on la sente auprès de soi. Cependant, elle finit par venir à nous. Nous ne la reconnaissons pas. C’est une étrangère. L’idée qu’il ne peut pas mourir est la plus tenace qu’il y ait dans le cœur de l’homme. Jusqu’au moment où elle vient le frapper, il croit à la mort, mais lorsqu’elle est sur lui, il désavoue cette croyance avec un entêtement désespéré. Il y a eu quelque méprise, pense-t-il. Pourquoi mourrait-il ? Il est véritablement impossible qu’il meure ! Il y a la mort et sa mort, et ces deux morts n’ont rien de commun entre elles, sauf quelques analogies verbales. Il dit volontiers que la mort est nécessaire et cruelle, mais il ne parle de la sienne, si on le pousse, qu’avec réserve et sans chaleur. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans) Lecture en cours
 Où Monsieur Népomucène montre qu'il choisit ses photos les plus réussies pour " chatter "
 Trois très récents rêves de Monsieur NépomucèneI.
Rêvé cette nuit que je retrouvais Y., par hasard, dans une rue près de la boulangerie où j'allais acheter le pain lorsque j'étais enfant. Je ne l'appelais pas par son prénom, mais Ali, prénom d'une connaissance commune. Il était accompagné d'un monsieur brésilien et, après m'avoir salué, se mit à parler en arabe à la demoiselle qui m'accompagnait (une demoiselle prénommée Yamina ?). Discussion entre eux à propos d'un homme qu'ils connaissent, qui est une sorte de héros que je ne sais plus quel(s) régime(s) autoritaire(s) a (ont) torturé ; c'est, je crois, Yamina qui éclaire ma lanterne en me traduisant l'essentiel. Nous regagnons par une navette spéciale (enfin, une sorte de grand chariot, un peu comme ces chariots chargés de valises qu'on voit tirés par de petits véhicules dans les aéroports) la partie de l'aéroport où son hélicoptère doit se poser, alors même que je ne sais quelles raisons de sécurité vont paralyser le trafic aérien "officiel" ou "public". Dans le chariot, un nombre assez conséquent d'universitaires se joignent à nous.
Un peu plus tard, je suis avec deux garçons (que je connais certainement dans la réalité, mais je n'arrive déjà plus à me rappeler qui) et nous entrons dans quelques boutiques. L'une, censée être une librairie, s'avère en fait être la boutique d'un photographe, ou du moins d'un monsieur (d'un garçon beau gosse de trente ans habillé comme un vieux monsieur avec un costume austère au possible, ce qui fait que je l'appelle monsieur) qui travaille sur de vieilles photographies, je ne sais pas très bien ce qu'il en fait. Alors que nous entrons dans la boutique, je suis stupéfait de constater à quel point mes deux compagnons de promenade se contre-foutent de la terrible nouvelle que je leur annonce : que Claude Lévi-Strauss est mort*. (Y a-t-il aussi dans ce rêve une lettre de Claude Lévi-Strauss qui m'est adressée ?)
Un peu plus tard, il nous (dans ce nous, je ne sais qui, outre moi, il peut bien y avoir) faut prendre soin d'un bébé qui a peut-être une certaine tendance à disparaître. Je crois qu'à la fin, il échappe effectivement à notre surveillance. Je me propose pour aller annoncer la mauvaise nouvelle à sa mère.
II.
La nuit précédente, rêvé que je revoyais mes grands-parents et mon oncle, chez mes grands-parents. Mon oncle à l'agonie était étendu sur le lit qui était le mien chez mes grands-parents, j'étais sur le lit d'à côté. Tout à coup, entrent dans la pièce ma grand-mère et, un peu en retrait, mon grand-père. Je sais qu'ils se relèvent de leur agonie, ou même déjà de la mort, spécialement pour venir auprès de mon oncle, et peut-être le soulager pendant son agonie.
III.
Il y a deux nuits, rêvé qu'A. m'envoyait un mail me demandant de le rappeler à tel numéro. Je lui réponds froidement en lui demandant s'il a quelque chose à me dire, et, le cas échéant, quoi. Le point de vue que j'exprime dans ce rêve (conforme à mon point de vue dans la réalité) est le suivant : s'il a quelque chose à me dire, il n'a qu'à me le dire directement et tout de suite, par exemple par mail, moi je n'ai strictement rien à lui dire, et ne vois dès lors pas l'intérêt que j'aurais à le revoir.
* : Claude Lévi-Strauss est vivant. Nous ne l'oublions pas. Ne l'oubliez pas.
15/07/2005Message personnel illustré de Monsieur Népomucène
Monsieur Népomucène va au lit.
Bonne nuit dans l'Europe du Traité de Nice,
mes zinzins de lecteurs !
Surtout, avant de vous coucher,
n'oubliez pas d'éteindre le subtil Jacques Balutin.
Où Monsieur Népomucène raconte sa vieWeek-end annulé.
Voilà. C'est tout. Berlin, 1995 (6)Mercredi 12 juillet 1995
J’ai bu entre un litre et un demi-litre [sic] de bière ce soir, sur [nom de lieu]. Je suis donc bien, bien gai. Il est 23h15, je viens de rentrer*.
Aujourd’hui, excursion à Potsdam, au sud-ouest de Berlin. Il faut compter, pour s’y rendre, une à deux heures de S-Bahn**. Nous avons visité le « nouveau palais » de Frédéric II, qui a été construit près du château de Sans-Souci***.
Ce soir, j’ai discuté avec le père de ma « Gästfamilie »**** de la Seconde Guerre Mondiale. Il m’a expliqué que les personnes âgées qui ont vécu cette période étaient divisées. On trouve ceux qui pensent que l’Allemagne a besoin d’un homme fort comme Hitler, vu l’incompétence des politiques, et aussi ceux qui ont combattu ; se sentent parfois coupables et refusent d’en parler. Par exemple, le père de M.L. était aviateur durant la guerre et aujourd’hui refuse d’évoquer cette période.
[…] Il est frappant, aujourd’hui que je suis à l’étranger, de constater combien le monde tourne le dos à la France depuis que Jacques Chirac a décidé de reprendre les essais nucléaires*****. Ainsi, cela fait la une des journaux allemands.
Mon groupe est vraiment sympathique : N. et M., qui sont très liés, très proches, B. et Joseph, deux frères qui habitent Strasbourg, A., un amateur de hard-rock qui me fait penser à Y.
Je suis toujours vraiment gai. Il est 23h28.
* : Est-ce soir-là que j'ai eu avec Joseph la discussion que j'évoquais dans mon post intitulé « Méditation berlinoise » ? Probablement.
** : Je ne comprends pas très bien pourquoi je note ce genre de détails. Ou alors, si, je comprends très bien. Passons.
*** : Je ne me rappelle à peu près rien de cette visite. Peut-être juste une pièce aux murs tapissés de coquillages, quelques images d'un parc, un joueur de flûte traversière jouant la Marche turque aux alentours du palais alors que nous sommes sur le chemin du retour. Mais je confonds peut-être avec une autre (ou d'autres) sortie(s).
**** : Famille-hôte, famille d'accueil.
***** : Il est frappant, aujourd'hui, de constater à quel point, finalement, on s'en branle (et je ne porte pas ici un jugement de valeur). « Vieillir, c’est se retirer progressivement du monde des apparences. »
(Goethe) « La manière dont se présente l’Autre, dépassant l’idée de l’Autre en moi, nous l’appelons, en effet, visage. Cette façon ne consiste pas à figurer comme thème sous mon regard ; à s’étaler comme un ensemble de qualités formant une image. Le visage d’Autrui détruit à tout moment, et déborde l’image plastique qu’il me laisse, l’idée à ma mesure […] l’idée adéquate. »
(Lévinas, Totalité et infini) « Une œuvre d’art devrait toujours nous apprendre que nous n’avions pas vu ce que nous voyons. »
(Paul Valéry) « Il n’est pas sûr que la guerre fût au commencement. »
(Lévinas, En découvrant l’existence avec Husserl et Heidegger)
Alexandre Adler is watching you.
14/07/2005Message personnel illustré de Monsieur Népomucène
Monsieur Népomucène va au lit.
Bonne nuit dans l'Europe du Traité de Nice,
les malades de la tête qui me lisez !
Surtout, avant de vous coucher,
n'oubliez pas d'éteindre le plantureux Luciano Pavarotti.
Soirée thématique chez Monsieur Népomucène
J'm'emmerde-euuh !
Berlin, 1995 (5)Un soir, j'étais seul avec Mme L., nous discutions tranquillement dans le salon. Elle m'a dit que je pouvais la tutoyer.
J'ai fait celui qui ne comprenait pas. Berlin, 1995 (4)Mardi 11 juillet 1995
19h38. Ce matin, les cours étaient plutôt ennuyeux : Astrid, unsere Lehrerin, versuchte, uns zu erklären*, comment prendre le train. Puis nous avons travaillé sur une Bildgeschichte** dont le titre était « Die Wespe »***.
Cet après-midi, nous sommes allés nous baigner dans un lac quelque part dans Berlin-Est/ Puis, nous nous sommes allongés au soleil, tranquillement.
[…] Ah ! Ce soir est prévue une soirée au « Freizeit Forum » […]. Je vais bientôt y aller.
22h31. La soirée était agréable. Visiblement, je ne suis hélas pas le seul intéressé par A.-C. Bon, on verra…
Je fais connaissance chaque jour avec un peu plus de monde. Ce groupe me semble très bien.
En ce moment, je lis Les Nuits blanches de Dostoïevski.
Sinon, que dire d’autre ? Je me sens bien, vraiment bien, et je ne pense nullement au retour. Peut-être n’y penserai-je même que le jour e ce retour. Est-il nécessaire d’en dire plus ? Je ne crois pas.
Je vais encore rester un peu là, à me détendre tranquillement, à lire peut-être. Demain est un autre jour qui, j’en suis sûr, sera tout aussi agréable que celui qui vient de se terminer.
22h45
* : Astrid, notre prof', a essayé de nous expliquer...
** : Bande dessinée. Je crois me rappeler que le but était de nous apprendre quelques variations berlinoises ou saxonnes de la langue allemande. J'appréciais particulièrement le Nix tellement plus simple à prononcer que le Nichts orthodoxe.
*** : « La Guêpe ». Je me rappelle M. L. me demandant au dîner ce que nous avions fait en cours. Je lui répondis : « Ich habe ein Wort gelernt : Wespe » [j'ai appris un mot : guêpe]. Il me parut mi-satisfait mi-amusé de ma réponse ; peut-être même qu'il me félicita. Un autre jour (lors de notre week-end à Dresde ?), il me demandera « Népomucène, was ist das ? », je mis quelques instants à comprendre qu'il me désignait une guêpe qui volait autour de nous et de nos commensaux. Il fut très content de m'entendre clamer : « Eine Wespe ! ».
Où Monsieur Népomucène célèbre encore et toujours l'amûûûûûûr.
 Où Monsieur Népomucène a une vie socialeUn nuage de choupinous a dû s'abattre sur Paris, je ne vois que ça.
Ce midi, il y en a même un qui a pris un verre en terrasse avec moi. « Exister, c’est ça : se boire sans soif. »
(Sartre, L’Âge de raison) « Le je a toujours un pied pris dans sa propre existence. Dehors par rapport à tout, il est intérieur par rapport à lui-même, lié à lui-même. L’existence qu’il a assumé, il y est à jamais enchaîné. Cette impossibilité pour le moi de ne pas être soi marque le tragique foncier du moi, le fait qu’il est rivé à son être. »
(Emmanuel Levinas, De l’existence à l’existant)
Il revient à ma mémoire des souvenirs familiers
Je revois ma blouse noire lorsque j'étais écolier
Sur le chemin de l'école je chantais à pleine voix
Des romances sans paroles, vieilles chansons d'autrefois
Douce France, cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t'ai gardée dans mon coeur
Mon village, au clocher, aux maisons sages
Où les enfants de mon âge ont partagé mon bonheur
Oui je t'aime et je te donne ce poème
Oui je t'aime, dans la joie ou la douleur
Douce France, cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t'ai gardée dans mon coeur
Oui je t'aime et je te donne ce poème
Oui je t'aime, dans la joie ou la douleur
Douce France, cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t'ai gardée dans mon coeur
(Charles Trénet)
Petite annonce nocturne spécial 14 juillet
Beau primate 27 ans bien conservé qui en a une très grosse (bibliothèque) cherche pompier beau gosse avec bite énorme.
Intéressé ?
13/07/2005Message personnel illustré de Monsieur Népomucène
Monsieur Népomucène va au lit.
Bonne nuit dans l'Europe du Traité de Nice,
mes frappés de lecteurs !
Surtout, avant de vous coucher,
n'oubliez pas d'éteindre le tellement tendance Jean-Claude Brialy.
Où Monsieur Népomucène passe aux aveuxGagner quatre mille ou cinq mille euros par mois ne me dérangerait pas. Berlin, 1995 (3)
Spreewald
Je sais, avec ma ouèbecam, c'est hideux, malgré toutes les retouches possibles et imaginables.
Dites-vous qu'en vrai c'est beau.
Je sors m'acheter des cigarettes.
Merci de bien vouloir garder G.A. pendant que je ne suis pas là, les dingues.
Et pour vous remercier, je vous laisse cet espace de libre expression à utiliser pendant mon absence :
Internet, c'est vergi... verni... vertini... vertinigineux !Le compte rendu des activités scientifiques et la présentation des activités scientifiques du dernier congrès des Psychanalystes de langue française consacré à la sublimation peuvent être consultés sur le site de la Société Psychanalytique de Paris. Berlin, 1995 (2)Lundi 10 juillet 1995
Aujourd’hui, tests et visite du quartier. […] La chaleur était absolument écrasante. Le cadre est un mélange de bitume et de verdure.
Ce soir, nous sommes allés dans « Bierhausaufgarten ». Le serveur m’a expliqué en anglais le menu, ou plutôt il a procédé par élimination.
La famille qui m’héberge est sympathique. D’après ce que j’ai compris, même s’ils reconnaissent qu’il y a maintenant un peu plus de démocratie, ils regrettent l’époque de la RDA.
[…]
Ce matin, […] M. nous a fait quelques recommandations : savoir courir vite entre le S.-Bahn (train berlinois) et l’immeuble où on habite, ne jamais prendre le S.-Bahn seul. Chouette…
Je sens que j’ai du mal à écrire, un peu comme si j’en avais perdu l’habitude.
[…]
L’heure serait-elle propice aux bonnes résolutions ? Il me semble que j’ai conscience qu’il me faut me battre, qu’il me faut réagir, agir, vivre.
Je veux trouver la force de me hisser au sommet. Pourtant, je sens qu’une chose pourrait m’en empêcher sans que je le regrette : une amitié, un amour intense(s).
21h32
Berlin, 1995 (1)Nuit du dimanche 9 juillet au lundi 10 juillet 1995
0h30 : Me voilà à Berlin, c'est-à-dire revenu sur Terre, loin de mes rêves. Je suis logé dans les grands ensembles de Berlin-Est, je sens que je vais aimer cette ville. Enfin… mon groupe a l’air sympathique.
Je n’arrive pas à m’ôter de la tête ce rêve que j’ai depuis la lecture de Moon Palace : sillonner les routes des USA avec un ami pendant une année. Partir à l’aventure.
Cet après-midi, j’ai terminé La Fortune des Rougon avant de partir pour l’aéroport (où mes parents m’ont d’ailleurs « pris la tête »). Excellent roman.[…]
Après être arrivés à l’aéroport Berlin-Tegel, nous avons pris le bus, puis le S-Bahn. […] A l’ouest, sur les quais, une « faune » jeune et originale ; à l’est, le désert.
Peut-être aurais-je mieux fait de partir en « Immersion » en Allemagne de l’ouest… ou en Amérique. Enfin… c’est juste l’amertume du premier soir loin de chez moi. On ne peut pas toujours être chez des gens comme les C.*, qui étaient chaleureux et vivaient dans un cadre agréable.
0h48
[* : J'avais passé trois merveilleuses semaines en Irlande chez les C. deux ans auparavant]
« Les bourgeois sont si suffisants dans leur ignorance, si sûrs de leur fausse supériorité qu’on a envie de les enfoncer à coups de pelle dans les égouts comme des rats. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans 12/07/2005Message personnel illustré de Monsieur Népomucène
Monsieur Népomucène va au lit.
Bonne nuit dans l'Europe du Traité de Nice,
les fous !
Surtout, avant de vous coucher,
n'oubliez pas d'éteindre la douce Monica Lewinsky.
« Les Américains commencent par ressembler aux Grecs et finissent par ressembler aux Romains. Le jeune athlète couronné prend de l’embonpoint, puis sombre sous la table ou dans le lit de Trimalcion. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans) Lecture en cours
 « Ecrire, c’est souvent donner une forme précise à des choses qui devraient demeurer inconnues. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans) « Lire peut être la forme la plus basse de l’activité, plus encore qu’un sommeil qui, lui, emmagasine au moins les forces qui nous sont nécessaires. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans) Anti-américanisme primaire d'un écrivain américain« Lieux communs sur platitudes, voilà la conversation américaine. Ils sont effrayants, ces milliers et milliers de gens qui n’ont absolument rien à se dire et qui se réfugient par une sorte d’instinctive pudeur dans le domaines des médiocrités inoffensives et indiscutables. Jamais la moindre idée qui ressemble à une vraie idée, même de l’espèce la plus timide, rien enfin qui soit le résultat d’un effort de l’intelligence. Cette absence d’âme que trahit l’inanité des propos qu’on entend autour de soi fait de ce pays un endroit funèbre. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans) 11/07/2005Message personnel illustré de Monsieur Népomucène
Monsieur Népomucène va au lit.
Bonne nuit dans l'Europe du Traité de Nice,
mes cinglés de lecteurs !
Surtout, avant de vous coucher,
n'oubliez pas d'éteindre le séduisant Maxime Gremetz.
« Je suis de mon temps malgré tout, car c’est la mode de ces temps d’affolement et de désorientation de se réclamer d’un autre siècle, passé ou à venir, en un mot de n’être pas de son temps. Nous avons la rage d’être autres que nous sommes et c’est là une des sources les plus vigoureuses de notre énergie. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans) « Au sein même du bonheur, quelle est donc cette exécrable voix qui nous souffle que ce bonheur doit finir et nous fait souffrir par avance ce qui doit suivre ? « Une minute s’achève, misérable, une minute heureuse que jamais plus tu ne revivras. Elle est partie. Vois ! Je te l’arrache. » C’est ainsi que j’aurais gémi de douleur et de joie en l’entendant jouer, ce soir, lui et son beau sourire, de vieux airs barbares, tristes et plaintifs, à l’heure du soleil couchant. Cependant je songe à demain, demain je le reverrai. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans) Une pipe pour cette fin d'après-midi, c'est possible ? Par avance, merci. Conversation*
« Vous savez que lorsque l'on arrive à Roissy, il n'est plus nécessaire de passer par Paris pour prendre un train ou autre. Les trains passent dans l'aéroport de Roissy. Vous devriez voyager plus souvent.
- Vous êtes allergique à Paris ?
- Aux Parisiens.
- Pourquoi ?
- Parce qu’ils sont neuneus.
- Raciste !
- Ah ? Parce que les Parisiens sont d'une race différente ?
- C'est vous qui le dites !
- Parce que vous présupposez une essence du Parisien qui ferait qu'il est neuneu.
- C'est l'environnement qui le veut. Ce n'est pas de leur faute.
- Monsieur est trop bon !
- Vous savez bien ce que les gens en régions pensent des Parisiens. Même les Canadiens ici pensent la même chose.
- Et qu'est-ce que l'environnement a de particulier pour les rendre neuneus ?
- Ils vivent en vase clos.
- Je le note.
- Ils prennent leur 4x4 dès qu'il faut sortir de la région parisienne
- Je n'ai pas de 4x4. Vous rendez-vous compte que vous les privez d'une bouffée d'air frais, en refusant d'aller à Paris ?
- Je prive qui ?
- Les Parisiens.
- M'en fous ! Qu'ils restent entre eux !
- C'est égoïste.
- Ils le sont eux-mêmes.
- Vous renforcez leur tendance en les privant du charme de votre altérité.
- Que faut-il faire ?
- Allez les voir.
- Qui ?
- Allez voir les Parisiens.
- Pour quoi faire ?
- Laissez tomber. Vous êtes tellement parisien, en fait...
- Ah ! Vous voyez, vous pensez la même chose !
- Je ne pense rien. Je veux dire : vous êtes tellement conforme à la définition que vous donnez des parisiens...
- Je vis en vase clos. Vous donnez à Paris une bien grande surface.
- Ah ?
- Je vis en vase clos car je vais partout dans le monde sauf à Paris ?
- Vous interprétez les choses comme elles vous arrangent.
- C'est vous qui le dites.
- Bonne journée, cher Monsieur !
- Vous voyez, vous ne voulez pas voir la vérité en face : vous fuyez !
- Je ne fuis pas, je vais au café.
- Oui, oui, vous fuyez en fait. Aller au café n'est pas une activité obligatoire.
- Si.
- Pourquoi ?
- Parce que j'ai envie d'un café.
- Vous avez envie et non besoin. Ce n'est donc pas obligatoire.
- Je vous conchie velu.
- Vous fuyez !
- Vous ne savez pas lire ? Je n'ai pas écrit "je fuis", j'ai écrit "je vous conchie velu".
- Vous fuyez !
- Mais non : notez que je reste pour vous conchier encore et toujours.
- Vous fuyez encore !
- Je ne fuis pas, je vous conchie.
- C’est une façon de fuire.
- Fuir*.
- Vous voyez, vous recommencez ! »
[* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel]
« J’estime qu’un homme pour qu’il l’on n’est pas prêt à se faire tuer ne peut vous considérer véritablement comme son ami. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans) « Plonger au plus profond d’un être que l’on aime pour y saisir à vif les sentiments les plus intimes, puis se trouver tout à coup au seuil même du sanctuaire de l’âme, quoi de plus troublant, de plus émouvant ? Sous les apparences, pénétrer l’identité mystérieuse, découvrir une personnalité palpitante de vie et de passion.
Je lui parlais ce soir, à cet ami dont l’affection restera le plus pur et le plus délicieux souvenir de ma jeunesse. Retenu jusqu’alors par une sorte de pudeur, soudain il se laissa emporter par son élan d’amitié ; et alors, ce que je n’eusse jamais espéré il y a quelques mois, vinrent les confidences, les aveux de joies secrètes et de douleurs que l’on cache. Comme pour moi l’amitié, parfaite, sans ombre. De tels moments donnent à la vie sa vraie valeur. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans) Lecture en cours
 10/07/2005OnirismeLa nuit dernière, je crois bien que j'ai rêvé de mon Titcrocounet rien qu'à moi. Je crois que j'étais jaloux parce qu'en fait Titcroco avait rencontré Titcroco, un beau maître nageur. Si vous ne comprenez pas, laissez tomber, moi non plus. « La distinction qu’on fait d’ordinaire entre hommes de génie, hommes de talent, etc., est une erreur fatale que l’on devrait proscrire une fois pour toutes de notre système d’éducation. Répéter à des enfants que les plus grandes œuvres ne peuvent être produites que par des génies est une faute impardonnable, mais leur inculquer l’idée que les génies sont excessivement rares et pour ainsi dire monstrueux, en raison même de leur extrême rareté, est, à n’en pas douter, un crime. C’est décourager les meilleures volontés avant qu’elles aient tenté le moindre effort. Il faudrait au contraire répéter sans relâche que Praxitèle et Vinci sont à refaire, qu’un siècle sans grandes œuvres est une honte, plus que cela, une faute dont chaque individu est coupable. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans) Souvenirs, souvenirsIl me semble bien avoir croisé ce matin L.-P., un camarade de maternelle ou de l'école primaire, que je trouvais peut-être un peu maniéré, et que j'appréciais beaucoup. Il est possible qu'il soit devenu un charmant latin lover pédésexuel, si j'en crois l'impression qu'il m'a faite ce matin (et si c'est bien lui, évidemment). Echange de regards, et c'est tout. Message personnel illustré de Monsieur Népomucène
« Autrefois, au temps des prophètes d’Israël, quel frémissement devait s’emparer des croyants lorsque la main de Dieu suscitait un Elie, un Ezéchiel ou un Jonas, frémissement de crainte et d’amour. Aujourd’hui, le Christ choisit l’homme à qui doit être non pas confié la charge d’annoncer la vérité à venir, amis cette vérité elle-même, ce qui met le pape à je ne sais quelle hauteur au-dessus des prophètes. Or, le calme et l’indifférence du monde moderne à l’égard de cet événement doivent infiniment plaire à quelqu’un qui doit en rugir de satisfaction. Il y a des jours où l’on croirait entendre autour de soi, dans le silence, ses éclats de rire. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans)
C'est avec cette petite citation papiste de Julien Green que je vous souhaite, mon cher Jean, un excellent jour du Seigneur, ainsi qu'à Gaston, qui est d'une amabilité exquise, à la Farkasse, qui est hérétique, à Anatole (prénom fictif), qui a d'excellentes lectures dominicales, et à Pyram, qui est bouddhiste.
Bon jour du Seigneur aux autres aussi.
Le (non-)blog de Monsieur Népomucène, un (non-)blog catholique, apostolique et romain.Souvenirs, souvenirsIl y a six ans aujourd'hui, j'étais le témoin de mon cousin à son mariage (ou plutôt du cousin de ma mère). A la mairie seulement (je lui avais fait savoir que je ne voulais absolument pas être témoin à l'église). Je crois que c'était la deuxième fois de ma vie que je portais une cravate, et je ne suis pas très sûr d'en avoir remis une depuis. 09/07/2005Message personnel illustré de Monsieur Népomucène

Salut, les poulettes !
Monsieur Népomucène vous souhaite un excellent week-end.
« En somme, l’étude est la manière la plus satisfaisante de passer sa vie : elle répand la paix autour d’elle, elle offre un bonheur simple, mais permanent et à l’abri des tourmentes du monde ; c’est une bonne mère qui distribue ses richesses avec prudence et mesure. Ce qui me plaît en elle, c’est qu’elle accède sur l’heure à nos demandes sans entièrement nous satisfaire, toutefois, ce qui serait une faute, puisque alors nous nous écarterions d’elle. Avec une sagesse qu’ignorent les autres passions, elle sait contenter nos désirs sans en tarir la source. Elle est en même temps le moyen et la fin, et on a le sentiment, à vivre sous son ombre, qu’on est perpétuellement en train d’atteindre son but sans pour cela y perdre goût. Me voilà bien sérieux. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans) « Il est agréable peut-être de passer du temps à rêver sur de beaux livres, mais la vocation de l’homme est ailleurs. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans) Méditation berlinoiseI.
C'est drôle, j'étais à Berlin il y a dix ans ce mois-ci. Ca me fait tout bizarre. Pouvoir dire il y a dix ans, alors que c'était hier*.
II.
La première fois que j'en ai pris conscience, j'ai eu envie de protester. Parce que c'est injuste. Parce que c'est aberrant. Parce qu'un pan de ma vie ne peut être si clairement séparé de mon présent. Parce que, tout simplement, ce n'est pas vrai, que cela fait dix ans, puisque c'était hier. Mais je n'avais personne à qui adresser ma protestation, personne qui pourrait me promettre de gommer tout cet intervalle de temps, personne pour me donner un nouveau mois de juillet 1995, personne pour me promettre que juillet 1995 ce serait toujours hier, juste hier, pas plus loin dans le temps.
III.
Un soir, je commence à être un peu bourré. Nous sommes assis sur un banc ou un muret, quelque part à Berlin-Est, dans un quartier à l'architecture fin Leonid Brejnev - début Youri Andropov, auquel, passé les frayeurs du premier soir, ou des premiers jours, je trouverai en fait un charme irremplaçable, et auquel je demeurerai attaché jusqu'à ce qu'Alzheimer ou le cimetière m'attrapent. Chacun a sa canette de bière, je commence à être un peu torché. Je tente vaguement de commencer à dragouiller une fille dont je me rappelle le visage mais dont le nom m'échappe.
Un peu plus tard, ou un peu plus tôt, je discute avec Joseph, qui doit avoir un an de moins que moi, et que je n'ai jamais revu depuis juillet 1995. Un petit con snobinard qui m'a fait horreur lors de notre arrivée par quelques remarques désagréables sur des clochards, et en fait un vrai chic type au coeur d'or doublé, peut-être, d'un écorché vif, qui me surprendra lors d'un excursion, en venant vers moi, en me demandant si ça va mal, et en me disant, sous une modalité à peine interrogative, ou interrogative juste pour la forme, tout ce que je pense à ce moment-là, très exactement les pensées qui occupent mon esprit. Mais nous n'en sommes pas là.
Joseph et moi parlons donc un peu bourrés dans la nuit qui tombe sur Berlin-Est, je ne pense pas que cet échange aura duré longtemps. Nous parlons de nos caractères respectifs. Il me dit qu'à l'âge que j'ai, qu'à dix-sept ans, il pense qu'on a encore dix bonnes années avant la fin de sa jeunesse.
Alors, ça y est, Joseph, c'est fini, la jeunesse ?
IV.
Rien de tout cela n'est grave. Tout cela n'a pas une très grande importance. Rions, rions, et continuons sur le fichu chemin de notre vie.
[* : Mon Snoop' m'a proposé en privé la variante suivante de ce paragraphe : « Oui. Dix ans. C'est drôle. Hier à peine. Le Mur était déjà tombé. » (Marguerite Duras)]
« J’ai connu le bonheur, mais ce n’est pas ce qui m’a rendu le plus heureux. »
(Jules Renard)
« Mais allez-vous-en, si le monde ne vous plaît pas ! Tuez-vous.
- Eh bien, non. Je veux rester, par curiosité. Je veux voir un peu de ce qu’il arrivera. Je souhaite même vivre fort vieux. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans) « L’ambition d’outre-tombe me tient fort peu à cœur. Tant mieux si ce que j’écris peut aider dans les temps à venir des garçons comme moi ; sinon, mon purgatoire n’en sera pas plus amer. Ce que je cherche surtout, c’est de jouir de l’heure présente, par tous les moyens possibles. Je ne connais en fait de restrictions que le commissaire de police et la considération de conséquences ennuyeuses. Ma jouissance est pleine de calcul et la vraie sagesse,selon moi, consiste à trouver la formule qui procure le maximum de plaisir suivi d’un minimum de regrets, puis d’en user à discrétion. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans) AbdelKaderAttitude
Abdel Kader, le chat bolchevique

Par le froid et la famine
Dans les villes et dans les champs
A l’appel du grand Lénine
Se levaient les Partisans
A l’appel du grand Lénine
Se levaient les Partisans.
Pour reprendre le rivage
Le dernier rempart des Blancs
Par les monts et par les plaines
S’avançaient les Partisans
Par les monts et par les plaines
S’avançaient les Partisans.
Notre paix c’est leur conquête
Car en mil neuf-cent-dix-sept
Sous les neiges et les tempêtes
Ils sauvèrent les Soviets
Sous les neiges et les tempêtes
Ils sauvèrent les Soviets.
Ecrasant les armées blanches
Et chassant les atamans
Ils finirent leur campagne
Sur les bords de l'océan
Ils finirent leur campagne
Sur les bords de l'océan. 08/07/2005Message personnel illustré de Monsieur Népomucène
Monsieur Népomucène va au lit.
Bonne nuit dans l'Europe du Traité de Nice,
mes cinglés de lecteurs !
Surtout, avant de vous coucher,
n'oubliez pas d'éteindre Mme Gloria Macapagal Arroyo,
la Présidente des Philippines.
Message personnelP., je suis trop content pour toi. Fonce.
Je t'embrasse. Flash spécial
« La seul manière profitable de lire l’Histoire, c’est de n’y voir qu’une représentation du Moi sous toutes ses faces, de s’y voir soi-même en puissance. Etudiée ainsi, elle devient une sorte de biographie possible de celui qui vient à elle. La pire chose que l’on puisse faire, c’est de s’imaginer que les personnages historiques sont d’une autre étoffe que nous, d’en faire des héros et des demi-dieux et de les respecter tout en nous répétant que jamais nous ne pourrons atteindre les hauts sommets où nous les voyons. Sommets relatifs ! Il faudrait au contraire nous convaincre qu’il n’est rien qui n’ait été fait par l’homme que l’homme ne puisse refaire, en mieux. L’avenir est plein de Renaissances, de XIIIe siècles, d’âges de Périclès. Ou alors l’homme est devenu une créature statique qui ne peut plus avancer, supposition gratuite s’il en fut.
L’Histoire, pour peu qu’on lui permette de devenir plus personnelle, devient une force généreuse et stimulante. Elle nous dit : « Qu’attends-tu. Pourquoi ne te lèves-tu pas pour agir, comme tu l’as fait autrefois ? As-tu perdu confiance, après avoir bâti Persépolis et Babylone ? » »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans)
« C'est le monde que je veux posséder [...] mais cette possession est d'un type spécial : je veux le posséder en tant que connaissance [...]. Et pour moi la connaissance a un sens magique d'approprriation. »
(Jean-Paul Sartre, Carnets de la drôle de guerre)
« Au cinéma. Le Cabinet du Dr Caligari. Tout cela se passe à l’intérieur de quelqu’un. Les décors étranges font penser à une maison bâtie de travers par un enfant qui voit la réalité. Nous sommes tous les personnages, bons et méchants, à tour de rôle, car les monstres dorment en nous-mêmes. La vie, c’est lorsqu’ils s’éveillent et sortent. »
(Julien Green, On est si sérieux quand on a dix-neuf ans)
Message personnel de Monsieur Népomucène

Monsieur Népomucène grimpe immédiatement roupiller lire cent pages de thèse dans son arbre.
Il vous souhaite un joyeux nycthémère.
Valéry Giscard d'Estaing est toujours vivant.
Nous ne l'oublions pas.
Ne l'oubliez pas.
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