Bonjour. Je suis Monsieur Népomucène et je n'existe pas.
Ceci n'est pas un blog.
This is not a blog.
"Je ne voyage sans livres ny en paix ny en guerre".
(Montaigne, "Essais", Livre III, chapitre III)
"Le paradis à n'en pas douter n'est qu'une immense bibliothèque".
(Gaston Bachelard)
J'écoute : la circulation automobile Je regarde : le ciel Je lis : trop lentement, en fait Je joue : uniquement au bureau Je mange : moins, et c'est très bien Je bois : de l'eau minérale plate Je cite : "Le paradis, à n'en pas douter, n'est qu'une immense bibliothèque" (Bachelard) Je pense : à des gens Je rêve : de gens, et d'animaux (mis à jour lundi 15 février 2010 à 17:36)
« Quand je me mets à écrire, moi qui ai une vie simple, j’ai le sentiment d’une existence très riche. Je continuerai à écrire, toute la vie, bien sûr. Je n’ai rien d’autre à faire. Aucun intérêt pour le reste. »
« D’après ce que j’ai vu au cours de ma longue vie, les Juifs, les Arabes et les chrétiens lâchent dans l’air les mêmes pets. Chaque race compte ses gens bien et ses salauds. C’est la couleur du sperme du père et le goût du lait de la mère qui déterminent le caractère de l’être humain, pas la manière dont il prie. »
« J’ai une expérience de la vie relativement limitée. Si bien que les matériaux dont je me sers proviennent de mes propres sentiments. J’appartiens à cette sorte de gens qui agissent peu et pensent beaucoup. Ce que mes personnages représentent, ce sont des situations psychologiques. »
« Les hommes et les femmes qui la partagent [la culture postchrétienne] sont en train de perdre le contact avec des réalités catholiques qui ne leur ont guère été transmises, mais dont la connaissance n’en demeure pas moins indispensable à l’intelligibilité de la société où ils vivent et où ils meurent. »
« Un cynisme et une fourberie diaboliques, unis à la bassesse et à la grossièreté constituent le caractère propre du nazisme. Il faut d’abord surexciter les passions : l’antisémitisme est l’appât qui leur est tendu. La logique même des passions et le terrible entraînement des concessions arrachées au jour le jour à la faiblesse et à la sottise feront le reste ; quand on a mis le petit doigt dans l’engrenage, on finit par y passer tout entier. Celui qui se laisse aller à quelque complaisance, en sort diminué comme homme et comme chrétien ; l’esprit et la conscience en demeurent malades et faussés. On ne fait pas sa part à une maladie infectieuse ; on ne fait pas sa part à l’antisémitisme : il nous met sur le chemin de l’apostasie, une apostasie larvée, car il est le fruit direct d’une doctrine et d’une action foncièrement anti chrétiennes. »
(Henri de Lubac, dans les Cahiers du témoignage chrétien, avril 1942)
« Je crois bien que la patrie et moi nous sommes quittes. Je ne lui dois rien, pas plus qu’à l’humanité en marche vers l’ordre nouveau. J’ai eu neuf mois pour mesurer l’imbécillité de la grandeur. »
Le 29 juin 2006 de Monsieur Népomucène en 5 points
I. D'après ce que j'ai cru comprendre, Lionel Jospin a un peu parlé pour ne rien dire, hier. Bon, maintenant, s'il est candidat, il aura sans doute mon soutien ; simplement, il n'est peut-être pas utile de prendre la parole simplement pour se répandre en circonlocutions.
II. OnirikAttitude. Rêvé la nuit dernière que mon amie inspecteur des finances, de vive voix ou par mail je ne sais plus très bien, m'adressait un reproche selon lequel "on [elle et quelques autres amis] n'existe plus pour toi", au motif que je connaîtrais telle ou telle personne importante.
J'ai ressenti ce reproche puis, au réveil, ce rêve comme une véritable injustice.
Tout d'abord, un petit détail : je ne connais pas de personnes importantes, éventuellement des troisièmes couteaux de tous ordres, pas plus. S'il m'est arrivé de participer à telle ou telle réunion avec telle ou telle personne réellement importante, je ne me rappelle pas qu'on se soit simplement dit "bonjour". Alors, ne parlons même pas de discuter ou de nous présenter l'un à l'autre.
Mais, surtout, si je ne donne plus de nouvelles à cette amie, c'est précisément pour une raison exactement opposée : alors que son parcours a fait quelques bonds ces dernières années, le mien n'a pas exactement connu la même progression. Je me rappelle très bien la gêne éprouvée lors d'un dîner en petit comité en novembre ou décembre 2003, précisément parce que nos parcours, professionnels mais peut-être pas seulement, n'avaient pas exactement connu la même fortune, et que, en comparaison de ceux de mes trois commensaux, dont faisait partie mon amie inspecteur des finances, le mien faisait réellement peine à voir. C'est pourquoi, par la suite, je n'ai, en règle générale cessé de reporter au lendemain, c'est-à-dire, en fait, à une époque où j'y verrais plus clair, à une époque où ma carrière aurait une tronche un peu plus présentable, à une époque où j'aurais répondu à diverses questions de tous ordres que ce (non-)blog n'est pas le lieu d'évoquer, le moment où je devais recontacter deux de mes trois commensaux, alors même que je m'entendais merveilleusement bien avec cette amie belle, intelligente, gentille, intéressante, etc. et que cette amie n'a jamais manifesté le moindre signe de présomption ou d'orgueil déplacé, ni même d'ailleurs d'orgueil bien placé, que je ne m'étais jamais, je crois, jusqu'à ce dîner, senti en position d'infériorité (que ce soit de son fait, de mon fait, ou pour n'importe quelle raison) par rapport à elle.
Voilà pour l'injustice. Mais pourquoi ce rêve maintenant ? J'ai l'impression que mon inconscient me met en garde. L'anniversaire de mon amie inspecteur des finances approche à grands pas, et je comptais bien saisir l'occasion, n'ayant jusqu'alors omis de lui souhaiter aucun de ses anniversaires à elle, alors même que j'ai oublié le dernier anniversaire de mon meilleur ami, pour lui envoyer un petit mot sympathique. Une part de moi, surveillant une autre part qu'elle connaît trop bien, m'avertit : attention, mon coco, le jour dit, ne nous fais pas ton numéro d'indécis chronique, tu n'as aucune raison valable pour tergiverser alors tu lui envoies ce mail, un point, c'est tout.
III. On devrait interdire aux gens-de-gauche l'usage de tout terme abstrait connoté positivement et/ou moralement. Parce que quand ils commencent, ils se lâchent pendant une bonne dizaine de minutes. Accessoirement, ils me donnent aussi envie de passer à l'UMP.
IV. Ici, Monsieur Népomucène va prendre son petit-déjeuner. Trop cool, la vie des singes.
V. Même Claude Chabrol a tourné des films avec Isabelle Huppert. Comme quoi aucun cinéaste n'est parfait.
« On a gagné ! On a gagné ! On a niqué les Espingouins ! On a niqué ces hijos de putas ! On a gagné ! On est les champions ! On est les champions ! On est les champions ! On est les champions ! On a gagné ! On est les champions ! On a gagné ! On est les champions ! On a gagné ! On est les champions !
- Ta gueuuuuuuuuuuuule.
- Mais euh !
- Arf.
- Mauvais Français !
- Mauvais pédé ! »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
« Tu veux pas faire jongleur ?
- Nan.
- L’été, ça rapporte.
- Surtout quand on sait déjà jongler.
- Sinon, tu peux faire clown. T’as déjà les fringues, en plus.
- Salopeuh !
- Je t’aime aussi. »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
Point de vue Mai 2007, quatre enjeux majeurs,
par Lionel Jospin
LE MONDE | 27.06.06 | 14h01 • Mis à jour le 27.06.06 | 14h01
Depuis des mois, on spécule sur les candidatures à l'élection présidentielle. Chez les socialistes, on s'interroge encore sur les candidats à la candidature. Cette situation se clarifiera à l'automne, avec le vote des adhérents du PS.
Cependant, le jeu des personnes ne doit pas dissimuler les enjeux de fond. La France ne peut pas s'offrir sans risque un nouveau rendez-vous manqué avec le peuple. En 2007, les candidats devront s'identifier à des projets clairs pour que les Français puissent faire les choix nécessaires au pays. Cela n'ira pas de soi. Nos compatriotes ont un rapport dégradé à la politique. Si l'on s'entend sur le constat d'échec des présidences de Jacques Chirac - dont les cinq années les plus honorables auront finalement été celles où la gauche a gouverné -, les Français n'ont pas encore décidé comment ils allaient conclure l'épisode.
Notre pays n'est pas en déclin, il est en crise, et cette crise est profonde. Il dispose de nombreux atouts, mais il traverse une dépression, nourrie depuis 2002 par une présidence sans vision, une politique à contresens et deux gouvernements divisés et impopulaires. Les violences urbaines, le mouvement de refus du CPE, les dérèglements d'Etat de l'affaire Clearstream, les déchirements de la majorité, mais aussi la morosité générale sont les symptômes de l'impuissance du pouvoir à traiter les problèmes des Français de manière juste et ordonnée.
A droite, le candidat Nicolas Sarkozy se réclame d'une "rupture", conduite par la même majorité. Mais une rupture avec quoi ? Formé très jeune dans le RPR de Jacques Chirac et dans le sillage de Charles Pasqua, le président de l'UMP, s'il a peut-être rompu personnellement avec le président de la République, reste profondément marqué par le chiraquisme et donne lui-même les preuves de son goût pour l'appropriation clanique de l'Etat et de son obsession de peser sur les médias. Aussi sa véhémence, qui attire certains, fait peur à beaucoup d'autres.
S'il existe un risque de rupture, c'est avec un grand héritage français. Plus atlantiste que gaulliste, plus libéral que keynésien, plus communautariste que républicain, le candidat qui fraie son chemin à droite s'autorise des dérives qui devraient troubler ceux qui restent attachés à une certaine idée de la France.
Notre pays a besoin de se redresser et de se ressourcer. Non pour opérer un retour en arrière, mais pour se remettre en marche, pour être à nouveau fier de lui et pour envisager positivement l'avenir. Les Français doivent se convaincre que nous pouvons nous engager dans le changement du monde sans nous y perdre, et nous confronter aux autres sans cesser d'être nous-mêmes. Les imprécations de l'extrême droite ne nourrissent que des peurs. Les proclamations de l'extrême gauche ne résolvent rien. Pour changer les choses, il faut affronter la réalité et donc assumer l'exercice du pouvoir.
La gauche doit faire en sorte que les élections de 2007 se jouent sur les véritables enjeux du pays. En écho au projet socialiste, j'en évoquerai quatre.
Le premier enjeu est l'enjeu majeur : c'est le travail, c'est l'emploi. Le plein-emploi est possible, j'en suis convaincu. Il faudra pour cela une politique économique de gauche encore plus vigoureuse. Le marché à lui seul ne résoudra pas le problème du chômage. L'initiative publique est nécessaire, comme c'est le cas dans tous les pays en expansion aujourd'hui.
Il est essentiel de ne pas se tromper sur le diagnostic et sur la marche à suivre. En effet, l'héritage du quinquennat sera médiocre : déficits creusés, finances publiques non assainies, moteur de la croissance bridé. Il faudra donc à la fois rééquilibrer et relancer la machine économique, muscler notre appareil productif pour la compétition mondiale et répondre aux aspirations des Français, bref être efficaces et justes. Ce n'est pas l'austérité mais la recherche d'une croissance soutenue et maîtrisée, la progression des revenus et de la consommation de la masse des salariés et retraités qui permettront de restaurer les équilibres économiques en s'appuyant sur une dynamique de croissance. Cela impose un pouvoir politique indépendant du pouvoir économique, ce que seule la gauche peut garantir.
Le défi de la mondialisation doit être relevé en tirant notre modèle national vers le haut par le progrès scientifique et l'innovation et non en l'alignant vers le bas (par la précarisation) sur les pays à bas salaires et à faible protection sociale. Car, si l'on ne peut exclure que les électeurs choisissent à nouveau la droite l'an prochain, on est déjà sûrs, forts d'expériences répétées, que les Français ne supporteraient pas sa politique : l'extrême impopularité du pouvoir en fait la démonstration. Les politiques dites de flexibilité mais en réalité d'aggravation de la précarité provoquent à chaque fois l'embourbement économique et le refus populaire. Autant éviter un nouveau malentendu et du temps perdu. Cela implique des choix économiques et sociaux pertinents de la part de la gauche, mais également, cette fois, la pratique d'un dialogue systématique et approfondi avec les partenaires sociaux.
Le deuxième enjeu concerne la République elle-même, la restauration de l'autorité de l'Etat et le respect de la loi. Comment tenir un discours crédible sur l'ordre nécessaire, comment par exemple convaincre les jeunes sans repères et les moins intégrés d'obéir aux lois si les plus hauts responsables de l'Etat et les grands décideurs s'en affranchissent pour régler des comptes ou distribuer des faveurs ?
L'exemple doit venir d'en haut. Si l'indépendance de la justice est préservée, si la police est à la fois soutenue et contrôlée, si l'école est renforcée dans son rôle et ses missions, si les riches et les puissants sont contenus dans leurs privilèges et rappelés à leurs obligations par une politique équitable, si le talent et l'effort, le savoir et la culture sont reconnus et préférés à la médiocrité, à la vulgarité et à la démagogie, il sera plus aisé de faire respecter, dans toutes les couches de la société, les droits et aussi les devoirs qui fondent la vie en commun.
Il faut assurer l'ordre public, qui est toujours plus harmonieux et plus sûr s'il est librement consenti, ce qui suppose moins d'inégalités, plus de justice sociale et, partout, des autorités respectées. Sur ces bases, l'insécurité - nullement résorbée aujourd'hui, comme l'indique la forte montée des agressions contre les personnes, sans parler de violences urbaines inédites à cette échelle dans notre pays - pourra être traitée vigoureusement par la gauche. Vigoureusement et largement : dans son double aspect répressif et préventif ; dans ses deux dimensions, judiciaire et policière d'un côté, sociale et éducative de l'autre, en favorisant l'intégration.
Le prochain mandat présidentiel devrait aussi permettre de réformer et de rééquilibrer nos institutions essoufflées. Encore faut-il pour cela un pouvoir politique qui, tout en affirmant ses convictions, restaure dans l'Etat et les administrations un esprit d'impartialité et de transparence digne de la République. Or on peut douter que le favori de la droite soit habité par cette culture-là.
Le troisième enjeu est international. Il faut rétablir l'influence et le prestige de la France et lui redonner un rôle moteur en Europe. Le non de notre pays au traité constitutionnel européen l'a plus isolé que renforcé : c'est un fait. Mais cela ne doit pas être un prétexte à l'inertie. Ceux qui ont choisi le non n'étaient pas tous antieuropéens. Beaucoup d'entre eux ont voulu, par leur vote, protester contre la politique du pouvoir ou dire leur déception à l'égard de l'Europe. Enfin, nous sommes conscients que la paralysie actuelle de l'Union n'est pas due seulement à une panne institutionnelle mais d'abord à un manque de perspectives et de sens.
Sans doute le non français a-t-il provoqué dans l'Union un moment de dépit et d'incompréhension. Mais nos partenaires européens espèrent maintenant que le choix fait à la présidentielle de 2007 redonnera à notre pays sa capacité d'initiative.
Dans un an, la France devra donc exprimer une vraie vision européenne et non s'aligner sur le libéralisme économique déjà si influent à Bruxelles. Nous devrons nous centrer sur les problèmes essentiels du continent : la croissance durable, l'emploi, la coordination des politiques économiques, le rôle des services publics, la recherche et la formation, les alliances industrielles, la protection de l'environnement, la réussite et les limites de l'élargissement, la défense des intérêts de l'Union vis-à-vis des autres puissances, nos responsabilités à l'égard des pays pauvres et la maîtrise des flux migratoires, la défense et la sécurité du continent face à toutes les formes de menace. En effet, si la France et l'Union européenne se saisissent pleinement de ces questions, les peuples européens s'intéresseront de nouveau à l'Europe et on devrait pouvoir lever le blocage institutionnel. A condition que l'Europe n'oublie pas ses peuples, qui ne veulent pas d'une dissolution des nations dans l'Europe et de l'Europe dans la mondialisation, mais qui attendent de l'Union qu'elle affirme une identité et un modèle.
Retrouver le coeur de l'Europe n'empêche nullement la France d'avoir une politique étrangère originale. Nous devons être fidèles à nos alliances et veiller à la cohésion des nations démocratiques face aux menaces terroristes et aux risques d'instabilité. Il est illusoire de vouloir faire cavalier seul et il nous faut nous départir du cynisme ou du paternalisme, qui, par exemple, ont marqué hier notre politique à l'égard de l'Irak (je ne parle pas ici du refus, pertinent, d'entrer dans la coalition) et encombrent encore aujourd'hui notre politique africaine. Mais nous n'avons pas à suivre les Etats-Unis d'Amérique dans tous leurs choix diplomatiques et militaires. L'amitié et le réalisme n'interdisent pas l'indépendance d'esprit ni l'autonomie de comportement. Or les leaders politiques désormais en flèche dans la droite française sont trop atlantistes et tentés par le modèle de société américain pour se montrer indépendants. Au contraire, l'extraordinaire complexité des réalités internationales justifie de se garder du manichéisme qui imprègne trop souvent la politique extérieure américaine. En ces temps de confrontation simplificatrice, il est utile que certains pays d'Occident continuent à penser le monde librement. La France doit être de ceux-là.
Le quatrième enjeu concerne le progrès et l'avenir. Le progrès est-il encore possible ? Beaucoup de Français en doutent. La plus grande part du XXe siècle a été convulsive et tragique. Cependant, la croyance au progrès a longtemps survécu, portée par les exploits des sciences et des techniques et la confiance en la croissance économique. Aujourd'hui, l'idée d'un progrès continu est compromise et nous craignons que les conditions de vie de nos enfants ne deviennent plus difficiles que les nôtres. Nous ne regardons plus l'avenir avec confiance. Sans doute cette tendance est-elle liée au mauvais climat qui règne chez nous. Pour nous convaincre qu'un progrès collectif est à nouveau possible, deux changements radicaux sont indispensables, au sommet et à la base de l'édifice national.
Au sommet, il faut donner une priorité absolue à la recherche fondamentale et appliquée, car seules la science et l'innovation nous permettront de lutter avec nos armes dans la compétition internationale. Nos élites politiques, administratives et entrepreneuriales doivent se convaincre que le salut n'est pas dans la régression sociale mais dans l'affirmation de la France comme une nation pilote en matière de science et de technologie.
A la base, il faut instaurer un juste partage des fruits de l'activité économique et de la richesse nationale. Naturellement, le talent, la création et l'esprit d'entreprise doivent recevoir leur juste rétribution. Mais il n'est plus possible de supporter les comportements de prédateurs (encore illustrés par de récentes affaires) de certains dirigeants économiques et financiers qui s'arrogent des rémunérations et des prébendes que ne justifie pas leur apport à l'économie nationale, ni même à leur entreprise. Ces exemples choquants sont une véritable cause de démoralisation. Il est temps de rappeler ce qu'apportent véritablement à l'économie et à l'entreprise les cadres, les ingénieurs, les techniciens et les ouvriers et de revoir en proportion nos échelles de revenus, de salaires et de retraites et le rapport entre le capital et le travail. Alors renaîtront peut-être dans notre pays la conscience d'un destin collectif et l'espoir d'avenirs individuels, particulièrement pour les jeunes.
Il reste que notre vision du monde est elle aussi devenue plus sombre. Certes, les guerres sont moins nombreuses et moins meurtrières qu'hier et d'immenses pays jusqu'ici misérables sont entrés dans la voie du développement. Mais le terrorisme, les formes anarchiques de la mondialisation, les prélèvements excessifs des profits sur l'économie et la pauvreté de masse nous renvoient à la réalité d'un monde désordonné et injuste. A cela s'ajoutent la perspective de l'épuisement des ressources énergétiques (en tout cas des hydrocarbures), les craintes pour l'approvisionnement en eau de l'ensemble de la population et les menaces sur les grands équilibres de la terre. La régulation de l'économie mondiale, des limites apportées aux excès du capitalisme financier, la recherche d'énergies alternatives (sans exclure le nucléaire), la maîtrise des grands équilibres et des biens rares de la planète (atmosphère, climats, eau, forêts) doivent être placées au premier rang de la coopération internationale.
Nous ne devons pas avoir peur des progrès de la science et des techniques, mais les utiliser, en France, pour servir le mieux-être de tous et, au-delà, pour résoudre les problèmes de la planète. Concilier économie et écologie, croissance durable et protection de la nature, justice sociale et épanouissement individuel, décollage des pays du Sud et changements dans nos modèles de développement : telle doit être notre ambition dans cette nouvelle période historique. La rencontre de la pensée socialiste du monde moderne et de la réflexion écologique peut donner naissance à cette nouvelle vision.
Celle-ci sera féconde si elle se traduit en propositions et en actes, portés dans un an, après l'élection présidentielle et les législatives, par un pouvoir neuf, conscient de ses responsabilités vis-à-vis du pays.
Il appartient aux socialistes de choisir qui d'entre eux sera le plus capable de réunir les hommes et les femmes nécessaires pour gouverner avec succès, de rassembler la gauche, d'obtenir la confiance des Français, puis, pendant cinq ans, de diriger l'Etat républicain et de mobiliser la société. Forte d'une vision et d'un projet, la France pourra sortir de la crise et retrouver le moral, la vigueur et l'espoir.
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Lionel Jospin est ancien premier ministre.
Article paru dans l'édition du 28.06.06
Le 27 juin 2006 de Monsieur Népomucène en 5 points
I. J'ai toujours eu des difficultés à m'endormir. Je ne sais où, j'ai lu que les insomnies d'endormissement résultaient de l'intensité du conflit névrotique dont le sujet est la proie. Peut-être est-ce vrai. Sans doute, même. Et puis, voici quelques années, mes insomnies ont pris une proportion que je n'aurais jamais pensé qu'elles pussent prendre : je finissais par ne m'endormir que vers neuf ou dix heures du matin.
Depuis quelques temps, pour des raisons strictement physiologiques, et transitoires, qu'il ne convient pas de développer ici, mon temps de sommeil s'est sensiblement réduit, ce qui s'est traduit essentiellement par un réveil parfois très matinal. Il m'arrive régulièrement de ne dormir que cinq heures, ce qui reste tout de même correct. Si je n'ai pas d'obligation, je pourrai peut-être alors me rendormir une ou deux heures dans la journée, mais ce n'est pas forcé. Au réveil, je suis donc non pas fatigué mais un peu moins détendu que je ne le serais après huit ou neuf heures de sommeil. Je compte souvent rattraper telle nuit le retard de sommeil des jours précédents.
Pourtant, le soir, je ne veux pas dormir. Parfois même, alors que mon corps réclame le sommeil, je le lui refuse. Tous les moyens sont alors bons pour gagner quelques heures de veille : les cigarettes, le café, parfois même les vitamines C. Je n'ai pas (plus ?) peur de m'abandonner à moi-même ; cette habitude enfantine de laisser une lampe allumée qui m'était curieusement venue, sans doute pour répondre à un sentiment d'insécurité plus fort que toutes les années précédentes de ma vie, à un âge où, pour la plupart, tout cela n'est qu'un souvenir, m'a même enfin quitté. Je ne crains pas non plus mes rêves, souvent amusants.
Simplement, je refuse le sommeil. Je ne veux plus dormir, quand bien même mon corps l'exige. Je veux vivre, je veux repousser les limites de ma journée pour faire enfin tout ce que je n'ai pas eu le temps de faire jusqu'à cette heure où je devrais dormir.
II. Je dois absolument racheter du Nesquik.
III. Reçu ce matin une lettre de plusieurs pages. Il est donc encore des gens qui recourent au courrier postal, et ce même s'ils disposent de mon adresse électronique.. Je l'attendais avec une certaine impatience, quoique je ne susse que depuis hier que j'allais la recevoir. D'une certaine manière, son contenu m'a réjoui, par la finesse qu'y montre son auteur notamment.
IV. Acheté Attentat et la biographie de Jean-Paul II par Bernard Lecomte, unanimement louée lors de sa sortie il y a quelques années et dont l'édition de poche vient de sortir. Egalement acheté le DVD de la série des Grands entretiens de Bernard Pivot consacré à Julien Green. Je me suis endormi en le regardant la nuit dernière, non qu'il fût barbant, mais simplement parce que je voulais m'endormir au son - que je n'avais pourtant jamais entendu auparavant - de la voix de Green.
V. Ici, mes dingues de lecteurs, présentez-moi une facette de votre personnalité.
« Vous allez bien ?
- Bof. C'est vraiment pas l'extase.
- Trop de célibat ?
- Non. Trop en manque de tendresse
- Il faut profiter des moments de solitude pour se faire plaisir à soi.
- Euh j'en ai un peu marre de me branler tout seul. J'veux un minet pour des câlins.
- Je ne parlais pas de branlette ! Putain, pour une fois que je ne pensais pas qu'au sexe, vous gâchez tout.
- Ah bon ? ça arrive à notre gros singe obsédé de ne pas penser à la stouquette ?
- Eh oui !
- WHOAH ! Cela mériterait bien un post dans votre gue-blo
- Tiens, oui, c'est une idée. Je vais faire un post Conversation*. Merci de l'idée. »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
Jeune et beau singe surdiplômé sous-payé cherche job' super bien payé (à rien fout', si possible, mais bon, je peux aussi bosser sérieusement si on me le demande gentiment). Besoin de fric pour me payer un iPod, un appareil photo numérique, des livres, un séjour dans un hôtel au bord de la mer et un nouveau costume, donc : urgent.
Le 26 juin 2006 de Monsieur Népomucène en cinq points
I. Nuit blanche à bosser, bosser, bosser. Puis dormi deux heures ce tin-ma.
II. Mon employeur est content de moi, mais je suis plutôt mécontent de lui. A force de me sous-payer, il va voir ce qu'il va voir : je vais le rapporter au bureau des réclamations pour l'échanger contre un autre employeur, en me plaignant de ce que le modèle qu'on m'a donné ne fonctionne pas correctement (particulièrement quand il s'agit de me rémunérer).
III. Pas bouffé grand-chose depuis vingt-quatre heures, je sens venir la catastrophe gastrique.
IV. Petite histoire drôle inédite inspirée de la vie de Monsieur Népomucène : un singe rentre dans un café. Plouf !
« Pour toute une génération fiévreuse, la sortie du délire Mao aura été problématique. Peu d’individus sont revenus à la bonne vieille maison de gauche. Certains ont cru se délivrer en allant de Mao à Moïse, ou, mais ça revient au même, de Mao à Bush. Je crois être le seul à avoir basculé de Mao au pape. Chacun ses goûts. Benoît XVI, à Auschwitz, est d’ailleurs apparu en même temps qu’un arc-en-ciel, signe évident d’alliance biblique. Qui d’autre l’aura remarqué ? Je ne sais pas. »
« En toute supériorité humaine, il y a une légère part de mépris pour celui que l’on surpasse. Un homme ne peut dominer entièrement d’autres hommes que si – après avoir bien connu et compris ceux qui ont dû se soumettre- il leur a marqué son dédain avec beaucoup de tact. »
« Pour un jaloux, le jeu amoureux n’a en effet qu’une seule et inéluctable issue : l’aimé le trahira, cette défaite est « écrite » de toute éternité. Sa rage surgit du désespoir et du découragement devant le non-sens auquel il condamne ses plus précieuses attaches. »
(Marcianne Blévis, La Jalousie, délices et tourments)
C'est avec cette petite photographie de l'église Sainte-Croix de Bordeaux que je vous souhaite un excellent jour du Seigneur, mon cher Jean, ainsi qu'à Pyram, qui est bouddhiste, au dernier des glandeurs (prénom fictif, feignasse réelle), qui est totalement frappé, à mon iench', qui déteste ces trucs-là, à Gaston, parfois dans les parages mais pas souvent et à qui je souhaite une excellente retraite, à Margotte, qui est méthodiste, à la Farkasse, qui est calviniste, à Gfp, qui prie pour le jeune et beau Népomucène, à Titcroco, qui ne va plus à la messe, à Furyo, qui est un catholique un peu plus sérieux qu'un singe-blogueur, à mon p'tit Sarthois, qui est mon p'tit Sarthois préféré, à Arnieoflovers, qui a la glorieuse chance d'être belge, et à travers lui à tous ceux de ses compatriotes qui fréquentent ce site, à Pouletfamille, qui est mon p'tit poulet sacré préféré, à Bôfotex, qui dispose d'un assistant redoutable, à Gilles de Robien, à Cizion, qui aime pourtant bien se brosser, à Dame Potiche, qui est trop grosse pour qu'on la brosse, au jeune Maxouuu, qui est un héros, à mon Chapichapoupounénet à meuha, qui est aussi vaguement sarthois et qui est surtout mon Chapichapoupounénet à meuha, à Loup, qui est orthodoxe, à Mike, qui, en plus d'être berrichon, a des idées géniales, à Fabulous, qui se prénomme Fabrice Fabien et non Fabien Fabrice, à Cel, qui est meugnon, à -alias- adoré, que j'adore, à Edeion, qui n'est pas belge, à Nezorizoro, secrétaire de section honoraire du Parti Socialiste, à Theutheu, qui n'est pas là, à MisterPatate*, tubercule de talent, à Kyl, animal parlant qui horripile, à BigWinner, qui est mignon et pas qu'un peu, à Klendal, qui est mauvais perdant, à ma très volumineuse mémère au bord de l'explosion, qui est athée, à mon ch'tit Tonioo, dont j'espère qu'il va bien, à Spirit93, qui aime fumer la dernière ch'tite cigarette de la journée, à Nico du Nico-Blog, qui est athée et libre-penseur, à M'sieu Pheel, qui m'en voudrait de l'oublier, au beau Vorp', trop craquant, à Badinou, qui n'a nul exemplaire de Peter Pan à déchirer, à M'sieu Cox, qui cherche son nom dans cette liste, à Dub, dont on ne compe plus les singeries, et à Romain, qui craint vraiment que j'oublie quelqu'un dans mes voeux dominicaux.
Bon jour du Seigneur à tous les autres frappadingues aussi.
Le (non-)blog de Monsieur Népomucène, un (non-)blog catholique, apostolique et romain.
« Rien n’est plus rare parmi les jeunes qu’un sentiment désintéressé qui n’exige ni aide ni sacrifice. La jeunesse escompte toujours le sacrifice de ceux à qui elle a confié ses espérances. »
« Inquiet comme tous les amoureux, le jaloux franchit un pas de plus : il est sûr qu’un jour ou l’autre, si ce n’est déjà ait, celui qu’il aime le trahira. Il guette, inquiet et haletant, le moindre signe de désamour chez ceux qu’il aime. »
(Marcianne Blévis, La Jalousie, délices et tourments)
« Parler de la nature, c’est parler de Dieu sous les espèces de la création et du dynamisme qui l’anime tout entière, mais qui modèle surtout le destin de l’homme. En parler d’une façon voilée, c’est dissimuler sous la lettre la révélation du sens. »
« Il est impossible de devenir écrivain si on ne s’est pas gavé de lectures dans son enfance. Je ne serais pas qui je suis sans ces grands textes que sont La Fortune de Gaspard, Alice au pays des merveilles, Nils Holgersson, Kim ou les albums de Hergé et de Benjamin Rabier. »
« Raconter la vie d’un héros d’autrefois avec la sensibilité d’un homme d’aujourd’hui est beaucoup plus facile que de faire entrer un lecteur dans un vieux roman ou une chronique médiévale. Pour lire Lancelot ou Froissart, on doit s’arracher à soi-même. »
« Nos lectures d’enfance se confondent volontiers avec la voix d’un père ou d’une mère. Ce sont eux qui nous lurent les premiers albums, dans une semi-obscurité, au fond de nos chambres d’enfants. »
« C'est un grand agrément que la diversité.
Nous sommes bien comme nous sommes.
Donnez le même esprit aux hommes ;
vous ôtez tout le sel de la société.
L'ennui naquit un jour de l'uniformité. »
(Antoine Houdar de La Motte, Fables, « Les amis trop d'accord »)
Le 21 juin 2006 de Monsieur Népomucène en 5 points
I. Il y a sept ans aujourd'hui... Bon, bah, je ne vous en dis pas plus, hein. Trop énigmatique pour vous, mon 21 juin 1999 !
II. Fête de la musique, faites du bruit, et si vous êtes un singe, faites votre grincheux en haut de votre bre-ar. Trop rabat-joie, le jeune et beau Népomucène !
III. Tiens, si je faisais une randonnée jusqu'à la forêt de Bondy ? Trop cool, la marche à pied !
IV. Le point IV, mes talentueux lecteurs, je vous laisse le rédiger. Trop bons écrivains, mes talentueux lecteurs !
V. Ce soir, le siège de l'UMP accueillera pour la fête de la musique un concert de Dominique, finaliste de La Nouvelle Star. Trop moderne, l'Union pour un Mouvement Populaire !
« L’antisémitisme est le miroir des défauts d’un homme pris individuellement, des sociétés civiles, des systèmes étatiques. Dis-moi de quoi tu accuses les Juifs et je te dirai de quoi tu es coupable. »
« J’ai vu que ce n’était pas l’homme qui était impuissant dans sa lutte contre le mal, j’ai vu que c’était le mal qui était impuissant dans sa lutte contre l’homme. »
Le 20 juin 2006 de Monsieur Népomucène en 5 points
I. PétainistikAttitude
Rebond sur un post de mon p'tit poulet sacré. Au risque de passer pour ce que je ne suis pas, j'avoue que je trouve émouvant le discours du 17 juin 1940.
Français !
A l'appel de Monsieur le Président de la République, j'assume à partir d'aujourd'hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l'affection de notre admirable armée qui lutte, avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires, contre un ennemi supérieur en nombre et en armes. Sûr que par sa magnifique résistance, elle a rempli nos devoirs vis-à-vis de nos alliés. Sûr de l'appui des Anciens Combattants que j'ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. Cest le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt a rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l'Honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités. Que tous les Français se groupent autour du Gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n'écouter que leur foi dans le destin de la Patrie.
II. MateurAttitude
Saint-Germain-des-Prés grouille de minets rafraîchissants.
III. FrissonRépublicainAttitude
Aperçu un cortège de voitures officielles, probablement celui du Premier Ministre.
IV. RienDuToutAttitude
Ici, comme Monsieur Népomucène n'a rien envie d'écrire, il se cure les dents.
V. TestostéroneAttitude
Arrêter d'allumer tout beau gosse qui passe, on croit que je suis en rut. Bon, c'est vrai, mais quand même.
« On trouve normal qu’EDF fasse son marché en Italie mais nous ne voulons pas qu’une entreprise italienne (Enel) rachète Suez. On marche sur la tête. »
Ayant constaté qu'on discutait sur un forum du rapport de l'INSERM sur les troubles de conduite de l'enfant et de l'adolescent et de la pétition que ledit rapport a suscité, j'en profite pour copier-coller sur mon (non-)blog un texte de Philippe Jeammet, chef de service de psychiatrie de l'adolescent et du jeune adulte à l'Institut mutualiste Montsouris à Paris, paru dans l'édition du 23 avril du Monde, que je trouve intéressant.
"Remue-méninges chez les psys,
par Philippe Jeammet
L'Inserm a publié à la demande de la Caisse nationale d'assurance-maladie des professions indépendantes (Canam) une expertise collective sur les troubles des conduites chez l'enfant et l'adolescent à laquelle, je tiens à le souligner, je n'ai participé ni de près ni de loin.
Il en ressort que des travaux épidémiologiques de qualité et convergents montrent la grande stabilité de ces troubles pendant l'enfance et l'adolescence et le risque de marginalisation grave à l'adolescence avec désocialisation, échec des apprentissages, violences à l'égard d'eux-mêmes et des autres. C'est bien de cela qu'il s'agit et rien que de cela : si on laisse s'installer certains comportements pendant l'enfance, on prend un risque important que l'enfant ne puisse se nourrir de ce dont il a besoin pour se développer (apprentissages, sociabilité, confiance et estime de soi...). Or ces comportements à risque sont repérables entre 3 et 5 ans. Repérer quelques signes, du fait de leur intensité et de leur durée et voir s'ils sont de façon significative prédictibles de difficultés ultérieures, c'est comme cela, et seulement comme cela, qu'une prévention autre qu'individuelle peut être envisagée. Bien sûr, derrière les signes repérés, il y a des individus avec leur famille et leur environnement social. C'est le temps de l'évaluation individuelle préconisée par l'expertise.
Le rapport rappelle qu'on ne connaît pas les causes de ces troubles du comportement, mais qu'il existe des facteurs de risque multiples : familiaux, sociaux, mais aussi génétiques. Il n'est pas question d'hérédité de type mendélien. Il n'y a pas de gène de la délinquance, de la violence, pas plus que de tout trouble du comportement. Par contre, oui, il existe une héritabilité, c'est-à-dire des facteurs appartenant à plusieurs gènes qui, combinés entre eux, vont influencer en particulier l'expression de nos émotions et leur intensité sur un mode plutôt qu'un autre. On ne choisit pas ses émotions. Elles surgissent du plus profond de notre cerveau biologique sans rien nous demander. Plus elles sont intenses plus elles risquent d'être contraignantes, c'est-à-dire difficiles à contrôler. C'est surtout le cas des émotions négatives, de rage, de peur, de colère... On devient alors dépendant de l'environnement qui les suscite.
Il s'agit bien d'un vrai problème de santé publique : parce que ces comportements augmentent de fréquence ces dernières années en raison de facteurs multiples et dont les conséquences cumulées font que l'absence croissante à la fois de limites et d'attention spécifique de la part des adultes équivaut à abandonner ces enfants à la violence de leurs réactions émotionnelles, dont ils deviennent prisonniers. Ce sera d'autant plus vrai que ces enfants seront émotionnellement plus vulnérables. Le comprendre n'est pas les stigmatiser mais, au contraire, les aider ainsi que leur famille à réaliser que ce n'est pas nécessairement de leur faute s'ils sont ainsi et ont du mal à changer. Mais ils peuvent décider avec l'aide des parents de chercher des moyens pour retrouver plus de choix, c'est-à-dire plus de liberté dans leur façon de réagir. Aux adultes de les aider à trouver ces moyens.
Dans un entretien (Le Monde du 23 septembre 2005), le professeur Pierre Delion apportait des critiques et des ouvertures complémentaires de nature à équilibrer ce qui pouvait apparaître, dans ce rapport, comme une annonce à la fois brutale et lapidaire pour des non-initiés. Mais, à partir de là, le débat s'est mal engagé et a déclenché des réflexes d'opposition passionnels idéologiques dont témoigne une pétition signée par de nombreux professionnels de l'enfance.
Le contenu de cette pétition est attristant quand on connaît la gravité du problème qui concerne ces enfants et leur famille. On y cherche de façon qu'il faut bien appeler populiste et démagogue à alarmer les parents : on veut transformer les écoles en casernes, supprimer toute opposition, toute manifestation jugée agressive, quitte à droguer les enfants avec des médicaments. J'exagère ? Malheureusement non. Je cite un extrait de la pétition : "Avec une telle approche déterministe (...) à partir de 6 ans, l'administration de médicaments psychostimulants et thymorégulateurs devrait permettre de venir à bout des plus récalcitrants." Et, pour faire bonne mesure, on appelle à la rescousse deux leviers habituels de la manipulation populiste, la dérision : "Faudra-t-il aller dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs mythomanes ?" ; et l'amalgame politique où, sous prétexte de l'existence de plusieurs rapports "rendus publics au sujet de la prévention de la délinquance", il s'agirait ni plus ni moins pour l'Inserm de servir "de "caution scientifique" à la tentative d'instrumentalisation des pratiques de soins dans le champ pédopsychiatrique à des fins de sécurité et d'ordre public". Serait-on à court de vrais arguments pour ne recourir qu'à des procédés aussi intellectuellement malhonnêtes, qui n'ont plus rien à voir avec le contenu du rapport ?
C'est qu'il s'agit d'un conflit avant tout idéologique qui conforte le statu quo et le conservatisme profond de notre société face aux inévitables changements. Conflit qui opposerait d'un côté ceux que certains dénomment "les professionnels de la psyché" et de l'autre "la psychiatrie biologique", et auquel viendraient s'ajouter maintenant les enjeux de la prochaine élection présidentielle de 2007 !
Personne ne peut se targuer d'avoir la recette contre l'enfermement d'un enfant dans ses conduites destructrices. Mais il appartient aux adultes responsables de ne pas le laisser s'enfermer dans son comportement. Toute approche nouvelle efficace est une chance. Elle permet, bien utilisée, d'élargir notre palette d'outils et d'accroître pour l'intéressé ses chances de regagner en liberté. Ce débat en termes de combat n'a pas lieu d'être. Il est aussi stérile que désolant. Il se fait au détriment de l'intérêt de l'enfant, en principe point commun essentiel des protagonistes. Il contribue ainsi posé à dramatiser la situation et à inquiéter les parents au lieu de favoriser une indispensable alliance avec les professionnels. Quitte, pour la famille et l'enfant, à juger après essai ce qui semble le mieux convenir.
Ce rapport de l'Inserm pourrait être une chance. A nous professionnels de la saisir. Il peut permettre de développer un véritable travail de prévention et de prendre conscience de l'ampleur des besoins. Une chance, oui, de sortir ces enfants de la véritable situation d'abandon où on les laisse. Car on est devant un problème de massification des besoins auquel l'approche purement individuelle qui prévaut actuellement ne peut répondre et qui ne peut concerner qu'une minorité, souvent privilégiée du fait de l'attention dont elle bénéficie. On ne peut continuer ainsi si on veut toucher la masse des enfants qui en ont le plus besoin.
Au lieu, une fois de plus, de dépenser nos énergies en nous apostrophant pour défendre nos territoires et notre confort de pensée, acceptons de travailler ensemble en faisant confiance à tous les acteurs de terrain pour nous éviter de tomber dans des dérives toujours possibles ici ou là, mais qui nous menacent moins que le laisser-faire d'aujourd'hui. Celui-ci laisse bien seuls des parents et des enseignants bien placés pour savoir que ce n'est pas le conformisme social et l'obéissance qui menacent le plus nos écoles."
« Avant de privatiser une entreprise, il faut que nos concitoyens aient compris que c’était indispensable. Ce dossier [la privatisation de GDF] peut nous faire éclater. »
« La confiance, ça se mérite. On ne peut pas privatiser une entreprise si l’on n’a pas de bonnes raisons de le faire. Or la menace d’OPA d’Enel contre Suez, c’est un peu court. »
« Rien, ce n’est pas rien, rien moins égale moins que rien, multiplié par trois, ça fait trois fois rien et avec trois fois rien on peut déjà acheter quelque chose. »
« Le divorce entre le premier ministre et son camp est évident. Bloquer un projet, être à la buvette pendant qu’il parle, c’est une censure rampante. Le gouvernement n’a plus ni assise populaire, ni majorité, ni autorité. Il ne tient plus que par les institutions, ce qui le rend impuissant. M. de Villepin est condamné à expédier les affaires courantes. »
Le 18 juin 2006 de Monsieur Népomucène en 5 points
I. Comment me définirais-je ? C'est bien simple : Monsieur Népomucène est à la pointe de l'avant-garde du nec plus ultra des nouvelles tendances les plus in du hype post-contemporain.
II. Vie sociale en vue. Whaou !
III. Bu un kir au cidre et ensuite deux verres de cidre artisanal hier soir. Du coup, ce matin, j'avais mal à la tête et, en ce moment, j'ai le ventre barbouillé. Non seulement je suis devenu une petite nature mais en outre ma vie est riche en rebondissements. Non ? Bon, d'accord, c'est à vous en décrocher la mâchoire d'ennui. Mon excuse, c'est qu'on est dimanche (je sais, ça fait pitié aussi).
IV. Le point IV, j'en ai fait de la confiture de framboises, mes dingues de lecteurs.
V. Ce soir, je regarderai sans doute au moins une partie du match de foot. Eh oui ! Si vous êtes de che-gau, vous pouvez le dire : rien n'arrête le grès-pro. Si vous êtes de te-droi, citez ma grand-mère : tout fout l'camp.
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
« Quand Rockefeller a demandé à sa bonne de devenir sa femme, elle a dit oui. Quand j’ai demandé à ma femme de devenir ma bonne, elle a dit non. Question d’argent. »
« Je ne suis pas spécialement un acteur romantique. Notre art, si c’en est un, c’est de faire croire que le personnage que nous jouons existe vraiment. »
Le Gaullisme, la France et nous*,
de Nicolas Sarkozy.
Il y a 66 ans, c'était l'appel du 18 juin 1940. La France était brisée. Alors que tout semblait perdu, alors que les élites ne voyaient d'autre issue que la soumission, le Général de Gaulle provoqua le sursaut. C’est le refus de l’inéluctable qui sera à l’origine de la résistance. Les Français doivent se souvenir des belles pages de leur passé car on ne rassemble pas un peuple en lui répétant, à tort, que son histoire n'est traversée que de vilenies et de hontes.
De l'UDR au RPR, j'ai croisé certains de ces hommes qui avaient fait l'histoire par les armes. Je tire du gaullisme quelques convictions fortes que je veux adapter à notre temps.
D'abord, je crois que l'audace intellectuelle et le volontarisme politique sont des nécessités vitales. Dans toute nation, il y a des énergies contraires, il y a une dispute entre le passé et l'avenir. Le gaullisme, c'est l'art, par la rupture, de concilier la tradition et la révolution. C'est le réformisme qui éternise la France et non l'immobilisme. C'est l'action qui nous élève collectivement et non la résignation qui nous divise. De la décolonisation à la sortie de l'OTAN, de la rénovation de nos institutions à la modernisation de nos outils industriel et militaire, Charles de Gaulle fut l'homme des transformations nationales et non l'homme des rafistolages.
Beaucoup préconisent de faire évoluer la France à petits pas, en répétant les mêmes schémas qu'hier. Or, l'Histoire démontre que c'est plus souvent le trop plein de continuité qui provoque les crises que le mouvement. Moi, je préfère les chemins de traverse, celui des indociles et des inclassables, car notre pays a besoin d'une modernisation profonde et parce que notre démocratie étouffe sous le conformisme. A bien des égards, la situation est comparable à celle de 1958. L'avenir ne patiente pas et le monde ne nous attend plus. Une nouvelle donne politique, économique et sociale est urgente. C'est pourquoi je refuse de "laisser du temps au temps" !
Du gaullisme je tire une autre conviction : celle du rassemblement nécessaire des Français. Les vieilles idéologies sont mortes et les vieux clivages sautent les uns après les autres. Autorité et liberté, solidarité et compétitivité, fermeté et générosité : en chacun d'entre-nous ces valeurs cohabitent et cherchent une synthèse politique moderne. Dans cet esprit, l'électeur du Front National comme l'électeur du parti communiste n'appartiennent à personne ! Rien ne pourra m'interdire d'aller les écouter et les convaincre de nous rejoindre.
L'opposition rêve d'une France socialiste dont le "peuple de gauche" serait le fer de lance. Je suis de droite, mais je ne divise pas le peuple français. Je suis pour la France et je veux que notre projet suscite un espoir chez tous ceux qui sont disposés à tenter autre chose afin que l'épanouissement et la réussite de chacun redeviennent des rêves accessibles.
Enfin, il y a un message que je retiens du gaullisme : je crois que la dignité humaine est indissociable du courage et de la responsabilité. Au cours des dernières décennies, notre société s'est formatée et nivelée comme si la vie était devenue une sorte de kit, avec son prêt à pensée, ses garanties, ses formalités… A vrai dire, notre âme s'est comme asséchée. Sommes-nous condamnés à vivre sans inspiration ou sommes-nous encore portés par des idéaux ? Sommes-nous capables d'inventer une civilisation prometteuse ou sommes-nous les spectateurs d'un monde dont nous ne maîtrisons plus ni le sens ni les finalités ? Bref, vivrons-nous à genoux ou debout? Je crois qu'il existe en chaque Français, un rêve de dépassement, un combat intime, une étoile secrète. Et c'est au responsable politique de leur ouvrir des chemins.
Il faut peu de choses pour relancer la France, mais il faut certaines conditions décisives que ne renierait pas le Général de Gaulle : le goût de la vérité plutôt que celui des illusions, le sens de l'innovation plutôt que celui de la répétition, le choix de la droiture plutôt que celui de l'esquive. C'est de la sorte que nous renouerons avec l'espoir.
C'est avec cette petite photographie de l'église de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, où seront célébrées demain après-midi les obsèques de Raymond Devos, que je vous souhaite un excellent jour du Seigneur, mon cher Jean, ainsi qu'à Pyram, qui est bouddhiste, au dernier des glandeurs (prénom fictif, feignasse réelle), qui est totalement frappé, à mon iench', qui déteste ces trucs-là, à Gaston, parfois dans les parages mais pas souvent et à qui je souhaite une excellente retraite, à Margotte, qui est méthodiste, à la Farkasse, qui est calviniste, à Gfp, qui prie pour le jeune et beau Népomucène, à Titcroco, qui ne va plus à la messe, à Furyo, qui est un catholique un peu plus sérieux qu'un singe-blogueur, à mon p'tit Sarthois, qui est mon p'tit Sarthois préféré, à Arnieoflovers, qui a la glorieuse chance d'être belge, et à travers lui à tous ceux de ses compatriotes qui fréquentent ce site, à Pouletfamille, qui est mon p'tit poulet sacré préféré, à Bôfotex, qui dispose d'un assistant redoutable, à Gilles de Robien, à Cizion, qui aime pourtant bien se brosser, à Dame Potiche, qui est trop grosse pour qu'on la brosse, au jeune Maxouuu, qui est un héros, à mon Chapichapoupounénet à meuha, qui est aussi vaguement sarthois et qui est surtout mon Chapichapoupounénet à meuha, à Loup, qui est orthodoxe, à Mike, qui, en plus d'être berrichon, a des idées géniales, à Fabulous, qui se prénomme Fabrice Fabien et non Fabien Fabrice, à Cel, qui est meugnon, à -alias- adoré, que j'adore, à Edeion, qui n'est pas belge, à Nezorizoro, secrétaire de section honoraire du Parti Socialiste, à Theutheu, qui n'est pas là, à MisterPatate*, tubercule de talent, à Kyl, animal parlant qui horripile, à BigWinner, qui est mignon et pas qu'un peu, à Klendal, qui est mauvais perdant, à ma très volumineuse mémère au bord de l'explosion, qui est athée, à mon ch'tit Tonioo, dont j'espère qu'il va bien, à Spirit93, qui aime fumer la dernière ch'tite cigarette de la journée, à Nico du Nico-Blog, qui est athée et libre-penseur, à M'sieu Pheel, qui m'en voudrait de l'oublier, au beau Vorp', trop craquant, à Badinou, qui n'a nul exemplaire de Peter Pan à déchirer, à M'sieu Cox, qui cherche son nom dans cette liste, et à Romain, qui craint vraiment que j'oublie quelqu'un dans mes voeux dominicaux.
Bon jour du Seigneur à tous les autres frappadingues aussi.
Le (non-)blog de Monsieur Népomucène, un (non-)blog catholique, apostolique et romain.
Le 17 juin 2006 de Monsieur Népomucène en 5 points
I. Ranger, ranger, ranger.
II. Imaginer ici Monsieur Népomucène monologuant longuement à propos de la vie et de l'oeuvre de Philip Roth à la terrasse d'un café en très bonne compagnie.
III. Ici, mes dingues de lecteurs, pourriez-vous m'indiquer votre point de vue sur la monogamie ?
IV. Chaque année, environ 2 000 cadavres sont enterrés sous X. No comment.
V. Estomac et gorge dévastés par, respectivement, trop de café et trop de cigarettes..
« Beaucoup d’Italiens n’aiment pas l’honnêteté. Leur morale est celle du « motorino » [scooter], qui peut monter sur les trottoirs, rouler à contresens, se garer en quadruple file, bref : profiter de ceux qui respectent la loi et s’arrêtent au feu rouge. »
« Y'a des archives INA, tu crois, sur Isabelle Huppert ?
- J'espère que non. Qu'on ne laisse pas ça comme trace de notre civilisation quand l'espèce humaine se sera éteinte.
- Oh, moi je suis pas contre la mettre dans un frigo et l'envoyer dans l'espace. Mais maintenant, hein. »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
Le 16 juin 2006 de Monsieur Népomucène en 5 points
I. J'ai réussi à caser dans un mail à mon employeur que "Conversation" était un titre de Bernadette Chodron de Courcel. Parfois, j'm'épate.
II. Pas encore aperçu le moindre anthropologue en tongues. Le réchauffement du climat aurait-il provoqué leur migration à kerque-Dun ?
III. Ici, mes dingues de lecteurs, racontez-moi une anecdote historique.
IV. Rien à fout', je crois, jusqu'à mardi. Trop cool, la vie.
V. Dernièrement, un interlocuteur, désireux de me signifier qu'il passait en coup de vent, m'a indiqué qu'il passait en coupe-vent. Ils sont rigolos, mes interlocuteurs.
« [Le fascisme] est un virus, dont on a cru se débarrasser en pendant le chef par les pieds, mais qui revient depuis des décennies, sous des formes différentes. »
« Je ne suis pas nationaliste, je n’ai pas le sens de la patrie. Pour moi, c’est un machin sentimental qui ne produit que des absurdités catastrophiques, mais j’appartiens à la différence de la Catalogne et de sa langue. »
« En italien, je n’arrive pas à dire tout ce que je veux. C’est un peu la langue des notaires. Pour reprendre Pirandello, le dialecte exprime le sentiment, là où la langue exprime le concept. »
« Malgré ma méfiance a priori (car les humains sont fondamentalement mauvais), je donne facilement ma confiance quand je connais un peu les gens. Mais il y a une chose au monde que je fais encore plus rapidement que de donner ma confiance : la retirer. »
« Berlusconi a été une anomalie totale. A mes yeux d’homme de gauche, un gouvernement de droite entre dans le jeu démocratique, mais lui est à part, comme Mussolini. »
I. Mon p'tit poulet écrit : Après Claude Pieplu, voilà que Raymond Devos a poussé son dernier soupir. Ce qui fait qu'il ne nous reste plus que des vieux cons. Bouarf, heureusement qu'il y a Dany Boon pour prendre la relève (soupir).
Mon p'tit poulet oublie Pierre Palmade et Muriel Robin. Comme je les apprécie beaucoup, je colle une baffe à mon p'tit poulet s'il rigole.
II. Mon p'tit poulet écrit : En parlant de vieux cons, Monsieur Népomucène baise plus que moi.
Mon p'tit poulet me le paiera.
III. Mon p'tit poulet écrit : Je n'arrive plus à me rappeler si je suis l'auteur de ce chef d'oeuvre d'humour qu'est le questionnaire de Proust du KKB. En tout cas, au moins pour la bite énooooorme.
C'est rigolo, je me disais exactement la même chose que mon p'tit poulet.
IV. Mon p'tit poulet écrit : Le coiffeur m'a raté, et le temps n'est pas du tout aux bonnets.
Mon p'tit poulet n'a pas de bol, j'allais justement lui envoyer ce soir le numéro de téléphone du salon de coiffure d'à côté de chez ouam'.
V. Mon p'tit poulet écrit : Isabelle Huppert est toujours vivante.
Mon p'tit poulet se tient au courant de l'actualité des z'artisteuhs qui comptent.
Flûte, dormi trois heures la nuit dernière, alors que j'avais pas fini de sser-bo comme un lade-ma. Bon, rattraper cela illico presto. En bossant. Bosser, bosser, bosser.
Ah, qu'est-ce qu'on s'amuse, avec Monsieur Népomucène !
Tiens, j'ai entendu un grand cocoriiiiiiiiiiiicooooo, récemment ! Ouais, ouais, le chant du coq. Ben, en fait, c'était pas un vrai coq, mais la sonnerie de portable de Jean-Paul Huchon, le président du conseil régional d'Île-de-France.
« C’est le suicide et l’idée de suicide qui sont toujours le sujet le plus scientifique, mais cette chose est incompréhensible pour cette société de mensonge. »
Le 13 juin 2006 de Monsieur Népomucène en cinq points
I. Je ruisselle.
II. Je bosse sur un truc épouvantablement chiant et je suis à la bourre veuh-gra.
III. Ici, racontez-moi une blague, mes dingues de lecteurs.
IV. Je suis obligé de bosser chez moi et il y a des travaux dans un appart' tout près, donnant sur la ch'tite cour super-sonore, donc vacarme permanent mêlant coups de marteau, bruits de perceuse et d'autres objets désagréables, sauf si je ferme complètement les nêtres-fe, ce qui ne change d'ailleurs pas grand-chose, à part que je ruisselle encore un peu plus.
V. Bon, là, j'en peux plus, je vais prendre une douche. Et ensuite je vais regarder le foot. Na.
« La fragilité peut être une force et c’est pour ça que certaines personnes pensent que je joue la comédie. Mais je ne ferais jamais une chose pareille. J’aurais l’impression de tenir le premier rôle dans un film porno des années 1980 en compagnie de blondes siliconées. »
« Je ne suis pas heureux à Paris. J’aime des villes comme Sète ou Nevers. Elles ne disent pas comme Aix-en-Provence : regardez-moi-comme-je-suis-belle ! mais elles le sont réellement. »
« Salzbourg est une façade perfide sur laquelle le monde peint sans interruption sa mystification et derrière laquelle l’esprit (ou l’individu) créateur doit nécessairement s’étioler, dépérir et mourir à petit feu. »
« Les quelques personnes valables d’une fête préfèrent généralement plutôt crever que d’être vues avec moi. Les autres, en revanche, n’ont aucune hésitation. Jean Echenoz ne doit pas avoir ce genre de problème. Il y a ce passage, dans Glamour Attitude de Jay MacInerney, où une femme dit au personnage que l’on devient ce que l’on fait semblant d’être et qu’il faut donc faire attention à ce que l’on fait semblant d’être. Mais je ne travaille pas tant que ça mon image. Je dois passer dans quelques heures à la télévision. Je n’ai rien d’autre qu’un pull noir. Il est couvert des renvois de biberon de mon fils. On dirait des taches de sperme. »
Le 12 juin 2006 de Monsieur Népomucène en cinq points
I. Quart d'heure nostalgico-vaniteux. Voici dix ans environ, je passais le baccalauréat (série ES). Mon sujet était le suivant : Peut-on être plus ou moins libre ? Je soupçonne mon correcteur de m'avoir sous-noté, dans la mesure où il n'a attribué qu'un 17/20 à ma copie, laquelle déchirait vraiment sa ce-ra.
II. OnirikAttitude. Rêvé de deux inscrits de ce site prenant l'avion pour aller au "lac de Genève" (je sais, on dit "lac Léman", mais dans mon rêve c'est comme ça que c'est formulé). Pourtant, le visage de l'un d'entre eux in real life m'est totalement inconnu.
III. Boulot, boulot, boulot. Défense de me faire chier jusqu'à jeudi.
IV. Ici, mes dingues de lecteurs, dansez donc la polka, qu'on rigole un peu.
V. Pas encore vu d'anthropologues en tongues, mais cela ne saurait tarder, d'autant qu'hier le patron du café des anthropologues portait lui-même des tongues.
« Let's fuck ?
- Si tu as de la grenadine et des glaçons je fais tout ce que tu veux.
- TU N'AS PAS DE GRENADINE! On ne me la fait pas! Je sens un type qui n'a pas de grenadine a plus de 800 km!
- J'AI de la dine-grena !!!
- Que Dalle vous tez-men de la che-bou simiesque acolyte !!
- MAIS EUH !!! »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
« Si le capitalisme constitue l’une des expressions métaphoriques du caractère anal, le football est un lieu névralgique où s’exprime la pulsion anale. »
(Franck Evrard, Dictionnaire passionné du football)
Le 11 juin 2006 de Monsieur Népomucène en 5 points
I. OnirikAttitude.
Rêvé cette nuit d'Alain Juppé. Je rejoins une soirée qui lui est consacrée quand il parle un peu de sa vie. Je suis arrivé lorsqu'elle était déjà quasiment terminée. J'écoute les derniers propos de Juppé depuis un siège d'arbitre de tennis placé au fond de la salle, que parcourt Alain Juppé. Auparavant, je discutais avec S., notamment du fait que j'avias félicité les grands parents (ses parents à elle) avant les parents pour la naissance de son fil.
Lorsque la soirée pour Alain Juppé se termine, un peu sa soirée de retour en France, mon meilleur copain d'enfance est interpelé par lui : Juppé a beaucoup apprécié son exposé sur Aron. Je suis agacé par ce que je comprends : l'exposé sur Aron a été l'occasion de balancer quelques vacheries sur Sartre, de dire qu'Aron et Sartre n'étaient carrément pas dans la même catégorie, i.e. que Sartre n'existait à peu près pas du tout dans le domaine de la pensée politique, en comparaison de Raymond Aron. Juppé ayant été très impressionné par ce brillant exposé arrête donc mon meilleur copain d'enfance, qui allait, comme tout le monde, quitter la salle. et lui offre un genre de cartes (qui m'évoque peut-être un peu le tableau qu'on peut remplir au fil des matches et dans lequel on peut suivre la coupe du monde, que le patron a affiché dans un café où j'ai quelques habitudes et qui est peut-être le poster que Mme X. lui a donné en ma présence). Quelqu'un tente de parler à mon copain d'enfance de tel concours, et se voit répondre en gros par mon copain d'enfance qu'il ne faut plus lui en parler, que c'est de l'histoire ancienne. Je crois que je raconte à mon copain d'enfance que je suis en retard parce que je regardais trois films en vidéo avec mon père (mais lesquels ?), ce qui, dans le rêve, est vrai.
II. Ah, ça sert, pour suivre les conversations sur Meusseuneuh, de savoir quand Pierre-Etienne Flandin fut président du Conseil.
III. A West Milford, dans le New Jersey, un chat a chassé du jardin de ses maîtres un ours brun. Putain, rien n'arrête le progrès.
IV. Trois détenus venant de se suicider à Guantanamo, George Bush Jr a fait part de sa "forte préoccupation".
V. OnirikAttitude bis.
Toujours cette nuit, mais avant un premier réveil, j'avais rêvé d'une histoire de traitement médicamenteux. Mme Z. avait particulièrement attiré mon attention sur le fait que pouvaient apparaître des boutons d'un mètre cinquante (!?!?). Pour résoudre le problème, tapotez sur la face postérieure des incisives supérieures et le bouton disparaît en cinq minutes, m'avait-elle dit
A un autre moment du rêve, je ne suis plus avec Mme Z. mais avec une interne de mon âge ou un peu plus jeune (ce pourrait tout à fait être une infirmière mais, dans le rêve, pour une raison que j'ignore, je sais que c'est une interne). Une fois parti, je dois retourner à l'hôpital, car j'y ai oublié des affaires (notamment, semblerait-il, une pile de livres, une pile d'exemplaires du livre de Yann Arthus-Bertrand La terre vue du ciel, en fait).
«Robien aura son temps de parole. Chez nous, la liberté de parole est entière. Ce qui sera plus dur, prévient-il, c'est de ramener l'UDF dans le giron de l'UMP. L'UDF soumise, la vieille UDF, les militants n'en veulent plus car elle ne sert à rien.»
«Aujourd'hui les problèmes de sécurité, de dette publique, d'effet de serre, ne peuvent être réglés par un camp contre l'autre, d'autant qu'ils en sont coresponsables.»
II. Passage soudain d'un temps d'automne à l'été. Je me sens floué de mon printemps.
III. Libération nous apprend une nouvelle réjouissante (second degré, les enfants, ne vous énervez pas) dans un article de ce jour : "Le responsable de la formation continue des enseignants en Pologne a été limogé vendredi pour avoir édité une brochure du Conseil de l'Europe accusée «d'encourager des contacts avec des organisations d'homosexuels»."
IV. Ces derniers temps, je prends trop peu le temps de lire des gues-blo hors du journal des inscrits de GA, et c'est bien dommage. Je compte remédier prochainement à cela en reprenant une lecture qui me manque, celle des blogs de Mam'zelle Atae et de Sébastien Cramoisi.
« Lorsqu’on commence à faire sortir les militaires des casernes, c’est le début de la dérive. Le lendemain, il interviennent dans les troubles des banlieues. Après, ils prennent le pouvoir sous prétexte de ramener le calme. Malheureusement, Ségolène Royal n’a pas dérapé : elle est sincère. Quand elle était ministre déléguée auprès de moi, nous avions entrepris ensemble de lutter contre la pédophilie dans les établissements scolaires. Eh bien, elle voulait qu’on suspende immédiatement tout enseignant suspect. On lui a répondu qu’on était en république et qu’il était hors de question de suspendre quelqu’un simplement parce qu’il y avait une accusation. Elle nous a répondu une phrase fabuleuse quand on a en tête ce qui s’est passé depuis à Outreau : « Les enfants ne mentent jamais. » »
« A part Gad Elmaleh et Jamel Debbouze, ils sont tous vulgaires et méchants. Roger Pierre et moi, on n’a jamais dépassé les bornes et toujours évité de choquer le public. »
« Je ne parle pas de l’actualité des faits divers, ni de la politique intérieure française, qui me fait sourire mais ne m’intéresse pas. Les frontières, il y a longtemps que je les ai abolies dans ma tête. L’actualité qui m’inspire, c’est la géopolitique, l’intégrisme, le terrorisme, le monde dans lequel on vit. Je préfère la globalité à l’anecdote. Après, je fais de la prospective. »
« Avec les idées qu’elle développe aujourd’hui, Ségolène Royal est en train de couper le parti en deux. Elle détricote ce que s’emploie à faire François Hollande depuis quatre ans. J’espère donc qu’elle ne sera pas désignée. Elle ne le mérite pas. Nous avons besoin d’un rassembleur de toute la gauche. »
I. L'un de mes jeunes lecteurs lance un appel au secours : « Maurice Druon, je veux sa bite. » Maurice, si tu me lis, tu sais ce qu'il te reste à faire...
II. L'un de mes jeunes lecteurs me fait la déclaration suivante : « Autant tu es capable de faire des silences de... 34 minutes... autant tu peux faire un monologue de 3 heures 27 !... » Je n'ai qu'une réponse à lui faire : MAIS EUH !!!
III. Ce matin, au lit, une érection matinale. Puis une autre érection matinale. OOOOOOOooooooooh !!! Y'en a une qui n'était pas à moi !!!
IV. Ces prochains jours promettent un boulot intensif, et pas forcément passionnant. Bon, faut bien justifier ses émoluments, hein.
V. Ici, mes dingues de lecteurs, dites avec qui, parmi les inscrits de ce site, vous voudriez coucher.
VI. Découvert la série animée Happy tree friends. Putain, c'est trash.
VII. L'un de mes jeunes lecteurs m'apprend que c'est tenace, la bouse de vache, surtout quand on la laisse infuser six mois. Ils sont gues-din, mes jeunes lecteurs.
VIII. Dernièrement, un article du Parisien, voulant indiquer que tels touristes anglo-saxons trouvaient la rue des Rosiers tout à fait charmante, disaient qu'ils trouvaient celle-ci « so cut » (sic). Ceux de mes lecteurs qui parlent anglais expliqueront aux autres pourquoi je me suis demandé comment un journaliste pouvait écrire un truc aussi déplacé.
« Ce n’est pas obligatoire d’avoir une vie de roman-photo pour accéder à la perception de l’amour et obtenir le droit d’en parler. La biographie d’un écrivain ne vient jamais éclairer son travail. Si on s’y applique, on passe à côté de la création. »
« Les autres, je m’en fiche. Je sais que, depuis toute jeune, je défends l’état amoureux. Les souffrances d’une jeune femme en pleurs dans la rue ou de la princesse de Clèves sont identiques. C’est ce qui fait qu’on lit tous les mêmes livres. »
VI. Revu, en charmante pagnie-com, au théâtre de la chette-Hu, La Cantatrice ve-chau et La leçon, d'Ionesco, pièces jouées sans interruption depuis quarante-neuf ans dans ce théâtre. Je les avais déjà vues en février 1995, mais avais tout oublié, sauf cette formule : Caressez un cercle, il deviendra vicieux. Beaucoup aimé La Cantatrice ve-chau. J'y retournerai un jour, peut-être sans attendre qu'onze ans s'écoulent.
VII. Consultation de mon solde bancaire. Grmpf. Le faste mois de mai est bien derrière moi. Oui, je sais, ma grand-mère le dirait : tout fout l'camp.
« Je suis très heureux d’apprendre que Mme Royal soutenait mon action et que sa seule critique était de considérer que mon action n’était pas assez ferme. »
Il faut penser ; sans quoi l'homme devient,
Malgré son âme, un vrai cheval de somme.
Il faut aimer ; c'est ce qui nous soutient ;
Sans rien aimer il est triste d'être homme.
Il faut avoir douce société,
Des gens savants, instruits, sans suffisance,
Et de plaisirs grande variété,
Sans quoi les jours sont plus longs qu'on ne pense.
Il faut avoir un ami, qu'en tout temps,
Pour son bonheur, on écoute, on consulte,
Qui puisse rendre à notre âme en tumulte,
Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.
Il faut, le soir, un souper délectable
Où l'on soit libre, où l'on goûte à propos,
Les mets exquis, les bons vins, les bons mots
Et sans être ivre, il faut sortir de table.
Il faut, la nuit, tenir entre deux draps
Le tendre objet que notre coeur adore,
Le caresser, s'endormir dans ses bras,
Et le matin, recommencer encore.
« Qu’est-ce qui pousse les gens à trouver la force de se battre ? La guerre aura une fin. Qu’est-ce qui pousse les gens à sentir la fragilité de l’existence ? Le bonheur aura une fin. »
يـكـفي عــزاء بــــالخـيال
عـــلـيـنا العــبء لا منــاص
فــيا عـــــمّــال لـــلنـضال
فـــفي يـــميــنـنا الـخـــلاص
احموا الكور ضعوا الحديد
و دقــــــوه على احـــــمـرار
يـريد الــشعــب أن يــسود
فـــكـــوا الــــروح من اســار
« On se rencontre forcément en Inde. Il y a la violence et la pauvreté mais aussi la joie et la beauté. On endure maintes contradictions. On côtoie sans cesse la mort. On est à distance de tout. L’homme, tellement égocentrique par nature, est obligé de se dire : je ne suis rien. »
« La question du mensonge est complexe. Est-ce qu’il faut dissimuler le malheur ? On peut mentir aux autres mais pas à soi. Il faut affronter et assumer ses contradictions pour pouvoir méditer sur la douleur. »
I. Le dernier truc à la mode sur le ouaibe, j'ai l'impression que c'est Myspace, mais je n'ai pas très bien compris ce en quoi ça consistait, au-délà de la création d'une page personnelle super-bordélique à laquelle on ne capte rien. Quelqu'un pourrait-il avoir la gentillesse d'éclairer ma terne-lan ?
II. Charlotte Corday était l'arrière-arrière-petite-fille de Corneille. Ca vous en bouche un coin, non ?
III. Il m'arrive parfois de penser qu'être un orphelin sans le sou dans un pays pratiquant un libéralisme économique échevelé m'aurait évité quelques-uns des soucis de ces dernières années, et que, professionnellement, je n'en serais pas tout à fait là où j'en suis, et que ce serait tant mieux. Je dois cependant admettre que rien ne me le prouve.
IV. Sur le ouaibe, on peut avoir des échanges fort instructifs. J'en apprends ainsi de bien belles à propos de mon Chapichapoupounénet à meuha. Une source dont je préserverai évidemment l'anonymat me déclare ainsi : "Ce qu' il y a d' excitant chez Antoine c'est que la mort cérébrale a été déclarée par les médecins et qu' à tout moment quelqu' un peut venir lui prélever des organes !"
« Je ne crois pas à la perfection de la performance, je crois à l’humanité du jeu ? Jouer, c’est regarder l’autre, l’écouter. Le talent d’un acteur, si talent il y a, vient à 98 % des autres. Il faut beaucoup de pudeur pour être acteur, ou chanteur. »
« Ma vie de négociateur m’a appris que quand les parties autour d’une table répètent les mêmes choses de réunion en réunion, il faut changer d’interlocuteur. »
« Je crois que nous avons un intérêt très fort à soutenir la démocratie en Irak. La guerre a divisé le monde. Le combat des Irakiens pour la démocratie doit le réconcilier. Depuis neuf ans que je suis premier ministre, je ne me suis pas fatigué de l’idéalisme. Simplement, je me suis convaincu qu’en matière de politique étrangère, on a tort de séparer valeurs communes et intérêts. Autrement dit, la realpolitik d’aujourd’hui, c’est l’idéalisme. »
Un de nos jeunes lecteurs, mon chien pour être précis, lance un appel au secours : "Je garantis que je suis assez crédible dans le rôle du mec de quelqu’un. Je l’ai déjà fait, j’ai de l’expérience, y compris de l’expérience qui pose son homme chez les pédés : une relation stable, mature et engagée de deux ans avec habitat commun meublé et tout. Alors qu’on fasse pas chier et qu’on me drague, maintenant. Bordel."
Rebond sur l'affaire Clearstream et un post de Netromain (et recyclage d'un de mes commentaires par la même occasion) :
"Fort intéressant.
Je me permets cependant deux petites remarques sur la place de Dominique de Villepin dans cette histoire que m'inspire ce post :
1) Je ne comprends pas tout à fait la défense de Villepin, à savoir pourquoi il n'a pas tout simplement dit : il ne serait évidemment pas envisageable que le gouvernement compte, en connaissance de cause, un ministre planquant du fric à l'étranger, ni que tout soupçon de ce genre puisse demeurer. Je crois qu'un élu UDF (Bourlanges ?) a fait ce reproche à Villepin, mais sinon, personne ne semble voir cet aspect de la situation, ni à gauche ni à droite. Je trouverais un argument de ce type nettement plus recevable que la ligne un peu abracadabrantesque "on n'a surtout pas fait enquêter sur les éventuels comptes planqués à l'étranger du ministre de l'Intérieur, qui avait tout à fait le droit, politiquement, moralement et juridiquement, de planquer du fric à l'étranger à l'insu du plein gré de la République".
2) "il a refermé le dossier sitôt qu'on l'a convaincu qu'il était vide " : euh, hem, je crois que tout le problème se trouve ici.
Un grand mystère aussi dans cette histoire, enfin, tout est relatif, hein, disons un truc qui m'intrigue : Raffarin, pendant ce temps, il se tripotait tout seul dans son bureau ? personne ne le tenait au courant de rien alors qu'il pouvait être déshonoré pour l'éternité si on découvrait qu'un de ses ministres avait du fric à l'étranger ?"
Ouais, ouais, l'autocitation, ça fait un peu pitié, je sais. Cela dit, j'vous emmerde.
III. Littérature contemporaine
Terminé ma lecture du dernier Roth, Le Complot contre l'Amérique.
Ce roman est la première uchronie jamais écrite par Roth. Il imagine que l'élection présidentielle de 1940 n'est pas remportée par Roosevelt mais par Charles Lindbergh, oui, oui, l'aviateur, lequel avait des sympathies nazies. Au lieu d'intervenir en Europe dans la guerre qui commence, les Etats-Unis s'en tiennent à un isolationnisme censé les préserver du drame qui se noue. Dans le même temps, on assiste à une montée graduelle de l'antisémitisme, quand bien même beaucoup croient que Lindbergh, devenu président, a changé et s'est débarrassé des préjugés qu'il nourrissait auparavant à l'égard des Juifs.
Tout est raconté du point de vue d'un enfant, Philip (tiens,il porte le même prénom que l'auteur et est né à la même époque), vivant à Newark (près de New York, tiens, c'est la ville où Roth passa son enfance et son adolescence) avec ses (admirables) parents, Herman (tiens, le même prénom que le vrai père de Roth, et la même profession - agent d'assurances) et Bess (tiens, les prénoms des parents de Roth), son frère Sandy (devinez donc comment s'appelle le frère de Philip Roth in real life) et son cousin Alvin.
Ce texte est sensiblement meilleur que son fort décevant petit roman intitulé La Bête qui meurt paru en France à la rentrée littéraire de septembre-octobre 2004, et embrasse avec talent une réalité nettement plus ample que ce précédent récit (il est d'ailleurs nettement plus épais) . Pour moi, c'est du bon Roth, voire du très bon Roth. Est-ce aussi brillant que Pastorale américaine ou Ma vie d'homme ? Je ne sais. J'avoue ne pas en être franchement certain mais je ne voudrais pas trop m'avancer dans un sens ou dans un autre, en raison du caractère atypique de cette uchronie dans l'oeuvre de Roth. Atypique mais point trop : on reconnaîtra des thèmes familiers de Roth comme l'antisémitisme, et la famille de Roth est évoquée dans plusieurs de ses précédents livres, de manière directe ou indirecte, romancée (cf. l'excellente tétralogie sur Zuckermann, l'un des doubles romanesques de Roth, disponible en un seul volume dans la collection Folio sous le titre Zuckermann enchaîné) ou strictement autobiographique (cf. Patrimoine ou Les Faits).
Bref, je ne dis pas que c'est un chef-d'oeuvre, mais je n'ai aucun regret.
« Quand on veut faire du charme à quelqu’un, il vaut mieux travailler dans la dérision parce qu’il n’y a rien e plus chiant que quelqu’un qui vous dit très sérieusement je vous aime. »
« On peut se moquer mais quand nous sommes amoureux, quand ça nous tombe sur la tête, que nous le voulions ou non, nous sommes dans un roman-photo, c’est comme ça. »
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Le bandeau ci-dessus a été conçu par M. Gayberry.
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Lecture(s) en cours :
Je me permets de vous indiquer quelques blogs divers et variés qui présentent au moins pour point commun de tous m'intéresser, quoique ce soit parfois pour des raisons différentes.
[NB1: la liste des blogs n'est pas exhaustive]
[NB2: les descriptions que je donne ci-dessous doivent être lues comme l'expression d'une sensibilité qui m'est personnelle et non comme le reflet fidèle de la réalité objective de ce qui est décrit]
[NB3: si malgré l'avertissement précédent l'un ou l'autre des auteurs de blog ci-dessous évoqués considérait que mon propos, forcément trop synthétique et imparfait, donne une idée de son blog trop éloignée de sa réalité, qu'il n'hésite pas à me le faire savoir]
- le protocole, c'est le protocole:
Donc je place en haut de cette liste le blog de Samdech Norodom Sihanouk, ancien Roi du Cambodge. Pour l'anecdote, sachez que Samdech Norodom Sihanouk du Cambodge est favorable au mariage des homosexuels.
- catégorie plutôt culturelle/littéraire, ici et ailleurs:
Je recommande vivement le blog de Matoo , que je lis rarement mais de plus en plus souvent et toujours avec le plus grand intérêt. Des réflexions de son auteur sur ce qu'il peut lire ou voir. Toujours bien écrit et intelligent.
Je recommande autant qu'il est possible de recommander le blog de Waves, voire plus. De la vie, de l'intelligence, du talent. Du foutre aussi, ce qui ne gâche rien.
Le blog de Matthieux est bien écrit comme c'est pas permis.
Depuis peu est apparu le blog de Sixte , jeune "scribouillard" (dixit himself) qui, à mon humble avis, scribouille très bien.
Je peux aussi vous recommander le blog d'Olivier.
Mais à mon avis, vous feriez mieux d'aller voir directement son site personnel , d'une très grande richesse, très bien écrit, qui mêle étroitement création littéraire et journal personnel (je ne sais si "intime" serait approprié).
- blogs régulièrement lus sur ce site:
Le blog de MisterPatate, poétique, à sa manière peut-être, mais assurément poétique.
Le blog de Etasseureuh , sale gosse à l'humour décapant.
Le blog de Diabolito, sans doute ce qui se rapproche le plus d'un journal intime réussi (je ne dis pas par là qu'il est exhaustif; il me semble que la question de la qualité d'un "journal intime" et celle de son exhaustivité sont indépendantes l'une de l'autre), avec ce qu'il faut de finesse d'observation de l'existence humaine (je dis existence et non pas nature pour des raisons que je ne développe pas pour l'instant).
Le blog de Nico_Paris12, chez qui je retrouve parfois quelques traits de ma vie, mais perçus avec un peu d'humour.
Le blog de Ricroel, "drôle malgré lui" (J. Diabolito); Ricroel a écrit les scénarios et les dialogues de plusieurs films de Woody Allen.
Tant qu'à faire, vous pouvez aussi lire celui de Matth-dk, qui n'est pas sot non plus.
Le blog de Bamf, décalé, mi-déjanté mi-sarcastique mi-autodérision (je sais, ça fait trois moitiés, mais je n'ai pas fait maths sup', alors bon, hein).
- ailleurs:
Le blog de Ruxor, qui est très loin d'être sot et doué d'une grande aptitude à l'analyse de la vie (précision: ne pas interpréter ce que j'en dis comme un jugement, car ce n'en est pas un).
Je regroupe ensemble les blogs de Bradshaw, Dextropropoxyphèneet Paumé dont les univers me paraissent proches, et me fascinent.
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Une fournée de nouveaux liens vous menant en divers endroits de la blogosphère (désormais par ordre chronologique d'ajout à mes liens) :
- chez freakydoll, parce qu'il y a du foutre et que ça me plaît,
- chez Elizabethtessier, électeur de trèmovèzfoa mais pratiquant parfois un humour 2bongoo2bonaloi, quoiqu'un peu cruel,
- chez Romain, parce que je trouve qu'il fait preuve d'une grande sensibilité, dans le meilleur sens du terme, dans ses articles sur ses relations avec les garçons,
- chez Jipé, un cadre sensible et plein d'humour, lecteur du journal dans lequel écrit Alexandre Adler, ce qui n'est pas une mince affaire,
- chez Pascal Riché, le correspondant aux Etats-Unis de Libération, et pas seulement parce que son blog m'a appris qu'aux Etats-Unis, à la piscine, les hommes se douchent collectivement et généralement sans maillot,
- chez Sixte (bis), parce qu'il a ouvert un autre blog, ailleurs,
- chez Kevin Sites, journaliste indépendant, actuellement en Irak pour la chaîne américaine NBC (en anglais),
- chez Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre, professeur d'économie, etc., dont le blog avait été évoqué sur le sien par Nicolas,
- chez Glenn Reynolds, professeur de droit à l'université du Tennessee, qui s'intéresse notamment aux questions des nouvelles technologies, de la liberté individuelle et de leurs relations,
- chez Pierre Haski, correspondant de Libération en Chine.
- sur le blog A l'heure américaine, que Pascal Riché vient (janvier 2005) d'ouvrir avec son collègue Fabrice Rousselot, le précédent blog de Pascal Riché, consacré à l'élection présidentielle américaine de novembre 2005, n'ayant plus lieu d'être,
- chez Chapichapo dont le blog présente cette particularité qu'il est régulièrement mis à jour quoique définitivement fermé,
- chez Baptiste Coulmont, sociologue enseignant à l'université de Paris 8 - Vincennes,
- sur la république des livres, le blog de Pierre Assouline, journaliste et écrivain, ancien directeur de Lire, chroniqueur au Monde 2, critique au Nouvel Observateur,
- chez Anatole (prénom fictif), pour son humour, pour ses qualités d’écriture, pour ses séries (bonnes lectures dominicales, jeunes giscardiens, belles cartes postales, etc.), pour Bernard Menez,
- chez Cathogay, dont le blog contient des lectures et des réflexions, le tout étant très intéressant, sur le sujet "être gay et être catholique" (et on n'est pas obligé d'être gay ni d'être catholique pour apprécier, hein),
- chez Oli, où l'on trouve des lectures, du ciné et de l'actu,
- chez Mike qui écrit de bien jolis récits de rencontre,
- chez Alain Juppé, ancien Premier Ministre, ex-futur Président de la République,
- sur le kolkhoz-blog, centre de réflexion et de prospective sur le marxisme-léninisme,
- chez Gerboise, parce que, pour un vulgaire rat, il écrit bien tout de même (bon, en plus, il est beau, mais je ne vais pas vous dire un truc pareil, on va encore me trouver superficiel),
- chez Hugoindigo, parce qu'il fait bon s'y promener,
- chez Matthieux, qui a ouvert un nouveau blog, ailleurs,
- chez M'sieu Pheel, parce qu'il est complètement ouf'.
Bloc permanent de la bogossité
Le principe est simple : si vous êtes l'une des personnes figurant dans ce bloc permanent, vous êtes invité à m'écrire. Je crois que je vous lirai avec plaisir.