Bonjour. Je suis Monsieur Népomucène et je n'existe pas.
Ceci n'est pas un blog.
This is not a blog.
"Je ne voyage sans livres ny en paix ny en guerre".
(Montaigne, "Essais", Livre III, chapitre III)
"Le paradis à n'en pas douter n'est qu'une immense bibliothèque".
(Gaston Bachelard)
J'écoute : les coups de marteau chez ma voisine du dessus Je regarde : mon écran Je joue : pas Je mange : trop de glucides Je bois : du café Je cite : "Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer" Je pense : uniquement les jours pairs Je rêve : moins souvent qu'il y a quelques mois (mis à jour mercredi 11 juin 2008 à 21:57)
C'est grâce au jeune et bête Iceberg (grâces lui soient rendues) que je découvre le vlog de Camille, Camille dans l'isoloir, que l'on doit à son voisin, Samuel Tasinaje (grâces lui soient rendues), réalisateur et comédien.
Je n'ai pour l'instant regardé que quelques épisodes de cette série, mais elle me plaît déjà. Je vous poste ci-dessous le dernier épisode de cette rencontre quotidienne avec une merveilleuse vieille dame de quatre-vingt-dix-neuf ans.
Atermoiements d'un électeur lambda
Une série épistolaire du (non-)blog de Monsieur Népomucène
Episode du jour (épisode 12) :
Prendre des décisions, c'est dur
Mes chers dingues de lecteurs,
A l'heure qu'il est, mon choix, pour le second tour, n'est toujours pas fait.
Voici deux ou trois jours, peut-être quatre, j'eusse même pu vous déclarer qu'il se trouvait une chance sur trois pour que je votasse pour Nicolas Sarkozy, une chance sur trois pour que je votasse pour Ségolène Royal et une chance sur trois pour que je votasse blanc. J'hésitais déjà le soir du 21 avril. J'ai encore plus hésité les jours suivants.
Même si certains peuvent tout à fait juger son ampleur des plus limitées, une dynamique en faveur de Ségolène Royal est apparue. J'ai d'ailleurs pu constater, chaque jour, sans prétendre avoir interrogé un échantillon nombreux, et encore moins un échantillon représentatif, que de plus en plus de personnes, de toutes opinions, qui estimaient quelques jours plus tôt que la défaite de Ségolène Royal était certaine, en étaient moins sûres.
Cela ne pouvait que renforcer mes hésitations. En effet, moins l'élection paraît jouée, plus mon modeste vote, mon tout petit choix personnel revêtent d'importance, pour ne pas dire de poids. Dès lors, il devient plus que nécessaire de réfléchir à deux fois à l'usage que l'on va faire des petits bulletins et de la petite enveloppe. Imaginez les dégâts que que tout cela peut entraîner sur l'esprit d'un humble singe souffrant d'indécision chronique.
A l'heure actuelle, je doute un peu moins. Il semblerait que je m'acheminasse, lentement mais (relativement) sûrement, vers un vote blanc. Rien n'est définitivement décidé cependant. S'il était une seule chose dont je fusse à peu près certain, ce serait d'ailleurs que je ne prendrai sans doute pas de décision définitive avant le débat du 2 mai et, pour avoir une idée du rapport de forces au moment de voter, les derniers sondages, vendredi et, dans la presse étrangère, samedi. So, let's keep in touch.
Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie d'accepter, mes chers dingues de lecteurs, mes poutous les plus baveux.
Le 30 avril 2007 de Monsieur Népomucène en 5 points
I.
Je faisais observer hier que le jeune et bête Iceberg est vraiment très bête, et je me demandais quel était son secret.
L'un de mes honorables commentateurs, sans répondre tout à fait, m'éclaire un peu sur le sujet : le jeune et bête Iceberg est structurellement bête.
II.
Jolis cadeaux d'anniversaire. Un ch'tit chèque et un ch'tit billet, mais surtout deux ch'tits volumes de la Pléiade, que je suis vraiment très heureux d'avoir : le volume du Théâtre complet de Sartre, paru en 2005, et qui permet notamment de retrouver Bariona, la pièce rédigée par Sartre au stalag pour le Noël des prisonniers, à peu près introuvable quoiqu'ayant fait l'objet d'une édition en 1970, et celui des Œuvres romanesques de Sartre.
C'est tout doux, les anniversaires.
III.
Dans ma boîte aux lettres, samedi matin :
Perpète-les-oies [nom d'une préfecture de province], le 26 avril 2007
Monsieur,
Vous avez fait acte de candidature au poste de [...].
Soyez assuré que votre candidature a fait l'objet d'un examen attentif. Toutefois, je vous informe qu'elle n'a pas été retenue au titre de ce recrutement.
Cependant, votre dossier est conservé au service [...] de la direction des ressources humaines, qui ne manquera pas de vous contacter si un poste correspondant à votre profil venait à se libérer.
Souhaitant que vous trouviez un emploi conforme à vos aspirations, je vous prie de croire, Monsieur, à l'assurance de ma considération distinguée.
La Chef du service [...],
[signature]
IV.
Et si je me mettais à manger...
... des fruits ?
V.
Ici, mes dingues de lecteurs, racontez-moi votre week-end dans les moindres détails.
«Il faut accepter aussi de rendre des comptes sur son action politique sans crier tout de suite à l'agression [...]. J'observe avec beaucoup d'amusement que celui qui porte les coups les plus rudes se pose en victime. Je crois que ça ne trompe personne.»
« On pourrait dire qu'il y a un recul du FN mais c'est Sarkozy qui a récupéré les voix de Le Pen. Les discours du FN s'est banalisé dans la société. Les mots de Le Pen n'ont jamais été aussi présents et, ce qui est dramatique, c'est que ses idées sont portées par un homme issu d'un grand groupe politique, l'UMP. »
« Il est évident que M. Sarkozy ne s'attache pas au «vivre ensemble». Refuser de faire le travail de mémoire, c'est refuser d'avancer. Il faut relire le passé pour préparer l'avenir. Il est prêt à beaucoup pour devenir Président. Il dit ce que les gens veulent entendre... Il réveille le racisme latent des gens, je le lui ai dit et je suis prêt à le lui redire. On me dit parfois que j'exagère, mais regardez l'évolution de son discours depuis 2005, au moment où je l'ai rencontré : il a affirmé vouloir récupérer les voix du FN. Pour y parvenir, il y a deux moyens : soit en disant aux gens du FN, ce que vous pensez des immigrés est faux ; soit en allant dans le sens des idées de Le Pen... Les «moutons égorgés dans la baignoire», «le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale» , l'immigration «choisie» et non plus «subie», etc., tout cela pointe du doigt une certaine population. »
« La France n'arrive pas à se regarder telle qu'en elle-même... Je voyage beaucoup à l'étranger et le reproche récurrent qu'on fait aux Français, c'est d'être prétentieux. Notre pays vit dans le souvenir de la «Grande France». Cela veut dire qu'on n'a pas réalisé que cette grandeur reposait sur des massacres, sur la négation de l'autre, sur sa chosification... Aujourd'hui, il y urgence de déboucher sur quelque chose de plus intelligent... »
« On nous dit que les bulletins de Ségolène Royal serviraient à dire non à un monstre autoritaire, raciste. Eh bien, moi, j’ai choisi Nicolas Sarkozy car il est le contraire de cette caricature. »
Rêvé de l'homme de ma vie dans la nuit de vendredi à samedi. Je Le revois, les cheveux un peu plus longs que lorsque nous nous fréquentions. Après quelques secondes d'hésitation, je me décide à Le serrer longuement dans mes bras. Je pose la tête contre Son torse. Sensation de chaleur humaine.
III.
Fort heureusement, après l'élection présidentielle et les élections législatives, quels que soient les résultats de ces scrutins, les gens pourront cesser de parler politique du matin au soir.
Ils auront alors tout le loisir de reprendre leur sport préféré : critiquer le gouvernement.
IV.
J'ai chez moi, entre autres nombreux ouvrages non lus, les Œuvres complètes de Barthes, Les Frères Karamazov, A la recherche du temps perdu, quelques romans de Balzac, L'Être et le Néant, plein de biographies (de Clovis à John Forbes Nash en passant par Marguerite Duras, Philippe Le Bel, Hitler, Clemenceau et Sigmund Freud), les trois ou quatre livres de Philip Roth que je n'ai pas encores lus, les Mémoires d'outre-tombe, les traductions Vezin et Martineau de Sein und Zeit, Belle du seigneur, Don Quichotte, La Montagne magique, une tripotée de livres d'histoire, quelques volumes toujours pas lus de ou sur Sartre, etc.
Alors qu'est-ce que je fous encore sur le Net ?
V.
Ici, mes dingues de lecteurs, racontez-moi comment vous fêtâtes votre dernier anniversaire et dites-moi quels cadeaux vous reçûtes.
« Si les sondages restent encourageants, ce n’est pas eux qui font l’élection. Je vais mettre à profit les huit jours qui me restent pour me battre pied à pied. Rien n’est acquis. Il va falloir mériter la victoire. Les Français n’ont pas l’habitude de la donner facilement. C’est une longue marche. Je m’y suis préparé depuis longtemps. Je la ferai jusqu'au bout. »
« Que n’aurait-on dit si, arrivé troisième, j’avais exigé un débat avec les candidats sélectionnés pour le second tour ! Que je dévoyais les institutions de la Ve République sans doute. »
« La question n’est pas de savoir de quoi on m’accuse, mais de quoi on ne m’accuse pas dans cette campagne ! Le mensonge, l’insulte, la diffamation ne devraient pas être des éléments du débat démocratique. Je plains ceux qui se sont livrés à ces bassesses. »
« L’addition des promesses électorales de Ségolène Royal, 62 milliards d’euros, crée un déséquilibre considérable. Ce n’est pas en distribuant de l’argent qu’on va faire gagner notre pays. »
C'est avec cette petite photographie de la basilique Notre-Dame-du-Pilar de Saragosse que je vous souhaite un excellent jour du gneur-Sei, mon cher Jean, que je me réjouis de voir de nouveau parmi nous, ainsi qu'à Pyram, qui est bouddhiste, à Anatole (prénom fictif, radin ve-gra), aussi pingre le dimanche qu'en semaine, à Guilll, qui me l'a demandé gentiment, à Carlo01, mon doux disciple, à Iceberg, qui est jeune et bête, à Orfeo, qui était définitivement vexé mais n'est finalement plus vexé, à Bonjour, qui désespérait, à mon iench', qui déteste ces trucs-là, à Gaston, irrégulièrement présent mais d'une urbanité irréprochable, à Margotte, qui est méthodiste, à la Farkasse, qui est calviniste, à Gfp, qui prie pour le jeune et beau Népomucène, à Titcroco, qui ne va plus à la messe, à Furyo, qui est un catholique un peu plus sérieux qu'un singe-blogueur, à mon p'tit Sarthois, qui est mon p'tit Sarthois préféré, à Arnieoflovers, qui a la glorieuse chance d'être belge, et à travers lui à tous ceux de ses compatriotes qui fréquentent ce site, à Pouletfamille, jeune et beau gallinacé qui est mon p'tit poulet sacré préféré, à Bôfotex, qui dispose d'un assistant redoutable, à Gilles de Robien, à Cizion, qui aime pourtant bien se brosser, au jeune Maxouuu, qui est un héros, à mon Chapichapoupounénet à meuha, qui est aussi vaguement sarthois et qui est surtout mon Chapichapoupounénet à meuha, à M'sieu kani-Kolo, qui hurlait au dale-scan parce qu'il n'était pas nominativement cité dans mes voeux dominicaux, à Loup, qui est orthodoxe, à Mike, revenu incognito, à Fabulous, qui se prénomme Fabrice Fabien et non Fabien Fabrice, à Cel, qui est meugnon, à -alias- adoré, que j'adore, à Edeion, qui n'est pas belge, à Nezorizoro, secrétaire de section honoraire du Parti Socialiste, à Theutheu, à qui je viens d'écrire, à MisterPatate*, tubercule de talent, à Kyl, animal parlant qui horripile, à BigWinner, qui est mignon et pas qu'un peu, à Klendal, qui est mauvais perdant, à ma très volumineuse mémère au bord de l'explosion, qui est athée, à mon ch'tit Tonioo, dont j'espère qu'il va bien, à Spirit93, qui aime les dernières cigarettes, à Nico du Nico-Blog, qui est athée et libre-penseur, à M'sieu Pheel, qui m'en voudrait de l'oublier, au beau Vorp', trop craquant, à Badinou, qui dispose désormais d'un exemplaire de Peter Pan à déchirer quand il le voudra, à Lange, pour qu'il arrête de se scarifier tous les dimanches, à M'sieu Cox, qui cherche son nom dans cette liste, à Bip76, qui risquerait de bouder s'il n'était cité, à Dub, dont on ne compte plus les singeries et qui a un nouveau profil sur GA, à Evrat, que je salue à défaut de m'adonner au sexe oral avec lui, à Pierem, que certains traitent de Pollonais (sic), à la Potiche, qui aurait fait passer Raymond Devos pour un enfant sous-alimenté, à Haydenmachinchose, qui ne veut vraiment plus figurer sur cette liste et qui a dépassé l'état de mort clinique, à Boyan, charmant hérétique, à Coronys, qui va finir par connaître la Critique de la raison dialectique par coeur, à Griffin, dont trop de livres ont dramatiquement souffert, ce qui mérite, au minimum, toute ma compassion, à M'sieu Cadence, dont je n'oserai dire ce que je ne dois dire (il verra certainement ce que je veux dire), à Abend, qui travaille souvent le dimanche, à Ricroel, qui est orange et mort, à Sorty, avant qu'il ne soit trop tard, à M'sieu Bamf, grand amateur de whisky qui peut de nouveau commenter le (non-)blog du jeune et beau Népomucène, à Evariste, qui est un gentilhomme, à Theopiscence, qui semble ne plus du tout exulter, à Oliviersuisse, que cela vexait un tantinet de ne pas être cité nominativement dans ces voeux dominicaux, à Ernest, que je n'omets pas de citer, à Furt, qui me prie d'aller me faire enculer, à Asbel, qui est loin d'être le plus vilain des arguments dont dispose la social-démocratie européenne, à LeMarquis, que j'oublie du matin au soir, à M'sieu Minien, qui consulte mon blog tous les dimanches matins, à Kosmo, qui me divinise, à Garûdûdû, dont je ne suis pas toujours certain de comprendre ce qu'il dit, à la liste de Jacques Respaud, qui s'est vautrée mais qu'on aime bien quand même, à Dominique Strauss-Kahn, qui est le plus beau et le plus intelligent, , à d_s, que je saoûle avec mes posts dominicaux invariables, à M'zelle Ataegina, qui apprécie davantage ces voeux depuis qu'elle en est nommément destinataire, à Jahovil, même s'il est parti, à Ormegris, qui compte les liens erronés, à Toubib75, qui est tout content d'être friendlisté, à Babs668, qui prétend désormais ne pas puer du cul, même si on a évidemment gardé une trace écrite de ses aveux antérieurs, au ch'tit Pink, qui m'indiquait qu'il pouvait se faire appeler Dominique, à Karedig, qui pratique le calendrier révolutionnaire, et à Romain, qui craint vraiment que j'oublie quelqu'un dans mes voeux dominicaux.
Bon jour du gneur-Sei à tous les autres frappadingues aussi.
Le (non-)blog de Monsieur Népomucène, un (non-)blog catholique, apostolique et romain.
« Nous n’avons pas fait campagne pour Sarkozy ni pour Royal. Bayrou doit rester l’arbitre. Ses électeurs attendent une position équilibrée et ne veulent pas d’un combat de boxeurs. »
« J’ai beaucoup de mal à me reconnaître dans la façon dont on me caricature et dont parfois on me salit. Vous dire que je suis indifférent à cela, que je ne suis jamais blessé par les attaques souvent indignes, serait mensonger. »
« Il faut arrêter avec les représentations mécaniques de la politique : le vote est une affaire de conscience des individus, pas de consigne à laquelle il faudrait se plier. »
« Je ne donnerai aucune consigne de vote […]. Ce n’est pas mon rôle. Appeler à voter pour l’un ou l’autre des finalistes, ce serait franchir la ligne rouge. »
« Il n’y a pas de place au second tour de la présidentielle pour l’aventure solitaire. Il n’y a pas de place pour les coups médiatiques. La politique n’est pas faite pour permettre aux hommes politiques d’exister dans les médias. Elle n’est pas faite pour le contentement des hommes politiques. »
Le 28 avril 2007 de Monsieur Népomucène en 5 points
I.
Je veux être gérant d'un fonds d'investissement !
Tout d'suite !
II.
Un correspondant m'apprend que 87% des Luxembourgeois sont catholiques, apostoliques et romains. Pour les Luxembourgeois catholiques, apostoliques et romains, hip hip hip...
HOURRAH !
III.
Dernièrement, deux berluchets m'ont fait goûter le Viandox.
Pour rester poli, on dira que c'est une boisson réconfortante.
IV.
Une voisine me parle d'un ami à elle, admirateur de Napoléon Ier. Tous les 15 août, jour anniversaire de la naissance de mon Chapichapoupounénet à meuha Napoléon Bonaparte, il dîne avec quelques personnes (sa famille, sans doute, mais je ne sais plus trop) dans un grand restaurant, et, à un moment du repas, se lève en criant Vive l'Empereur !
Grâce aux encouragements de ses dingues de lecteurs,
Monsieur Népomucène a réussi à téléphoner à la Sécurité sociale !!!
Maintenant qu'il a passé l'appel qu'il devait passer depuis le mois de mars, et même si on l'a tout de même prié de rappeler dans trois semaines pour s'assurer de la régularisation de son dossier par les services incompétents, il peut de nouveau procrastiner !
Le 27 avril 2007 de Monsieur Népomucène en 5 points
I.
En Alsace, les professions de foi des candidats que les électeurs reçoivent par la poste, sont en doubles exemplaires, en français et en allemand.
II.
A La Défense, des minets, des tracts en faveur Ségolène Royal, des distributions de préservatifs, la foule sur les marches de la grande Arche.
III.
Ma carte de fidélité m'a valu 30 euros d'économies sur mes achats de livres. Youpiiiiiiiii !
IV.
Envie d'un fastueux petit-déjeuner (fastueux en biscuits) et de lire, lire, lire.
V.
Ici, mes dingues de lecteurs, encouragez-moi à passer enfin à la Sécurité sociale cet appel que je repousse depuis des semaines, pour ne pas dire deux ou trois mois.
« Quelle dynamique ! Ségolène Royal va ÉCRABOUILLER son adversaire.
- Croyez-vous ?
- Non. Mais j'avoue me laisser un peu influencer ; je ne suis plus sûr à 100 % qu'elle perdra.
- Oh ?
- Bayrou la joue un peu Chirac-1981 quand même.
- Oui, c'est vrai. Mais il n'a pas encore annoncé qu'il voterait Sarkozy "à titre personnel".
- Non mais ce qu'il fait peut être efficace sur la fraction de droite de son électorat (les gens sont tellement influençables...). On peut aussi imaginer que Le Pen mette un peu de merde, par exemple qu'il appelle à voter Sarkozy, permettant à la gauche de gratter 1 % d'électeurs qui prendront peur. Bref, il y a quelques fenêtres pour madame Royal.
- Vous voterez le 6 mai ?
- Je vote TOUJOURS.
- Vous voterez Voynet comme au premier tour ?
- Je compte voter blanc. Non, je vais peut-être quand même mettre un bulletin Rocard, ça fait longtemps que je veux, mais j'hésite parce que Rocard et le centrisme sont un peu revenus sous les projecteurs...
- Il faut le dire à ma grosse mémère dont la rotondité fait pâlir d'envie Alexandre Adler !
- ... et ça pourrait être mal interprêté.
- Peut-être voter Joseph Caillaux ? Mais j'ai peur que ça fasse un peu '"candidat des rentiers". Va falloir que je réfléchisse un peu plus.
- Vous excluez de voter Royal ?
- Non, on ne sait jamais, je peux me laisser happer par la dynamique montante de sa pagne-cam.
- Hihihihihihihihihihihihihi.
- Vous excluez de voter Sarkozy ?
- Et puis quoi encore ? Pourquoi pas Villiers tant que vous y êtes ???
- Ah, vous n'excluez pas de voter Villiers !?
- Putain, il le fait exprès. De toutes façons, j'attends de connaître la liste des candidats pour me décider.
- Sarkozy et Royal.
- Comment le savez vous ?
- ... sauf décès de l'un d'eux, mais la probabilité me paraît mince d'ici le 6 mai.
- Madame Royal va peut-être se désister
- Non, elle ne se désistera pas.
- - Comment le savez-vous ? Le plan Rocard-Kouchner ! Le désistement pour Bayrou !!! C'est juste la fenêtre de tir aujourd'hui. »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
« La quasi-totalité de ce qui s’édifie aujourd’hui porte atteinte au paysage. Plus que laide, l’architecture contemporaine est devenue méchante. Elle veut se faire remarquer en bousculant. Elle est mal élevée ! »
Atermoiements d'un électeur lambda
Une série épistolaire du (non-)blog de Monsieur Népomucène
Episode du jour (épisode 11) :
Vœu (provisoire) de silence
Mes chers dingues de lecteurs,
Me faisant, depuis vingt-quatre heures, enguirlander à peu près chaque fois que j'indique à quelqu'un n'avoir pris aucune décision quant à mon vote du second tour, et un peu fatigué par cette campagne qui m'aura pourtant passionné, j'observerai pendant quelques jours un silence radio sur le sujet. Cela ne dérangera personne et c'est tant mieux.
Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie d'accepter, mes chers dingues de lecteurs, mes poutous les plus baveux.
« Savez-vous quand je deviendrai monarchiste ?
- Non, mais j'espère bien que vous allez me le dire.
- Lorsqu'un Windsor sera prêt à monter sur le trône du Royaume-Uni de France, d'Angleterre, du Pays de Galles, d'Ecosse et d'Irlande du Nord.
- Ahhhh! Toujours fan de la reine d'Angleterre ?
- Oui !
- Elle a failli devenir reine de France en 56, maudit Guy Mollet !
- Oh ???
- J'ai appris il y a peu ce projet de fusion, la France serait entrée dans le Commonwealth, mais ça a capoté à cause de la reconnaissance de la reine... Il a échoué, comme celui de 40 !! Triste !!
- Snif.
- Mais vous ne kifferiez pas un Bourbon ? On ne va pas refaire la guerre de 100 ans !
- Mouarf. De toute façon, le Comte de Paris ne serait qu'un usurpateur, et Louis XX un métèque.
- Vous croyez qu'un prince à peine anglais, d'origine hanovrienne, serait mieux ?
- Mais euh.
- C'est tjs le même problème : personne ne sait où est passée la légitimité depuis Henri V !
- Dantonkululu ?
- Non ! Il faudrait un miracle ! On a le choix entre le Comte de Paris, vieux facho hypocrite fin de race, et Louis XX, petit-fils de Franco basané. Qui choisiriez-vous, en prenant en compte tous les détails historiques et familiaux ?
- Louis XX est beau, je crois, non ?
- Certes, mais ça n'est pas le seul paramètre, sinon, Mitterrand, Chirac, De Gaulle n'auraient jamais été élus ! Des arguments sérieux !
- Bah, j'ignore la taille de sa bite.
- Décidément, autant vous êtes brillant pour répercuter les infos politiques toutes fraîches, autant vous êtes inefficace pour sauver la France ! Fustigez-vous ! »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
« Il paraît que tu as les résultats de l'Outre-mer, cachottier.
- Qui te l'a dit ?
- Un bon journaliste ne donne jamais ses sources. Alors, balance, cuistre.
- Je n'ai pas donné ces chiffres à L****, je ne vois pas de quoi vous parlez.
- "j'ai obtenu de népo les résultats d'outre-mer." Il me ment ?
- Je ne sais pas.
- Pourquoi tu ne veux pas me le donner ?
- Parce que ma source sait que j'ai un blog et des correspondants dans la blogosphère, et j'ai promis que ça ne sortirait sur aucun blog de mon fait.
- Je ne dirai rien, ai-je même évoqué pour qui j'avais voté ? Non, jusqu'aux 1ers résultats sorties des urnes, je ne fais pas de politique, je m'informe.
- ...
- Lacheur, traître! Préférer en parler à L**** plutôt qu'à moi !
- Et je lui ai même donné les premières estimations que j'ai reçues à 17h30. Concernant les scores des quatre premiers candidats selon tous les instituts de sondages et les préfets.
- Enculé ! pédé !
- Hihihi. »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
Atermoiements d'un électeur lambda
Une série épistolaire du (non-)blog de Monsieur Népomucène
Episode du jour (épisode 10) :
Un premier tour dans la sobriété
Mes chers dingues de lecteurs,
Au premier tour de l'élection présidentielle, j'ai voté pour François Bayrou, sans conviction, mais sans le regretter ensuite. Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire pour aujourd'hui.
Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie d'accepter, mes chers dingues de lecteurs, mes poutous les plus baveux.
« Si vous vous rendez à un meeting de Nicolas Sarkozy, vous apercevrez un petit homme furieux en costume sombre. Il parle bien, mais il a toujours l’air en colère. »
« L’agriculture mondiale pourrait nourrir 12 milliards d’individus. Nous ne sommes que 6,2 milliards. Quand un enfant meurt de faim aujourd’hui, il est en réalité assassiné. »
« Alors que le produit mondial brut doublait de 1994 à 2004 et que les 500 plus puissantes sociétés transnationales en contrôlaient 52 %, le nombre de victimes de sous-alimentation augmentait de 28 millions d’individus. »
« Rien n’est plus susceptible que toutes les catégories de départements, de régiments, de chancelleries et, bref, que toutes les catégories possibles de fonctionnaires. Nous vivons un moment où chaque particulier estime offensée en sa personne la société dans son ensemble. »
« Nous voulons être le porte-voix des sans-voix, de ces millions de citoyennes et de citoyens qui souffrent de la précarisation sociale et des discriminations. »
C'est avec cette petite photographie des jardins du couvent Saint-François, dans l'enceinte de l'Alhambra, que je vous souhaite un excellent jour du gneur-Sei, mon cher Jean, que je me réjouis de voir de nouveau parmi nous, ainsi qu'à Pyram, qui est bouddhiste, à Anatole (prénom fictif, radin ve-gra), aussi pingre le dimanche qu'en semaine, à Guilll, qui me l'a demandé gentiment, à Carlo01, mon doux disciple, à Iceberg, qui est jeune et bête, à Orfeo, qui était définitivement vexé mais n'est finalement plus vexé, à Bonjour, qui désespérait, à mon iench', qui déteste ces trucs-là, à Gaston, irrégulièrement présent mais d'une urbanité irréprochable, à Margotte, qui est méthodiste, à la Farkasse, qui est calviniste, à Gfp, qui prie pour le jeune et beau Népomucène, à Titcroco, qui ne va plus à la messe, à Furyo, qui est un catholique un peu plus sérieux qu'un singe-blogueur, à mon p'tit Sarthois, qui est mon p'tit Sarthois préféré, à Arnieoflovers, qui a la glorieuse chance d'être belge, et à travers lui à tous ceux de ses compatriotes qui fréquentent ce site, à Pouletfamille, jeune et beau gallinacé qui est mon p'tit poulet sacré préféré, à Bôfotex, qui dispose d'un assistant redoutable, à Gilles de Robien, à Cizion, qui aime pourtant bien se brosser, au jeune Maxouuu, qui est un héros, à mon Chapichapoupounénet à meuha, qui est aussi vaguement sarthois et qui est surtout mon Chapichapoupounénet à meuha, à M'sieu kani-Kolo, qui hurlait au dale-scan parce qu'il n'était pas nominativement cité dans mes voeux dominicaux, à Loup, qui est orthodoxe, à Mike, revenu incognito, à Fabulous, qui se prénomme Fabrice Fabien et non Fabien Fabrice, à Cel, qui est meugnon, à -alias- adoré, que j'adore, à Edeion, qui n'est pas belge, à Nezorizoro, secrétaire de section honoraire du Parti Socialiste, à Theutheu, à qui je viens d'écrire, à MisterPatate*, tubercule de talent, à Kyl, animal parlant qui horripile, à BigWinner, qui est mignon et pas qu'un peu, à Klendal, qui est mauvais perdant, à ma très volumineuse mémère au bord de l'explosion, qui est athée, à mon ch'tit Tonioo, dont j'espère qu'il va bien, à Spirit93, qui aime les dernières cigarettes, à Nico du Nico-Blog, qui est athée et libre-penseur, à M'sieu Pheel, qui m'en voudrait de l'oublier, au beau Vorp', trop craquant, à Badinou, qui dispose désormais d'un exemplaire de Peter Pan à déchirer quand il le voudra, à Lange, pour qu'il arrête de se scarifier tous les dimanches, à M'sieu Cox, qui cherche son nom dans cette liste, à Bip76, qui risquerait de bouder s'il n'était cité, à Dub, dont on ne compte plus les singeries et qui a un nouveau profil sur GA, à Evrat, que je salue à défaut de m'adonner au sexe oral avec lui, à Pierem, que certains traitent de Pollonais (sic), à la Potiche, qui aurait fait passer Raymond Devos pour un enfant sous-alimenté, à Haydenmachinchose, qui ne veut vraiment plus figurer sur cette liste et qui a dépassé l'état de mort clinique, à Boyan, charmant hérétique, à Coronys, qui va finir par connaître la Critique de la raison dialectique par coeur, à Griffin, dont trop de livres ont dramatiquement souffert, ce qui mérite, au minimum, toute ma compassion, à M'sieu Cadence, dont je n'oserai dire ce que je ne dois dire (il verra certainement ce que je veux dire), à Abend, qui travaille souvent le dimanche, à Ricroel, qui est orange et mort, à Sorty, avant qu'il ne soit trop tard, à M'sieu Bamf, grand amateur de whisky qui peut de nouveau commenter le (non-)blog du jeune et beau Népomucène, à Evariste, qui est un gentilhomme, à Theopiscence, qui semble ne plus du tout exulter, à Oliviersuisse, que cela vexait un tantinet de ne pas être cité nominativement dans ces voeux dominicaux, à Ernest, que je n'omets pas de citer, à Furt, qui me prie d'aller me faire enculer, à Asbel, qui est loin d'être le plus vilain des arguments dont dispose la social-démocratie européenne, à LeMarquis, que j'oublie du matin au soir, à M'sieu Minien, qui consulte mon blog tous les dimanches matins, à Kosmo, qui me divinise, à Garûdûdû, dont je ne suis pas toujours certain de comprendre ce qu'il dit, à la liste de Jacques Respaud, qui s'est vautrée mais qu'on aime bien quand même, à Dominique Strauss-Kahn, qui est le plus beau et le plus intelligent, , à d_s, que je saoûle avec mes posts dominicaux invariables, à M'zelle Ataegina, qui apprécie davantage ces voeux depuis qu'elle en est nommément destinataire, à Jahovil, même s'il est parti, à Ormegris, qui compte les liens erronés, à Toubib75, qui est tout content d'être friendlisté, à Babs668, qui prétend désormais ne pas puer du cul, même si on a évidemment gardé une trace écrite de ses aveux antérieurs, au ch'tit Pink, qui m'indiquait qu'il pouvait se faire appeler Dominique, à Karedig, qui pratique le calendrier révolutionnaire, et à Romain, qui craint vraiment que j'oublie quelqu'un dans mes voeux dominicaux.
Bon jour du gneur-Sei à tous les autres frappadingues aussi.
Le (non-)blog de Monsieur Népomucène, un (non-)blog catholique, apostolique et romain.
Atermoiements d'un électeur lambda
Une série épistolaire du (non-)blog de Monsieur Népomucène
Episode du jour (épisode 9) :
Koikonfè dem1 ?
Mes chers dingues de lecteurs,
Vous mourez tous d'envie de le savoir : que faire demain ? pour qui va voter Monsieur Népomucène, qu'on fasse pareil ? kékivafer dans l'izolouareuh ? pour qui kifovoté ? Les trois principaux candidats présentent, chacun, de réelles qualités. Malheureusement, les trois présentent des défauts qui rendraient malades Lionel Jospinla Farkasse n'importe quel protestant psychorigide. Le choix est difficile.
Grâce à Monsieur Népomucène, vous allez tout savoir de la conduite à tenir au bureau de vote demain.
Prenez trois bulletins : les bulletins au nom de Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Ségolène Royal. Une fois dans l'isoloir, vous froissez ou déchirez, sans excès d'animosité, mais juste pour être sûr de ne pas le glisser dans l'enveloppe, le bulletin portant le nom de Ségolène Royal. Il vous en reste deux, et l'enveloppe. Eh bien, là, vous faites comme moi... vous vous démerdez !
Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie d'accepter, mes chers dingues de lecteurs, mes poutous les plus baveux.
Monsieur Népomucène.
Post-scriptum : sans en être absolument certain, je pense quand même plutôt glisser le bulletin portant le nom de François Bayrou dans l'enveloppe, ne voyant pas l'intérêt, à ce stade, de voter blanc.
Atermoiements d'un électeur lambda
Une série épistolaire du (non-)blog de Monsieur Népomucène
Episode du jour (épisode 8) :
Où des défauts possiblement rédhibitoires se mêlent à d'éminentes qualités
Mes chers dingues de lecteurs,
Nicolas Sarkozy présente à mes yeux, dans sa personnalité et dans son programme, d'indéniables qualités pour être notre président de la République. Las ! Il souffre également de quelques handicaps qui me paraissent vraiment extrêmement gênants.
Son programme économique me séduit, c'est vrai.Les critiques sur l'éventuelle casse sociale me laissent légèrement sceptique, dans la mesure où je considère que les potentialités dangereuses en matière sociale de son libéralisme seraient largement compensées en cas de succès économique. En somme, j'accorde le bénéfice du doute à Nicolas Sarkozy, et je pense que ce qu'il propose vaudrait d'être tenté.
Peut-être qu'un peu plus de libéralisme permettra effectivement à l'économie de mieux marcher, la promotion d'une éthique du capitalisme et l'établissement d'une sécurité sociale professionnelle constituant des filets de sécurité satisfaisants. Cependant, il ne serait pas raisonnable d'exclure complètement le risque que ça ne marche pas. Dans ce cas, les sacrifices auxquels on aura consenti (sur la sécurité de l'emploi, les droits sociaux, tout cela, quoi) pour que ce programme économique ambitieux soit réalisé, non seulement n'auront servi à rien, mais laisseront les plus exposés aux difficultés socio-économiques dans une situation encore plus délicate. Ajoutons que, quelles que soient la bonne volonté et la sincérité de Nicolas Sarkozy, il lui sera sans doute techniquement bien plus facile de réaliser le volet purement libéral de ce programme économique que d'instaurer une sécurité sociale professionnelle (comment qu'ils vont gueuler, au MEDEF, s'ils doivent mettre la main à la poche ! et je ne crois pas qu'un gouvernement de droite restera totalement sourd aux engueulades du MEDEF, quand bien même l'opinion française soutiendrait le gouvernement) et une éthique du capitalisme à l'échelle européenne (lourdeur bureaucratique, négociations à douzequinzevingt-cinq vingt-sept, longueur des procédures, etc.). En somme, il risque de se trouver tout un pan - disons, pour le dire excessivement vite, le pan modérateur, social-démocratisant, ou quelque chose comme ça - du projet économique de Nicolas Sarkozy qu'il ne va pas falloir espérer voir mis en place à court terme. Or ce qui rend particulièrement séduisant, à mes yeux, ce projet, c'est l'équilibre qu'assureraient la mise en place des deux piliers, le pilier libéral, et peut-être très libéral, et le pilier social-démocratisant. Pour filer la métaphore architecturale, je dirai qu'il n'est pas nécessaire d'être bien malin pour savoir que si l'on supprime l'un des piliers d'un édifice reposant sur deux piliers, tout se casse la gueule.
Non seulement le sort et même un début de réalisation du pilier social-démocratisant du projet de Nicolas Sarkozy ne sont pas assurés mais en outre certaines des mesures qu'il propose sont carrément antisociales. J'espère pour vous, mes chers dingues de lecteurs, qu'il n'est pas nécessaire de vous faire un dessin pour vous expliquer que laisser un forfait à la charge des assurés sociaux pour toute dépense de santé - ou de nombreuses dépenses de santé - est antisocial. Z'aviez pigé ça sans m'attendre, hein ? Très bien. Pas besoin non plus de vous expliquer que Nicolas Sarkozy, candidat autoproclamé de la rupture, chemine sur un sentier ouvert par la majorité actuelle, je suppose. Mais il n'y a pas que cela. A mon humble avis, considérer que verser les minima sociaux sans contrepartie serait de l'assistanat, c'est vraiment n'avoir aucune idée de ce que c'est que de vivre avec le RMI, ce qui est tout de même curieux pour un candidat qui prétend aimer le parler-vrai, la prise en compte des réalités telles que les Français les vivent au quotidien. Passons sur le fait que je vois mal quel travail on pourrait demander, ou plutôt exiger, car il s'agit bien de cela, pour un salaire aussi dérisoire que le RMI : une demi-journée par semaine de soutien scolaire aux élèves de maternelle qui rencontrent des difficultés en pâte à modeler ? le désherbage régulier du jardin de la Mairie ? Hmmm... On a (encore) dit une bien grosse bêtise, là, Nicolas, non ? Enfin, proposer de supprimer les droits de succession, non seulement cela me paraît encore plus injuste que le serait une suppression pure et simple de l'impôt de solidarité de la fortune, mais en outre c'est tout ce qu'on veut, sauf promouvoir le travail et le mérite, valeurs dont Nicolas Sarkozy se veut pourtant le champion.
Anti-social, le programme de Nicolas Sarkozy peut aussi être irresponsable. J'ignore comment vous jugez la promesse d'une baisse de quatre points de PIB du taux de prélèvements obligatoires. En tout cas, je ne suis pas d'accord avec ceux d'entre vous qui estimeraient que cette promesse relève de l'inconscience. Je ne suis pas non plus d'accord avec ceux qui jugeraient qu'il s'agit là de propos démagogiques. Je ne suis pas davantage d'accord avec ceux qui qui verraient en cette promesse une promesse intenable. Non, je ne suis pas d'accord. Parce que pour moi, promettre une baisse de quatre points de PIB du taux de prélèvements obligatoires, c'est à la fois de l'inconscience, de la démagogie et une promesse intenable. En somme, c'est tout à fait irresponsable.
Cependant, si un début de commencement de réalité devait être donné à cette promesse fiscale, elle ne s'en situerait pas moins dans le droit fil d'une certaine pratique sarkozyenne d'antan.Une baisse en cinq ans de quatre points de PIB du taux de prélèvements obligatoires serait un désastre ou, du moins, gardons le sens de la mesure et donnons à Nicolas Sarkozy le bénéfice du doute, une très mauvaise nouvelle. Les dépenses de l'Etat ne se réduiront pas drastiquement du jour au lendemain, d'autant que Nicolas Sarkozy ne propose pas davantage que ses concurrents ce qui serait un véritable programme d'austérié - que je ne souhaiterais d'ailleurs pas. Une baisse d'une telle ampleur des recettes fiscales se traduirait donc avant tout et tout d'abord par un creusement des déficits, un accroissement de la dette et une réduction des petites marges de manoeuvre dont dispose encore la puissance publique. Nicolas Sarkozy est un professionnel, pour cela. Je me permets de rappeler qu'après deux ans de Balladur - fausses réformes, fausse rigueur, faux keynésianisme (ou vrai keynésianisme mal compris) -, deux années au cours desquelles Nicolas Sarkozy est resté aux commandes de la politique budgétaire de notre pays, nous avons dû nous taper deux ans de Juppé, joyeux drille qui nous a serré la ceinture à tous. Certes, la personnalité d'Alain Juppé - un homme tellement sympathique qu'il réussirait à nous rendre le bonheur en sa compagnie totalement insupportable - n'aidait de toute façon pas à digérer la potion amère qu'il nous fit avaler, mais tout de même, si Alain Juppé n'avait pas trouvé la France dans l'état dans lequel il l'a trouvé. La situation des finances publiques était tellement dégradée (merci qui ? merci Nicolas !) qu'au cours des quatre-vingt premiers jours de son gouvernement, Alain Juppé a augmenté les impôts de quatre-vingt milliards de francs ! Les plus jeunes demanderont aux anciens munis d'une calculatrice combien ça fait en euros.L 'ère Balladur se sera essentiellement soldée par une véritable explosion de la dette publique. Qui c'est qui veillait sur l'argent public, votre argent ? C'est Nicolas Sarkozy ! Pour quels résultats ? Pour un gouvernement qui disait n'être candidat qu'au redressement de la France, ils sont bien minces. Le lancement de l'emprunt Balladur a donné de jolis clips à la télévision, avec de jolis champs de blé, et des idées de placement pour ma grand-mère. Pour la réduction du chômage, on peut toujours repasser. Pour l'intervention de l'Etat dans l'économie, mouarf, donner des primes aux acheteurs d'automobiles, i.e. surchauffer un marché déjà saturé, ce n'est pas franchement ce qu'il y a de plus génial comme action keynésienne. Je ne parle pas de l'absence de toute prise en considération des enjeux environnementaux là-dedans, ne faisons pas trop grief, au Nicolas Sarkozy d'alors, et à Edouard Balladur, de ne pas avoir été prophètes en leur pays et de ne pas avoir tellement réfléchi à des questions qui devenaient à la mode mais n'étaient pas présentés, du moins pas au même point qu'aujourd'hui, comme des enjeux cruciaux, voire vitaux. Oui, ils auraient quand même pu, mais bon, c'est toute l'époque qui aurait dû y songer davantage.
En revanche, en cette matière écologique, Nicolas Sarkozy ne saurait se prévaloir aujourd'hui de l'excuse que j'accorde au gouvernement Balladur d'il y a quatorze ans. Qui ne comprend qu'il faut agir et que les citoyens français réclament, je crois, une action résolue de l'Etat en la matière doit certainement vivre dans une cellule monastique du Mont-Athos ou alors dans une grotte du Mont-Sinaï. Mais voilà, Nicolas Sarkozy n'est nullement moine, il dispose de toute l'information nécessaire et plus encore, peut solliciter tous les experts qu'il souhaiterait solliciter, se présente à la présidence de la République en une époque où l'environnement est au coeur des préoccupations de la plupart des citoyens. Et que propose Nicolas Sarkozy ? Eh bien, pas grand-chose. Pas grand-chose du tout. Je ne vais pas détailler ici son programme écologique, mais je me bornerai à relever que des organismes non-partisans, des personnalités engagées (en matière environnementale, mais extérieures au jeu des partis politiques) et/ou qualifiées, la presse ont établi un certain nombre d'analyses comparées, aussi objectives et exhaustives que possible, des programmes des différents candidats en ce qui concerne l'environnement, non sans tenir compte de toutes les précisions que pouvaient apporter les candidats eux-mêmes au fil de leurs interventions publiques. Eh bien, force est de reconnaître qu'aucun comparatif n'a jamais permis de montrer que le programme de Nicolas Sarkozy se distinguait particulièrement par ses qualités sur ces questions. S'il se distinguait, c'était plutôt par un sensible déficit de prise en considération des problèmes environnementaux, et par une faiblesse notoire en comparaison des programmes de plusieurs de ses concurrents. Comment justifier telle incurie ? Sur ce sujet, je reconnais au moins à Nicolas Sarkozy de ne même pas tenter de faire semblant de la justifier, ni d'accréditer l'idée qu'il serait l'homme qu'il faut pour s'atteler sérieusement aux problèmes de la pollution, de l'énergie, de l'épuisement de certaines ressources, du développement durable, du réchauffement climatique. Il fait bien : il ne serait pas crédible une seule seconde.
Assez d'économie. L'économie, c'est un peu chiant à la longue, et puis la prévision est un art difficile, surtout quand elle concerne l'avenir. Venons-en à des sujets plus sociétaux, comme on dit quand on a lu les essais à la mode, et même quand on ne les a pas lus.
Je ne parlerai pas ici de la polémique suscitée par le j'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Je n'ai ni le temps, ni l'énergie d'étudier à fond cette polémique, et encore moins toutes les questions qu'elle soulève ou qui s'y rattachent. Je pense simplement qu'il aurait mieux fait de se taire, mais qu'il aurait aussi été de ne pas crier trop vite à l'eugénisme, voire de ne pas crier du tout à l'eugénisme, mais peu importe. Je salue simplement (kikooyou !) la modération avec laquelle Ségolène Royal a réagi, déclarant qu'elle ne souhaitait pas commenter ces propos et qu'elle laissait cette discussion aux spécialistes. Ségolène, pour la peine, et malgré tout, je te fais un bisou tout doux.
Je ne parlerai pas non plus de sa politique à l'égard de l'Islam. Je la méconnais trop, j'en méconnais trop l'histoire, les tenants, les aboutissants et les enjeux, je méconnais trop l'Islam (Islam historique comme Islam des textes), la réalité française de l'Islam, et les enjeux de l'organisation du culte musulman pour pouvoir m'exprimer à ce propos. Et j'avoue que je ne vais sans doute pas m'y intéresser dès demain matin.
En revanche, je reviendrai brièvement sur ses hommages, je crois répétés, à Jean-Paul II et son insistance sur l'utilité, l'intérêt, l'importance de la religion, ou des racines chrétiennes de l'Europe. Si l'on pose à un homme politique une question sur ses convictions religieuses, la courtoisie l'incitera, je suppose, à répondre. J'aurais tendance à lui conseiller la prudence, mais bon, il n'y aura sans doute jamais là de quoi fouetter un chat. François Mitterrand a évoqué en long, en large et en travers pendant des décennies, avec qui voulait l'entendre, son agnosticime, son interrogation sur les mystères de la foi, son rapport à la mort, son intérêt pour les grandes figures de l'histoire du christianisme, pour les prophètes de l'Ancien Testament, etc. Personne n'ignore que François Bayrou et Edouard Balladur sont catholiques pratiquants, nous savons que François Fillon l'est aussi, tout comme Jacques Delors. On leur poserait une question sur ce qu'ils pensent de Jean-Paul II, Benoît XVI, le curé de la ville de leur enfance, l'Inquisition, la métempsycose, La Mecque ou je ne sais quoi d'autre que je ne serais nullement choqué qu'ils y répondent. Je les écouterai même avec intérêt. Cependant, je suis gêné que l'on donne, au cours d'un meeting, sans même avoir été sollicité sur le sujet, comme référence de l'action publique une personnalité religieuse ou les propos de celle-ci, même si je trouve magnifique le N'ayez pas peur de Jean-Paul II (et je ne parle pas de l'affection et de l'admiration que j'éprouve à son endroit). Et je suis carrément choqué qu'un homme politique se mette à exhiber sa foi personnelle en plein meeting et à tenir des propos qui tendent à la constituer en vertu d'homme public. Evidemment, si Nicolas Sarkozy est catholique, il ne peut pas forcément, à tout instant de sa vie, faire abstraction de sa foi et de ses convictions religieuses. L'individu est un tout : quand il signe tel décret, c'est tout à la fois, en Nicolas Sarkozy, l'homme de droite, le catholique, le quinquagénaire, l'avocat blanc upper class, l'ancien balladurien, l'homme né à une certaine époque et vivant une certaine époque dans un certain milieu et fréquentant certaines personnes, le républicain, le père de famille, l'homme volage ou amoureux, l'homme de bonne ou de mauvaise humeur, etc., qui le signe. Il n'y a là rien de honteux. En revanche, j'estime qu'il n'a pas à évoquer et surtout invoquer de lui-même, en public, comme des références autorisantes, des éléments religieux. Ceux-ci doivent demeurer, dans toute la mesure du possible, dans sa sphère privée. Il n'a pas non plus à m'asséner un discours que je ne sollicite pas sur la religion - ou sur l'athéisme, d'ailleurs -, hors le cas où il s'agit de considérer la religion en tant qu'elle participe directement à la vie publique (du genre : je désapprouve les propos tenus sur la politique de mon gouvernement par le cardinal Machintruc, pour moi, la laïcité, c'est ceci ou cela, etc.). Bref, Nicolas Sarkozy, vous avez bien évidemment le droit d'être catholique, mais faut pas pousser, hein, ça ne vous autorise pas à la ramener publiquement sur la question. D'ailleurs, si vous êtes catholique, vous le savez bien : il faut rendre à Jacques Chirac ce qui est à Jacques Chirac et à Dieu ce qui est à Dieu.
J'évoquais dernièrement un certain moralisme à la con de Ségolène Royal, qui me les brise sévère. Je citais notamment sa réjouissante définition de la famille.Rubrique moralisme à la con, Nicolas Sarkozy n'est pas en reste. Lorsqu'il évoque, dans son projet, l'école comme un lieu de travail, d'autorité et de respect, je cherche en vain les mots savoir et connaissance (je pourrais ajouter vérité, mais ça pourrait passer pour un gros mot, donc je m'abstiens). Ramener l'école à une espèce de vaste Ségolènerie, franchement, merci, mais bon, pas trop pour moi.
Le moralisme à la con, c'est aussi niaiserie et hypocrisie. Par exemple, si je crois que Nicolas Sarkozy est tout à fait sincère et pas du tout homophoble lorsqu'il propose, dans son projet, la reconnaissance de la sincérité de l'amour homosexuel par une union civile, l'idée et la formule me paraissent tout de même tout à fait niaiseuse. L'amour, la sincérité et la sexualité n'ont jamais été consubstantiels du mariage, et ne le seront jamais. Franchement, depuis le temps que le mariage existe, si tel était le cas, voilà longtemps que cela se saurait. L'amour, la sincérité et la sexualité n'ont jamais été consubstantiels du mariage et, ajouterai-je, c'est tant mieux. Je ne veux pas que l'Etat s'occupe, de quelque manière que ce soit, de la place et de la forme de l'amour, de la sexualité et de la sincérité dans ma vie. Si le mariage signifie, pour tel ou tel individu, amour, sincérité et/ou sexualité, c'est une signification qu'il donne lui-même au mariage, ou que la société lui donne, mais c'est là une réalité individuelle et/ou sociologique, non quelque chose dont l'Etat devrait le moins du monde juger. S'il veut en savoir plus sur mes amours, ma sincérité et ma sexualité, l'Etat, je l'emmerde. Si j'estime que l'on doit permettre le mariage (ce en quoi je me différencie encore de Nicolas Sarkozy) de deux personnes du même sexe, que c'est tout simplement parce que c'est une question d'égalité des sexes : si j'ai le droit, en tant qu'homme, de me marier avec une femme et que les femmes sont les égales des hommes, je ne vois pas pourquoi on dénierait à une personne le droit qui m'est donné au motif qu'elle est une femme. C'est une pure et simple discrimination entre hommes et femmes. Et, inversement, si ma voisine a le droit de se marier avec un homme, je ne vois pas pourquoi je ne disposerais pas du même droit. En ce sens, je me sens plus proche du programme de Ségolène Royal sur la question quoique sur la base d'un raisonnement différent de celui qui est habituellement invoqué.
C'est aussi un moralisme à la con, hypocrite et niaiseux, digne des plus grandes heures de la vie et de l'oeuvre de Ségolène Royal qui anime Nicolas Sarkozy chaque fois qu'il parle de la drogue et de l'alcool. En effeet, quand bien même sa politique en la matière n'est pas vraiment déconnectée de la réalité (les fumeurs de joints risquent moins depuis le gouvernement Raffarin qu'auparavant), son discours sur la drogue et le vin a toujours été absurde : la drogue, c'est tout ce qu'on appelle ainsi, et on n'appelle pas drogue le vin, donc le vin n'est pas de la drogue, alors ne me faites pas croire que fumer un joint ce n'est pas considérablement plus grave que boire du vin, c'est d'la drogue ! Pourquoi ne pas admettre, tout simplement, comme j'entendis Dominique Strauss-Kahn le fit lors d'au moins une émission de télévision que la mansuétude dont bénéficient les boissons alcoolisées s'explique par des raisons purement culturelles, mais que ce n'est pas une raison pour autant, quand bien même cela paraît injuste, qu'on va légaliser le cannabis ? C'est clair, net, compréhensible, et ça ne dissimule rien. Je le dis tout de suite : dans l'idéal, je serais partisan d'une politique nettement plus libérale à l'égard des drogues. Cependant, l'approche honnête que je viens d'évoquer, consistant à admettre les choses comme elles sont, à assumer un choix politique en donnant les vraies raisons qui le sous-tendent, quand bien même elles sont contestables, me convient nettement plus que l'espèce de rhétorique du martèlement du mot drogue qui ne parvient même pas à occulter l'absence de véritable considération de santé publique dans certaines disparités caractérisant le droit applicable à certaines substances. Et, franchement, je pense qu'un fumeur de joints de dix-sept ans trouverait Nicolas Sarkozy un peu moins ridicule s'il mettait un peu d'eau dans son discours sur le sujet, ce qui n'implique pas du tout qu'il soit obligé à changer de politique. Au contraire, il pourrait poursuivre la même politique, mais elle serait mieux acceptée.
Rubrique sociétale toujours, quid du ministère de l'immigration et de l'identité nationale ? Je ne suis pas de ceux qui voient en Nicolas Sarkozy un danger pour la République, ni un Le Pen light, ni un Le Pen masqué, ni un facho, ni un danger pour la République. A propos de la proposition d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, je ne souhaite pas, même si c'est tentant, faire un procès d'intention à Nicolas Sarkozy. En revanche, je suis tout à fait sur la même ligne que Simone Veil : je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi cette proposition. Je n'en vois nullement la nécessité (je passe sur les éventuelles motivations électoralistes). L'identité nationale n'a nul besoin d'un ministère. L'identité nationale, tout le gouvernement, tout l'Etat, toutes les administrations en sont porteurs, mais aussi tous les citoyens, l'air que je respire, les paysages que je vois, les aspects plaisants et déplaisants de mon pays, le dessert que j'ai mangé hier soir à la brasserie, les livres de Mauriac que j'ai acheté avant-hier, le sol sur lequel je marche, la lumière de la côte bretonne, toute ma vie en France, et la vie de tous les Français passés, présents et à venir sur notre sol. L'identité nationale ne relève pas du travail gouvernemental, tout en lui étant... je ne sais s'il faudrait dire immanente ou transcendante... peut-être les deux. L'identité nationale est, tout simplement, et le gouvernement n'a pas à fixer ce qui serait une ligne idéologique, ou une définition officielle. La Constitution peut en donner un élément, mais l'identité nationale excède évidemment le champ de l'action publique et de la vie publique. Bien sûr, Nicolas Sarkozy, vous pouvez dire ce qu'est pour vous la France. J'aime d'ailleurs vous entendre en parler, mais quel besoin de nommer un ministre de l'identité nationale ? De quoi se mêlera-t-il ? Va-t-il m'expliquer ce que c'est que d'être français ? Mais je le connais, mon être-français à moi ! Je conçois que vous vouliez définir une politique de l'immigration, une politique de la naturalisation, il faut des critères, des règles, des procédures, etc. Mais franchement, un ministère de l'Identité nationale ! Ce n'est certainement pas l'horreur que dénoncent vos adversaires, mais ce n'en est pas moins absurde, grotesque et déplacé.
Voyons maintenant deux sujets qui ont constitué le coeur de l'action de Nicolas Sarkozy comme ministre de l'Intérieur : l'immigration et la sécurité. Je vous préviens tout de suite : mon approche de l'immigration n'est ni rationnelle ni objective. Elle ne repose pas non plus sur une connaissance poussée du sujet : j'ignore le détail, et peut-être même les grandes lignes du droit applicable à l'entrée et au séjour des étrangers sur le territoire national, et leur évolution ; je suivais cela avec bien davantage d'attention voici quelques années. Dans l'absolu, je souhaiterais que l'on puisse garantir à tous les habitants de cette Terre une absolue liberté de circulation. Je conçois que cela ne soit pas concevable ou, du moins, que diverses raisons incitent à restreindre l'application de ce principe de liberté de circulation. En tout cas, je préfèrerai une politique qui prend le risque d'être un petit peu trop hospitalier à celui d'une politique qui prend le risque d'être un petit peu trop restrictive. De même, en matière de sécurité, je préfère le risque d'un peu trop de laxisme à celui d'un peu trop de répression. C'est mon choix, comme on dit à la télévision. Je n'accuserai pas Nicolas Sarkozy d'être un facho ou quoi que ce soit de ce genre. Simplement, de mon tout petit point de vue de citoyen ordinaire, qui lui aussi s'est fait agresser, qui lui non plus n'aime pas les voyous, qui voudrait bien accueillir toute la misère du monde dans son pays mais reconnaît également que ce n'est pas possible actuellement, et à partir des deux tout petits principes subjectifs qui guident mon approche des questions considérées, je ne peux que constater ceci : Nicolas Sarkozy court davantage, en matière d'immigration, le risque d'être un petit peu trop restrictif que celui d'être un petit peu trop hospitalier (la prise en compte de la scolarisation des enfants comme critère de régularisation des sans-papiers me paraîtrait par exemple une bonne idée) ; Nicolas Sarkozy court davantage, en matière de sécurité, le risqued'être un peu trop répressif que celui d'être un peu trop laxiste. C'est pourquoi je considère qu'il ne répond pas à mes attentes, bien imparfaites et vagues, en la matière.
De manière plus générale, Nicolas Sarkozy s'est un peu trop identifié à la répression. Non seulement il voulait réprimer la délinquance, mais il a même rendu délictueux des faits qui ne l'étaient pas jusqu'auparavant, comme par exemple occuper une cage d'escalier. Ce développement de la répression, d'une exigence d'asepsie de la vie sociale et des quartiers m'incommode d'autant plus que les résultats obtenus ne sont pas formidables. Je ne dis pas que la politique de Nicolas Sarkozy s'est révélée totalement inefficace pour lutter contre l'insécurité. Je trouve simplement, au vu des derniers chiffres publiés, que certains chercheurs ont examiné de près et dans le détail, les résultats me paraissent un peu minces et/ou mitigés (je vous laisse prendre vous-même connaissance de la petite polémique ouverte à l'occasion de la publication de ces chiffres). Je ne suis pas certain que poursuivre, comme l'entend Nicolas Sarkozy, sur la même voie à l'avenir soit une très bonne idée.
J'ajouterai que le développement des fichiers au cours des cinq dernières années m'a paru un peu excessif. On fait désormais un fichier pour un oui ou pour un non et on y met tout le monde. Adversaire résolu du gaullisme, François Mitterrand disait en septembre 1965 à un journaliste : vous pouvez, en sortant de chez moi, être arrêté, jugé et fusillé dans les cinq jours sans que personne n'en sache rien, évidemment, cela n'arrivera pas, car nous avons un bon tyran, mais le régime gaulliste permet quand même cela. Fort heureusement, cette époque est révolue. Mais je crains une époque où l'on pourrait contrôler tous nos faits et gestes tous les jours grâce au développement, au recoupement, à la profusion des fichiers de toutes sortes. Quand bien même cela serait déjà possible, je sais que Nicolas Sarkozy ne s'en servirait pas, ou alors seulement contre les méchants. Certes, mais bon, tout de même, j'aimerais mieux que l'Etat fasse en sorte qu'un tel contrôle ne soit pas possible.Or je ne suis pas certain que cette tendance à la Big Brotherisation de la société, quand bien même une société à la 1984 ne demeurerait que très virtuelle, ne se prolonge pas au cours des prochaines années si Nicolas Sarkozy est élu président de la République.
Plus généralement encore, si j'ai été extrêmement sensible au recentrage de Nicolas Sarkozy à partir de son discours du 16 janvier, fort brillant et prometteur même si je ne l'approuvais pas dans sa totalité, j'ai été tout aussi sensible à la relative redroitisation, si je puis dire, de son propos à partir des environs de la mi-mars. Lorsque je me remémore le ton du discours du 16 janvier, je songe aux propos que tenait François Mitterrand en 1988, lors, je crois, du dernier meeting de sa campagne présidentielle : Nous ne sommes pas un camp qui veut abattre un autre camp, nous ne sommes pas les bons, et ils ne sont pas les méchants, même si eux croient qu'ils sont les bons et que nous sommes les méchants, nous voulons que la France s'unisse ! Eh bien, curieusement, le Sarkozy de ces dernières semaines, lui, ne m'évoque pas du tout de telles formules ! Au contraire, je retrouve ses côtés démago, rouleur de mécaniques, gesticulateurs, etc. Oh, je ne dis pas qu'il est bien pire, sur ce plan, que ses compétiteurs ! Peut-être même qu'on pourrait les mettre à égalité. Rubrique démagogie, François Bayrou et Ségolène Royal ont fait tout ce qu'il fallait pour se montrer à la hauteur de Nicolas Sarkozy. Cela dit, eux n'ont pas prononcé le discours du 16 janvier, ce qui ne m'a pas donné cette raison particulière d'être déçu que m'a donnée Nicolas Sarkozy.
Un tout petit mot de politique étrangère. J'ai déjà évoqué, en passant, dans mes précédents post, la politique européenne. Nicolas Sarkozy n'a pas à rougir en la matière. Néanmoins, j'éprouve quelque déception à la lecture de son programme : quel curieux manque d'ambition ! Voilà un europhile, à la tête du premier parti français, qui s'apprête à devenir Président de la République, qui dispose de si grands atouts et qui ne les met pas à profit ! Nicolas Sarkozy est un homme très populaire, attaché à la construction européenne, faisant montre d'une certaine constance en la matière, son parti est uni derrière lui, son parti n'est en outre plus divisé par la question européenne, et... il ne propose rien, ou presque ! Pour le coup, je trouverais presque Ségolène Royal plus intéressante, d'autant qu'elle a le mérite de proposer le peu qu'elle propose dans des conditions autrement plus difficiles que celles qui pèsent sur le centre-droit.
Je terminerai par deux considérations politiques que vous pourrez trouvez anecdotiques, mais auxquelles je tiens. Tout d'abord, comment oublier que des crétins parfaitement décérébrés comme Christian Vanneste et Eric Raoult ou cet abruti de Pascal Sevran soutiennent Nicolas Sarkozy ? Un candidat soutenu par de tels neuneus peut-il vraiment être un bon président? La question mérite qu'on y réfléchisse, d'autant que Vanneste et Raoult ne sont pas mon boucher et mon poissonnier mais deux députés UMP.
Comment conclure sur Nicolas Sarkozy ? Je ne reviens pas sur ce que j'ai écrit hier. Je lui trouve toujours d'éminentes qualités, et la stature d'un président de la République, mais... tout de même... quel gâchis ! Pourquoi compromettre de la sorte les chances de succès d'un projet aussi séduisant ? Les défauts de cet homme sont à la mesure de ses qualités. En outre, s'il nous assure qu'il a changé, il semblerait qu'il n'ait pas assez changé : tous les défauts du projet de Nicolas Sarkozy, tous les défauts de sa politique, tous les défauts de son comportement auraient pu être, pourraient être évités par lui.
Alors, demain, mes dingues de lecteurs, on fait quoi ? Eh bien, je vous le dis dans le prochain épisode, tout à l'heure.
Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie d'accepter, mes chers dingues de lecteurs, mes poutous les plus baveux.
Atermoiements d'un électeur lambda
Une série épistolaire du (non-)blog de Monsieur Népomucène
Episode du jour (épisode 7) :
Nicolas Sarkozy, candidat présidentiable et... présidentiel
Mes chers dingues de lecteurs,
Incontestablement, de tous les présidentiables, Nicolas Sarkozy est à mes yeux le plus présidentiel. J'entends par là le plus apte à exercer le mandat de Président de la République. Mû par une vision assez claire et cohérente mais aussi riche et nuancée, de la France, il nourrit pour celle-ci une ambition qui ne se résume pas aux quelques slogans auxquels ses compétiteurs voudraient le réduire.
Nicolas Sarkozy est aussi une bonne nouvelle pour la droite. A ceux qui fustigent un candidat prétendûment plus réactionnaire que ne l'aurait jamais été la droite au cours de ces dernières années, j'aimerais rappeler qu'il a aboli la double peine, qu'il s'est prononcé, comme François Mitterrand en 1981, en faveur du vote des étrangers aux élections locales malgré les réticences de son camp, qu'il a continué à l'endroit de l'Islam une politique initiée par Pierre Joxe et reprise par Jean-Pierre Chevènement, qu'il a puissamment contribué au rétablissement de la légalité républicaine en Corse et qu'il prône une discrimination positive qui n'est guère faite pour avantager les électeurs bien blancs, bien racistes et/ou bien nantis. Je voudrais aussi rappeler d'où vient la droite sur certains points. En matière d'immigration, par exemple, l'objectif affiché lors de l'alternance de 1993 était de parvenir à une immigration zéro. Lors du discours de politique générale qu'il prononça dans les jours qui suivirent sa nomination, le Premier ministre Edouard Balladur put même énumérer à la suite, parmi les grands maux dont souffrait, selon lui, le pays, "l'immigration, l'insécurité", sans que personne ne bronche. Quant au subtil et distingué chiraquien Jean-Louis Debré, dont tout le monde s'est réjoui qu'il soit nommé au Conseil constitutionnel pour veiller à nos libertés publiques et mettre des bâtons dans les roues au sarkozysme triomphant, je n'ose même pas dire un mot du ministre de l'Intérieur qu'il fut, suscitant la plus grande manifestation antiraciste de l'histoire de la République alors qu'il se faisait fort de mettre un terme aux situations absurdes résultant de l'excessive dureté et des incohérences de la législation adoptée à l'instigation de Charles Pasqua, fameux ministre de toutes les bévues et de toutes les bavures, pour ne pas parler des valeurs communes du Front National et de la droite. Je passe aussi sur les dérapages fréquents de Jean-Louis Debré sur le sujet, et sur le fameux bruit et la fameuse odeur de ces immigrés, signalés (entendus ? humés ?) par Jacques Chirac qui n'oubliait pas, très en verve, de signaler qu'ils ne paient pas d'impôts, ce qui est faux, et qu'ils vivent de nos allocations, ce qui est également faux.
Alors, pardonnez-moi, je veux bien que ceux que cela amuse voient en Sarkozy le pire Satan xénophobe et raciste que la droite française ait jamais enfanté, mais, avec moi, ça ne prendra pas. Je forcerais à peine le trait si j'affirmais que Nicolas Sarkozy procède sur certains points, et évidemment dans une certaine mesure, à l'aggiornamento dont la droite française avait besoin. Au sein de celle-ci, du moins de l'essentiel de celle-ci, Nicolas Sarkozy a également liquidé le souverainisme post-gaulliste, curieusement gaucho-réac, que tentait maladroitement d'incarner l'improbable tandem de Charles Pasqua et Philippe Séguin (pas spécialement une lumière non plus, celui-là, avec ses propos sur une possible réhabilitation des Waffen SS - prononcer Ouaffen SS pour avoir l'accent séguiniste - par Lionel Jospin, heureusement qu'il est retourné traire sa chèvre à la Cour des comptes). Bouté hors de l'UMP, le souverainisme post-gaulliste n'est plus le fait que d'hurluberlus dérisoires et pathétiques tels que Villiers, gag ambulant proposé avec deux siècles de retard par la réaction contre-révolutionnaire. Le centre-droit français est désormais résolument européen. A propos de gaullisme, d'ailleurs, l'impression selon laquelle Nicolas Sarkozy n'est sans doute, bien qu'il professe le contraire, pas plus gaulliste qu'un fer à repasser est loin de m'être déplaisante.
Avec Nicolas Sarkozy se fermera en outre la parenthèse chiraquienne de l'histoire de la droite française, et de notre République. Le 6 mai prochain, Nicolas Sarkozy aura liquidé définitivement chiraquisme et villepinisme, ces avatars de l'opportunisme et de l'attentisme de la IVe République dans ses aspects les plus déplaisants à l'ère postmoderne. Certes, il les aura sans doute liquidés quel que soit le résultat du scrutin présidentiel, mais il les aura liquidés encore plus sûrement s'il est élu président de la République. De même, même si c'est secondaire, je ne vois pas moyen plus efficace d'envoyer Ségolène Royal et sa démagogie dans les cordes, et donc de revenir, à gauche, aux choses sérieuses (Yoyo président !), que d'assurer une confortable victoire à Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy n'est pas Nicolas Baverez est un libéral intelligent. Dans un pays où la réforme libérale a trop souvent reposé sur la recette "privatisons, diminuons charges et droits sociaux et advienne que pourra", je suis séduit par son approche de l'économie. Tout d'abord, Nicolas Sarkozy fixe un objectif ambitieux à sa politique économique, un de ces objectifs dont la France a besoin plutôt que d'une gestion à courte vue, à la Raffarin (paix à son âme) ou à la Villepin (qu'il aille se faire foutre, celui-là, et pas par moi). Il entend ramener le taux de chômage en-deçà de 5% et assurer un emploi stable à temps complet à tous. Démagogie, me direz-vous. Eh bien, je n'en suis pas si certain que cela. Cette ambition repose effectivement sur un projet économique qui me paraît bien pensé, combinant audace et équilibre, réformes libérales comme en mèneraient les pays anglo-saxons et leçons d'une gestion plutôt social-démocrate comme en mènent d'autres pays d'Europe : un assouplissement raisonné du droit du travail, la création d'une sécurité sociale professionnelle et la promotion, à l'échelon européen, d'une éthique du capitalisme. Par ailleurs, lors de la crise du CPE, Nicolas Sarkozy a su démontrer qu'il n'était pas une tête de mule, ou du moins pas seulement une tête de mule, mais qu'il savait également écouter, prendre en compte le mécontentement social, et qu'il comprenait qu'une réforme ne pouvait être menée à la hussarde, sans l'accord de personne.
Si je reconnaissais, et continue bien volontiers de reconnaître, à Ségolène Royal le mérite d'avoir soulevé la question de la carte scolaire et de m'avoir incité à y réfléchir (un petit peu, dans la mesure de ma très maigre connaissance du sujet et de l'information que je pouvais trouver à la lecture variablement attentive de la presse), je ne suis pas non plus indifférent au point de vue de Nicolas Sarkozy en la matière : remplacer la carte scolaire par une obligation de mixité sociale, géographique et scolaire des effectifs me paraît une bonne idée. Deux réserves toutefois sur ce point : d'une part, je ne suis pas certain de saisir ce que Nicolas Sarkozy entend par mixité scolaire, même si, dans l'ignorance de ce qu'il entend par là, je me hasarde à supposer qu'il s'agit de continuer à faire cohabiter dans la même classe des élèves de tous niveaux, idée qui ne m'inspire ni défiance ni enthousiasme et me laisse parfaitement neutre ; d'autre part, je me demande dans quelle mesure il est possible de réaliser simultanément, dans un même établissement, ces trois mixités. Je sens qu'il y a des administrations centrales qui vont en chier pour mettre cela au point.
En matière de politique étrangère, Nicolas Sarkozy me paraît tout à fait à la hauteur exigée par la fonction présidentielle. Je passe rapidement sur la question europénne. Comme je vous l'ai déjà écrit dans lors d'un précédent épisode de la présente série, son projet me laisse plutôt sur ma faim quand il aborde la question d'éventuels nouveaux traités et, sur ce point, il me laisse plus réservé que François Bayrou. En outre, Nicolas Sarkozy sera peut-être davantage attaché que ses deux compétiteurs, malheureusement, à une construction européenne plus économique que politique et sociale. En revanche, il ne souffre pas de certains défauts que présentent Ségolène Royal et le président sortant. Ségolène Royal sera la présidente issue d'un parti divisé par le TCE et au sein duquel les plaies sont encores vives ; Nicolas Sarkozy, lui, bénéficie d'un parti uni sur cette question, qui a mis un terme à un long passé d'hésitation et de divergences internes et mis à la retraite (cf. Pasqua) ou congédié (cf. Dupont-Aignan) ses démagogues anti-européens. Jacques Chirac, pour sa part, était attaché à la construction européenne comme à n'importe quoi d'autre : ça montait, ça descendait, ça allait, ça venait, c'était à chier, c'était indispensable, tout variait toujours suivant son humeur et son degré d'égarement du moment, ses intérêts politiciens tempérés par sa conception variable du destin de la Frane et le sens du vent, quand il réussissait à le saisir ; Nicolas Sarkozy, lui, ne lancera ni appel de Cochin ni proposition d'un nouveau référendum sur un traité qui aurait déjà été ratifié deux ans plutôt, il est européen, c'est tout. S'agissant de l'Irak, alors que d'aucuns fustigent son atlantisme, qui serait excessif, je ne peux que constater qu'il a déclaré que la guerre des Etats-Unis contre l'Irak avait été une faute, et qu'il ait qualifié d'arrogante la morgue d'un Dominique de Villepin qui camoufle l'impuissance de la France sous son lyrisme de pacotille de pétomane poète du dimanche n'y change rien. Par ailleurs, il est celui des candidats qui s'est le plus clairement et le plus tôt prononcé pour une rupture avec la déshonorante politique de Jacques Chirac à l'égard de la Russie. Je me permets de rappeler que Poutine n'est pas Bush. Non, Poutine n'a pas bombardé Grozny comme Bush a bombardé Bagdad. Poutine, lui, ce Poutine que Jacques Chirac est toujours le premier à féliciter après chacun de ses sales coups, a tout simplement rasé Grozny.
Je passe rapidement sur quelques mesures ou prises de positions de Nicolas Sarkozy qui me séduisent. Tout d'abord, Nicolas Sarkozy est sans ambiguïté sur l'énergie nucléaire, et ne donne pas dans cette approche irrationnelle qui semble contaminer nos concitoyens bien au-delà des seuls rangs des Verts : l'énergie nucléaire est une bonne chose. Ensuite, Nicolas Sarkozy propose de garantir la continuité du service public, et demande que la prorogation des grèves au-delà de huit jours fasse l'objet d'un vote non contraignant des salariés à bulletin secret ce qui me paraît, si j'ose ce mauvais jeu de mots, le minimum syndical. En outre, lancer, comme il s'y engage, un grand plan de prévention et de recherche sur les maladies de la vieillesse me paraît indispensable. Enfin (parce qu'il faut bien s'arrêter), il propose l'instauration d'une procédure d'habeas corpus qui s'appliquerait avant toute mise en détention. Je pourrais aussi noter que, même si je considère que les 35 heures, que Nicolas Sarkozy ne porte pas dans son coeur, ont constitué une mesure globalement positive, voire très positive, elles ont, sans doute, posé trop de problèmes dans le secteur hospitalier et, au-delà, trop nui à la progression du pouvoir d'achat des salariés, mais arrêtons là.
Last but not least, Nicolas Sarkozy bénéficie du soutien de Simone Veil, voix de la sagesse, et de Valéry Giscard d'Estaing, incarnation d'un centre moderne, ouvert, réaliste, dynamique, éclairé et tolérant - j'ai d'ailleurs été très sensible au recentrage opéré à partir de son discours d'investiture. Et, accessoirement, de deux personnes que j'ai personnellement connues, qui figurent dans son entourage politique proche, et dont je sais les éminentes qualités intellectuelles, la culture et l'ouverture d'esprit.
Bref, Nicolas Sarkozy présente des qualités éminentes pour la fonction de Président de la République, et son projet, sérieux et ambitieux, est sans doute le plus convaincant. Des trois principaux candidats, c'est manifestement Nicolas Sarkozy qui est le plus apte à être notre prochain Président de la République. D'ailleurs, je dois avouer que, depuis la mort de François Mitterrand, j'ai rarement entendu, de la bouche d'un homme politique français vivant, des discours aussi forts que certains des discours de Nicolas Sarkozy. Je songe particulièrement au discours qu'il prononça le 14 janvier dernier lors du congrès d'investiture de l'UMP et, dans une moindre mesure, à celui prononcé au Zénith lors du meeting pour les jeunes.
Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie, mes chers dingues de lecteurs, d'accepter mes poutous les plus baveux.
Atermoiements d'un électeur lambda
Une série épistolaire du (non-)blog de Monsieur Népomucène
Episode du jour (épisode 6)* :
A défauts minimes... candidat minime !
Mes chers dingues de lecteurs,
Voter François Bayrou est bien tentant. Non seulement il présente quelques qualités, mais en outre il présente peu de défauts. Paradoxalement, c'est peut-être là que réside son plus gros défaut : c'est bien normal, qu'il présente si peu de défauts, vu qu'il ne prend aucun risque, et nous propose une petite gestion de centre-droit bien-pépère pendant cinq ans. En d'autres termes, des trois principaux candidats républicains, François Bayrou, fût-il la personne la plus respectable des trois, n'en présente pas moins le programme le moins intéressant. S'il était nécessaire de prolonger la vacance de la présidence de la République, il n'était besoin que d'appeler Jacques Chirac à persévérer dans le néant, et à solliciter encore une fois nos suffrages. Rien que pour lui permettre de battre le record de Mitterrand et parce qu'il nous l'aurait demandé gentiment au cul d'une vache, nous l'aurions reconduit. Oui, mais voilà, il ne s'agit pas de cela. Nous n'avons pas besoin ni envie de demeurer dans le chiraquisme l'immobilisme, ni de faire du Chirac à la place de Chirac continuer à perdre notre temps.
Longtemps, je me suis couché de bonne heure j'ai cru ne pas connaître du tout le programme de François Bayrou. Que préconisait-il ? Je n'en savais rien. Je me suis donc un peu penché sur la question et j'ai éprouvé la curieuse impression - non dans l'absolu (faut pas pousser) mais par comparaison avec les programmes d'autres candidats - qu'en fait, tout en n'en sachant rien, je le savais fort bien : ce rien était, au-delà de quelques mesurettes et de principes de bonne gestion de l'argent public qui constituent davantage une méthode qu'un programme, à peu près tout ce qu'il y avait à connaître du projet de Bayrou.
Je sombre peut-être dans la caricature, je le reconnais. Cependant, le programme de François Bayrou est tout de même bien mince à mon goût, et sa prudence, son souci d'une saine gestion de l'Etat et des finances publiques n'expliquent pas tout. Celles de ses mesures qui me plaisent me conviennent vraiment parfaitement, certes, mais leur impact est bien limité tout de même, vote-t-on dimanche seulement, en ce qui concerne la politique intérieure, pour qu'un mec supprime cautions et dépôts de garanties des locataires et se la coule douce pendant cinq ans à bronzer dans le jardin de l'Elysée ? Soyons sérieux : cette réforme représente un mois de travail gouvernemental et un mois de travail législatif, et puis basta ! Est-ce pour cela qu'on élit un président de la République ?
Le programme positif de François Bayrou comprend également un défaut majeur à mes yeux. Des trois principaux candidats à l'élection présidentielle, il est celui qui me semble le plus cramponné à une politique agricole commune qui n'a pour l'instant été synonyme ni de développement durable, ni d'écologie, ni de justice dans les échanges Nord/Sud. Je me doute que Ségolène Royal ne flanquera pas la PAC par terre du jour au lendemain ; soucieuse de l'avenir du pays et du monde, elle n'en est pas moins un individu comme un autre, qui n'a pas envie de voir cent cinquante agriculteurs déverser au petit matin deux tonnes de fumier devant sa petite maison de Melle, pendant que d'autres défileraient avec veaux, vaches, cochons et moutons dans les rues de Tulle en brandissant des portraits dilacérés de son Jules. Je me doute également que Sarkozy, aussi déséquilibré qu'il paraisse à certains, n'est pas complètement fou, et n'a aucune envie de s'aliéner le capital de sympathie que Jacques Chirac a patiemment construit, consolidé, développé en milieu rural des décennies durant au profit du RPR puis de l'UMP. Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ne foutront pas la PAC à la poubelle du jour au lendemain, et ce serait sans doute, d'ailleurs, une réforme bien imprudente, pas simplement en termes électoraux et de popularité, que de faire cela. Il n'en demeure pas moins qu'aborder un quinquennat en paraissant aussi cramponné à la PAC que l'est Bayrou, c'est le meilleur moyen de ne rien réformer en la matière.
Mince et - gentiment - critiquable, le programme de François Bayrou vaut-il que l'on prenne le risque du saut dans l'inconnu institutionnel/constitutionnel que François Bayrou demande aux électeurs de prendre ? Que je ne sache pas comment François Bayrou construirait une majorité n'est pas un si grave problème. Ce qui est nettement plus gênant, à mon avis, c'est que François Bayrou ne le sache pas lui-même. Or il me donne, parfois, l'impression de ne pas le savoir. En 2002, nous savions dès avant le premier tour que l'opposition (enfin, ce qui était sur le point de redevenir la majorité et l'est redevenu) comptait créer un grand parti de centre-droit. François Bayrou parle parfois de créer une grande formation centriste ou centrale, dépassant les seules limites de l'UDF, ou de pratiquer l'ouverture, voire, ce qui n'est pas tout à fait pareil, l'union nationale. Tout cela est tout de même bien vague, et fluctuant. Il cite même de temps à autre les noms de tel et tel avec qui il pourrait gouverner. Malheureusement pour François Bayrou, les intéressés s'empressent généralement dans l'heure de lui opposer une fin de non-recevoir en des termes qui ne souffrent aucune contestation.
J'ajouterai que l'attitude de François Bayrou est parfois pour le moins paradoxale. Il a effectivement consacré une bonne partie de sa campagne à renvoyer dos à dos droite et gauche, en expliquant qu'il fallait rompre avec ce système, et ces élites. Or, dans le même temps, et parfois au cours de la même interview, il en appelait à l'union nationale, promettait de réunir les deux camps congédiés sans appel trois minutes plus tôt, insistait même sur la nécessité absolue de les faire travailler ensemble. Je passe sur la démagogie et le schématisme du discours de Bayrou sur les majorités qui se sont succédé au cours de ces dernières années, et auxquelles il a appartenu. Pour ce qui est du simplisme et de la démagogie, François Bayrou n'a pas nécessairement grand-chose à envier à Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Idem pour la vanité, dans tous les sens du terme.
Le programme, gentillet, et la personnalité, très estimable, de François Bayrou, justifient-ils ou excusent-ils un tel amateurisme aventurisme ? Je ne le crois pas. La France peut-elle s'offrir le luxe d'un pari, certes extraordinairement tentant, mais tout de même hautement risqué, tel que l'élection de François Bayrou ? Je ne le pense pas.
Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie, mes chers dingues de lecteurs, d'accepter mes poutous les plus baveux.
Monsieur Népomucène.
* : Oui, je sais, c'est le deuxième épisode du jour d'aujourd'hui.
« C’est parce qu’il y a des possibilités inaccomplies dans le passé que le présent peut recevoir un sens. Arendt le dit : il ne faut pas confondre tradition et passé. On doit visiter le passé. Il y a « re » dans révolution. Ce n’est pas la répétition ni la réforme simple. C’est la réassomption de possibilités qui n’ont jamais été réalisées. Qui sont disponibles dans le passé commun. »
« La démocratie posttotalitaire siège de la westernisation du monde s’élève la tête dans la biopolitique pour accélérer la maîtrise des désirs des cerveaux non autonomes non émancipés mais superdisponibles dont les clés ont disparu comme ces cons d’ours polaires, de pétrels des neiges, de baleines bleues. »
« Une pièce musicale est la partition d’une intensité, d’un désir qui parle aux gens. Ce désir est un devenir dramatisé. […] La partition rythme les intervalles qui parlent aux humains. »
« L’histoire de la langue devient linéaire et cohérente, estimable et gratifiante. Elle prouve que le français, dès longtemps, a révoqué sa bâtardise, elle témoigne d’une grandeur primitive et comme constitutive. »
« Mon père et ma mère n’ignoraient rien de leurs origines, naturellement, mais ils faisaient partie de ceux, nombreux en Europe, qui sont devenus Juifs à cause de Hitler. »
(André Schiffrin, Allers-retours, Paris-New York, un itinéraire politique)
« [Aux Etats-Unis,] les étudiants devaient apprendre qu’on n’a jamais rien pour rien. A Cambridge, ce qui comptait était justement ce que nous avions pour rien. »
(André Schiffrin, Allers-retours, Paris-New York, un itinéraire politique)
« Un livre qui m’a séduit est comme une femme qui me fait tomber sous le charme : au diable les ancêtres, son lieu de naissance, son milieu, ses relations, son éducation, ses amies d’enfance ! »
« L'énergie de Sarkozy fascine, sa frénésie inquiète. Il y a une dimension monarchique, apaisante, tutélaire dans la figure du chef de l'Etat que sa personnalité ne reflète pas encore. Mitterrand comme Chirac ont subi les mêmes reproches. Le premier fut haï comme un quasi-factieux prêt à fondre sur le sceptre chancelant du Général, le second fut longtemps considéré comme un dangereux agité. L'un comme l'autre ont accédé à la sagesse élyséenne. A la troisième tentative. Pour eux, la défaite eut une valeur curative. »
Atermoiements d'un électeur lambda
Une série épistolaire du (non-)blog de Monsieur Népomucène
Episode du jour (épisode 5) :
Et si j'essayais Bayrou ?
Mes chers dingues de lecteurs,
Comme vous l'avez compris, je n'ai guère envie de voter pour Ségolène Royal dimanche prochain. Examinons donc la candidature de celui des deux autres candidats qui, à tort ou à raison, en est généralement jugé le moins éloigné.
Les raisons de voter pour François Bayrou me paraissent peu nombreuses, mais tout à fait claires et pertinentes.
Tout d'abord, François Bayrou refuse la légalisation de l'euthanasie active. Cette position, sur un sujet que j'estime loin d'être mineur, me convient parfaitement.
Ensuite, il est certainement le plus européen des candidats, et tout à fait conscient du caractère politique de la construction européenne. Certes, le cours de la construction européenne ne sera sans doute considérablement affecté par l'élection du prochain président de la République. En outre, il n'existe pas de différences tout à fait considérables, ni de divergences insurmontables entre François Bayrou, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Je ne pense pas non plus que la politique européenne du prochain président de la République - et peu importe lequel des trois candidats sera finalement élu - marquera une profonde inflexion par rapport à la ligne de son prédécesseur, si tant est que Jacques Chirac ait jamais suivi une ligne quelconque. Enfin, la poursuite de la construction européenne passe par la conclusion de traités qui se négocient à douzequinzevingt-cinq vingt-sept, ce qui relativise grandement l'importance du choix d'un chef de gouvernement ou d'Etat dans l'affaire, hors le cas d'un chef de gouvernement ou d'Etat qui serait résolu à tout bloquer.
Pourquoi, dans ces conditions, accorder une importance particulière aux convictions européennes de François Bayrou, ou à la tradition européenne de l'UDF ? Je pense tout simplement que François Bayrou, fort de son attachement à la construction européenne, est celui des trois candidats qui sera le moins susceptible de se risquer à une expérimentation hasardeuse, pour reprendre la formule de Jacques Chirac employée à propos des trente-cinq heures, formule que s'empressa de reprendre Lionel Jospin pour lui rappeler qui avait provoqué des élections législatives anticipées. En d'autres termes, je considère plutôt que François Bayrou ne soumettrait pas au référendum la ratification d'un traité qui pourrait susciter un fort rejet, notamment en une période où le gouvernement serait très impopulaire, alors que les mécontents de tous bords n'attendent que l'occasion de signifier à l'exécutif ce qu'ils en pensent.
Cependant, ma conviction est bien subjective. Ségolène Royal promet un nouveau référendum. C'est l'objet de la proposition 95 du Pacte présidentiel : Négocier un traité institutionnel soumis à référendum pour que l’Europe fonctionne de manière plus démocratique et plus efficace. Cela ne me dérangerait guère si un texte était déjà prêt , pouvant être soumis à la ratification populaire dans la période qu'on appelle communément l'état de grâce qui suit l'élection d'un nouveau président de la République. Ce n'est pas le cas. Mais le point de vue de François Bayrou est-il si éloigné ? Son projet prévoit d'Écrire un nouveau projet de Constitution court, compréhensible par tous, qui précise clairement les droits des citoyens et comment sont prises les décisions européennes. Il sera soumis par référendum au vote des Français. Aïe ! Il promet un référendum, lui aussi ! Pourquoi pencher pour Bayrou, alors ? D'une part, la formulation retenue par Bayrou me plaît davantage, même si c'est un détail. D'autre part, j'incline à penser - mais c'est très subjectif, je vous ai prévenu - que sa conviction européenne l'inciterait des temps difficiles à une prudence supérieure à celle dont ferait preuve Ségolène Royal et se battrait plus fermement dans la négociation et pour l'adoption d'un traité politique que Ségolène Royal qui, quelle que soit la sincérité et la profondeur de son attachement à l'Europe, demeure issue d'un parti qui s'est tout de même assez fortement divisé à l'occasion du référendum de 2005.
Je n'évoquerai ici que brièvement le point de vue de Nicolas Sarkozy. Celui indique pour sa part dans son projet avoir proposé à nos partenaires un traité simplifié, limité aux questions institutionnelles que nul n’a contestées pendant la campagne référendaire,afin que l’Europe se dote rapidement des moyens de fonctionner efficacement à 27 États membres. Que nul n'a contestées, c'est peut-être aller un peu vite en besogne, et je passe sur l'élégance de la formules : les questions n'ont pas été contestées, mais coco, on ne conteste pas une question, on y répond, et éventuellement des gens contestent la réponse, enfin, passons, disais-je. Toujours est-il que la formulation me plaît moins que celle de Bayrou. Ensuite, Nicolas Sarkozy précise que la question de la réécriture d’un texte plus global, scellant la dimension fondamentalement politique de l’Europe, se posera dans un second temps. Mouais, bof. Plus vague, tu meurs. Je préfèrerais encore qu'il se taise.
Tout cela peut paraître d'autant moins décisif pour choisir un candidat à l'élection d'un président de la République, et les questions européennes ne ressurgissent tout de même que ponctuellement dans le débat public français. Aurais-je d'autres raisons de voter Bayrou ?
Bayrou me semble envisager les finances publiques et la réforme de l'Etat avec plus de sagesse que ses compétiteurs. Non seulement il ne promet pas tout à tout le monde, mais en outre il fait montre d'une certaine conséquence, qui manque, par exemple, à un Nicolas Sarkozy dont on pourrait pourtant attendre, compte tenu de son attachement au libéralisme, qu'il se distingue en la matière. La dette publique et son remboursement non seulement limitent les marges de manoeuvre de l'Etat mais constituent un risque pour l'avenir. Je ne souscris pas à l'alarmisme de ceux qui considèrent la France comme au bord de la faillite ou presque. Le rapport Pébereau me paraît par exemple négliger deux points tout à fait essentiels : d'une part, les emprunts émis par la France plaisent considérablement aux marchés et la France est extrêmement bien notée par les agences de notation financière ; d'autre part, l'exemple de certains pays étrangers, considérablement plus endettés que la France (comme le Japon ou l'Italie), devrait inviter à tempérer le catastrophisme ambiant. Cependant, il n'en demeure pas moins que le jour où les taux remonteront de trois ou quatre points, la France sera bien embarrassée, pour employer un euphémisme. En outre, le remboursement de la dette, c'est de la redistribution à l'envers : la TVA acquittée sur son steak haché par l'ouvrier spécialisé, peu réputé pour sa surface financière, sert à rembourser les intérêts dûs par l'Etat aux prêteurs de capitaux. Je ne pousserai pas la candeur jusqu'à croire François Bayrou lorsqu'il affirme qu'il équilibre, par 21 milliards d’économies, les 21 milliards d’euros de dépenses nouvelles nettes qu’il propose, mais François Bayrou propose clairement de faire du désendettement de la France et de l'équilibre de ses comptes une priorité et il commence tout de suite en proposant un programme probablement sensiblement moins coûteux que celui de ses deux concurrents. En outre, s'il ne promet pas la lune lorsqu'il s'agit de dépenser, il ne promet pas non plus la lune en matière fiscale, contrairement à ces libéraux qui croient qu'on va pouvoir du jour au lendemain baisser les prélèvements obligatoires. François Bayrou propose, lui, de stabiliser les prélèvements obligatoires tant que la dette publique n'a pas diminué ; autrement dit, mes chers dingues de lecteurs contribuables, il vous promet qu'il ne baissera pas vos impôts. C'est ballot, hein ? Ben, moi, ça m'plaît.
Rubrique réforme de l'Etat, l'idée de renforcer la mobilité des fonctionnaires, au sein des trois fonctions publiques et vers le privé, me plaît. La fonction publique est aujourd'hui considérablement cloisonnée et les possibilités de mobilité, détachement, etc., nettement sous-utilisées. Je trouve cela dommage.
Des mesures plus ponctuelles me séduisent. La proposition d'une fusion des minima sociaux en une allocation universelle, par exemple, me paraît à la fois originale et tout à fait intéressante. En matière de logement, j'approuve entièrement son idé de supprimer cautions et dépôts de garanties pour les remplacer par un système d'assurance coûtant quelques euros par mois. Enfin, il me paraît extrêmement conscient des enjeux environnementaux, auxquels son projet accorde une large place.
Last but not least, le bulletin Bayrou est le seul à offrir la possibilité d'envoyer dans les cordes à la fois l'idiote suffisante de gauche (qu'elle pardonne l'outrance de mon langage) et l'arriviste agité de droite (qu'il pardonne l'outrance de mon langage). Les chances d'une qualification de Bayrou pour le second tour sont (re)devenues minces, elles ne sont cependant pas devenues inexistantes.
Alors, pour tout vous avouer, mes chers dingues de lecteurs, je vous le dis : le bulletin Bayrou est bien tentant.
Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie d'accepter, mes chers dingues de lecteurs, mes poutous les plus baveux.
Le 18 avril 2007 de Monsieur Népomucène en 5 points
I. Passage de témoin
Valéry Giscard d'Estaing lâche de toutes ses forces François Bayrou et rallie Sarkozy, tout en souhaitant la présence de Ségolène Royal au second tour. Jean-Marcel Jeanneney (oui, Jean-Marcel, pas Jean-Noël, car Jean-Marcel Jeanneney est toujours vivant) apporte son soutien à Ségolène Royal, à qui il adresse une magnifique lettre).
II. Hygiène
Merci de ne pas oublier de tirer la chasse d'eau avant de quitter les toilettes.
III. Ruralité française
Sur la liste des parrainages de candidats, des noms de communes qui fleurent bon une France profonde, où j'aimerais m'ensevelir.
IV. Voeu de solitude
On m'indique un hôtel de province où la nuit est à 26 euros.
V. Calendrier politique
Ici, mes dingues de lecteurs, dites-moi ce que ça vous fait de songer que dans dix-huit jours Nicolas Sarkozy est élu président de la République.
Une lettre de soutien à Ségolène Royal qui déchire sa race
Madame, je ne vous ai entendue et vue qu’à la télévision. Mais vos propos, votre manière d’être, ont fait que, depuis plusieurs mois déjà, j’étais enclin à voter pour vous le 22 avril. Ayant lu attentivement votre livre, "Maintenant", je ne doute plus de le faire.
Je suis un très vieux monsieur. Ministre du Général de Gaulle à trois reprises, je fus un des rares qui eurent l’honneur d’être reçu par lui à Colombey, après qu’il eut, en parfait démocrate, démissionné de la présidence de la République parce que désavoué lors du référendum qu’il avait décidé.
Je suis fidèle à sa mémoire. La France, au cours de sa longue histoire, n’a guère eu de chef d’Etat de cette envergure, parfaitement indépendant de toutes les puissances financières et de tous les dogmes politiques, ne se laissant intimider par quiconque, discernant ce qu’allait être l’évolution du monde et percevant ce qu’étaient les intérêts à long terme de son pays. Mais je n’ai jamais cru à la possibilité d’un gaullisme sans de Gaulle et je me suis vite désolidarisé de ses prétendus héritiers.
Cela dit – et sans vouloir vous écraser sous une telle référence en vous assimilant à cette très haute figure – j’ai le goût de vous dire que je constate d’assez nombreuses analogies entre ses idées et les vôtres, telles qu’elles apparaissent au long de vos trois centaines de pages. D’abord le volontarisme politique, puis l’attachement à la nation, à son passé et à son avenir, comme fondement nécessaire aux solidarités entre les individus vivant sur son sol ; la prise en compte des aspirations populaires mais sans soumission systématique à l’opinion ; l’idée, que de Gaulle énonça dès mars 1968 dans un discours à Lyon, que les activités régionales sont les ressorts de la puissance économique de demain ; encore, le fait que la France, dans un mode menaçant, ne doit pas renoncer à une puissance militaire forte.
Entre vous et lui, il est encore un trait commun : quand on lui exposait un problème de façon abstraite, il vous interrompait : "Alors ! Pratiquement, que proposez-vous ?" Or toujours vous proposez ou esquissez une solution concrète.
J’ajoute que vous rejoignez le général de Gaulle sur trois points, de grande importance. Le premier est la sobriété que vous voulez dans le comportement quotidien de la présidence de la République et du gouvernement. Le deuxième est le recours à l’article 11 de la Constitution, que vous devrez inévitablement utiliser pour modifier celle-ci, en particulier concernant le Sénat. Le troisième est que, comme lui, vous vous appuyez sur un parti, ce qui est indispensable, mais que, comme lui, vous êtes d’un tempérament assez fort pour pouvoir, quand besoin est, vous en affranchir.
Madame la candidate, je vous souhaite de tout cœur bonne chance et vous assure de la grande considération que j’ai pour votre culture gouvernementale, pour votre intelligence, votre sensibilité et votre caractère.
Jean-Marcel Jeanneney
[Note de Monsieur Népomucène : alors, là, franchement, je suis admiratif.]
Atermoiements d'un électeur lambda
Une série épistolaire du (non-)blog de Monsieur Népomucène
Episode du jour (épisode 4) :
Obstacles rationnels à un choix naturel
Mes chers dingues de lecteurs,
Si le choix de Ségolène Royal constitue pour moi un choix naturel, il n'en demeure pas moins que l'idée de voter pour elle, pour évidente qu'elle apparaisse de prime abord, se heurte, dès que j'y réfléchis ne serait-ce que sommairement, à de sévères objections.
Je voudrais évoquer tout d'abord l'attitude des socialistes à l'égard de ce qu'on ose appeler le modèle social français. Lorsqu'un socialiste français ne parle pas du modèle social français, il n'est pas plus socialiste que ma grand-mère, et je peux vous assurer qu'elle n'est vraiment pas socialiste. Si, au contraire, il vante ledit modèle social français, en prônant sa défense, éventuellement au prix de quelques ajustements, deux possibilités peuvent être envisagées. Soit il ne croit pas un mot de ce qu'il dit, auquel cas il ment comme un arracheur de dents ; soit il croit sincèrement ce qu'il avance, auquel cas, il me paraît impératif de ne surtout jamais confier le pouvoir à pareil individu.
Qu'est-ce donc, en effet que ce modèle social français qui mériterait tant d'être préservé ? Que l'on vante et défende ledit modèle social français me plonge toujours dans des abîmes de perplexité, a fortiori lorsqu'on le vante et le défend sérieusement et sincèrement. Les tenants dudit modèle-social-que-le-monde-entier-nous-envie ont-ils entendu parler du chômage ? du chômage de longue durée ? de l'évolution du chômage en France au cours de ces trois dernières décennies ? des inégalités qui n'ont pas plus reculé au cours de ces trente dernières années que la calvitie de Sa Sainteté le quatorzième Dalaï-Lama ? du RMI, qui, certes, est une bonne mesure, mais qu'on n'aurait jamais eu l'idée d'inventer si des gens ne s'étaient pas trouvé dans la situation d'avoir besoin d'un tel minimum social (qui est vraiment un minimum) ? des jeunes qui ne trouvent pas d'emploi ? de l'enchaînement de stages sous-payés chez les surdiplômés ? de l'absence de perspectives de carrière et d'ascension sociale pour les moins diplômés ? des quinquagénaires qui se font jeter à la première occasion alors même qu'on leur demande de cotiser plus longtemps ? Non, sans déconner, y'a un modèle social français à préserver là-dedans ? c'est une plaisanterie ou quoi ? La défense du modèle social français, c'est la promesse de l'immobilisme et du chômage.
Bref, le modèle social français me donne trois bonnes raisons de ne voter en aucun cas pour un candidat socialiste, et, tant qu'à se faire baiser, je préfère encore que ce soit par des gens qui m'annoncent clairement la couleur plutôt que par des gens qui me prennent pour un con (une petite distraction que je vous propose : trouvez donc un Projet socialiste de 1980, lisez-le, regardez le pays qui est autour de vous, mesurez l'écart entre ledit projet et ce que vous constatez et affirmez sans rigoler que ça ne fait pas un minimum de vingt-cinq ans que les socialistes vous prennent pour des cons).
Cependant, ces trois raisons de ne pas voter socialiste peuvent donner l'impression de trop tenir de la généralité. Or c'est une candidate précise avec un programme précis et qui mènera une action spécifique - conforme ou non à son programme, c'est un autre problème - qui, investie par le Parti socialiste, se présente à la présidence de la République. Elle ne sera pas là que pour prononcer des discours que je trouverai forcément insipides et irréalistes sur le modèle social français mais pour agir, et pour apporter son éclairage particulier. Quelles que soient mes réticences, aussi vif soit mon agacement à propos du prétendu modèle social français que le monde entier nous envierait et les rapports forcément déplaisants qu'entretient tout socialiste avec la défense de ce modèle, cela ne peut pas suffire, ou du moins cela peut ne pas suffire, à me conduire à exclure de voter dimanche prochain pour Ségolène Royal. Je dois donc écarter un instant ces objections de principe pour considérer une candidate donnée.
Or je désapprouve au plus haut point un certain nombre des prises de positions de Ségolène Royal.
Tout d'abord, si je suis farouchement opposé à toute légalisation de l'euthanasie active, je ne puis que constater, et déplorer, que cela ne semble pas être le cas de Ségolène Royal. Je passe rapidement sur la réalité crue - euthanasier, évidemment, c'est tuer, je suppose que cela n'a échappé à personne - pour me contenter d'examiner le principe sur lequel se fonderait une telle légalisation : un prétendu droit à mourir dans une prétendue dignité. Ma conception de la dignité humaine exclut que l'on puisse, employons un euphémisme, faire mourir quelqu'un en son nom, au motif que la vie qui se prolongerait au-delà d'un certain seuil - de souffrance, de maladie, de dépendance, de dégradation physique, intellectuelle ou psychique serait donc indigne. La dignité humaine, ça ne se négocie pas, et cela ne disparaît jamais. Tout être humain a sa dignité parce qu'il est humain, jusqu'à son dernier souffle, et quelles que soient les conditions dans lesquelles il sera conduit à rendre son dernier souffle. La nation des droits de l'homme n'a pas à transiger sur le caractère inaliénable et perpétuel de cette dignité. Je n'exclus cependant pas que les conservatismes divers et les réticences qui existent déjà, ou pourraient se faire jour à l'avenir, puissent conduire le gouvernement de Ségolène Royal à ne pas présenter de projet de loi légalisant l'euthanasie active. Sans être le moins du monde certaine, l'hypothèse est plus que plausible, mais j'aurais aimé qu'on ne propose même pas cette idée.
Ensuite, je n'apprécie pas, pour employer une litote, certaines conceptions de Ségolène Royal en matière de morale ou de sécurité. Je me rappelle notamment cette définition enthousiasmante de la famille énoncée par elle lors du premier débat télévisé entre les trois candidats à l'investiture socialiste : la famille, c'est lieu de transmission de l'interdit. Ben, dites-donc, on doit 'achement rigoler, le dimanche midi, à la table des Hollande-Royal. Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, ce moralisme à la con me les brise sévère.
Dans le même ordre d'idées, j'ai assez peu apprécié la proposition d'une militarisation du traitement de la primo-délinquance, énoncée il y a neuf ou dix mois et reprise dans les cent propositions de Ségolène Royal. Depuis quand les militaires ont-ils la moindre compétence pour encadrer, éduquer ou rééduquer de jeunes délinquants ? Les militaires vont se trouver une formation de surveillants pénitentiaires ou d'éducateurs par l'opération du Saint-Esprit ? L'armée n'est pas là pour faire le boulot des autres, elle est là pour des tâches assez limitées, et qu'elle s'y tienne n'est pas plus mal. On va former les militaires à faire des jobs pour lesquels ils ne sont pas formés mais pour lesquels des gens sont déjà formés, juste pour le plaisir de pouvoir dire qu'on a mis les primo-délinquants entre les mains des grands méchants militaires ? Autant augmenter tout de suite les moyens de la justice, de la police et de l'éducation, on perdra moins de temps et pas plus d'argent. J'ai beau chercher l'intérêt de la proposition, je ne le trouve pas. Elle me répugne plutôt qu'autre chose. Quand je pense qu'on avait fait tout un fromage de la proposition de créer des centres fermés lancée, je crois, au moment de la précédente élection présidentielle, par Chevènement ou Chirac, l'acceptation par les socialistes de la proposition de Royal me laisse intensément songeur. Et je suis persuadé que Nicolas Sarkozy n'aurait pu se risquer à une telle proposition sans se faire incendier par la gauche et susciter quelques réserves dans son propre camp - d'ailleurs, il n'y a pas songé.
Quant à l'autre mode de traitement de la déliquance envisagé par Ségolène Royal pour calmer le débat, à savoir des chantiers humanitaires, il me plonge dans la perplexité. Les ONG ont besoin de professionnels pour faire un travail sérieux, pas de branleurs et des petites frappes pour leur faire leur éducation civique et leur confier des problèmes sérieux.
Un certain nombre de propos de Ségolène Royal m'ont même carrément laissé bouche bée.
L'éloge de la célérité de la justice chinoise me reste en travers de la gorge, et je ne crois pas que je pourrai le lui pardonner (ça lui fait une belle jambe, je sais). Et qu'on ne me dise pas qu'elle parlait de la justice commerciale : personne n'a rien à foutre des tribunaux de commerce, elle n'en avait jamais parlé et n'en a jamais reparlé, et ce jour-là elle n'a pas plus parlé des tribunaux de commerce que les autres jours. Non seulement elle en a fait l'éloge, mais elle a mis, à ma connaissance, treize jours pour tenter de rattraper, maladroitement, le coup, en invoquant le fait qu'elle aurait parlé de la justice commerciale. Elle n'a évidemment pas présenté la moindre excuse. Jospin avait été incendié pour avoir prétendument attaqué le président Chirac sur son âge (ce qui était également faux : il l'avait jugé vieilli, usé, fatigué, pas vieux, et c'est sensiblement différent), et de tels propos de Ségolène passent quasiment comme une lettre à La Poste...
Les 35 heures de présence des profs en collège... Mouhahahaha... Certes, c'était off. N'empêche que la démagogie off, c'est quand même de la démagogie. 35 heures pour quoi faire ? Garderie ? Présence ? Juste pour s'assurer que ces feignants de profs ne sont pas en train de glander chez eux ? Passons.
Par charité, je passerai également sur le coup de la souveraineté du Québec, cas flagrant d'ingérence dans les affaires intérieures d'une autre nation démocratique, en plus pour soutenir une cause qui m'a toujours été d'autant moins sympathique que les souverainistes québecois donnent le sentiment de vouloir arracher l'indépendance du Québec à l'usure. Et ce n'est pas parce que De Gaulle a crié, comme semblaient l'avoir oublié tous les membres de l'UMP, Vive le Québec libre ! qu'il faut faire pareil : lui aussi disait des conneries. Se prononcer pour la souveraienté du Québec, c'est grotesque et déplacé.
Péripéties de campagne, m'objectera-t-on. Peut-être, mais quand on dit autant de conneries en campagne, ce n'est certainement pas pour s'arrêter une fois qu'on est bien confortablement assis dans son fauteuil présidentiel, entouré d'une cohorte de cireurs de pompes, et qu'on est investi du maximum de pouvoir. Au contraire, je pense qu'une fois qu'on est bien confortablement assis dans son fauteuil présidentiel, entouré d'une cohorte de cireurs de pompes, et qu'on est investi du maximum de pouvoir, non seulement on peut continuer à en dire, des conneries, mais on peut aussi en faire un maximum. Mon vieux pote O., qui compte pourtant voter pour Ségolène Royal, m'a d'ailleurs assuré - et je n'ai pas de raison de mettre sa parole en doute - que toutes les personnes qu'il connaissait ayant eu l'occasion de discuter un peu en tête-à-tête avec elle la tenaient pour une idiote. Cela vous fait une belle jambe, certes, mais bon, c'est mon vieux pote O., et il n'est pas suspect d'antipathie à l'endroit de Royal, alors faites pas chier.
Par ailleurs, j'indiquais hier qu'il fallait parfois savoir résister à l'argument financier et budgétaire. Je le pense toujours. Cependant, il n'est point besoin d'être bien défaitiste face à une éventuelle inéluctable-réalité-économique pour constater qu'une grande part de ses cent propositions, et du discours de Royal, consiste en mesurettes clientèlistes et en saupoudrage multicatégoriel, promettant un peu tout à tout le monde. Voilà qui est très plaisant pour l'électeur, mais je ne suis pas sûr que cela dénote une approche des réalités pertinente qui conviendrait au prochain président de la République. Je suis d'ailleurs persuadé, sans préjuger de son succès, que le gouvernement de Ségolène Royal ne sera pas moins préoccupé d'éviter une dégradation trop forte des finances publiques qu'un autre gouvernement, ce qui risque fort d'imposer des choix assez sévères et une révision à la baisse du programme envisagé.
A côté des mesurettes et de l'argent généreusement distribué, un certain nombre - pas excessif tout de même, mais bon... - de propositions me paraissent relever de la bonne intention irréaliste, vague ou ridicule. Je citerai par exemple la proposition 95 du Pacte présidentiel : Maîtriser la mondialisation en oeuvrant à une plus grande transparence et efficacité des instruments de régulation : introduire à l’OMC une hiérarchie des normes qui équilibre les mesures de nature commerciale par le respect des normes sociales et environnementales ; réformer profondément le FMI et la Banque mondiale pour en faire des instruments au service du développement humain, moui, moui, moui, on va expliquer qu'il faut réformer ça à toute la planète parce qu'on a élu Ségolène Royal, tout cela ne tient qu'à la volonté française, et ma grand-mère fait du karaté. On peut aussi évoquer la proposition 97 : Relancer la coopération euroméditerranéenne ; c'est flou, c'est creux, personne ne sait ce que ça veut dire, et ça ne mange pas de pain. Ce n'est pas bien grave, mais on pourrait franchement s'en passer.
Quant à l'idée du passage à une VIe République, elle me laisse très réservé. Hem, non, soyons plus francs : je pense que c'est du foutage de gueule. Je pense que les Français s'en tapent, de la VIe République. Le bricolage constitutionnel, ou le grand bond vers un nouveau régime, on s'en tape et on s'en contre-tape. Ca ne change rien aux problèmes du pays, d'autant que les institution fonctionnent assez bien et qu'un changement de République ne 'impose nullement. La seule réforme qui me paraîtrait vraiment pertinente, c'est de faire élire le Sénat au suffrage universel direct et à la proportionnelle intégrale, réforme qui relève du domaine de la loi ordinaire. Ainsi, tous les courants d'opinion seraient représentés au Parlement sans pour autant compromettre la démocratie majoritaire. Mais, de manière générale, je considère que la France a vraiment autre chose à foutre que changer de Constitution pour le plaisir de donner du grain à moudre aux étudiants de première année de Sciences Po et des facs de droit.
Last but not least, pardonnez-moi, mes chers dingues de lecteurs, mais je suis intimement persuadé qu'Isabelle Huppert va voter pour Ségolène Royal. L'idée de voter pour la même candidate qu'elle m'est insupportable. Et je ne parle pas de ce parfait demeuré de Méluche. Je doute en outre qu'une candidate pour qui votent à la fois Isabelle Huppert et Jean-Luc Mélenchon puisse avoir la moindre chance d'être une bonne présidente.
Pour toutes ces raisons, mes chers dingues de lecteurs, et alors même que Ségolène Royal est la candidate que je suis naturellement conduit à choisir, je ne voterai pas pour elle dimanche prochain. Trop d'obstacles me séparent du bulletin sur lequel est inscrit son nom, si bien que, pour la première fois, je ne voterai pas pour un candidat de centre-gauche au premier tour d'une élection.
Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie, mes chers dingues de lecteurs, d'accepter mes poutous les plus baveux.
« Notre démocratie plonge ses racines dans un vieux pays catholique et monarchique. La question de l'incarnation y est donc importante. La Révolution française, qui a profondément transformé le pays, n'a en revanche pas été capable de créer un régime démocratique stable. Depuis lors, la France oscille entre deux types de régimes : ceux «sans tête», comme les IIIe et IVe Républiques, et qui ont en permanence été traversés par des demandes d'incarnation. Et d'autres qui ont une «tête», comme le Second Empire ou la Ve République. La grande question de l'équilibre des pouvoirs n'a jamais été totalement résolue. Ce qui est récurrent, c'est la demande d'un chef, d'un sauveur. Des mots que l'on peut aussi mettre au féminin. Il y a un précédent célèbre au XVe siècle, avec Jeanne d'Arc. »
« J’accuse [...] les gardiens du dogme socialiste qui considèrent toute alliance autre que communiste comme impure d’être d’efficaces alliés de Nicolas Sarkozy. »
« La diversité est la richesse des nations, de toutes les nations. Celles-ci ont, certes, bâti leur identité propre, mais ces constructions comportent inéluctablement des apports étrangers. Forcer le discours sur l’identité nationale, sur l’assimilation, c’est occulter le rôle qu’ont joué les immigrants dans le développement économique, social, culturel de la France, et ce depuis deux siècles. On compare fréquemment la France et les Etats-Unis, à cet égard, en affirmant que les Etats-Unis sont historiquement un pays d’immigration tandis que la France ne l’était pas jusqu’à une période récente. Or cette idée est fausse. D’une part, l’histoire de l’immigration aux Etats-Unis a connu ses propres oscillations entre accueil et rejet, entre melting-pot et xénophobie. D’autre part, la France a, elle aussi, un long passé d’immigration, comme la Cité nationale de l’histoire de l’immigration va bientôt le montrer. Il est vrai que, de nos jours, la mémoire est différente dans les deux pays. Depuis une trentaine d’années, seulement, l’Amérique renoue avec cet héritage, tandis que la France peine encore à l’assumer. Or, l’immigration fait partie, dans les deux cas, de ces identités nationales complexes. »
« Être immigré ne se résume pas à une condition sociale ou juridique, c’est avant tout […] une manière d’être dans le monde des autres se traduisant par une difficulté sans fin à l’habiter et à être habité par lui. »
« Il y a surtout un côté déprimant à voir l’histoire se répéter, la xénophobie, les politiques restrictives ressurgir par périodes. Mais l’histoire donne aussi des raisons d’être plus optimiste, car, sur le long terme, elle montre que les immigrés, s’ils sont plus ou moins bien acceptés à leur arrivée, finissent, au fil des années et des générations, par se fondre dans la société d’accueil, même s’ils gardent leur identité d’origine. Que les élites politiques n’écoutent pas les historiens ne me surprend pas du tout, venant des Etats-Unis, où la place générale des intellectuels dans le débat public est beaucoup moins importante qu’en France. Une exception frappante est Jacques Toubon, qui a compris la nécessité de changer le regard français sur l’immigration. De manière générale, de part et d’autre de l’Atlantique, il est regrettable de constater que l’on prête si peu d’attention aux enseignements de l’histoire, qui montrent que, d’une part, les migrants continuent à affluer et que, d’autre part, les sociétés intègrent les « éléments extérieurs » beaucoup plus facilement qu’on ne le croit. On veut opposer immigration et « identité nationale », alors que la recherche historique montre qu’elles vont de pair. Au-delà des discours électoraux, j’ai pourtant le sentiment que la question des origines diverses de la population française suscite tout de même, depuis une vingtaine d’années, un intérêt croissant, même si la France semble avoir une vraie difficulté à prendre à bras le corps cette question. »
« L’absence du politique dans les société d’où sont issus ceux qui demandent l’asile et qui n’en peuvent plus d’attendre […] est ce qui relie les clandestins les uns aux autres. »
« Je me demande si un prix ne serait pas du dernier ridicule à mon âge ! […] Le seul avantage serait d’acheter une voiture de cours qui me permettrait de me tuer ; cela me donnerait ce côté humain et touchant qui me manque prodigieusement, si j’en crois les critiques. »
(Roger Nimier, mort dans un accident de voiture, à Jacques Chardonne)
« Cela fait vingt ans que l'on colle l'étiquette "problème de l'immigration" sur des problèmes économiques et sociaux. Par définition, ça ne marche pas. Depuis 1984, pourtant, il y a consensus sur la politique d'immigration : d'un côté, on maîtrise les flux, de l'autre on intègre ceux qui sont déjà là. Aujourd'hui, on sait bien qu'on dispose de tous les instruments législatifs, mais on multiplie les lois, par une sorte de perversion politique. Dans son discours de Poitiers, sur les cinq ou six lignes qu'il consacre à l'immigration, Nicolas Sarkozy ne parle que de la polygamie, des grands frères qui obligent les sœurs à porter le voile, des moutons égorgés dans la salle de bains... il ne faut pas s'étonner si les musulmans ressentent cela de façon extrêmement humiliante. Je trouve que c'est incroyable, et j'en viens à me dire qu'il faut avoir ressenti ça dans sa propre vie pour comprendre… »
« La notion d'"indigène" est une réminiscence de l'époque coloniale, où l'inégalité était juridique ; elle n'indique rien quant à la position sociale. Or si vous regardez le recensement de 1999, dans les cadres supérieurs et les professions intellectuelles, il y a environ trois fois plus de Français d'origine marocaine ou algérienne que d'origine portugaise. Dans la population issue de l'immigration "post-coloniale", en termes de succès et de déclassement, on a les deux extrêmes ! Et puis ceux qui souffrent le plus aujourd'hui, ce sont les tsiganes. Alors quoi ? On va dire que ce sont des "indigènes", eux aussi ? Ça ne marche pas. C'est comme quand Le Monde diplomatique parle d'"apartheid" pour désigner la situation en banlieue. C'est tellement gros que ça donne des arguments au camp adverse... »
Le (non-)blog de Monsieur Népomucène ? TOUT EN FINESSE !
Conversation*
« Dans dix-neuf jours, Nicolas Sarkozy est élu président de la République.
- Ca m'ferait putain d'mal au derche.
- Ah ? Tu crois qu'il a une grossse teub' ? »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
Atermoiements d'un électeur lambda
Une série épistolaire du (non-)blog de Monsieur Népomucène
Episode du jour (épisode 3) :
Ségolène, le choix qui s'impose naturellement
Mes chers dingues de lecteurs,
Comme je vous l'ai déjà dit, je m'estime à peu près social-démocrate et, depuis fort longtemps, à peu près de centre-gauche. Je vous ai également dit que, dans le cadre français, je m'estimais plutôt proche d'une histoire particulière, celle du Parti Socialiste (à deux grosses réserves près, l'une tenant à ma connaissance assez superficielle du sujet, l'autre portant le doux nom de Guy Mollet). Dans ces conditions, comment ne pas voter pour Ségolène Royal dimanche prochain ?
Depuis le début des années 1980, Ségolène Royal est au coeur de cette histoire dont je me sens proche. Conseillère puis ministre de François Mitterrand, député (non, je ne pousserai pas le ségolénisme jusqu'à féminiser en députée) de la majorité soutenant François Mitterrand et les gouvernements socialistes successifs, elle appartient à la même famille politique que moi si l'on veut bien s'abstenir de chipoter et considérer un instant que la notion de famille politique présente un sens.
Plus généralement, je partage avec elle une plus grande communauté de valeurs, d'aspirations, de préoccupations et de pensée qu'avec Nicolas Sarkozy ou François Bayrou, et ce quand bien même les valeurs, les aspirations, les préoccupations et la pensée de Nicolas Sarkozy et François Bayrou peuvent être estimées tout aussi respectables que celles de Ségolène Royal. Tout cela n'est certes que paroles, et ne peut suffire à me faire voter pour Ségolène Royal. Cette identité politique commune que je nous reconnais se concrétise-t-elle dans un projet politique ?
Le programme de Ségolène Royal - ses 100 propositions, pour être plus précis - me semble assez précisément de nature à étayer une réponse affirmative.
Je ne mentionnerai que quelques exemples, parmi de nombreux autres possibles (c'est que j'ai faim, là, alors on va pas y passer la soirée, bordel de merde). Ségolène Royal propose une revalorisation des toutes petites retraites me paraît bien le moins que l'on puisse faire pour les plus âgés. Comment prétendre s'occuper d'eux, se soucier de leur place dans la société, sans s'attacher à leur niveau de vie, à leur place dans une société de consommateurs, sans s'arrêter au fait que certains d'entre eux perçoivent une pension inférieure au SMIC ? Les retraités ne sont pas représentés comme le sont les salariés, ils ne pèsent pas autant dans le débat public, ils attirent moins l'attention que les chômeurs - on les croit, à tort, à l'abri de tout souci dès lors qu'ils ont pris leur retraite. Ségolène Royal n'oublie pas ces gens qui sont à la fois les plus faibles économiquement, mais aussi les moins entendus, et qui, parfois, n'ont plus grand-monde sur qui s'appuyer. Certes, une revalorisation des petites retraites n'est pas la panacée, et ne saurait constituer à elle seule une politique du grand âge en France, mais proposer une telle mesure, aussi dérisoire puisse-t-elle paraître à certains, dans le cadre d'une campagne présidentielle, me paraît un geste politiquement fort qui ouvre la voie à de plus vastes ambitions.
A l'autre extrémité de la pyramide des âges, Ségolène Royal s'attache aussi aux plus faibles, aux exclus ou, du moins, histoire de donner un peu moins dans le pathos, à ceux qui sont plus exposés que d'autres à des formes d'exclusion. Ainsi, même s'il convient de prendre garde aux nombreux effets pervers que pourrait présenter une mauvaise réforme, son idée d'un aménagement ou d'une amélioration (et non d'une suppression) de la carte scolaire me paraît bonne. La carte scolaire, n'est-ce pas pour l'instant l'assurance que les Noirs et les Arabes ne sont pas près d'entrer à Henri IV et Louis le Grand ? J'approuve également l'idée de retenir comme critère de régularisation des sans-papiers la scolarisation des enfants.
Plus généralement, le programme de Ségolène Royal me paraît accorder une large place aux questions sociales, ce qui ne me paraît pas le cas des programmes de Nicolas Sarkozy et de François Bayrou (ne me faites pas dire que j'ai dit qu'ils n'en avaient rien à taper, hein !) et aux questions environnementales (je dois reconnaître cependant que le programme de François Bayrou semble loin de négliger ce point).
Tout n'est pas précis, je le reconnais. Le SMIC à 1500 euros le plus tôt possible dans la législature, c'est très vague : c'est du brut ? du net ? c'est quand, le plus tôt possible dans la législature ? est-ce que ce sera vraiment bien avant le moment où l'application des règles de calcul du SMIC aurait porté celui-ci au montant de 1500 euros ? Toutes ces questions sont légitimes. Cela dit, je préfère une promesse aussi vague en la matière à pas de promesse du tout.
Tout cela a également un coût, certes, mais il importe parfois de résister à l'argument budgétaire et financier. Cet argument peut être opposé à à peu près n'importe quelle mesure, et pourtant notre pays continue de voter des lois, de mettre en place des mesures, de dépenser, etc. Ne faisons donc pas un fromage du coût du programme de tel ou tel candidat, d'autant que ce coût pèse d'un poids limité par rapport au montant de la simple reconduction des dépenses de l'exercice budgétaire antérieur.
Last but not least, j'évoquerai quelques considérations politiques, ou politico-affectives. Indépendamment de toute animosité à l'endroit de Nicolas Sarkozy, je tiens à infliger un désaveu clair et net à cet imbécile de Dominique de Villepin, chef de la majorité dont le premier parti est présidé par Nicolas Sarkozy, et à Jacques Chirac, président issu de la même formation que Nicolas Sarkozy. Or comment pourrais-je leur infliger un désaveu clair, spécialement adressé à eux, autrement qu'en votant pour la candidate de la première formation de l'opposition ? Honnêtement, je ne vois pas. En outre, Lionel Jospin, qui fut, selon moi, le meilleur Premier ministre de ces vingt-cinq dernières années, et Dominique Strauss-Kahn, qui fut, selon moi, le meilleur ministre de l'économie et des finances de ces vingt-cinq dernières années, me demandent gentiment de voter pour Ségolène Royal.
Pour toutes ces raisons, le bulletin qui s'impose naturellement, pour moi, dimanche prochain, c'est le bulletin Ségolène Royal.
Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie, mes chers dingues de lecteurs, d'accepter mes poutous les plus baveux.
« Jouer avec les mots est le signe d'une imagination infantile ; c'est pire que de jouer avec sa zigounette ; ça prouve un sinistre... c'était quoi déjà ? Ça démontre un désagréable... déplorable... non - ça signale un esprit exécrable. »
« Le mirlitoné en rimé réflexe et les zuteries de polissonnade, ça dégage la bronche d'esprit de sérieux et ça vous décoince, par cure d'idiotie, le style constipé en vers comme en prose. »
« Faites-moi votre sourire bright.
- Hmm... vous ne craignez pas que ce soit yellow bright, avec ma consommation de café ?
- Oh, non. Il y a bien pire ! Vous savez, je fréquente aussi des chevaux. »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
« Ne poussez pas la vanne de gaz trop loin, Maurice Papon !
- ...
- C'est une blague qui a beaucoup de succès en Alsace, je ne sais pas pourquoi.
- Mon Dieu !
- Oh, je ne vous ai pas dit que mon grand-père est mort en camp de concentration...
- Oh, je suis désolé...
- ... il est tombé d'un mirador.
- !!!
- C'était un malgré nous, en fait...
- Ah, vous me rassurez.
- Oui, on a dû le forcer à quitter le front de l'Est.
- !!! »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
C'est avec cette petite photographie de l'église abbatiale de l'abbaye de Fontenay que je vous souhaite un excellent jour du gneur-Sei, mon cher Jean, que je me réjouis de voir de nouveau parmi nous, ainsi qu'à Pyram, qui est bouddhiste, à Anatole (prénom fictif, radin ve-gra), aussi pingre le dimanche qu'en semaine, à Guilll, qui me l'a demandé gentiment, à Carlo01, mon doux disciple, à Iceberg, qui est jeune et bête, à Orfeo, qui était définitivement vexé mais n'est finalement plus vexé, à Bonjour, qui désespérait, à mon iench', qui déteste ces trucs-là, à Gaston, irrégulièrement présent mais d'une urbanité irréprochable, à Margotte, qui est méthodiste, à la Farkasse, qui est calviniste, à Gfp, qui prie pour le jeune et beau Népomucène, à Titcroco, qui ne va plus à la messe, à Furyo, qui est un catholique un peu plus sérieux qu'un singe-blogueur, à mon p'tit Sarthois, qui est mon p'tit Sarthois préféré, à Arnieoflovers, qui a la glorieuse chance d'être belge, et à travers lui à tous ceux de ses compatriotes qui fréquentent ce site, à Pouletfamille, jeune et beau gallinacé qui est mon p'tit poulet sacré préféré, à Bôfotex, qui dispose d'un assistant redoutable, à Gilles de Robien, à Cizion, qui aime pourtant bien se brosser, au jeune Maxouuu, qui est un héros, à mon Chapichapoupounénet à meuha, qui est aussi vaguement sarthois et qui est surtout mon Chapichapoupounénet à meuha, à M'sieu kani-Kolo, qui hurlait au dale-scan parce qu'il n'était pas nominativement cité dans mes voeux dominicaux, à Loup, qui est orthodoxe, à Mike, revenu incognito, à Fabulous, qui se prénomme Fabrice Fabien et non Fabien Fabrice, à Cel, qui est meugnon, à -alias- adoré, que j'adore, à Edeion, qui n'est pas belge, à Nezorizoro, secrétaire de section honoraire du Parti Socialiste, à Theutheu, à qui je viens d'écrire, à MisterPatate*, tubercule de talent, à Kyl, animal parlant qui horripile, à BigWinner, qui est mignon et pas qu'un peu, à Klendal, qui est mauvais perdant, à ma très volumineuse mémère au bord de l'explosion, qui est athée, à mon ch'tit Tonioo, dont j'espère qu'il va bien, à Spirit93, qui aime les dernières cigarettes, à Nico du Nico-Blog, qui est athée et libre-penseur, à M'sieu Pheel, qui m'en voudrait de l'oublier, au beau Vorp', trop craquant, à Badinou, qui dispose désormais d'un exemplaire de Peter Pan à déchirer quand il le voudra, à Lange, pour qu'il arrête de se scarifier tous les dimanches, à M'sieu Cox, qui cherche son nom dans cette liste, à Bip76, qui risquerait de bouder s'il n'était cité, à Dub, dont on ne compte plus les singeries et qui a un nouveau profil sur GA, à Evrat, que je salue à défaut de m'adonner au sexe oral avec lui, à Pierem, que certains traitent de Pollonais (sic), à la Potiche, qui aurait fait passer Raymond Devos pour un enfant sous-alimenté, à Haydenmachinchose, qui ne veut vraiment plus figurer sur cette liste et qui a dépassé l'état de mort clinique, à Boyan, charmant hérétique, à Coronys, qui va finir par connaître la Critique de la raison dialectique par coeur, à Griffin, dont trop de livres ont dramatiquement souffert, ce qui mérite, au minimum, toute ma compassion, à M'sieu Cadence, dont je n'oserai dire ce que je ne dois dire (il verra certainement ce que je veux dire), à Abend, qui travaille souvent le dimanche, à Ricroel, qui est orange et mort, à Sorty, avant qu'il ne soit trop tard, à M'sieu Bamf, grand amateur de whisky qui peut de nouveau commenter le (non-)blog du jeune et beau Népomucène, à Evariste, qui est un gentilhomme, à Theopiscence, qui semble ne plus du tout exulter, à Oliviersuisse, que cela vexait un tantinet de ne pas être cité nominativement dans ces voeux dominicaux, à Ernest, que je n'omets pas de citer, à Furt, qui me prie d'aller me faire enculer, à Asbel, qui est loin d'être le plus vilain des arguments dont dispose la social-démocratie européenne, à LeMarquis, que j'oublie du matin au soir, à M'sieu Minien, qui consulte mon blog tous les dimanches matins, à Kosmo, qui me divinise, à Garûdûdû, dont je ne suis pas toujours certain de comprendre ce qu'il dit, à la liste de Jacques Respaud, qui s'est vautrée mais qu'on aime bien quand même, à Dominique Strauss-Kahn, qui est le plus beau et le plus intelligent, , à d_s, que je saoûle avec mes posts dominicaux invariables, à M'zelle Ataegina, qui apprécie davantage ces voeux depuis qu'elle en est nommément destinataire, à Jahovil, même s'il est parti, à Ormegris, qui compte les liens erronés, à Toubib75, qui est tout content d'être friendlisté, à Babs668, qui prétend désormais ne pas puer du cul, même si on a évidemment gardé une trace écrite de ses aveux antérieurs, au ch'tit Pink, qui m'indiquait qu'il pouvait se faire appeler Dominique, à Karedig, qui pratique le calendrier révolutionnaire, et à Romain, qui craint vraiment que j'oublie quelqu'un dans mes voeux dominicaux.
Bon jour du gneur-Sei à tous les autres frappadingues aussi.
Le (non-)blog de Monsieur Népomucène, un (non-)blog catholique, apostolique et romain.
« Le vin jaune est un mythe sans cesse renaissant, le seul peut-être qui procède encore d’une réalité supérieure et décline une fiction, un songe, plus réels que le réel. »
(Jean-Claude Pirotte, Expédition nocturne autour de ma cave)
« L'État n'a pas à se mêler de la vie sexuelle des personnes privées. Or je constate que les socialistes ne sont pas à une loi près dans ce domaine. Il existe déjà la loi Jospin, qui punit le client qui rencontre une prostituée volontaire entre 15 et 18 ans, et voilà que Royal prévoit, si elle est élue, une interdiction totale de la prostitution. Les prostituées sont contre et on les comprend : elles ne sont pas des esclaves, mais des salariées qui font usage de leur corps. Laissons les prostituées qui choisissent leur activité définir elles-mêmes leurs conditions de travail. »
« La prolifération des lois n'est pas bon signe. La loi Sarkozy de 2003 qui pénalise le racolage des prostituées, non seulement n'a rien résolu, mais a fragilisé encore plus celles-ci. Pour autant, malgré cette profusion de lois, je suis en faveur d'une loi-cadre contre la violence faite aux femmes, qui reste un véritable fléau. D'autant que je ne crois pas qu'on aille vers une société de plus en plus maternante, mais au contraire de plus en plus indifférente. Et où tout devient objet de consommation, non seulement les marchandises, mais aussi les êtres humains, comme dans le cas de la prostitution ou de l'industrie du X. Je considère que l'augmentation de la violence est aussi l'expression de cet état d'esprit, notamment dû à la perte de certains repères comme le respect des êtres humains. Quand ces repères fondamentaux s'érodent, nous évoluons vers la barbarie. »
Le 13 avril 2007 de Monsieur Népomucène en 5 points
I.
C'est grâce au très bandant ravissant Blane33 que j'apprends l'existence du substantif féminin éphélide dont le TLFi me donne la définition suivante : Petite tache brunâtre ou roussâtre, apparaissant sur les parties de la peau exposées à l'air, due à l'action du soleil ou à une pigmentation particulière de la peau. Synon. usuel tache de son, de rousseur.
Je me demande ce que ça doit faire aux Stambouliotes de savoir que leur ville va être entièrement rasée par le prochain tremblement de terre sur les rives orientales de la Méditerranée.
A leur place, je serais un petit peu stressé.
III.
Marine Le Pen n'a jamais livré son point de vue sur la sodomie hétérosexuelle.
Etonnant, non ?
IV.
Acheté un roman policier.
C'est tout doux, la vie.
V.
Ici, mes dingues de lecteurs, dites-moi ce que vous pensez des romans policiers et s'il vous arrive souvent d'en lire. Et n'hésitez pas, si vous le souhaitez, à m'en conseiller.
« Car si l’on admet aisément de la part d’individus qui n’ont pas encore atteint la trentaine qu’ils conservent une certaine indépendance et travaillent à leur guise, si même on apprécie parfois leur disponibilité, leur ouverture d’esprit, ou ce que l’on appelle encore leur polyvalence, on exige en revanche, assez contradictoirement d’ailleurs, de tout futur collaborateur qu’une fois passé le cap des trente ans (faisant ainsi, justement, des trente ans un cap) il fasse preuve d’une stabilité certaine, et que soient garantis sa ponctualité, son sens du sérieux, sa discipline. Les employeurs [...] ne se refusent pas seulement à embaucher des individus ayant dépassé trente-cinq ans, ils hésitent à faire confiance à quelqu’un qui, à trente ans, n’a jamais été attaché. Quant à continuer, comme si de rien n’était, à ne les utiliser qu’épisodiquement, cela même est impossible : l’instabilité ne fait pas sérieux : à trente ans, l’on se doit d’être arrivé, ou bien l’on n’est rien. Et nul n’est arrivé s’il n’a trouvé sa place, s’il n’a creusé son trou, s’il n’a ses clés, son bureau, sa petite plaque. »
« J’insiste un peu mais cela fait tellement plaisir à Ségolène Royal. Vous avez écouté ses discours ? Elle ignore Camus, alors je le reprends à mon compte. Elle a oublié Blum, alors j’en parle. Elle ne connaît pas Jaurès, alors je le cite. »
« Il leur semblerait parfois qu’une vie entière pourrait harmonieusement s’écouler entre ces murs couverts de livres, entre ces objets si parfaitement domestiqués qu’ils auraient fini par les croire de tout temps créés à leur unique usage, entre ces choses belles et simples, douces, lumineuses. Mais ils ne s’y sentiraient pas enchaînés : certains jours, ils iraient à l’aventure. Nul projet ne leur serait impossible. Ils ne connaîtraient pas la rancœur, ni l’amertume ni l’envie. Car leurs moyens et leurs désirs s’accorderaient en tout point, en tout temps. Ils appelleraient cet équilibre bonheur et sauraient, par leur liberté, par leur sagesse, par leur culture, le préserver, le découvrir à chaque instant de leur vie commune. »
« Les gens qui choisissent de gagner d’abord de l’argent, ceux qui réservent pour plus tard, pour quand ils seront riches, leurs vrais projets, n’ont pas forcément tort. Ceux qui ne veulent que vivre, et qui appellent vie la liberté la plus grande, la seule poursuite du bonheur, l’exclusif assouvissement de leurs désirs ou de leurs instincts, l’usage immédiat des richesses illimitées de ce monde [...] ceux-là seront toujours malheureux. Il est vrai [...] qu’il existe des individus pour lesquels ce genre de dilemme ne se pose pas, ou se pose à peine, qu’ils soient trop pauvres et n’aient pas encore d’autres exigences que celles de manger un peu mieux, d’être un peu mieux logés, de travailler un peu moins, ou qu’ils soient trop riches, au départ, pour comprendre la portée, ou même la signification d’une telle distinction. Mais de nos jours et sous nos climats, de plus en plus de gens ne sont ni riches ni pauvres : ils rêvent de richesse et pourraient s’enrichir : c’est ici que leurs malheurs commencent. »
« Je ne suis pas socialiste, mais ce qu’a fait la gauche de jadis, qui croyait au travail, à l’éducation, au mérite, à la liberté de conscience, en la morale, en l’individu, je veux le faire à mon tour. »
« Oui, Sarkozy est dangereux pour la France. C’est dangereux de donner en pâture des une présidentielle des milliers d’immigrés. Mon travail contre les discriminations n’appartient ni à la gauche ni à la droite. Il appartient à la France. Elle attendait une rencontre du troisième type et ce troisième type c’est Bayrou ! »
« Le moyen fait partie de la vérité, aussi bien que le résultat. Il faut que la recherche de la vérité soit elle-même vraie ; la recherche vraie, c’est la vérité déployée, dont les membres épars se réunissent dans le résultat. »
« La différence entre MM. Sarkozy et Le Pen est tellement faible que je comprends qu’ils essaient d trouvent un accord ensemble pour avoir des députés à l’Assemblée nationale. »
« Je ne me trompe pas de cible, je me présente face à la droite et à l’extrême-droite, mais pour combattre une droite dure, il faut autre chose qu’une gauche molle. »
« Un camp de concentration se construit comme un stade ou un grand hôtel, avec des entrepreneurs, des devis, de la concurrence, sans doute des pots-de-vin. »
« Jaurès était vierge et, alors que Raoul Villain a été acquitté après prison préventive, c'est Mme Veuve Jaurès qui a dû payer les frais du procès.
- Il n'a jamais sauté sa femme !?!?
- Grmpf. I mean : il est né un 3 septembre.
- Ah ! »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
Quelqu'un peut-il me trouver le patronyme exact d'un paraît-il grand intellectuel italien qui a écrit un livre sur son expérience de nonagénaire. Ca sonne comme Norbert Popoglio, Copoglio, ou quelque chose comme ça.
Le (non-)blog de Monsieur Népomucène propose à ses dingues de lecteurs la rediffusion du texte de l'homélie du cardinal Joseph Ratzinger prononcée il y a deux ans et un jour aujourd'hui lors des obsèques du Saint-Père :
«Suis-moi», dit le Seigneur ressuscité à Pierre; telle est sa dernière parole à ce disciple, choisi pour paître ses brebis. «Suis-moi» – cette parole lapidaire du Christ peut être considérée comme la clé pour comprendre le message qui vient de la vie de notre regretté et bien-aimé Pape Jean-Paul II, dont nous déposons aujourd’hui le corps dans la terre comme semence d’immortalité - avec le cœur rempli de tristesse, mais aussi de joyeuse espérance et de profonde gratitude.
Tels sont les sentiments qui nous animent, Frères et Sœurs dans le Christ, présents sur la place Saint Pierre, dans les rues adjacentes et en divers autres lieux de la ville de Rome, peuplée en ces jours d’une immense foule silencieuse et priante. Je vous salue tous cordialement. Au nom du Collège des Cardinaux, je désire aussi adresser mes salutations respectueuses aux Chefs d’État, de Gouvernement et aux délégations des différents pays. Je salue les Autorités et les Représentants des Églises et des Communautés chrétiennes, ainsi que des diverses religions. Je salue ensuite les Archevêques, les Évêques, les prêtres, les religieux, les religieuses et les fidèles, venus de tous les continents; et de façon particulière les jeunes, que Jean-Paul II aimait définir comme l’avenir et l’espérance de l’Église. Mon salut rejoint également tous ceux qui, dans chaque partie du monde, nous sont unis par la radio et la télévision, dans cette participation unanime au rite solennel d’adieu à notre Pape bien-aimé.
Suis-moi – depuis qu’il était jeune étudiant Karol Wojtyła s’enthousiasmait pour la littérature, pour le théâtre, pour la poésie. Travaillant dans une usine chimique, entouré et menacé par la terreur nazie, il a entendu la voix du Seigneur: Suis-moi! Dans ce contexte très particulier il commença à lire des livres de philosophie et de théologie, il entra ensuite au séminaire clandestin créé par le Cardinal Sapieha et, après la guerre, il put compléter ses études à la faculté de théologie de l’université Jagellon de Cracovie. Très souvent, dans ses lettres aux prêtres et dans ses livres autobiographiques, il nous a parlé de son sacerdoce, lui qui fut ordonné prêtre le 1er novembre 1946. Dans ces textes, il interprète son sacerdoce en particulier à partir de trois paroles du Seigneur. Avant tout celle-ci: «Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure» (Jn 15, 16). La deuxième parole est celle-ci: «Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis» (Jn 10, 11). Et finalement: «Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour» (Jn 15, 9). Dans ces trois paroles, nous voyons toute l’âme de notre Saint-Père. Il est réellement allé partout, et inlassablement, pour porter du fruit, un fruit qui demeure. «Levez-vous, allons!», c’est le titre de son avant-dernier livre. «Levez-vous, allons!» – par ces paroles, il nous a réveillés d’une foi fatiguée, du sommeil des disciples d’hier et d’aujourd’hui. «Levez-vous, allons!» nous dit-il encore aujourd’hui. Le Saint-Père a été ensuite prêtre jusqu’au bout, parce qu’il a offert sa vie à Dieu pour ses brebis, et pour la famille humaine tout entière, dans une donation de soi quotidienne au service de l’Église et surtout dans les épreuves difficiles de ces derniers mois. Ainsi, il s’est uni au Christ, le bon pasteur qui aime ses brebis. Et enfin, «demeurez dans mon amour»: le Pape, qui a cherché la rencontre avec tous, qui a eu une capacité de pardon et d’ouverture du cœur pour tous, nous dit, encore aujourd’hui, avec ces différentes paroles du Seigneur: en demeurant dans l’amour du Christ nous apprenons, à l’école du Christ, l’art du véritable amour.
Suis-moi! En juillet 1958, commence pour le jeune prêtre Karol Wojtyła une nouvelle étape sur le chemin avec le Seigneur et à la suite du Seigneur. Karol s’était rendu comme d’habitude avec un groupe de jeunes passionnés de canoë aux lacs Masuri pour passer des vacances avec eux. Mais il portait sur lui une lettre qui l’invitait à se présenter au Primat de Pologne, le Cardinal Wyszyński et il pouvait deviner le but de la rencontre: sa nomination comme évêque auxiliaire de Cracovie. Laisser l’enseignement académique, laisser cette communion stimulante avec les jeunes, laisser le grand combat intellectuel pour connaître et interpréter le mystère de la créature humaine, pour rendre présent dans le monde d’aujourd’hui l’interprétation chrétienne de notre être – tout cela devait lui apparaître comme se perdre soi-même, perdre précisément ce qui était devenu l’identité humaine de ce jeune prêtre. Suis-moi – Karol Wojtyła accepta, entendant la voix du Christ dans l’appel de l’Église. Et il a compris ensuite jusqu’à quel point était vraie la parole du Seigneur: «Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera» (Lc 17, 33). Notre Pape – nous le savons tous – n’a jamais voulu sauvegarder sa propre vie, la garder pour lui; il a voulu se donner lui-même sans réserve, jusqu’au dernier instant, pour le Christ et de ce fait pour nous aussi. Il a fait ainsi l’expérience que tout ce qu’il avait remis entre les mains du Seigneur lui était restitué de manière nouvelle. Son amour du verbe, de la poésie, des lectures, fut une part essentielle de sa mission pastorale et a donné une nouvelle fraîcheur, une nouvelle actualité, un nouvel attrait à l’annonce de l’Évangile, même lorsque ce dernier est signe de contradiction.
Suis-moi ! En octobre 1978, le Cardinal Wojtyła entendit de nouveau la voix du Seigneur. Se renouvelle alors le dialogue avec Pierre, repris dans l’Évangile de cette célébration: «Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? Sois le pasteur de mes brebis !» À la question du Seigneur, Karol, m’aimes-tu ? l’Archevêque de Cracovie répond du plus profond de son cœur: «Seigneur, tu sais tout: tu sais bien que je t’aime». L’amour du Christ fut la force dominante de notre bien-aimé Saint-Père; ceux qui l’ont vu prier, ceux qui l’ont entendu prêcher, le savent bien. Ainsi, grâce à son profond enracinement dans le Christ, il a pu porter une charge qui est au-delà des forces purement humaines: être le pasteur du troupeau du Christ, de son Église universelle. Ce n’est pas ici le moment de parler des différents aspects d’un pontificat aussi riche. Je voudrais seulement relire deux passages de la liturgie de ce jour, dans lesquels apparaissent des éléments centraux qui l’annoncent. Dans la première lecture, saint Pierre nous dit – et le Pape le dit aussi avec saint Pierre: «En vérité, je le comprends: Dieu ne fait pas de différence entre les hommes; mais, quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l’adorent et qui font ce qui est juste. Il a envoyé la Parole aux fils d’Israël, pour leur annoncer la paix par Jésus Christ : c’est lui, Jésus, qui est le Seigneur de tous» (Ac 10, 34-36). Et, dans la deuxième lecture, – saint Paul, et avec saint Paul notre Pape défunt – nous exhorte à haute voix : «Mes frères bien-aimés que je désire tant revoir, vous, ma joie et ma récompense; tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés» (Ph 4, 1).
Suis-moi ! En même temps qu’il lui confiait de paître son troupeau, le Christ annonça à Pierre son martyre. Par cette parole qui conclut et qui résume le dialogue sur l’amour et sur la charge de pasteur universel, le Seigneur rappelle un autre dialogue, qui s’est passé pendant la dernière Cène. Jésus avait dit alors : «Là où je m’en vais, vous ne pouvez pas y aller». Pierre lui dit : «Seigneur, où vas-tu ?». Jésus lui répondit : « Là où je m’en vais, tu ne peux pas me suivre pour l’instant; tu me suivras plus tard» (Jn 13, 33.36). Jésus va de la Cène à la Croix, et à la Résurrection – il entre dans le mystère pascal; Pierre ne peut pas encore le suivre. Maintenant – après la Résurrection – ce moment est venu, ce «plus tard». En étant le Pasteur du troupeau du Christ, Pierre entre dans le mystère pascal, il va vers la Croix et la Résurrection. Le Seigneur le dit par ces mots, «Quand tu étais jeune ... tu allais où tu voulais, mais quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller» (Jn 21, 18). Dans la première période de son pontificat, le Saint-Père, encore jeune et plein de force, allait, sous la conduite du Christ, jusqu’aux confins du monde. Mais ensuite il est entré de plus en plus dans la communion aux souffrances du Christ, il a compris toujours mieux la vérité de ces paroles: «C’est un autre qui te mettra ta ceinture ...». Et vraiment, dans cette communion avec le Seigneur souffrant, il a annoncé infatigablement et avec une intensité renouvelée l’Évangile, le mystère de l’amour qui va jusqu’au bout (cf. Jn 13, 1).
Il a interprété pour nous le mystère pascal comme mystère de la Divine miséricorde. Il écrit dans son dernier livre la limite imposée au mal «est en définitive la Divine miséricorde» (Mémoire et identité, p. 71). Et en réfléchissant sur l’attentat, il affirme : «En souffrant pour nous tous, le Christ a conféré un sens nouveau à la souffrance, il l’a introduite dans une nouvelle dimension, dans un nouvel ordre: celui de l’amour [...]. C’est la souffrance qui brûle et consume le mal par la flamme de l’amour et qui tire aussi du péché une floraison multiforme de bien» (ibid., p. 201-202).
Animé par cette perspective, le Pape a souffert et aimé en communion avec le Christ et c’est pourquoi le message de sa souffrance et de son silence a été si éloquent et si fécond.
Divine miséricorde : le Saint-Père a trouvé le reflet le plus pur de la miséricorde de Dieu dans la Mère de Dieu. Lui, qui tout jeune avait perdu sa mère, en a d’autant plus aimé la Mère de Dieu. Il a entendu les paroles du Seigneur crucifié comme si elles lui étaient personnellement adressées: «Voici ta Mère». Et il a fait comme le disciple bien-aimé : il l’a accueillie au plus profond de son être (eis ta idia : Jn 19, 27) – Totus tuus. Et de cette Mère il a appris à se conformer au Christ.
Pour nous tous demeure inoubliable la manière dont en ce dernier dimanche de Pâques de son existence, le Saint-Père, marqué par la souffrance, s’est montré encore une fois à la fenêtre du Palais apostolique et a donné une dernière fois la Bénédiction Urbi et Orbi. Nous pouvons être sûrs que notre Pape bien-aimé est maintenant à la fenêtre de la maison du Père, qu’il nous voit et qu’il nous bénit. Oui, puisses-tu nous bénir, Très Saint Père, nous confions ta chère âme à la Mère de Dieu, ta Mère, qui t’a conduit chaque jour et te conduira maintenant à la gloire éternelle de son Fils, Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.
Le (non-)blog de Monsieur Népomucène, un (non-)blog catholique, apostolique et romain.
« Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. »
C'est avec cette petite photographie du jardin du cloître de Saint-Gaudens que je vous souhaite un excellent dimanche de ques-Pâ, mon cher Jean, que je me réjouis de voir de nouveau parmi nous, ainsi qu'à Pyram, qui est bouddhiste, à Anatole (prénom fictif, radin ve-gra), aussi pingre le dimanche qu'en semaine, à Guilll, qui me l'a demandé gentiment, à Iceberg, qui est jeune et bête, à Orfeo, qui était définitivement vexé mais n'est finalement plus vexé, à Bonjour, qui désespérait, à mon iench', qui déteste ces trucs-là, à Gaston, irrégulièrement présent mais d'une urbanité irréprochable, à Margotte, qui est méthodiste, à la Farkasse, qui est calviniste, à Gfp, qui prie pour le jeune et beau Népomucène, à Titcroco, qui ne va plus à la messe, à Furyo, qui est un catholique un peu plus sérieux qu'un singe-blogueur, à mon p'tit Sarthois, qui est mon p'tit Sarthois préféré, à Arnieoflovers, qui a la glorieuse chance d'être belge, et à travers lui à tous ceux de ses compatriotes qui fréquentent ce site, à Pouletfamille, jeune et beau gallinacé qui est mon p'tit poulet sacré préféré, à Bôfotex, qui dispose d'un assistant redoutable, à Gilles de Robien, à Cizion, qui aime pourtant bien se brosser, au jeune Maxouuu, qui est un héros, à mon Chapichapoupounénet à meuha, qui est aussi vaguement sarthois et qui est surtout mon Chapichapoupounénet à meuha, à M'sieu kani-Kolo, qui hurlait au dale-scan parce qu'il n'était pas nominativement cité dans mes voeux dominicaux, à Loup, qui est orthodoxe, à Mike, revenu incognito, à Fabulous, qui se prénomme Fabrice Fabien et non Fabien Fabrice, à Cel, qui est meugnon, à -alias- adoré, que j'adore, à Edeion, qui n'est pas belge, à Nezorizoro, secrétaire de section honoraire du Parti Socialiste, à Theutheu, à qui je viens d'écrire, à MisterPatate*, tubercule de talent, à Kyl, animal parlant qui horripile, à BigWinner, qui est mignon et pas qu'un peu, à Klendal, qui est mauvais perdant, à ma très volumineuse mémère au bord de l'explosion, qui est athée, à mon ch'tit Tonioo, dont j'espère qu'il va bien, à Spirit93, qui aime les dernières cigarettes, à Nico du Nico-Blog, qui est athée et libre-penseur, à M'sieu Pheel, qui m'en voudrait de l'oublier, au beau Vorp', trop craquant, à Badinou, qui dispose désormais d'un exemplaire de Peter Pan à déchirer quand il le voudra, à Lange, pour qu'il arrête de se scarifier tous les dimanches, à M'sieu Cox, qui cherche son nom dans cette liste, à Bip76, qui risquerait de bouder s'il n'était cité, à Dub, dont on ne compte plus les singeries et qui a un nouveau profil sur GA, à Evrat, que je salue à défaut de m'adonner au sexe oral avec lui, à Pierem, que certains traitent de Pollonais (sic), à la Potiche, qui aurait fait passer Raymond Devos pour un enfant sous-alimenté, à Haydenmachinchose, qui ne veut vraiment plus figurer sur cette liste et qui a dépassé l'état de mort clinique, à Boyan, charmant hérétique, à Coronys, qui va finir par connaître la Critique de la raison dialectique par coeur, à Griffin, dont trop de livres ont dramatiquement souffert, ce qui mérite, au minimum, toute ma compassion, à M'sieu Cadence, dont je n'oserai dire ce que je ne dois dire (il verra certainement ce que je veux dire), à Abend, qui travaille souvent le dimanche, à Ricroel, qui est orange et mort, à Sorty, avant qu'il ne soit trop tard, à M'sieu Bamf, grand amateur de whisky qui peut de nouveau commenter le (non-)blog du jeune et beau Népomucène, à Evariste, qui est un gentilhomme, à Theopiscence, qui semble ne plus du tout exulter, à Oliviersuisse, que cela vexait un tantinet de ne pas être cité nominativement dans ces voeux dominicaux, à Ernest, que je n'omets pas de citer, à Furt, qui me prie d'aller me faire enculer, à Asbel, qui est loin d'être le plus vilain des arguments dont dispose la social-démocratie européenne, à LeMarquis, que j'oublie du matin au soir, à M'sieu Minien, qui consulte mon blog tous les dimanches matins, à Kosmo, qui me divinise, à Garûdûdû, dont je ne suis pas toujours certain de comprendre ce qu'il dit, à la liste de Jacques Respaud, qui s'est vautrée mais qu'on aime bien quand même, à Dominique Strauss-Kahn, qui est le plus beau et le plus intelligent, , à d_s, que je saoûle avec mes posts dominicaux invariables, à M'zelle Ataegina, qui apprécie davantage ces voeux depuis qu'elle en est nommément destinataire, à Jahovil, même s'il est parti, à Ormegris, qui compte les liens erronés, à Toubib75, qui est tout content d'être friendlisté, à Babs668, qui prétend désormais ne pas puer du cul, même si on a évidemment gardé une trace écrite de ses aveux antérieurs, au ch'tit Pink, qui m'indiquait qu'il pouvait se faire appeler Dominique, à Karedig, qui pratique le calendrier révolutionnaire, et à Romain, qui craint vraiment que j'oublie quelqu'un dans mes voeux dominicaux.
Bon dimanche de ques-Pâ à tous les autres frappadingues aussi.
Le (non-)blog de Monsieur Népomucène, un (non-)blog catholique, apostolique et romain.
« Maguy le jour, Maguy la nuit, c'est un poème ... Maguy PAH PALAH Maguy ! PAH PAH PAH Voi-là Maguy !
- J'aimais bien (peut-être un peu moins à la longue). Et vous ?
- Rosy Varte à la Télé dans Maguy à une époque ? MAIS TOUS LES DIMANCHES QUAND J'ETAIS GOSSE !!!!!!!!!!!!
- Tu aimais bien, alors ?
- Voui.
- Je le note.
- Ah, les dialogues des inénarrables Barbier et Gingembre !
Et la réalisation du grand Jean Pignol ! Toute une époque ?
- Vous êtes culturé !
- Ah, mais je défends l'exception culturelle française moi Monsieur. Vous pouvez même le bloguer. Comme ça, on verra que le jeune [et bête] Iceland [Iceberg] est aussi capable de s'investir pour l'image de sa nation. »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
« Vous savez que le navire jumeau du Titanic a aussi coulé en mer égée ?
- Non.
- Maintenant si !
- Grâce à vous, doux disciple !
- Je suis intoxiqué par l'histoire maritime
- Au fou !
- Mais ! Chacun ses vices ! Vous c'est la fellation, et moi l'histoire maritime !
- !!! »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
4- CELIBATAIRE OU DEJA PRIS : Globalement célibataire.
5- J'AIME: Les livres et un certain nombre de personnes.
6- OCCUPATION PREFEREE A LA FIN DE LA SEMAINE : Manger et dormir
7- ANIMAL PREFERE: Les chats
8- CHOSES FAVORITES QUAND VOUS N'ETES QU'ENTRE FILLES/GARCONS : discuter et faire l'amûûûr...
9- TA MARQUE DE VETEMENT PREFEREE : Boarf. Je vais dire Levi's parce qu'un camarade d'études me déclara un jour que j'étais en Levi's de la tête aux pieds, mais je n'ai en fait pas de marque préférée. J'ai cependant tendance à regard dans les vitrines les costumes Kenzo et Hugo Boss (peut-être surtout, pour les costumes Hugo Boss, parce que les garçons qui posent pour leurs pubs me paraissent toujours sublimes).
10- TON STYLE DE MUSIQUE PREFEREE : Rock/pop
11- TA CHANSON PREFEREE : Il n'y a pas d'amour heureux
12- CHANTEURS ET CHANTEUSES PREFERES : On va dire le groupe Radiohead, mais c'est un peu du pifomètre.
13- TON MAGAZINE PREFERE : Je trouve trouvais généralement intéressant Le Nouvel Obs, mais je ne le lis plus jamais.
14- TON LIVRE PREFERE : La Nausée, de Sartre.
15- TA CREME GLACEE PREFEREE : les glaces à la menthe, ou alors les nougats glacés.
16- COULEUR PREFEREE : Bleu.
17- QUEL EST TON CHIFFRE PREFEREE : Aucune idée.
18- CITATIONS/EXPRESSIONS PREFEREES : Je le note.
19- AS-TU UN SERIEUX PENCHANT POUR QUELQU'UN : Sans doute pour plusieurs personnes en même temps.
20- A QUI LAISSERAIS-TU LIRE TON JOURNAL SECRET SI TU EN AVAIS: Mon meilleur ami, mais uniquement après mon décès.
21- LA PERSONNE LA PLUS DINGUE QUE VOUS CONNAISSEZ : Isabelle Huppert.
22- TES DEUX COPAIN/COPINE QUI FORMERAIENT LE MEILLEUR COUPLE : Aucune idée.
23- LE SENTIMENT LE PLUS NUL QUI EXISTE : Le racisme et l'antisémitisme.
24- LE SENTIMENT LE PLUS BEAU QUI EXISTE : L'amûûûr.
25- LA CHOSE DONT TU TE SENS LE PLUS FIER : Avoir aimé.
26- SI TU POUVAIS VIVRE A UNE AUTRE EPOQUE : Je choisirais peut-être le dix-neuvième siècle, ou alors la Belle Epoque.
27- NOMBRE DE FOIS OU TU TE REGARDES DANS UNE GLACE DANS LA MEME JOURNEE : Une ou deux, peut-être trois.
28- A QUOI PENSES-TU AVANT DE T'ENDORMIR : Au fait que je devrais déjà être en train de dormir.
29- LA CHOSE QUE TU EMMENERAIS AVANT TOUT SUR UNE ILE DESERTE : Ma (ou une) bibliothèque.
30- EN TERME DE CHARME, SUR 10, QUELLE NOTE TE DONNERAI TU : Tout dépend de mon humeur du moment.
31- PHYSIQUEMENT: Un note franchement moyenne.
32- A TON AVIS, QUE PENSENT LES AUTRES DE TOI LORSQU'ILS TE VOIENT POUR LA PREMIERE FOIS : Je me le demande.
33- EST-CE QUE TU RACONTES DU MAL DES AUTRES: Evidemment.
34- CE QUI T'EFFRAIE LE PLUS: Je n'ai pas envie de mourir jeune.
35- KE FAIS TU POUR TE DEFOULER : Je marche ou je me branle.
36- LE MOT QUE TU DIS LE PLUS SOUVENT: Aucune idée.
37- TON HUMEUR EN CE MOMENT : A la fois détendu et un peu préoccupé par mes finances et la somme de travail que je dois abattre ce week-end.
38- SI UN JOUR TU DEVIENS CELEBRE, CE SERAIT DANS QUEL DOMAINE: J'ai un idée de la réponse, mais je ne vous dirai pas quelle elle est.
39- QUELLE EST LA PREMIERE CHOSE A LAQUELLE TU PENSES LE MATIN AU REVEIL: A l'heure qu'il est.
40- AS-TU UN TIC OU UNE MANIE: Je ne crois pas.
41- DORS-TU AVEC UN ANIMAL EN PELUCHE: Non.
42- LA RESOLUTION ESSENTIELLE QUE TU AS PRISE EN DEBUT D'ANNEE: J'ai oublié mais il devait sans doute y avoir quelque chose comme baiser davantage et me battre.
La démission d'Azouz Begag n'est pas liée à son soutien à François Bayrou mais à la publication par le ministre démissionnaire d'un livre contre Nicolas Sarkozy, affirment Le Parisien et l'hebdomadaire Marianne.
C'était mon hommage à la rubrique On s'en branle ! du Nico-Blog.
III.
En 1983, un vieil écrivain dénommé Christophe Robert a publiée une biographie : Hitler 1889-1944. Oui, vous avez bien lu : 1889-1944. Ce monsieur prétendait démontrer qu'Hitler n'était pas mort dans son bunker le 30 avril 1945 mais avait bel et bien péri dans l'attentat organisé contre lui par le comte von Stauffenberg le 20 juillet 1944.
La vérité est ailleurs. Ou alors la vieillesse est un naufrage.
IV.
Bosser, bosser, bosser.
Le Travail, c'est sacré.
V.
Ici, mes dingues de lecteurs, dites-moi ce que vous comptez faire ce week-end.
Atermoiements d'un électeur lambda
Une série épistolaire du (non-)blog de Monsieur Népomucène
Episode du jour (épisode 2) :
De (plus ou moins) petits candidats
Mes chers dingues de lecteurs,
Je n'ai pas envie de voter, le 22 avril, pour voter pour l'un des petits candidats. J'invoquerai tout d'abord une petite raison que je qualifierai de raison de principe, non qu'elle exprime quelque principe particulièrement élevé devant guider tous mes raisonnements, ni quelque principe fondamental de la démocratie, mais tout simplement parce que l'idée de voter pour n'importe lequel de ces candidats dont, soyons sérieux, l'élection est, du moins en 2007, impossible s'y heurte fatalement, et ce quel que soit le petit candidat considéré. Une réalité est incontournable : il va bien falloir départager Nicolas Sarkozy, Ségoléne Royal et François Bayrou. Alors, plutôt que d'opter pour un statagème foireux ou un raisonnement sophistiqué du genre de ceux qui ont conduit des électeurs souhaitant l'élection de Lionel Jospin à l'éliminer dès le premier tour en 2002, je compte m'y mettre dès le premier tour.
Certains ajouteront que l'élection de Bayrou est improbable, soit qu'elle l'ait toujours été, soit qu'elle le soit devenue ou redevenue. Je ne le conteste pas. Cependant, je ne tiens pas encore, à l'heure actuelle, cette éventualité de plus en plus improbable pour rigoureusement impossible, donc j'accorderai à Bayrou la même attention qu'à Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.
Cependant, comme aucun de ceux que j'appellerai les trois principaux candidats ne s'impose à mes yeux, d'emblée et de manière évidente, comme le président (ou la présidente) qu'il faudrait évidemment à la France, la raison de principe que je viens d'évoquer, ou d'invoquer, ne me paraît pas devoir me dispenser d'examiner toutes les candidatures, y compris celles des petits candidats. Considérons-les dans l'ordre, établi par voie de tirage au sort, de la liste officielle des candidats arrêtée par le Conseil constitutionnel.
Olivier Besancenot m'a toujours paru bête et ses propos d'une indigence consternante. Certes, ce doit être un garçon très sympathique, mais il s'agit non pas de choisir le candidat avec qui je prendrai un pot mais d'élire le (ou la) président(e) de la République. En outre, le critère de la sympathie ne serait pas discriminant parce que je n'aurais rien contre le fait de prendre un pot avec n'importe lequel des candidats. Certes, Olivier Besancenot est à peu près mignon, et, en tout cas, le plus mignon des candidats de sexe masculin, Ségolène Royal étant à mon avis la plus belle des candidates. Olivier, si tu me lis, je veux bien coucher avec toi, et encore plus si tu raffoles de la fellation. Cependant, il ne s'agit pas de choisir le candidat ou la candidate qui finira dans mon lit mais d'élire le (ou la) président(e) de la République. Donc, désolé, mais les qualités esthétiques de Besancenot ne sauraient suffire à m'inciter à voter pour lui. Ajoutons à cela qu'il est d'extrême-gauche, et son cas est réglé en ce qui me concerne.
Marie-Georges Buffet m'a toujours été extrêmement, profondément, sympathique. Cette dame m'a toujours paru simple, relativement posée, ne s'adonnant jamais à l'esbroufe, gentille, ne roulant jamais des mécaniques, sérieuse et dépourvue de la moindre arrogance. Si j'avais de confier ma maison mon cagibi à un candidat ou une candidate, ce serait à elle. Si j'étais gravement malade et qu'il me fallait choisir l'un des candidats pour s'occuper de moi, ce serait certainement elle que je choisirais ; je me poserais la question pour Arlette Laguiller et Dominique Voynet, mais je crois vraiment que c'est à elle que je ferais confiance, et que c'est elle que je choisirais. S'il fallait déjeuner tous les jours de ma vie avec l'un des candidats, ce serait certainement Mme Buffet que je demanderais à ma table. Oui, mais voilà, Marie-Georges Buffet est communiste. L'égalité des hommes est pour moi davantage qu'un objectif louable, je dirai presque qu'elle est comme l'air que je respire, même si certains pourront trouver - peut-être à raison - que je force le trait ou que je ne conforme pas toujours mes comportements à cette idée. La promotion d'une égalité réelle, accomplie dans l'ordre économique et social, me paraît une conséquence assez logique de l'idée d'égalité des hommes. Malheureusement, si Marie-Georges Buffet est peut-être celle des candidats qui souhaite le plus ardemment réaliser une telle égalité, je ne suis pas certain, pour user d'une litote, que les méthodes et la politique de Marie-Georges Buffet , dans le monde actuel, soient le meilleur moyen d'atteindre les objectifs de Marie-Georges Buffet. Je crois, sans prétendre que pareille vision du monde et de la politique fût exempte de défauts ou insusceptible d'être l'objet de très sérieuses critiques, qu'il serait plus facile d'atteindre les objectifs de Marie-Georges Buffet avec les moyens de Tony Blair qu'avec les moyens de Marie-Georges Buffet (Tony Blair n'ayant pas nécessairement, pour sa part, les objectifs de Marie-Georges Buffet, mais ce n'est pas l'objet de mon propos). Donc exit le bulletin Marie-Georges Buffet, malgré toute l'estime que je peux avoir pour cette dame.
Gérard Schivardi se prétend le candidat des maires et est un candidat d'extrême-gauche. En outre, je ne le connais absolument pas. D'ailleurs, personne ne connaît Gérard Schivardi. L'affaire est réglée, passons au suivant.
Ah, nous arrivons à José Bové ! Bon, je vais m'efforcer de rester poli avec notre champion de l'altertruc, notre Astérix luttant contre l'envahisseur capitaliste anglo-saxon, etc. Je ne partage pas la vision du monde de José Bové. Je suis plutôt favorable au libre-échange. Je n'apprécie pas les méthodes de Bové et encore moins les poses qu'il prend. Last but not least, s'il serait plus qu'excessivement hasardeux de prétendre que tout antisioniste est de tout temps une ordure, il se trouve que José Bové a osé prétendre que les synagogues françaises avaient été incendiées par le Mossad, ce qui le range pour de bon parmi les ordures antisionistes dont le rouge peut à l'occasion virer au brun. Le 22 avril, je ne toucherai donc même pas le bulletin José Bové.
Dominique Voynet n'est pas loin de m'être aussi sympathique que Marie-Georges Buffet. En outre, compte tenu de mes réticences à l'endroit de Ségolène Royal, si l'on écarte la raison de principe que j'ai donnée tout à l'heure, la logique voudrait que je votasse pour la candidate des Verts, mouvement dont les idées me sont vraiment proches. Malheureusement, je ne parviens pas à surmonter une double réticence. Tout d'abord, la proportion d'insupportables têtes à claques chez les Verts est prodigieusement élevée ; Voynet et Cohn-Bendit me plaisent, mais alors les autres... Ensuit, le rejet farouche et presque irrationnel de l'énergie nucléaire m'incommode au plus haut point. Donc, désolé, mais je ne peux pas.
S'agissant de Philippe de Villiers, je ne crois pas qu'il soit nécessaire de faire un croquis. S'il sait parfois être drôle, je n'ai tout de même rien à voir avec ce crétin ultra-réactionnaire, xénophobe, favorable à la peine de mort, anti-européen et pour qui le PACS c'est le retour à la barbarie.
Frédéric Nihous est le candidat du mouvement Chasse, pêche, nature et traditions, le candidat des chasseurs. Affaire classée.
Jean-Marie Le Pen maîtrise et emploie l'imparfait du subjonctif, compte parmi ceux - de moins en moins nombreux - qui savent encore écrire un discours et est peut-être un homme cultivé. So what ? Raciste, xénophobe, homophobe, antisémite. S'il veut me parler de ses dernières lectures, qu'il m'en parle, mais son imparfait du subjonctif, il peut s'le carrer dans l'cul, avec son bulletin.
Arlette Laguiller est d'extrême-gauche jusqu'à la moëlle et sectaire comme c'est pas permis. Il paraît qu'elle a beaucoup lu, dès son plus jeune âge. J'aimerais bien discuter livres au moins une ou deux fois avec elle, histoire d'en savoir un peu plus sur cet aspect méconnu de sa personnalité, mais pour ce qui est de voter pour elle, c'est hors de question.
Eh bien, mes chers dingues de lecteurs, non, vraiment, je ne peux voter pour aucun de ces petits candidats.
Vous écrire sur le sujet aura 'ach'tement fait avancer ma réflexion : je ne sais pas davantage pour qui voter, mais bon, au moins, j'ai trouvé neuf bulletins à ne pas glisser dans l'urne. Peut-être serait-il opportun de considérer d'un peu plus près les candidatures, et les programmes, de François Bayrou, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Promis, je vous écris bientôt à leur sujet.
Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie, mes chers dingues de lecteurs, d'accepter mes poutous les plus baveux.
« [Les socialistes] m'appellent, par dizaines ! Ils me disent 'tu as raison'. Le Parti socialiste français a un problème d'aggiornamento, de remise à jour, de modernisation de la pensée. Quand on voit ce que sont les autres partis socialistes européens, on se dit que les réflexions nécessaires n'ont pas été conduites en France et ça va être l'occasion, pour les citoyens, d'imposer cette réflexion. »
Atermoiements d'un électeur lambda
Une série épistolaire du (non-)blog de Monsieur Népomucène
Episode du jour (épisode 1) :
Récapitulation sommaire d'un passé électoral et petit test amusant
Mes chers dingues de lecteurs,
Le 22 avril, on vote. Le 7 mai, aussi, mais chaque chose en son temps, songeons déjà au premier tour.
Bordel de merde, quel bulletin vais-je bien pouvoir foutre cette fois-ci dans cette fichue enveloppe de mes deux avant de glisser celle-ci dans l'urne ?
Jusqu'à présent, j'ai participé à tous ceux qui ont eu lieu depuis que je suis majeur, à l'exception du référendum sur le quinquennat. Ce jour-là, n'étant pas inscrit sur les listes électorales de mon lieu de résidence, j'aurais dû, pour glisser mon petit bulletin NON dans l'urne dans laquelle j'étais autorisé à le glisser, me taper trois heures de transport. A quoi bon ? L'adoption de cette réforme dont je n'avais, dans le meilleur des cas, rien à foutre et qui, dans le pire des cas, m'incommodait plutôt qu'autre chose était jouée d'avance. J'ai donc succombé à la tentation de la paresse et suis tranquillement resté ce dimanche-là dans mon quartier.
J'ai évidemment voté OUI lors de l'autre scrutin référendaire auquel je fus convié à participer, celui de mars 2005 sur la ratification du prétendu Traité constitutionnel. Un OUI relativement convaincu, quoique sans doute davantage fondé sur un rejet d'à peu près tous les arguments des opposants à la ratification que sur une réelle connaissance du texte soumis au vote. Je dis sans doute parce que je n'en sais plus trop rien, et j'avoue que, pour moi, la page est tournée, le seul souvenir de la campagne référendaire me gonflant profondément. Idem pour mon [rejet d']à peu près [tous les arguments des opposants à la ratification], quoique la locution me paraisse nettement plus rhétorique que mon sans doute. Bref, passons.
Lors des scrutins électoraux, mes hésitations furent généralement inexistantes. Alors même qu'il m'arrive souvent de ne pas me sentir une conscience politique et/ou sociale particulièrement aiguë, les choses ont toujours été relativement simples pour moi dans l'isoloir et à son approche. M'estimant de sensibilité plutôt social-démocrate, me reconnaissant plutôt, pour ce que j'en connais, dans une histoire particulière qui est celle du socialisme français (le premier rabat-joie qui cite ici le nom du déshonorant et déshonoré Guy Mollet, je lui colle la plus magistrale paire de baffes de toute son existence), solidement ancré au centre-gauche, à la fois très près du centre et à gauche, j'ai voté, sans, je crois, l'avoir jamais regretté, au centre-gauche, c'est-à-dire in fine pour le candidat (ou la liste) socialiste, lors du premier tour de toutes les élections, qu'elles soient nationales ou locales. Au second tour, j'ai toujours voté pour le candidat le plus proche des convictions que j'avais exprimées au second tour. J'ai donc voté pour ce qui restait du candidat ou de la liste socialiste chaque fois que c'était possible. A défaut, au second tour des élections législatives de 1997, j'ai voté pour le candidat communiste réformateur de ma circonscription d'alors, le PCF ayant conclu entre les deux tours un accord de gouvernement avec le PS. En quelques autres occasions, j'ai voté pour le candidat de droite contre le candidat d'extrême-droite.
Quelques mois avant le premier tour de l'élection présidentielle de 2002, j'ai cependant caressé l'idée de voter pour Jean-Pierre Chevènement, dont les options et l'histoire personnelle m'ont toujours paru et me paraissent toujours, malgré la notable exception du sujet de l'Europe, tout à fait compatibles avec la manière dont je me situe politiquement, même si j'ai dû surprendre quelques amis en leur disant cela. Par ailleurs, j'avais plutôt apprécié son approche assez jacobine de la question corse qui occupait plus que régulièrement les esprits. J'ai cependant assez rapidement (au bout de quelques semaines ? ou alors de quelques mois ? je ne sais plus) écarté l'hypothèse d'un vote Chevènement. Je n'acceptais notamment pas son affirmation selon laquelle Jacques Chirac et Lionel Jospin c'était blanc bonnet et bonnet blanc : non seulement c'était évidemment faux mais en outre cela ne pouvait que profiter à Jacques Chirac, dont j'espérais bien qu'il serait battu. En outre, si j'étais convaincu - et j'en reste persuadé - que le chevènementisme n'avait rien à voir avec un nationalisme de droite et/ou à tendance droitière, force était de constater que Jean-Pierre Chevènement tenait à ce que cela ne se sût point trop, et je n'appréciais pas de le voir s'adonner au racolage en rase campagne présidentielle, peut-être prêt à accueillir à bras ouverts ce crétin ultra-réactionnaire de vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon de mes couilles. Last but not least, gagné par un certain état d'esprit que je qualifierai de jospinien et alors que diverses révélations montraient Jacques Chirac sous son jour le moins ragoûtant, non seulement j'espérais que Chirac serait battu mais j'ai finalement considéré que c'était l'enjeu essentiel de l'élection et qu'il fallait tout subordonner à l'objectif de le congédier. Le vote Jospin s'imposait donc, sans même considérer les qualités par ailleurs éminentes à mes yeux, de Lionel Jospin, de sa politique et de son bilan.
L'élection présidentielle de 2007 est donc la première à l'occasion de laquelle je ne suis toujours pas sûr, à moins de trois semaines du premier tour, du bulletin que je vais glisser dans l'urne. Les candidats possèdent presque tous de grandes qualités. Ils présentent également tous de gros défauts.
Dans ces conditions, m'abstiendrai-je pour la première fois lors d'une élection (au premier tour, au second tour ou aux deux tours) et, plus généralement, pour la deuxième fois lors d'un scrutin ? Peut-être conviendrait-il tout d'abord que je me penchasse un peu plus précisément sur le cas des candidats, et de leurs programmes respectifs. Sans vouloir nuire au suspense, je crois pouvoir vous annoncer que ce sera, mes chers dingues de lecteurs, l'objet de la plupart des prochains épisodes de cette petite série épistolaire.
En guise de hors-d'oeuvre ou d'apéritif, et pour vous faire patienter, car je vois bien que vous êtes tous torturés nuit et jour par la lancinante question Mais à qui donc Monsieur Népomucène accordera-t-il son suffrage ?, je vous propose de prendre connaissance de mon résultat à un petit test très con (les questions sont idiotes et le choix de réponses directement pompé dans les programmes) proposé par Le Monde et que tout le monde fait ces jours-ci : de quel programme êtes-vous le plus proche ? Voici donc mon résultat :
Dans ma prochaine missive, mes chers dingues de lecteurs, j'évoquerai ceux qu'on appelle, à tort ou à raison, les petits candidats, i.e. tous les candidats sauf François Bayrou, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. N'hésitez pas à ne pas la lire si ma prose vous gonfle par avance.
Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie, mes chers dingues de lecteurs, d'accepter mes poutous les plus baveux.
Hommage à la rubrique On s'en branle ! du Nico-Blog
Communiqué de la Présidence de la République
concernant le record établi sur la ligne du TGV Est.
PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE
Paris, le mardi 3 avril 2007.
Le Président de la République exprime sa très vive satisfaction après la fantastique performance établie par le train à grande vitesse sur la ligne Est.
Il adresse ses plus chaleureuses félicitations à ALSTOM, à la SNCF et à RFF ainsi qu'à toutes celles et tous ceux qui ont contribué à ce succès en construisant et en portant à une telle vitesse ce nouveau TGV.
Ce record est une magnifique démonstration des formidables capacités de la France en matière de recherche et d'innovation. et une nouvelle preuve de l'excellence de l'industrie ferroviaire française. Avec ce nouveau TGV, ALSTOM conforte sa place de champion sur le marché mondial de la grande vitesse.
Économiquement performant et respectueux de l'environnement, le TGV est un atout essentiel pour relever le défi du développement durable dans les transports.
Nonobstant qu'on s'en fouteuh, le vail-Tra, c'est la té-san
Le risque, quand on s'endort à 5 heures du matin pour se lever dès 8 heures et se remettre immédiatement au travail (le Travail, c'est la santé, le Travail, c'est sacré), c'est de ne rien comprendre quand on ouvre un oeil et que le réveille-matin annonce fièrement : 13h30.
« Depuis quelques années, j'ai l'impression que lorsqu'on ne sait plus à qui s'adresser, on s'adresse à moi, y compris quand il s'agit de parrainer des chimpanzés menacés. »
« Si le succès est au bout, la méthode Royal sera étudiée dans les cours de communication et une école Ségolène verra le jour. Si tout s’achève par un désastre, on rira encore de ces improvisations en 2012. Sic transit gloria mundi… Mais, déconcertant et agaçant, plein de charme et de limites, ce style ne manque pas d’originalitude... »
« La politique dans une œuvre littéraire, c’est un coup de pistolet au milieu d’un concert, quelque chose de grossier et auquel pourtant il n’est pas possible de refuser son attention. »
« L’homme consomme, engloutit lui seul plus de chair que tous les animaux ensemble n’en dévorent ; il est donc le plus grand destructeur, et c’est plus par abus que par nécessité ; au lieu de jouir modérément des biens qui lui sont offerts, au lieu de les dispenser avec équité, au lieu de réparer à mesure qu’il détruit, de renouveler lorsqu’il anéantit, l’homme riche met toute sa gloire à consommer, toute sa grandeur à perdre en un jour à sa table plus de biens qu’il n’en faudrait pour faire subsister plusieurs familles ; il abuse également des animaux et des hommes, dont le reste demeure affamé, languit dans la misère, et ne travaille que pour satisfaire à l’appétit immodéré et à la vanité encore plus insatiable de cet homme qui, détruisant les autres par la disette, se détruit lui-même par les excès. »
« La politique est une pierre attachée au cou de la littérature, et qui, en moins de six mois, la submerge. La politique au milieu des intérêts d’imagination, c’est un coup de pistolet au milieu d’un concert. »
« Le partage du sensible, c’est la configuration de ce qui est donné, de ce qu’on peut ressentir, des noms et des modes de signification qu’on peut donner aux choses, de la manière dont un espace est peuplé, des capacités que manifestent les corps qui l’occupent. La littérature faire de la politique en bouleversant la configuration de cet espace et en donnant à ces corps des puissances nouvelles. »
« Ceux qui déplorent une décadence contemporaine de la littérature oublient qu’un art est bien plus qu’un médium particulier appartenant à des spécialistes des mots, des images ou des sons. Des cinéastes ou des vidéastes peuvent aujourd’hui produire des inventions dans ce nouage littéraire des mots et des choses à l’égard duquel les écrivains de profession manifestent souvent une certaine lassitude. »
Connaissez vous la différence entre les teutons et les curés ?
Figurez-vous que, si les Teutons ont du fer à ne savoir qu'en fûtre, les Curés ont du fûtre à ne savoir qu'en faire.
«Si Hannah Arendt est correcte et si le mal est banal, cela est immensément plus grave que la possibilité contraire qui dirait que le mal est satanique»
« En fin de compte, les aventures d'Adolf Hitler dans le domaine des idées devraient nous servir de récit édifiant : il ne faudrait pas laisser une personne jeune et impressionnable poursuivre seule son éducation dans une liberté totale. Pendant sept ans, Hitler vécut dans une des grandes villes européennes à une époque d'effervescence d'où émergèrent certaines des idées les plus passionnantes et les plus révolutionnaires du nouveau siècle. Avec un œil infaillible, il finit par choisir non les meilleures, mais les pires idées qui flottaient autour de lui. Comme il n'avait jamais fait d'études, n'avait jamais eu de cours à suivre, de listes de livres à lire, d'étudiants avec qui discuter, de mémoires à rédiger et d'examens à passer, les idées à la manque qu'il adopta ne furent jamais véritablement contestées. Les gens qu'il fréquentait étaient peu instruits, instables et aussi peu disciplinés que lui. Personne dans son milieu n'avait la puissance intellectuelle suffisante qui aurait pu mettre les autorités qu'il avait choisies à leur place pour ce qu'elles étaient : des charlatans peu recommandables, voire comiques.
En règle générale, une société peut fort bien tolérer, même regarder avec bienveillance, la strate d'autodidactes et d'excentriques en marge de ses institutions intellectuelles. Ce qui est particulier, dans la carrière d'Hitler, c'est que, du fait d'un ensemble d'événements et d'une bonne part de hasard, il se montra capable non seulement de répandre sa philosophie absurde parmi ses compatriotes allemands mais également de la mettre en pratique dans toute l'Europe, avec les conséquences que nous connaissons. »
« Pour moi, il existe deux possibilités : parvenir au succès total de mes projets, ou échouer. Si je réussis, je serai un des plus grands hommes de l'histoire – si j'échoue, je serai condamné, rejeté et damné. »
«La plupart des gens cultivés sont prêts à se regimber à la seule mention d'une entité telle que le Démon. [...] Il n'est donc pas nécessairement surprenant, alors, que le monde ait une compréhension appauvrie de la personnalité d'Adolf Hitler. Haine, oui, mais compréhension de sa personne, non ¬ il est, après tout, le plus mystérieux des êtres humains du siècle.»
« On reçoit l’exil en héritage, de génération en génération. Il produit des voyageurs prêts à franchir la mer et le mur qui les sépare d’eux-mêmes. De toute part palpite l’horizon. On guette la ligne miroitante. On sait que les yeux qui ne l’ont pas vue s’éteignent à l’intérieur. On cherche à voir la langue. »
« Bon manche-di des meaux-Ra, mon p'tit poulet sacré !
- Oh, ' veut dire que c'est bientôt pâques ?
- Vi.
- Je déteste cette période, j'ai le cul défoncé à force de chier des oeufs Lindt.
- !!! »
* : Conversation est un titre de Bernadette Chirac née Chodron de Courcel.
C'est avec cette petite photographie des vestiges du prieuré Saint Sauveur à Melun que je vous souhaite un excellent jour du Seigneur, mon cher Jean, que je me réjouis de voir de nouveau parmi nous, ainsi qu'à Pyram, qui est bouddhiste, à Anatole (prénom fictif, radin ve-gra), aussi pingre le dimanche qu'en semaine, à Guilll, qui me l'a demandé gentiment, à Iceberg, qui est jeune et bête, à Orfeo, qui était définitivement vexé mais n'est finalement plus vexé, à Bonjour, qui désespérait, à mon iench', qui déteste ces trucs-là, à Gaston, irrégulièrement présent mais d'une urbanité irréprochable, à Margotte, qui est méthodiste, à la Farkasse, qui est calviniste, à Gfp, qui prie pour le jeune et beau Népomucène, à Titcroco, qui ne va plus à la messe, à Furyo, qui est un catholique un peu plus sérieux qu'un singe-blogueur, à mon p'tit Sarthois, qui est mon p'tit Sarthois préféré, à Arnieoflovers, qui a la glorieuse chance d'être belge, et à travers lui à tous ceux de ses compatriotes qui fréquentent ce site, à Pouletfamille, jeune et beau gallinacé qui est mon p'tit poulet sacré préféré, à Bôfotex, qui dispose d'un assistant redoutable, à Gilles de Robien, à Cizion, qui aime pourtant bien se brosser, au jeune Maxouuu, qui est un héros, à mon Chapichapoupounénet à meuha, qui est aussi vaguement sarthois et qui est surtout mon Chapichapoupounénet à meuha, à M'sieu kani-Kolo, qui hurlait au dale-scan parce qu'il n'était pas nominativement cité dans mes voeux dominicaux, à Loup, qui est orthodoxe, à Mike, revenu incognito, à Fabulous, qui se prénomme Fabrice Fabien et non Fabien Fabrice, à Cel, qui est meugnon, à -alias- adoré, que j'adore, à Edeion, qui n'est pas belge, à Nezorizoro, secrétaire de section honoraire du Parti Socialiste, à Theutheu, à qui je viens d'écrire, à MisterPatate*, tubercule de talent, à Kyl, animal parlant qui horripile, à BigWinner, qui est mignon et pas qu'un peu, à Klendal, qui est mauvais perdant, à ma très volumineuse mémère au bord de l'explosion, qui est athée, à mon ch'tit Tonioo, dont j'espère qu'il va bien, à Spirit93, qui aime les dernières cigarettes, à Nico du Nico-Blog, qui est athée et libre-penseur, à M'sieu Pheel, qui m'en voudrait de l'oublier, au beau Vorp', trop craquant, à Badinou, qui dispose désormais d'un exemplaire de Peter Pan à déchirer quand il le voudra, à Lange, pour qu'il arrête de se scarifier tous les dimanches, à M'sieu Cox, qui cherche son nom dans cette liste, à Bip76, qui risquerait de bouder s'il n'était cité, à Dub, dont on ne compte plus les singeries et qui a un nouveau profil sur GA, à Evrat, que je salue à défaut de m'adonner au sexe oral avec lui, à Pierem, que certains traitent de Pollonais (sic), à la Potiche, qui aurait fait passer Raymond Devos pour un enfant sous-alimenté, à Haydenmachinchose, qui ne veut vraiment plus figurer sur cette liste et qui a dépassé l'état de mort clinique, à Boyan, charmant hérétique, à Coronys, qui va finir par connaître la Critique de la raison dialectique par coeur, à Griffin, dont trop de livres ont dramatiquement souffert, ce qui mérite, au minimum, toute ma compassion, à M'sieu Cadence, dont je n'oserai dire ce que je ne dois dire (il verra certainement ce que je veux dire), à Abend, qui travaille souvent le dimanche, à Ricroel, qui est orange et mort, à Sorty, avant qu'il ne soit trop tard, à M'sieu Bamf, grand amateur de whisky qui peut de nouveau commenter le (non-)blog du jeune et beau Népomucène, à Evariste, qui est un gentilhomme, à Theopiscence, qui semble ne plus du tout exulter, à Oliviersuisse, que cela vexait un tantinet de ne pas être cité nominativement dans ces voeux dominicaux, à Ernest, que je n'omets pas de citer, à Furt, qui me prie d'aller me faire enculer, à Asbel, qui est loin d'être le plus vilain des arguments dont dispose la social-démocratie européenne, à LeMarquis, que j'oublie du matin au soir, à M'sieu Minien, qui consulte mon blog tous les dimanches matins, à Kosmo, qui me divinise, à Garûdûdû, dont je ne suis pas toujours certain de comprendre ce qu'il dit, à la liste de Jacques Respaud, qui s'est vautrée mais qu'on aime bien quand même, à Dominique Strauss-Kahn, qui est le plus beau et le plus intelligent, , à d_s, que je saoûle avec mes posts dominicaux invariables, à M'zelle Ataegina, qui apprécie davantage ces voeux depuis qu'elle en est nommément destinataire, à Jahovil, même s'il est parti, à Ormegris, qui compte les liens erronés, à Toubib75, qui est tout content d'être friendlisté, à Babs668, qui prétend désormais ne pas puer du cul, même si on a évidemment gardé une trace écrite de ses aveux antérieurs, au ch'tit Pink, qui m'indiquait qu'il pouvait se faire appeler Dominique, à Karedig, qui pratique le calendrier révolutionnaire, et à Romain, qui craint vraiment que j'oublie quelqu'un dans mes voeux dominicaux.
Bon jour du gneur-Sei à tous les autres frappadingues aussi.
Le (non-)blog de Monsieur Népomucène, un (non-)blog catholique, apostolique et romain.
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Le bandeau ci-dessus a été conçu par M. Gayberry.
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Lecture(s) en cours :
Je me permets de vous indiquer quelques blogs divers et variés qui présentent au moins pour point commun de tous m'intéresser, quoique ce soit parfois pour des raisons différentes.
[NB1: la liste des blogs n'est pas exhaustive]
[NB2: les descriptions que je donne ci-dessous doivent être lues comme l'expression d'une sensibilité qui m'est personnelle et non comme le reflet fidèle de la réalité objective de ce qui est décrit]
[NB3: si malgré l'avertissement précédent l'un ou l'autre des auteurs de blog ci-dessous évoqués considérait que mon propos, forcément trop synthétique et imparfait, donne une idée de son blog trop éloignée de sa réalité, qu'il n'hésite pas à me le faire savoir]
- le protocole, c'est le protocole:
Donc je place en haut de cette liste le blog de Samdech Norodom Sihanouk, ancien Roi du Cambodge. Pour l'anecdote, sachez que Samdech Norodom Sihanouk du Cambodge est favorable au mariage des homosexuels.
- catégorie plutôt culturelle/littéraire, ici et ailleurs:
Je recommande vivement le blog de Matoo , que je lis rarement mais de plus en plus souvent et toujours avec le plus grand intérêt. Des réflexions de son auteur sur ce qu'il peut lire ou voir. Toujours bien écrit et intelligent.
Je recommande autant qu'il est possible de recommander le blog de Waves, voire plus. De la vie, de l'intelligence, du talent. Du foutre aussi, ce qui ne gâche rien.
Le blog de Matthieux est bien écrit comme c'est pas permis.
Depuis peu est apparu le blog de Sixte , jeune "scribouillard" (dixit himself) qui, à mon humble avis, scribouille très bien.
Je peux aussi vous recommander le blog d'Olivier.
Mais à mon avis, vous feriez mieux d'aller voir directement son site personnel , d'une très grande richesse, très bien écrit, qui mêle étroitement création littéraire et journal personnel (je ne sais si "intime" serait approprié).
- blogs régulièrement lus sur ce site:
Le blog de MisterPatate, poétique, à sa manière peut-être, mais assurément poétique.
Le blog de Etasseureuh , sale gosse à l'humour décapant.
Le blog de Diabolito, sans doute ce qui se rapproche le plus d'un journal intime réussi (je ne dis pas par là qu'il est exhaustif; il me semble que la question de la qualité d'un "journal intime" et celle de son exhaustivité sont indépendantes l'une de l'autre), avec ce qu'il faut de finesse d'observation de l'existence humaine (je dis existence et non pas nature pour des raisons que je ne développe pas pour l'instant).
Le blog de Nico_Paris12, chez qui je retrouve parfois quelques traits de ma vie, mais perçus avec un peu d'humour.
Le blog de Ricroel, "drôle malgré lui" (J. Diabolito); Ricroel a écrit les scénarios et les dialogues de plusieurs films de Woody Allen.
Tant qu'à faire, vous pouvez aussi lire celui de Matth-dk, qui n'est pas sot non plus.
Le blog de Bamf, décalé, mi-déjanté mi-sarcastique mi-autodérision (je sais, ça fait trois moitiés, mais je n'ai pas fait maths sup', alors bon, hein).
- ailleurs:
Le blog de Ruxor, qui est très loin d'être sot et doué d'une grande aptitude à l'analyse de la vie (précision: ne pas interpréter ce que j'en dis comme un jugement, car ce n'en est pas un).
Je regroupe ensemble les blogs de Bradshaw, Dextropropoxyphèneet Paumé dont les univers me paraissent proches, et me fascinent.
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Une fournée de nouveaux liens vous menant en divers endroits de la blogosphère (désormais par ordre chronologique d'ajout à mes liens) :
- chez freakydoll, parce qu'il y a du foutre et que ça me plaît,
- chez Elizabethtessier, électeur de trèmovèzfoa mais pratiquant parfois un humour 2bongoo2bonaloi, quoiqu'un peu cruel,
- chez Romain, parce que je trouve qu'il fait preuve d'une grande sensibilité, dans le meilleur sens du terme, dans ses articles sur ses relations avec les garçons,
- chez Jipé, un cadre sensible et plein d'humour, lecteur du journal dans lequel écrit Alexandre Adler, ce qui n'est pas une mince affaire,
- chez Pascal Riché, le correspondant aux Etats-Unis de Libération, et pas seulement parce que son blog m'a appris qu'aux Etats-Unis, à la piscine, les hommes se douchent collectivement et généralement sans maillot,
- chez Sixte (bis), parce qu'il a ouvert un autre blog, ailleurs,
- chez Kevin Sites, journaliste indépendant, actuellement en Irak pour la chaîne américaine NBC (en anglais),
- chez Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre, professeur d'économie, etc., dont le blog avait été évoqué sur le sien par Nicolas,
- chez Glenn Reynolds, professeur de droit à l'université du Tennessee, qui s'intéresse notamment aux questions des nouvelles technologies, de la liberté individuelle et de leurs relations,
- chez Pierre Haski, correspondant de Libération en Chine.
- sur le blog A l'heure américaine, que Pascal Riché vient (janvier 2005) d'ouvrir avec son collègue Fabrice Rousselot, le précédent blog de Pascal Riché, consacré à l'élection présidentielle américaine de novembre 2005, n'ayant plus lieu d'être,
- chez Chapichapo dont le blog présente cette particularité qu'il est régulièrement mis à jour quoique définitivement fermé,
- chez Baptiste Coulmont, sociologue enseignant à l'université de Paris 8 - Vincennes,
- sur la république des livres, le blog de Pierre Assouline, journaliste et écrivain, ancien directeur de Lire, chroniqueur au Monde 2, critique au Nouvel Observateur,
- chez Anatole (prénom fictif), pour son humour, pour ses qualités d’écriture, pour ses séries (bonnes lectures dominicales, jeunes giscardiens, belles cartes postales, etc.), pour Bernard Menez,
- chez Cathogay, dont le blog contient des lectures et des réflexions, le tout étant très intéressant, sur le sujet "être gay et être catholique" (et on n'est pas obligé d'être gay ni d'être catholique pour apprécier, hein),
- chez Oli, où l'on trouve des lectures, du ciné et de l'actu,
- chez Mike qui écrit de bien jolis récits de rencontre,
- chez Alain Juppé, ancien Premier Ministre, ex-futur Président de la République,
- sur le kolkhoz-blog, centre de réflexion et de prospective sur le marxisme-léninisme,
- chez Gerboise, parce que, pour un vulgaire rat, il écrit bien tout de même (bon, en plus, il est beau, mais je ne vais pas vous dire un truc pareil, on va encore me trouver superficiel),
- chez Hugoindigo, parce qu'il fait bon s'y promener,
- chez Matthieux, qui a ouvert un nouveau blog, ailleurs,
- chez M'sieu Pheel, parce qu'il est complètement ouf'.
Bloc permanent de la bogossité
Le principe est simple : si vous êtes l'une des personnes figurant dans ce bloc permanent, vous êtes invité à m'écrire. Je crois que je vous lirai avec plaisir.