Bonjour. Je suis Monsieur Népomucène et je n'existe pas.
Ceci n'est pas un blog.
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"Je ne voyage sans livres ny en paix ny en guerre".
(Montaigne, "Essais", Livre III, chapitre III)
"Le paradis à n'en pas douter n'est qu'une immense bibliothèque".
(Gaston Bachelard)
J'écoute : la circulation automobile Je regarde : le ciel Je lis : trop lentement, en fait Je joue : uniquement au bureau Je mange : moins, et c'est très bien Je bois : de l'eau minérale plate Je cite : "Le paradis, à n'en pas douter, n'est qu'une immense bibliothèque" (Bachelard) Je pense : à des gens Je rêve : de gens, et d'animaux (mis à jour lundi 15 février 2010 à 17:36)
Atermoiements d'un électeur lambda
Une série épistolaire du (non-)blog de Monsieur Népomucène
Episode du jour (épisode 7) :
Nicolas Sarkozy, candidat présidentiable et... présidentiel
Mes chers dingues de lecteurs,
Incontestablement, de tous les présidentiables, Nicolas Sarkozy est à mes yeux le plus présidentiel. J'entends par là le plus apte à exercer le mandat de Président de la République. Mû par une vision assez claire et cohérente mais aussi riche et nuancée, de la France, il nourrit pour celle-ci une ambition qui ne se résume pas aux quelques slogans auxquels ses compétiteurs voudraient le réduire.
Nicolas Sarkozy est aussi une bonne nouvelle pour la droite. A ceux qui fustigent un candidat prétendûment plus réactionnaire que ne l'aurait jamais été la droite au cours de ces dernières années, j'aimerais rappeler qu'il a aboli la double peine, qu'il s'est prononcé, comme François Mitterrand en 1981, en faveur du vote des étrangers aux élections locales malgré les réticences de son camp, qu'il a continué à l'endroit de l'Islam une politique initiée par Pierre Joxe et reprise par Jean-Pierre Chevènement, qu'il a puissamment contribué au rétablissement de la légalité républicaine en Corse et qu'il prône une discrimination positive qui n'est guère faite pour avantager les électeurs bien blancs, bien racistes et/ou bien nantis. Je voudrais aussi rappeler d'où vient la droite sur certains points. En matière d'immigration, par exemple, l'objectif affiché lors de l'alternance de 1993 était de parvenir à une immigration zéro. Lors du discours de politique générale qu'il prononça dans les jours qui suivirent sa nomination, le Premier ministre Edouard Balladur put même énumérer à la suite, parmi les grands maux dont souffrait, selon lui, le pays, "l'immigration, l'insécurité", sans que personne ne bronche. Quant au subtil et distingué chiraquien Jean-Louis Debré, dont tout le monde s'est réjoui qu'il soit nommé au Conseil constitutionnel pour veiller à nos libertés publiques et mettre des bâtons dans les roues au sarkozysme triomphant, je n'ose même pas dire un mot du ministre de l'Intérieur qu'il fut, suscitant la plus grande manifestation antiraciste de l'histoire de la République alors qu'il se faisait fort de mettre un terme aux situations absurdes résultant de l'excessive dureté et des incohérences de la législation adoptée à l'instigation de Charles Pasqua, fameux ministre de toutes les bévues et de toutes les bavures, pour ne pas parler des valeurs communes du Front National et de la droite. Je passe aussi sur les dérapages fréquents de Jean-Louis Debré sur le sujet, et sur le fameux bruit et la fameuse odeur de ces immigrés, signalés (entendus ? humés ?) par Jacques Chirac qui n'oubliait pas, très en verve, de signaler qu'ils ne paient pas d'impôts, ce qui est faux, et qu'ils vivent de nos allocations, ce qui est également faux.
Alors, pardonnez-moi, je veux bien que ceux que cela amuse voient en Sarkozy le pire Satan xénophobe et raciste que la droite française ait jamais enfanté, mais, avec moi, ça ne prendra pas. Je forcerais à peine le trait si j'affirmais que Nicolas Sarkozy procède sur certains points, et évidemment dans une certaine mesure, à l'aggiornamento dont la droite française avait besoin. Au sein de celle-ci, du moins de l'essentiel de celle-ci, Nicolas Sarkozy a également liquidé le souverainisme post-gaulliste, curieusement gaucho-réac, que tentait maladroitement d'incarner l'improbable tandem de Charles Pasqua et Philippe Séguin (pas spécialement une lumière non plus, celui-là, avec ses propos sur une possible réhabilitation des Waffen SS - prononcer Ouaffen SS pour avoir l'accent séguiniste - par Lionel Jospin, heureusement qu'il est retourné traire sa chèvre à la Cour des comptes). Bouté hors de l'UMP, le souverainisme post-gaulliste n'est plus le fait que d'hurluberlus dérisoires et pathétiques tels que Villiers, gag ambulant proposé avec deux siècles de retard par la réaction contre-révolutionnaire. Le centre-droit français est désormais résolument européen. A propos de gaullisme, d'ailleurs, l'impression selon laquelle Nicolas Sarkozy n'est sans doute, bien qu'il professe le contraire, pas plus gaulliste qu'un fer à repasser est loin de m'être déplaisante.
Avec Nicolas Sarkozy se fermera en outre la parenthèse chiraquienne de l'histoire de la droite française, et de notre République. Le 6 mai prochain, Nicolas Sarkozy aura liquidé définitivement chiraquisme et villepinisme, ces avatars de l'opportunisme et de l'attentisme de la IVe République dans ses aspects les plus déplaisants à l'ère postmoderne. Certes, il les aura sans doute liquidés quel que soit le résultat du scrutin présidentiel, mais il les aura liquidés encore plus sûrement s'il est élu président de la République. De même, même si c'est secondaire, je ne vois pas moyen plus efficace d'envoyer Ségolène Royal et sa démagogie dans les cordes, et donc de revenir, à gauche, aux choses sérieuses (Yoyo président !), que d'assurer une confortable victoire à Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy n'est pas Nicolas Baverez est un libéral intelligent. Dans un pays où la réforme libérale a trop souvent reposé sur la recette "privatisons, diminuons charges et droits sociaux et advienne que pourra", je suis séduit par son approche de l'économie. Tout d'abord, Nicolas Sarkozy fixe un objectif ambitieux à sa politique économique, un de ces objectifs dont la France a besoin plutôt que d'une gestion à courte vue, à la Raffarin (paix à son âme) ou à la Villepin (qu'il aille se faire foutre, celui-là, et pas par moi). Il entend ramener le taux de chômage en-deçà de 5% et assurer un emploi stable à temps complet à tous. Démagogie, me direz-vous. Eh bien, je n'en suis pas si certain que cela. Cette ambition repose effectivement sur un projet économique qui me paraît bien pensé, combinant audace et équilibre, réformes libérales comme en mèneraient les pays anglo-saxons et leçons d'une gestion plutôt social-démocrate comme en mènent d'autres pays d'Europe : un assouplissement raisonné du droit du travail, la création d'une sécurité sociale professionnelle et la promotion, à l'échelon européen, d'une éthique du capitalisme. Par ailleurs, lors de la crise du CPE, Nicolas Sarkozy a su démontrer qu'il n'était pas une tête de mule, ou du moins pas seulement une tête de mule, mais qu'il savait également écouter, prendre en compte le mécontentement social, et qu'il comprenait qu'une réforme ne pouvait être menée à la hussarde, sans l'accord de personne.
Si je reconnaissais, et continue bien volontiers de reconnaître, à Ségolène Royal le mérite d'avoir soulevé la question de la carte scolaire et de m'avoir incité à y réfléchir (un petit peu, dans la mesure de ma très maigre connaissance du sujet et de l'information que je pouvais trouver à la lecture variablement attentive de la presse), je ne suis pas non plus indifférent au point de vue de Nicolas Sarkozy en la matière : remplacer la carte scolaire par une obligation de mixité sociale, géographique et scolaire des effectifs me paraît une bonne idée. Deux réserves toutefois sur ce point : d'une part, je ne suis pas certain de saisir ce que Nicolas Sarkozy entend par mixité scolaire, même si, dans l'ignorance de ce qu'il entend par là, je me hasarde à supposer qu'il s'agit de continuer à faire cohabiter dans la même classe des élèves de tous niveaux, idée qui ne m'inspire ni défiance ni enthousiasme et me laisse parfaitement neutre ; d'autre part, je me demande dans quelle mesure il est possible de réaliser simultanément, dans un même établissement, ces trois mixités. Je sens qu'il y a des administrations centrales qui vont en chier pour mettre cela au point.
En matière de politique étrangère, Nicolas Sarkozy me paraît tout à fait à la hauteur exigée par la fonction présidentielle. Je passe rapidement sur la question europénne. Comme je vous l'ai déjà écrit dans lors d'un précédent épisode de la présente série, son projet me laisse plutôt sur ma faim quand il aborde la question d'éventuels nouveaux traités et, sur ce point, il me laisse plus réservé que François Bayrou. En outre, Nicolas Sarkozy sera peut-être davantage attaché que ses deux compétiteurs, malheureusement, à une construction européenne plus économique que politique et sociale. En revanche, il ne souffre pas de certains défauts que présentent Ségolène Royal et le président sortant. Ségolène Royal sera la présidente issue d'un parti divisé par le TCE et au sein duquel les plaies sont encores vives ; Nicolas Sarkozy, lui, bénéficie d'un parti uni sur cette question, qui a mis un terme à un long passé d'hésitation et de divergences internes et mis à la retraite (cf. Pasqua) ou congédié (cf. Dupont-Aignan) ses démagogues anti-européens. Jacques Chirac, pour sa part, était attaché à la construction européenne comme à n'importe quoi d'autre : ça montait, ça descendait, ça allait, ça venait, c'était à chier, c'était indispensable, tout variait toujours suivant son humeur et son degré d'égarement du moment, ses intérêts politiciens tempérés par sa conception variable du destin de la Frane et le sens du vent, quand il réussissait à le saisir ; Nicolas Sarkozy, lui, ne lancera ni appel de Cochin ni proposition d'un nouveau référendum sur un traité qui aurait déjà été ratifié deux ans plutôt, il est européen, c'est tout. S'agissant de l'Irak, alors que d'aucuns fustigent son atlantisme, qui serait excessif, je ne peux que constater qu'il a déclaré que la guerre des Etats-Unis contre l'Irak avait été une faute, et qu'il ait qualifié d'arrogante la morgue d'un Dominique de Villepin qui camoufle l'impuissance de la France sous son lyrisme de pacotille de pétomane poète du dimanche n'y change rien. Par ailleurs, il est celui des candidats qui s'est le plus clairement et le plus tôt prononcé pour une rupture avec la déshonorante politique de Jacques Chirac à l'égard de la Russie. Je me permets de rappeler que Poutine n'est pas Bush. Non, Poutine n'a pas bombardé Grozny comme Bush a bombardé Bagdad. Poutine, lui, ce Poutine que Jacques Chirac est toujours le premier à féliciter après chacun de ses sales coups, a tout simplement rasé Grozny.
Je passe rapidement sur quelques mesures ou prises de positions de Nicolas Sarkozy qui me séduisent. Tout d'abord, Nicolas Sarkozy est sans ambiguïté sur l'énergie nucléaire, et ne donne pas dans cette approche irrationnelle qui semble contaminer nos concitoyens bien au-delà des seuls rangs des Verts : l'énergie nucléaire est une bonne chose. Ensuite, Nicolas Sarkozy propose de garantir la continuité du service public, et demande que la prorogation des grèves au-delà de huit jours fasse l'objet d'un vote non contraignant des salariés à bulletin secret ce qui me paraît, si j'ose ce mauvais jeu de mots, le minimum syndical. En outre, lancer, comme il s'y engage, un grand plan de prévention et de recherche sur les maladies de la vieillesse me paraît indispensable. Enfin (parce qu'il faut bien s'arrêter), il propose l'instauration d'une procédure d'habeas corpus qui s'appliquerait avant toute mise en détention. Je pourrais aussi noter que, même si je considère que les 35 heures, que Nicolas Sarkozy ne porte pas dans son coeur, ont constitué une mesure globalement positive, voire très positive, elles ont, sans doute, posé trop de problèmes dans le secteur hospitalier et, au-delà, trop nui à la progression du pouvoir d'achat des salariés, mais arrêtons là.
Last but not least, Nicolas Sarkozy bénéficie du soutien de Simone Veil, voix de la sagesse, et de Valéry Giscard d'Estaing, incarnation d'un centre moderne, ouvert, réaliste, dynamique, éclairé et tolérant - j'ai d'ailleurs été très sensible au recentrage opéré à partir de son discours d'investiture. Et, accessoirement, de deux personnes que j'ai personnellement connues, qui figurent dans son entourage politique proche, et dont je sais les éminentes qualités intellectuelles, la culture et l'ouverture d'esprit.
Bref, Nicolas Sarkozy présente des qualités éminentes pour la fonction de Président de la République, et son projet, sérieux et ambitieux, est sans doute le plus convaincant. Des trois principaux candidats, c'est manifestement Nicolas Sarkozy qui est le plus apte à être notre prochain Président de la République. D'ailleurs, je dois avouer que, depuis la mort de François Mitterrand, j'ai rarement entendu, de la bouche d'un homme politique français vivant, des discours aussi forts que certains des discours de Nicolas Sarkozy. Je songe particulièrement au discours qu'il prononça le 14 janvier dernier lors du congrès d'investiture de l'UMP et, dans une moindre mesure, à celui prononcé au Zénith lors du meeting pour les jeunes.
Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie, mes chers dingues de lecteurs, d'accepter mes poutous les plus baveux.
tout cela pour faire monter les stats de son blog.. avant l'apothéose du dernier acte! (enfin j'espère!)
Sur le fond, j'ai bien peur que ce qui te séduise soit une sorte de "grandeur" typiquement française, d'inspiration gaullisto-miterrandienne, et qui justement me rebute et m'est complètement étrangère (elle me rebute aussi chez ségo, je te rassure).
Si la Vème république est dans cet état de délitèrement, c'est justement à cause des pratiques politiques de De Gaulle et de Miterrand, qui ne risquent pas de changer avec sarkozy vu son usage des différents réseaux..
Racaille de droite !
Sarkozy est un danger public pour la République et le modèle français. Il ne connait que le rapport de force et la grandiloquence. Il promet beaucoup, tient beaucoup moins.
Il a provoqué par son comportement et ses emportements des nuits d'émeutes dans nos banlieues. Il n'y a pas eu de morts, mais la prochaine fois ?
Je connais des journalistes qui l'ont fréquenté, interwievé, il ne se maitrise pas.
Il n'enterrera rien à droite, la droite française a toujours été divisée, la preuve Bayrou bouge encore, sans même évoquer Le Pen.
Sur le plan institutionnel, il va présidentialiser le régime, si comme il le promet, il se présentera devant l'Assemblée Nationale tous les ans pour faire le bilan de sa politique. Le Premier ministre passera à la trappe de fait. Mais il gardera le pouvoir de dissoudre l'AN, alors que l'AN n'aura pas le pouvoir de le faire tomber. Ce sera un déni de démocratie. Je n'évoquerai même pas le précédent historique et le césarisme que cela engendra. Il tiendra la presse, toutes les institutions (Chirac a placé des gens de droite à tous les postes et fonctions importantes de la République), les 2 Assemblées, le gouvernement.
"Travailler plus pour gagner plus", ce n'est pas possible pour les classes populaires comme les ouvriers, les caissiers, les infirmières... La charge de travail est déjà trop importante.
Il n'a pas beaucoup mouillé sa chemise au moment de la campagne sur le TéCE, ça lui a été reproché. Il veut adopter par la voie parlementaire un mini-TéCE, alors que le non (j'étais pour) a gagné par référendum, ne pas repasser par un référedum serait antidémocratique.
Il a supprimé la double-peine ? Il a supprimé surtout la police de proximité, la police n'est plus que repressive, le lien républicain est détruit entre la population et sa police. Il a fait organisé des "rafles" (j'emploie le terme sciemment avec toutes les conotations que l'on voudra bien y mettre) à la sortie des écoles ! Des pièges à la soupe populaire !
Il veut instaurer des peines planchées, bien la peine de jouer les humanistes en ayant supprimé la double peine. La peine planchée est un déni de justice, la main mise de l'exécutif sur le pouvoir judiciaire. Le juge doit en conscience pouvoir juger de la peine appropriée, même pour un récidiviste.
Il est déterministe, ce qui est en totale contradiction avec tous les principes de la République. Le Citoyen n'est pas déterminé génétiquement à sa naissance ! Il l'est déjà suffisement socialement.
Il est atlantiste. Il a beau jeu de se déclarer contre la guerre en Irak après qu'elle a montrée son total échec.
Vous le comparer à Villepin ou Chirac ou Debré ? Et ? Ils sont nuls, tout le monde le sait.
Victor Hugo doit se retourner dans sa tombe, c'est le retour de Louis-Napoléon, le césarisme est en marche.
Bouf ! passez-moi l'expression, je suis sur le cul ! passionnant, équilibré et compréhensible ! Un très grand merci pour cette belle et sereine explication !
Reboum ! je suis sur les rotules ! poussé par la curiosité, j'ai tout lu et relu (les différents épisodes). Eh ben ! eh ben ! eh ben ! j'ai des vapeurs ! je suis consterné par tant de sereines analyses après tous ces jours de fureurs diverses !
Bouf ! passez-moi l'expression, je suis sur le cul ! passionnant, équilibré et compréhensible ! Un très grand merci pour cette belle et sereine explication !
Vous devez savoir, chez potes de GA, que la raison qui me fait rester ici, ça n'est pas tant les rencontres (puisqu'elles se passent essentiellement sur Paris), mais parce que je retrouve sur ce site des gens particulièrement brillants, avec qui je converse avec grand plaisir. Et Monsieur Népomucène est assurément de ceux là !
juste une petite remarque à propos de ses discours...
moi aussi j'ai été séduit le 14 janvier, c'est vrai.
mais il y a une telle gouffre avec ce qu'il fait ensuite, que ça me rappelle mon passé sous une régime totalitaire^^
et à la différence de vous, je sais de quoi je parle.
Comme vous le savez, cher Népo, j'aime que les propos soient nuancés et argumentés. Votre long article relève de l'exercice bien conduit...
Trop, sans doute, pour ne pas inquiéter ma vilgilance.
La cohérence du projet économique de Sarkozy a échapé... au Medef comme à l'Institut de l'Entreprise ; la baisse des prélèvements obligatoires et l'accroissement de certaines dépenses promises au fur et à mesure de la campagne me semblent plutôt contradictoires.
Vouloir une réduction du taux de chômage à 5 % : noble projet, en effet. C'est oublier que "l'assouplissement raisonné du droit du travail" est, en réalité, la plus grande offensive jamais connue contre le droit du travail en France, dans une logique non de concertation mais d'opposition brutale aux syndicats. Permettez aussi que j'ironise sur l'éthique du capitalisme que vous croyez déceler dans le projet sarkozyen : il me semble que Sarkozy a compris qu'il fallait, comme celui qui est à la fois son modèle et son anti-modèle, Chirac, dire tout et son contraire, promettre à gauche pour pratiquer à droite. Les réactions à retardement face à l'affaire Airbus, le vote d'une loi permettant la privatisation de GDF après avoir juré le contraire en tant que ministre de l'économie, l'entourage amicale de Sarkozy lui-même me font douter qu'un projet de moralisation du capitalisme ne soit mis en œuvre par le candidat de l'UMP.
La réconciliation de la droite autour du projet européen a été réalisée par Chirac, par défaut de projet européen. Sarkozy est l'incarnation de cette continuité : vous êtes le seul observateur à considérer qu'il y a cohérence européenne ; les Allemands s'inquiètent d'une vision frnco-française de l'Europe, où les incantations sur l'euro fort et la BCE servent à masquer les problèmes inhérents au capitalisme français. J'aimerais que Sarkozy dise à Lagardère, à Bouygues, à Dassault et aux agriculteurs que la concentration des exportations françaises sur ces secteurs, qui connaissent des problèmes de compétitivité, dès lors que les marchés sont libérés et moins soutenus par l'État, oblige à réorienter la recherche-développement et les investissements productifs ; la est la difficulté (et pas tant dans une simple surévaluation de l'euro).
Les discours de Nicolas Sarkozy, depuis qu'ils sont écrits à deux mains, ont du souffle : je le reconnais. Mais j'aurais souhaité que votre argumentaion fût plus balancée et montre l'opportunisme de ces mêmes discours. L'héritier de Jaurès qu'il se dit être applique-t-il la mixité sociale à Neuilly, dont il est encore l'élu, et dans les Hauts-de-Seine ? Comment faire confiance à quelqu'un dont la pratique et les discours sont contradictoires ?
Sur les questions environnementales, on peut déplorer la faiblesse du programme d'un candidat qui apparaît souvent comme prisonnier des lobbies qui le soutiennent ou dont il recherche le soutien.
Enfin, je suis assez effrayé par les propos de quelqu'un qui, comme Nicolas Sarkozy, voudrait avoir un avis sur tout, tout en disant qu'il n'est pas spécialiste en la matière : le caractère inné de la propension au suicide et à la pédophilie, comme le désir de détecter dès l'âge de trois ans les tendances délictueuses m'inquiètent.
Nicolas Sarkozy a le mérite de décomplexer la droite, d'en faire l'aggiornamento, de disposer d'un projet plus abouti que ceux de Mme Royal et de M. Bayrou. Il y a aussi un désir de réhabiliter la volonté politique. On peut lui en savoir gré. En revanche, je ne décèle pas autant de cohérence que vous dans son projet, et voit beaucoup d'opportunisme dans une démarche néo-thatchérienne adaptée aux particularismes de la France.
Il me semble qu'il porte en germe un projet de décohésion sociale ; l'immobilisme de ses adversaires n'est pas la réponse adaptée ; c'est sans doute là que le bât blesse ; c'est sans doute cela qui explique qu'à moins de 24 heures de l'ouverture du scrutin en métropole, mon choix ne soit pas encore déterminé.
Puis, le jour où un "scientifique" va découvrir le gène de l'accaparateur et du complot mondialiste chez les Juifs, on se demande bien qu'elle sera la réaction de petit Nicolas.
Nicolas Sarkozy est un dictateur en puissance. (Ce qui ne veut pas dire qu'il sera dictateur un jour, mais qu'il peut potentiellement passer à l'acte). Et son élection démocratique ne changerait rien à cela. Il userait des réseaux qu'il a déjà l'habitude de tenir, de mettre sous pression, et qui sont si prompts à le servir...
Dire que Sarkozy n'est pas plus raciste ou réactionnaire que Chirac ou d'autres hommes politiques de droite ne revient pas à dire qu'il ne l'est pas ! Ce qui est plus grave, surtout, c'est qu'il est communautariste et que toute sa politique est clivante, ségregationniste. Même la discrimination positive n'est pas positive, car elle stigmatise toujours la population qu'elle cherche à mettre en valeur.
Lisons le dernier épisode avant d'en conclure quoi que ce soit.
Mais cette analyse - aussi brillante, précise et détaillée soit-elle - montre déjà trop que vous vous êtes bien éloigné de votre camp politique d'origine (non sans raisons, sans doute) et que vos valeurs ont changé !
"Nicolas Sarkozy est un dictateur en puissance." : j'en doute.
"Dire que Sarkozy n'est pas plus raciste ou réactionnaire que Chirac ou d'autres hommes politiques de droite ne revient pas à dire qu'il ne l'est pas !" : alors, pour que les choses soient plus claires, je le dis, Nicolas Sarkozy n'est pas raciste.
"Ce qui est plus grave, surtout, c'est qu'il est communautariste et que toute sa politique est clivante, ségregationniste." : hmmm... il me paraîtrait plus grave d'élire un raciste qu'un communautariste (étant entendu qu'un candidat pourrait être les deux, mais Nicolas Sarkozy, justement, n'est pas raciste).
"Mais cette analyse [...] montre déjà trop que vous vous êtes bien éloigné de votre camp politique d'origine (non sans raisons, sans doute) et que vos valeurs ont changé !" : c'est votre conclusion.
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Le bandeau ci-dessus a été conçu par M. Gayberry.
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Lecture(s) en cours :
Je me permets de vous indiquer quelques blogs divers et variés qui présentent au moins pour point commun de tous m'intéresser, quoique ce soit parfois pour des raisons différentes.
[NB1: la liste des blogs n'est pas exhaustive]
[NB2: les descriptions que je donne ci-dessous doivent être lues comme l'expression d'une sensibilité qui m'est personnelle et non comme le reflet fidèle de la réalité objective de ce qui est décrit]
[NB3: si malgré l'avertissement précédent l'un ou l'autre des auteurs de blog ci-dessous évoqués considérait que mon propos, forcément trop synthétique et imparfait, donne une idée de son blog trop éloignée de sa réalité, qu'il n'hésite pas à me le faire savoir]
- le protocole, c'est le protocole:
Donc je place en haut de cette liste le blog de Samdech Norodom Sihanouk, ancien Roi du Cambodge. Pour l'anecdote, sachez que Samdech Norodom Sihanouk du Cambodge est favorable au mariage des homosexuels.
- catégorie plutôt culturelle/littéraire, ici et ailleurs:
Je recommande vivement le blog de Matoo , que je lis rarement mais de plus en plus souvent et toujours avec le plus grand intérêt. Des réflexions de son auteur sur ce qu'il peut lire ou voir. Toujours bien écrit et intelligent.
Je recommande autant qu'il est possible de recommander le blog de Waves, voire plus. De la vie, de l'intelligence, du talent. Du foutre aussi, ce qui ne gâche rien.
Le blog de Matthieux est bien écrit comme c'est pas permis.
Depuis peu est apparu le blog de Sixte , jeune "scribouillard" (dixit himself) qui, à mon humble avis, scribouille très bien.
Je peux aussi vous recommander le blog d'Olivier.
Mais à mon avis, vous feriez mieux d'aller voir directement son site personnel , d'une très grande richesse, très bien écrit, qui mêle étroitement création littéraire et journal personnel (je ne sais si "intime" serait approprié).
- blogs régulièrement lus sur ce site:
Le blog de MisterPatate, poétique, à sa manière peut-être, mais assurément poétique.
Le blog de Etasseureuh , sale gosse à l'humour décapant.
Le blog de Diabolito, sans doute ce qui se rapproche le plus d'un journal intime réussi (je ne dis pas par là qu'il est exhaustif; il me semble que la question de la qualité d'un "journal intime" et celle de son exhaustivité sont indépendantes l'une de l'autre), avec ce qu'il faut de finesse d'observation de l'existence humaine (je dis existence et non pas nature pour des raisons que je ne développe pas pour l'instant).
Le blog de Nico_Paris12, chez qui je retrouve parfois quelques traits de ma vie, mais perçus avec un peu d'humour.
Le blog de Ricroel, "drôle malgré lui" (J. Diabolito); Ricroel a écrit les scénarios et les dialogues de plusieurs films de Woody Allen.
Tant qu'à faire, vous pouvez aussi lire celui de Matth-dk, qui n'est pas sot non plus.
Le blog de Bamf, décalé, mi-déjanté mi-sarcastique mi-autodérision (je sais, ça fait trois moitiés, mais je n'ai pas fait maths sup', alors bon, hein).
- ailleurs:
Le blog de Ruxor, qui est très loin d'être sot et doué d'une grande aptitude à l'analyse de la vie (précision: ne pas interpréter ce que j'en dis comme un jugement, car ce n'en est pas un).
Je regroupe ensemble les blogs de Bradshaw, Dextropropoxyphèneet Paumé dont les univers me paraissent proches, et me fascinent.
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Une fournée de nouveaux liens vous menant en divers endroits de la blogosphère (désormais par ordre chronologique d'ajout à mes liens) :
- chez freakydoll, parce qu'il y a du foutre et que ça me plaît,
- chez Elizabethtessier, électeur de trèmovèzfoa mais pratiquant parfois un humour 2bongoo2bonaloi, quoiqu'un peu cruel,
- chez Romain, parce que je trouve qu'il fait preuve d'une grande sensibilité, dans le meilleur sens du terme, dans ses articles sur ses relations avec les garçons,
- chez Jipé, un cadre sensible et plein d'humour, lecteur du journal dans lequel écrit Alexandre Adler, ce qui n'est pas une mince affaire,
- chez Pascal Riché, le correspondant aux Etats-Unis de Libération, et pas seulement parce que son blog m'a appris qu'aux Etats-Unis, à la piscine, les hommes se douchent collectivement et généralement sans maillot,
- chez Sixte (bis), parce qu'il a ouvert un autre blog, ailleurs,
- chez Kevin Sites, journaliste indépendant, actuellement en Irak pour la chaîne américaine NBC (en anglais),
- chez Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre, professeur d'économie, etc., dont le blog avait été évoqué sur le sien par Nicolas,
- chez Glenn Reynolds, professeur de droit à l'université du Tennessee, qui s'intéresse notamment aux questions des nouvelles technologies, de la liberté individuelle et de leurs relations,
- chez Pierre Haski, correspondant de Libération en Chine.
- sur le blog A l'heure américaine, que Pascal Riché vient (janvier 2005) d'ouvrir avec son collègue Fabrice Rousselot, le précédent blog de Pascal Riché, consacré à l'élection présidentielle américaine de novembre 2005, n'ayant plus lieu d'être,
- chez Chapichapo dont le blog présente cette particularité qu'il est régulièrement mis à jour quoique définitivement fermé,
- chez Baptiste Coulmont, sociologue enseignant à l'université de Paris 8 - Vincennes,
- sur la république des livres, le blog de Pierre Assouline, journaliste et écrivain, ancien directeur de Lire, chroniqueur au Monde 2, critique au Nouvel Observateur,
- chez Anatole (prénom fictif), pour son humour, pour ses qualités d’écriture, pour ses séries (bonnes lectures dominicales, jeunes giscardiens, belles cartes postales, etc.), pour Bernard Menez,
- chez Cathogay, dont le blog contient des lectures et des réflexions, le tout étant très intéressant, sur le sujet "être gay et être catholique" (et on n'est pas obligé d'être gay ni d'être catholique pour apprécier, hein),
- chez Oli, où l'on trouve des lectures, du ciné et de l'actu,
- chez Mike qui écrit de bien jolis récits de rencontre,
- chez Alain Juppé, ancien Premier Ministre, ex-futur Président de la République,
- sur le kolkhoz-blog, centre de réflexion et de prospective sur le marxisme-léninisme,
- chez Gerboise, parce que, pour un vulgaire rat, il écrit bien tout de même (bon, en plus, il est beau, mais je ne vais pas vous dire un truc pareil, on va encore me trouver superficiel),
- chez Hugoindigo, parce qu'il fait bon s'y promener,
- chez Matthieux, qui a ouvert un nouveau blog, ailleurs,
- chez M'sieu Pheel, parce qu'il est complètement ouf'.
Bloc permanent de la bogossité
Le principe est simple : si vous êtes l'une des personnes figurant dans ce bloc permanent, vous êtes invité à m'écrire. Je crois que je vous lirai avec plaisir.
20/04/07 - 18:02
Démarche très logique !
blenoragix