Bonjour. Je suis Monsieur Népomucène et je n'existe pas.

Ceci n'est pas un blog.



This is not a blog.

"Je ne voyage sans livres ny en paix ny en guerre".


(Montaigne, "Essais", Livre III, chapitre III)



"Le paradis à n'en pas douter n'est qu'une immense bibliothèque".


(Gaston Bachelard)




J'écoute : la circulation automobile
Je regarde : le ciel
Je lis : trop lentement, en fait
Je joue : uniquement au bureau
Je mange : moins, et c'est très bien
Je bois : de l'eau minérale plate
Je cite : "Le paradis, à n'en pas douter, n'est qu'une immense bibliothèque" (Bachelard)
Je pense : à des gens
Je rêve : de gens, et d'animaux
(mis à jour lundi 15 février 2010 à 17:36)

21/04/2007

21/04/07 - 17:28

Atermoiements d'un électeur lambda
Une série épistolaire du (non-)blog de Monsieur Népomucène

Episode du jour (épisode 8) :

Où des défauts possiblement rédhibitoires se mêlent à d'éminentes qualités


Mes chers dingues de lecteurs,

Nicolas Sarkozy présente à mes yeux, dans sa personnalité et dans son programme, d'indéniables qualités pour être notre président de la République. Las ! Il souffre également de quelques handicaps qui me paraissent vraiment extrêmement gênants.

Son programme économique me séduit, c'est vrai.Les critiques sur l'éventuelle casse sociale me laissent légèrement sceptique, dans la mesure où je considère que les potentialités dangereuses en matière sociale de son libéralisme seraient largement compensées en cas de succès économique. En somme, j'accorde le bénéfice du doute à Nicolas Sarkozy, et je pense que ce qu'il propose vaudrait d'être tenté.
Peut-être qu'un peu plus de libéralisme permettra effectivement à l'économie de mieux marcher, la promotion d'une éthique du capitalisme et l'établissement d'une sécurité sociale professionnelle constituant des filets de sécurité satisfaisants. Cependant, il ne serait pas raisonnable d'exclure complètement le risque que ça ne marche pas. Dans ce cas, les sacrifices auxquels on aura consenti (sur la sécurité de l'emploi, les droits sociaux, tout cela, quoi) pour que ce programme économique ambitieux soit réalisé, non seulement n'auront servi à rien, mais laisseront les plus exposés aux difficultés socio-économiques dans une situation encore plus délicate. Ajoutons que, quelles que soient la bonne volonté et la sincérité de Nicolas Sarkozy, il lui sera sans doute techniquement bien plus facile de réaliser le volet purement libéral de ce programme économique que d'instaurer une sécurité sociale professionnelle (comment qu'ils vont gueuler, au MEDEF, s'ils doivent mettre la main à la poche ! et je ne crois pas qu'un gouvernement de droite restera totalement sourd aux engueulades du MEDEF, quand bien même l'opinion française soutiendrait le gouvernement) et une éthique du capitalisme à l'échelle européenne (lourdeur bureaucratique, négociations à douze quinze vingt-cinq vingt-sept, longueur des procédures, etc.). En somme, il risque de se trouver tout un pan - disons, pour le dire excessivement vite, le pan modérateur, social-démocratisant, ou quelque chose comme ça - du projet économique de Nicolas Sarkozy qu'il ne va pas falloir espérer voir mis en place à court terme. Or ce qui rend particulièrement séduisant, à mes yeux, ce projet, c'est l'équilibre qu'assureraient la mise en place des deux piliers, le pilier libéral, et peut-être très libéral, et le pilier social-démocratisant. Pour filer la métaphore architecturale, je dirai qu'il n'est pas nécessaire d'être bien malin pour savoir que si l'on supprime l'un des piliers d'un édifice reposant sur deux piliers, tout se casse la gueule.

Non seulement le sort et même un début de réalisation du pilier social-démocratisant du projet de Nicolas Sarkozy ne sont pas assurés mais en outre certaines des mesures qu'il propose sont carrément antisociales. J'espère pour vous, mes chers dingues de lecteurs, qu'il n'est pas nécessaire de vous faire un dessin pour vous expliquer que laisser un forfait à la charge des assurés sociaux pour toute dépense de santé - ou de nombreuses dépenses de santé - est antisocial. Z'aviez pigé ça sans m'attendre, hein ? Très bien. Pas besoin non plus de vous expliquer que Nicolas Sarkozy, candidat autoproclamé de la rupture, chemine sur un sentier ouvert par la majorité actuelle, je suppose. Mais il n'y a pas que cela. A mon humble avis, considérer que verser les minima sociaux sans contrepartie serait de l'assistanat, c'est vraiment n'avoir aucune idée de ce que c'est que de vivre avec le RMI, ce qui est tout de même curieux pour un candidat qui prétend aimer le parler-vrai, la prise en compte des réalités telles que les Français les vivent au quotidien. Passons sur le fait que je vois mal quel travail on pourrait demander, ou plutôt exiger, car il s'agit bien de cela, pour un salaire aussi dérisoire que le RMI : une demi-journée par semaine de soutien scolaire aux élèves de maternelle qui rencontrent des difficultés en pâte à modeler ? le désherbage régulier du jardin de la Mairie ? Hmmm... On a (encore) dit une bien grosse bêtise, là, Nicolas, non ? Enfin, proposer de supprimer les droits de succession, non seulement cela me paraît encore plus injuste que le serait une suppression pure et simple de l'impôt de solidarité de la fortune, mais en outre c'est tout ce qu'on veut, sauf promouvoir le travail et le mérite, valeurs dont Nicolas Sarkozy se veut pourtant le champion.

Anti-social, le programme de Nicolas Sarkozy peut aussi être irresponsable. J'ignore comment vous jugez la promesse d'une baisse de quatre points de PIB du taux de prélèvements obligatoires. En tout cas, je ne suis pas d'accord avec ceux d'entre vous qui estimeraient que cette promesse relève de l'inconscience. Je ne suis pas non plus d'accord avec ceux qui jugeraient qu'il s'agit là de propos démagogiques. Je ne suis pas davantage d'accord avec ceux qui qui verraient en cette promesse une promesse intenable. Non, je ne suis pas d'accord. Parce que pour moi, promettre une baisse de quatre points de PIB du taux de prélèvements obligatoires, c'est à la fois de l'inconscience, de la démagogie et une promesse intenable. En somme, c'est tout à fait irresponsable.

Cependant, si un début de commencement de réalité devait être donné à cette promesse fiscale, elle ne s'en situerait pas moins dans le droit fil d'une certaine pratique sarkozyenne d'antan.Une baisse en cinq ans de quatre points de PIB du taux de prélèvements obligatoires serait un désastre ou, du moins, gardons le sens de la mesure et donnons à Nicolas Sarkozy le bénéfice du doute, une très mauvaise nouvelle. Les dépenses de l'Etat ne se réduiront pas drastiquement du jour au lendemain, d'autant que Nicolas Sarkozy ne propose pas davantage que ses concurrents ce qui serait un véritable programme d'austérié - que je ne souhaiterais d'ailleurs pas. Une baisse d'une telle ampleur des recettes fiscales se traduirait donc avant tout et tout d'abord par un creusement des déficits, un accroissement de la dette et une réduction des petites marges de manoeuvre dont dispose encore la puissance publique. Nicolas Sarkozy est un professionnel, pour cela. Je me permets de rappeler qu'après deux ans de Balladur - fausses réformes, fausse rigueur, faux keynésianisme (ou vrai keynésianisme mal compris) -, deux années au cours desquelles Nicolas Sarkozy est resté aux commandes de la politique budgétaire de notre pays, nous avons dû nous taper deux ans de Juppé, joyeux drille qui nous a serré la ceinture à tous. Certes, la personnalité d'Alain Juppé - un homme tellement sympathique qu'il réussirait à nous rendre le bonheur en sa compagnie totalement insupportable - n'aidait de toute façon pas à digérer la potion amère qu'il nous fit avaler, mais tout de même, si Alain Juppé n'avait pas trouvé la France dans l'état dans lequel il l'a trouvé. La situation des finances publiques était tellement dégradée (merci qui ? merci Nicolas !) qu'au cours des quatre-vingt premiers jours de son gouvernement, Alain Juppé a augmenté les impôts de quatre-vingt milliards de francs ! Les plus jeunes demanderont aux anciens munis d'une calculatrice combien ça fait en euros.L 'ère Balladur se sera essentiellement soldée par une véritable explosion de la dette publique. Qui c'est qui veillait sur l'argent public, votre argent ? C'est Nicolas Sarkozy ! Pour quels résultats ? Pour un gouvernement qui disait n'être candidat qu'au redressement de la France, ils sont bien minces. Le lancement de l'emprunt Balladur a donné de jolis clips à la télévision, avec de jolis champs de blé, et des idées de placement pour ma grand-mère. Pour la réduction du chômage, on peut toujours repasser. Pour l'intervention de l'Etat dans l'économie, mouarf, donner des primes aux acheteurs d'automobiles, i.e. surchauffer un marché déjà saturé, ce n'est pas franchement ce qu'il y a de plus génial comme action keynésienne. Je ne parle pas de l'absence de toute prise en considération des enjeux environnementaux là-dedans, ne faisons pas trop grief, au Nicolas Sarkozy d'alors, et à Edouard Balladur, de ne pas avoir été prophètes en leur pays et de ne pas avoir tellement réfléchi à des questions qui devenaient à la mode mais n'étaient pas présentés, du moins pas au même point qu'aujourd'hui, comme des enjeux cruciaux, voire vitaux. Oui, ils auraient quand même pu, mais bon, c'est toute l'époque qui aurait dû y songer davantage.

En revanche, en cette matière écologique, Nicolas Sarkozy ne saurait se prévaloir aujourd'hui de l'excuse que j'accorde au gouvernement Balladur d'il y a quatorze ans. Qui ne comprend qu'il faut agir et que les citoyens français réclament, je crois, une action résolue de l'Etat en la matière doit certainement vivre dans une cellule monastique du Mont-Athos ou alors dans une grotte du Mont-Sinaï. Mais voilà, Nicolas Sarkozy n'est nullement moine, il dispose de toute l'information nécessaire et plus encore, peut solliciter tous les experts qu'il souhaiterait solliciter, se présente à la présidence de la République en une époque où l'environnement est au coeur des préoccupations de la plupart des citoyens. Et que propose Nicolas Sarkozy ? Eh bien, pas grand-chose. Pas grand-chose du tout. Je ne vais pas détailler ici son programme écologique, mais je me bornerai à relever que des organismes non-partisans, des personnalités engagées (en matière environnementale, mais extérieures au jeu des partis politiques) et/ou qualifiées, la presse ont établi un certain nombre d'analyses comparées, aussi objectives et exhaustives que possible, des programmes des différents candidats en ce qui concerne l'environnement, non sans tenir compte de toutes les précisions que pouvaient apporter les candidats eux-mêmes au fil de leurs interventions publiques. Eh bien, force est de reconnaître qu'aucun comparatif n'a jamais permis de montrer que le programme de Nicolas Sarkozy se distinguait particulièrement par ses qualités sur ces questions. S'il se distinguait, c'était plutôt par un sensible déficit de prise en considération des problèmes environnementaux, et par une faiblesse notoire en comparaison des programmes de plusieurs de ses concurrents. Comment justifier telle incurie ? Sur ce sujet, je reconnais au moins à Nicolas Sarkozy de ne même pas tenter de faire semblant de la justifier, ni d'accréditer l'idée qu'il serait l'homme qu'il faut pour s'atteler sérieusement aux problèmes de la pollution, de l'énergie, de l'épuisement de certaines ressources, du développement durable, du réchauffement climatique. Il fait bien : il ne serait pas crédible une seule seconde.

Assez d'économie. L'économie, c'est un peu chiant à la longue, et puis la prévision est un art difficile, surtout quand elle concerne l'avenir. Venons-en à des sujets plus sociétaux, comme on dit quand on a lu les essais à la mode, et même quand on ne les a pas lus.

Je ne parlerai pas ici de la polémique suscitée par le j'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Je n'ai ni le temps, ni l'énergie d'étudier à fond cette polémique, et encore moins toutes les questions qu'elle soulève ou qui s'y rattachent. Je pense simplement qu'il aurait mieux fait de se taire, mais qu'il aurait aussi été de ne pas crier trop vite à l'eugénisme, voire de ne pas crier du tout à l'eugénisme, mais peu importe. Je salue simplement (kikooyou !) la modération avec laquelle Ségolène Royal a réagi, déclarant qu'elle ne souhaitait pas commenter ces propos et qu'elle laissait cette discussion aux spécialistes. Ségolène, pour la peine, et malgré tout, je te fais un bisou tout doux.

Je ne parlerai pas non plus de sa politique à l'égard de l'Islam. Je la méconnais trop, j'en méconnais trop l'histoire, les tenants, les aboutissants et les enjeux, je méconnais trop l'Islam (Islam historique comme Islam des textes), la réalité française de l'Islam, et les enjeux de l'organisation du culte musulman pour pouvoir m'exprimer à ce propos. Et j'avoue que je ne vais sans doute pas m'y intéresser dès demain matin.

En revanche, je reviendrai brièvement sur ses hommages, je crois répétés, à Jean-Paul II et son insistance sur l'utilité, l'intérêt, l'importance de la religion, ou des racines chrétiennes de l'Europe. Si l'on pose à un homme politique une question sur ses convictions religieuses, la courtoisie l'incitera, je suppose, à répondre. J'aurais tendance à lui conseiller la prudence, mais bon, il n'y aura sans doute jamais là de quoi fouetter un chat. François Mitterrand a évoqué en long, en large et en travers pendant des décennies, avec qui voulait l'entendre, son agnosticime, son interrogation sur les mystères de la foi, son rapport à la mort, son intérêt pour les grandes figures de l'histoire du christianisme, pour les prophètes de l'Ancien Testament, etc. Personne n'ignore que François Bayrou et Edouard Balladur sont catholiques pratiquants, nous savons que François Fillon l'est aussi, tout comme Jacques Delors. On leur poserait une question sur ce qu'ils pensent de Jean-Paul II, Benoît XVI, le curé de la ville de leur enfance, l'Inquisition, la métempsycose, La Mecque ou je ne sais quoi d'autre que je ne serais nullement choqué qu'ils y répondent. Je les écouterai même avec intérêt. Cependant, je suis gêné que l'on donne, au cours d'un meeting, sans même avoir été sollicité sur le sujet, comme référence de l'action publique une personnalité religieuse ou les propos de celle-ci, même si je trouve magnifique le N'ayez pas peur de Jean-Paul II (et je ne parle pas de l'affection et de l'admiration que j'éprouve à son endroit). Et je suis carrément choqué qu'un homme politique se mette à exhiber sa foi personnelle en plein meeting et à tenir des propos qui tendent à la constituer en vertu d'homme public. Evidemment, si Nicolas Sarkozy est catholique, il ne peut pas forcément, à tout instant de sa vie, faire abstraction de sa foi et de ses convictions religieuses. L'individu est un tout : quand il signe tel décret, c'est tout à la fois, en Nicolas Sarkozy, l'homme de droite, le catholique, le quinquagénaire, l'avocat blanc upper class, l'ancien balladurien, l'homme né à une certaine époque et vivant une certaine époque dans un certain milieu et fréquentant certaines personnes, le républicain, le père de famille, l'homme volage ou amoureux, l'homme de bonne ou de mauvaise humeur, etc., qui le signe. Il n'y a là rien de honteux. En revanche, j'estime qu'il n'a pas à évoquer et surtout invoquer de lui-même, en public, comme des références autorisantes, des éléments religieux. Ceux-ci doivent demeurer, dans toute la mesure du possible, dans sa sphère privée. Il n'a pas non plus à m'asséner un discours que je ne sollicite pas sur la religion - ou sur l'athéisme, d'ailleurs -, hors le cas où il s'agit de considérer la religion en tant qu'elle participe directement à la vie publique (du genre : je désapprouve les propos tenus sur la politique de mon gouvernement par le cardinal Machintruc, pour moi, la laïcité, c'est ceci ou cela, etc.). Bref, Nicolas Sarkozy, vous avez bien évidemment le droit d'être catholique, mais faut pas pousser, hein, ça ne vous autorise pas à la ramener publiquement sur la question. D'ailleurs, si vous êtes catholique, vous le savez bien : il faut rendre à Jacques Chirac ce qui est à Jacques Chirac et à Dieu ce qui est à Dieu.

J'évoquais dernièrement un certain moralisme à la con de Ségolène Royal, qui me les brise sévère. Je citais notamment sa réjouissante définition de la famille.Rubrique moralisme à la con, Nicolas Sarkozy n'est pas en reste. Lorsqu'il évoque, dans son projet, l'école comme un lieu de travail, d'autorité et de respect, je cherche en vain les mots savoir et connaissance (je pourrais ajouter vérité, mais ça pourrait passer pour un gros mot, donc je m'abstiens). Ramener l'école à une espèce de vaste Ségolènerie, franchement, merci, mais bon, pas trop pour moi.

Le moralisme à la con, c'est aussi niaiserie et hypocrisie. Par exemple, si je crois que Nicolas Sarkozy est tout à fait sincère et pas du tout homophoble lorsqu'il propose, dans son projet, la reconnaissance de la sincérité de l'amour homosexuel par une union civile, l'idée et la formule me paraissent tout de même tout à fait niaiseuse. L'amour, la sincérité et la sexualité n'ont jamais été consubstantiels du mariage, et ne le seront jamais. Franchement, depuis le temps que le mariage existe, si tel était le cas, voilà longtemps que cela se saurait. L'amour, la sincérité et la sexualité n'ont jamais été consubstantiels du mariage et, ajouterai-je, c'est tant mieux. Je ne veux pas que l'Etat s'occupe, de quelque manière que ce soit, de la place et de la forme de l'amour, de la sexualité et de la sincérité dans ma vie. Si le mariage signifie, pour tel ou tel individu, amour, sincérité et/ou sexualité, c'est une signification qu'il donne lui-même au mariage, ou que la société lui donne, mais c'est là une réalité individuelle et/ou sociologique, non quelque chose dont l'Etat devrait le moins du monde juger. S'il veut en savoir plus sur mes amours, ma sincérité et ma sexualité, l'Etat, je l'emmerde. Si j'estime que l'on doit permettre le mariage (ce en quoi je me différencie encore de Nicolas Sarkozy) de deux personnes du même sexe, que c'est tout simplement parce que c'est une question d'égalité des sexes : si j'ai le droit, en tant qu'homme, de me marier avec une femme et que les femmes sont les égales des hommes, je ne vois pas pourquoi on dénierait à une personne le droit qui m'est donné au motif qu'elle est une femme. C'est une pure et simple discrimination entre hommes et femmes. Et, inversement, si ma voisine a le droit de se marier avec un homme, je ne vois pas pourquoi je ne disposerais pas du même droit. En ce sens, je me sens plus proche du programme de Ségolène Royal sur la question quoique sur la base d'un raisonnement différent de celui qui est habituellement invoqué.

C'est aussi un moralisme à la con, hypocrite et niaiseux, digne des plus grandes heures de la vie et de l'oeuvre de Ségolène Royal qui anime Nicolas Sarkozy chaque fois qu'il parle de la drogue et de l'alcool. En effeet, quand bien même sa politique en la matière n'est pas vraiment déconnectée de la réalité (les fumeurs de joints risquent moins depuis le gouvernement Raffarin qu'auparavant), son discours sur la drogue et le vin a toujours été absurde : la drogue, c'est tout ce qu'on appelle ainsi, et on n'appelle pas drogue le vin, donc le vin n'est pas de la drogue, alors ne me faites pas croire que fumer un joint ce n'est pas considérablement plus grave que boire du vin, c'est d'la drogue ! Pourquoi ne pas admettre, tout simplement, comme j'entendis Dominique Strauss-Kahn le fit lors d'au moins une émission de télévision que la mansuétude dont bénéficient les boissons alcoolisées s'explique par des raisons purement culturelles, mais que ce n'est pas une raison pour autant, quand bien même cela paraît injuste, qu'on va légaliser le cannabis ? C'est clair, net, compréhensible, et ça ne dissimule rien. Je le dis tout de suite : dans l'idéal, je serais partisan d'une politique nettement plus libérale à l'égard des drogues. Cependant, l'approche honnête que je viens d'évoquer, consistant à admettre les choses comme elles sont, à assumer un choix politique en donnant les vraies raisons qui le sous-tendent, quand bien même elles sont contestables, me convient nettement plus que l'espèce de rhétorique du martèlement du mot drogue qui ne parvient même pas à occulter l'absence de véritable considération de santé publique dans certaines disparités caractérisant le droit applicable à certaines substances. Et, franchement, je pense qu'un fumeur de joints de dix-sept ans trouverait Nicolas Sarkozy un peu moins ridicule s'il mettait un peu d'eau dans son discours sur le sujet, ce qui n'implique pas du tout qu'il soit obligé à changer de politique. Au contraire, il pourrait poursuivre la même politique, mais elle serait mieux acceptée.

Rubrique sociétale toujours, quid du ministère de l'immigration et de l'identité nationale ? Je ne suis pas de ceux qui voient en Nicolas Sarkozy un danger pour la République, ni un Le Pen light, ni un Le Pen masqué, ni un facho, ni un danger pour la République. A propos de la proposition d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, je ne souhaite pas, même si c'est tentant, faire un procès d'intention à Nicolas Sarkozy. En revanche, je suis tout à fait sur la même ligne que Simone Veil : je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi cette proposition. Je n'en vois nullement la nécessité (je passe sur les éventuelles motivations électoralistes). L'identité nationale n'a nul besoin d'un ministère. L'identité nationale, tout le gouvernement, tout l'Etat, toutes les administrations en sont porteurs, mais aussi tous les citoyens, l'air que je respire, les paysages que je vois, les aspects plaisants et déplaisants de mon pays, le dessert que j'ai mangé hier soir à la brasserie, les livres de Mauriac que j'ai acheté avant-hier, le sol sur lequel je marche, la lumière de la côte bretonne, toute ma vie en France, et la vie de tous les Français passés, présents et à venir sur notre sol. L'identité nationale ne relève pas du travail gouvernemental, tout en lui étant... je ne sais s'il faudrait dire immanente ou transcendante... peut-être les deux. L'identité nationale est, tout simplement, et le gouvernement n'a pas à fixer ce qui serait une ligne idéologique, ou une définition officielle. La Constitution peut en donner un élément, mais l'identité nationale excède évidemment le champ de l'action publique et de la vie publique. Bien sûr, Nicolas Sarkozy, vous pouvez dire ce qu'est pour vous la France. J'aime d'ailleurs vous entendre en parler, mais quel besoin de nommer un ministre de l'identité nationale ? De quoi se mêlera-t-il ? Va-t-il m'expliquer ce que c'est que d'être français ? Mais je le connais, mon être-français à moi ! Je conçois que vous vouliez définir une politique de l'immigration, une politique de la naturalisation, il faut des critères, des règles, des procédures, etc. Mais franchement, un ministère de l'Identité nationale ! Ce n'est certainement pas l'horreur que dénoncent vos adversaires, mais ce n'en est pas moins absurde, grotesque et déplacé.

Voyons maintenant deux sujets qui ont constitué le coeur de l'action de Nicolas Sarkozy comme ministre de l'Intérieur : l'immigration et la sécurité. Je vous préviens tout de suite : mon approche de l'immigration n'est ni rationnelle ni objective. Elle ne repose pas non plus sur une connaissance poussée du sujet : j'ignore le détail, et peut-être même les grandes lignes du droit applicable à l'entrée et au séjour des étrangers sur le territoire national, et leur évolution ; je suivais cela avec bien davantage d'attention voici quelques années. Dans l'absolu, je souhaiterais que l'on puisse garantir à tous les habitants de cette Terre une absolue liberté de circulation. Je conçois que cela ne soit pas concevable ou, du moins, que diverses raisons incitent à restreindre l'application de ce principe de liberté de circulation. En tout cas, je préfèrerai une politique qui prend le risque d'être un petit peu trop hospitalier à celui d'une politique qui prend le risque d'être un petit peu trop restrictive. De même, en matière de sécurité, je préfère le risque d'un peu trop de laxisme à celui d'un peu trop de répression. C'est mon choix, comme on dit à la télévision. Je n'accuserai pas Nicolas Sarkozy d'être un facho ou quoi que ce soit de ce genre. Simplement, de mon tout petit point de vue de citoyen ordinaire, qui lui aussi s'est fait agresser, qui lui non plus n'aime pas les voyous, qui voudrait bien accueillir toute la misère du monde dans son pays mais reconnaît également que ce n'est pas possible actuellement, et à partir des deux tout petits principes subjectifs qui guident mon approche des questions considérées, je ne peux que constater ceci : Nicolas Sarkozy court davantage, en matière d'immigration, le risque d'être un petit peu trop restrictif que celui d'être un petit peu trop hospitalier (la prise en compte de la scolarisation des enfants comme critère de régularisation des sans-papiers me paraîtrait par exemple une bonne idée) ; Nicolas Sarkozy court davantage, en matière de sécurité, le risqued'être un peu trop répressif que celui d'être un peu trop laxiste. C'est pourquoi je considère qu'il ne répond pas à mes attentes, bien imparfaites et vagues, en la matière.

De manière plus générale, Nicolas Sarkozy s'est un peu trop identifié à la répression. Non seulement il voulait réprimer la délinquance, mais il a même rendu délictueux des faits qui ne l'étaient pas jusqu'auparavant, comme par exemple occuper une cage d'escalier. Ce développement de la répression, d'une exigence d'asepsie de la vie sociale et des quartiers m'incommode d'autant plus que les résultats obtenus ne sont pas formidables. Je ne dis pas que la politique de Nicolas Sarkozy s'est révélée totalement inefficace pour lutter contre l'insécurité. Je trouve simplement, au vu des derniers chiffres publiés, que certains chercheurs ont examiné de près et dans le détail, les résultats me paraissent un peu minces et/ou mitigés (je vous laisse prendre vous-même connaissance de la petite polémique ouverte à l'occasion de la publication de ces chiffres). Je ne suis pas certain que poursuivre, comme l'entend Nicolas Sarkozy, sur la même voie à l'avenir soit une très bonne idée.

J'ajouterai que le développement des fichiers au cours des cinq dernières années m'a paru un peu excessif. On fait désormais un fichier pour un oui ou pour un non et on y met tout le monde. Adversaire résolu du gaullisme, François Mitterrand disait en septembre 1965 à un journaliste : vous pouvez, en sortant de chez moi, être arrêté, jugé et fusillé dans les cinq jours sans que personne n'en sache rien, évidemment, cela n'arrivera pas, car nous avons un bon tyran, mais le régime gaulliste permet quand même cela. Fort heureusement, cette époque est révolue. Mais je crains une époque où l'on pourrait contrôler tous nos faits et gestes tous les jours grâce au développement, au recoupement, à la profusion des fichiers de toutes sortes. Quand bien même cela serait déjà possible, je sais que Nicolas Sarkozy ne s'en servirait pas, ou alors seulement contre les méchants. Certes, mais bon, tout de même, j'aimerais mieux que l'Etat fasse en sorte qu'un tel contrôle ne soit pas possible.Or je ne suis pas certain que cette tendance à la Big Brotherisation de la société, quand bien même une société à la 1984 ne demeurerait que très virtuelle, ne se prolonge pas au cours des prochaines années si Nicolas Sarkozy est élu président de la République.

Plus généralement encore, si j'ai été extrêmement sensible au recentrage de Nicolas Sarkozy à partir de son discours du 16 janvier, fort brillant et prometteur même si je ne l'approuvais pas dans sa totalité, j'ai été tout aussi sensible à la relative redroitisation, si je puis dire, de son propos à partir des environs de la mi-mars. Lorsque je me remémore le ton du discours du 16 janvier, je songe aux propos que tenait François Mitterrand en 1988, lors, je crois, du dernier meeting de sa campagne présidentielle : Nous ne sommes pas un camp qui veut abattre un autre camp, nous ne sommes pas les bons, et ils ne sont pas les méchants, même si eux croient qu'ils sont les bons et que nous sommes les méchants, nous voulons que la France s'unisse ! Eh bien, curieusement, le Sarkozy de ces dernières semaines, lui, ne m'évoque pas du tout de telles formules ! Au contraire, je retrouve ses côtés démago, rouleur de mécaniques, gesticulateurs, etc. Oh, je ne dis pas qu'il est bien pire, sur ce plan, que ses compétiteurs ! Peut-être même qu'on pourrait les mettre à égalité. Rubrique démagogie, François Bayrou et Ségolène Royal ont fait tout ce qu'il fallait pour se montrer à la hauteur de Nicolas Sarkozy. Cela dit, eux n'ont pas prononcé le discours du 16 janvier, ce qui ne m'a pas donné cette raison particulière d'être déçu que m'a donnée Nicolas Sarkozy.

Un tout petit mot de politique étrangère. J'ai déjà évoqué, en passant, dans mes précédents post, la politique européenne. Nicolas Sarkozy n'a pas à rougir en la matière. Néanmoins, j'éprouve quelque déception à la lecture de son programme : quel curieux manque d'ambition ! Voilà un europhile, à la tête du premier parti français, qui s'apprête à devenir Président de la République, qui dispose de si grands atouts et qui ne les met pas à profit ! Nicolas Sarkozy est un homme très populaire, attaché à la construction européenne, faisant montre d'une certaine constance en la matière, son parti est uni derrière lui, son parti n'est en outre plus divisé par la question européenne, et... il ne propose rien, ou presque ! Pour le coup, je trouverais presque Ségolène Royal plus intéressante, d'autant qu'elle a le mérite de proposer le peu qu'elle propose dans des conditions autrement plus difficiles que celles qui pèsent sur le centre-droit.

Je terminerai par deux considérations politiques que vous pourrez trouvez anecdotiques, mais auxquelles je tiens. Tout d'abord, comment oublier que des crétins parfaitement décérébrés comme Christian Vanneste et Eric Raoult ou cet abruti de Pascal Sevran soutiennent Nicolas Sarkozy ? Un candidat soutenu par de tels neuneus peut-il vraiment être un bon président? La question mérite qu'on y réfléchisse, d'autant que Vanneste et Raoult ne sont pas mon boucher et mon poissonnier mais deux députés UMP.

Comment conclure sur Nicolas Sarkozy ? Je ne reviens pas sur ce que j'ai écrit hier. Je lui trouve toujours d'éminentes qualités, et la stature d'un président de la République, mais... tout de même... quel gâchis ! Pourquoi compromettre de la sorte les chances de succès d'un projet aussi séduisant ? Les défauts de cet homme sont à la mesure de ses qualités. En outre, s'il nous assure qu'il a changé, il semblerait qu'il n'ait pas assez changé : tous les défauts du projet de Nicolas Sarkozy, tous les défauts de sa politique, tous les défauts de son comportement auraient pu être, pourraient être évités par lui.

Alors, demain, mes dingues de lecteurs, on fait quoi ? Eh bien, je vous le dis dans le prochain épisode, tout à l'heure.

Non sans vous conchier très affectueusement, je vous prie d'accepter, mes chers dingues de lecteurs, mes poutous les plus baveux.

Monsieur Népomucène.


Précédents épisodes :
(1) Récapitulation sommaire d'un passé électoral et petit test amusant ;
(2) De (plus ou moins) petits candidats ;
(3) Ségolène, le choix qui s'impose naturellement ;
(4) Obstacles rationnels à un choix naturel ;
(5) Et si j'essayais Bayrou ?
(6) A défauts minimes... candidat minime !
(7) Nicolas Sarkozy, candidat présidentiable... et présidentiel.

commentaires

21/04/07 - 17:39

Vous allez voter blanc le 22 avril... et Sarkozy le 6 mai...?!?! :)

21/04/07 - 17:44

Cher ami, je sais que cela représente un effort physique conséquent, mais si vous aviez l'obligeance, de temps en temps, à l'occasion d'une fin de paragraphe, d'enfoncer la touche du clavier qui permet un retour à la ligne, cela faciliterait notre lecture et reposerait nos yeux, déjà bien fatigués par les horreurs du monde qu'ils sont forcés de contempler chaque jour...

21/04/07 - 17:49

A propos du prédéterminisme génétique :
"le jour où un "scientifique" va découvrir le gène de l'accaparateur et du complot mondialiste chez les Juifs, on se demande bien qu'elle sera la réaction de petit Nicolas."
J'ai écrit ça, il y a 10 minutes sur votre posst concernant Sarkozy.

21/04/07 - 17:53

Oh, Solal !

21/04/07 - 18:01

De plus, voyez-vous, je trouve que vos analyses pertinentes s'il en est ne prennent pas la mesure de la personnalité, de l'environnement et de l'histoire personnelle et politique des candidats. Sarkozy est dangereux parce que son parti est un parti de godillots, ils le suivront dans tous ses délires. Qui osera le contrer dans son parti ?
Royal est moins dangereuse parce que le PS a l'habitude de se déchirer en interne et qu'Hollande est un homme lucide.

22/04/07 - 03:10

Certes, certes, de bien intéressants bémols ainsi que des prudences très Ségoléniques (je ne sais pas tout...) mais il manque, comme le fait très justement remarquer Stevezissou, la perspective partisane.

Quoiqu'en la matière on pourait dire que l'UMP a plus de cohérence interne dans les courrants qui la traverse (avec la fin du gaulisme historique) que le PS qui n'en fini pas son strabisme divergeant entre réforme et rupture.

Je reste fidèle à la capacité à concilier progrès humains et progrès économiques, à considérer que le bien commun ou l'intérêt général n'existe qu'en prenant d'abord en compte la défense et la protection des plus faibles et des plus démunis.

Pour cela, je maintiendrai...

22/04/07 - 15:05

Je pense que vous avez raison de relever ces lacunes dans mon approche, Karedig et Stevezissou. Cependant, je crains d'appréhender les choses un peu trop grossièrement si j'envisage la question sous cet angle. Et si je m'intéresse au point de vue des autres sur cette perspective partisane, j'ai toujours un peu de mal (à tort ou à raison) à souscrire vraiment aux analyses/points de vue que je peux lire sur ce sujet, que les analyses/points de vue en question soient alarmistes, rassurants, prudents, engagés, posés, nuancés ou je ne sais quoi d'autre.

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jeuneparisien1978

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Ce (non-)blog est rédigé sous le regard bienveillant de Népobitcheuh, mon gros singe... Il est beau, non? Népobitcheuh est une création originale de Jérômeuh.
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Le bandeau ci-dessus a été conçu par M. Gayberry.
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Lecture(s) en cours :




Je me permets de vous indiquer quelques blogs divers et variés qui présentent au moins pour point commun de tous m'intéresser, quoique ce soit parfois pour des raisons différentes.


[NB1: la liste des blogs n'est pas exhaustive]

[NB2: les descriptions que je donne ci-dessous doivent être lues comme l'expression d'une sensibilité qui m'est personnelle et non comme le reflet fidèle de la réalité objective de ce qui est décrit]

[NB3: si malgré l'avertissement précédent l'un ou l'autre des auteurs de blog ci-dessous évoqués considérait que mon propos, forcément trop synthétique et imparfait, donne une idée de son blog trop éloignée de sa réalité, qu'il n'hésite pas à me le faire savoir]

- le protocole, c'est le protocole:
Donc je place en haut de cette liste le blog de Samdech Norodom Sihanouk, ancien Roi du Cambodge. Pour l'anecdote, sachez que Samdech Norodom Sihanouk du Cambodge est favorable au mariage des homosexuels.

- catégorie plutôt culturelle/littéraire, ici et ailleurs:
Je recommande vivement le blog de Matoo , que je lis rarement mais de plus en plus souvent et toujours avec le plus grand intérêt. Des réflexions de son auteur sur ce qu'il peut lire ou voir. Toujours bien écrit et intelligent.
Je recommande autant qu'il est possible de recommander le blog de Waves, voire plus. De la vie, de l'intelligence, du talent. Du foutre aussi, ce qui ne gâche rien.
Le blog de Matthieux est bien écrit comme c'est pas permis.
Depuis peu est apparu le blog de Sixte , jeune "scribouillard" (dixit himself) qui, à mon humble avis, scribouille très bien.
Je peux aussi vous recommander le blog d'Olivier.
Mais à mon avis, vous feriez mieux d'aller voir directement son site personnel , d'une très grande richesse, très bien écrit, qui mêle étroitement création littéraire et journal personnel (je ne sais si "intime" serait approprié).

- blogs régulièrement lus sur ce site:
Le blog de MisterPatate, poétique, à sa manière peut-être, mais assurément poétique.
Le blog de Etasseureuh , sale gosse à l'humour décapant.
Le blog de Diabolito, sans doute ce qui se rapproche le plus d'un journal intime réussi (je ne dis pas par là qu'il est exhaustif; il me semble que la question de la qualité d'un "journal intime" et celle de son exhaustivité sont indépendantes l'une de l'autre), avec ce qu'il faut de finesse d'observation de l'existence humaine (je dis existence et non pas nature pour des raisons que je ne développe pas pour l'instant).
Le blog de Nico_Paris12, chez qui je retrouve parfois quelques traits de ma vie, mais perçus avec un peu d'humour.
Le blog de Ricroel, "drôle malgré lui" (J. Diabolito); Ricroel a écrit les scénarios et les dialogues de plusieurs films de Woody Allen.
Tant qu'à faire, vous pouvez aussi lire celui de Matth-dk, qui n'est pas sot non plus.
Le blog de Bamf, décalé, mi-déjanté mi-sarcastique mi-autodérision (je sais, ça fait trois moitiés, mais je n'ai pas fait maths sup', alors bon, hein).

- ailleurs:
Le blog de Ruxor, qui est très loin d'être sot et doué d'une grande aptitude à l'analyse de la vie (précision: ne pas interpréter ce que j'en dis comme un jugement, car ce n'en est pas un).
Je regroupe ensemble les blogs de Bradshaw, Dextropropoxyphèneet Paumé dont les univers me paraissent proches, et me fascinent.
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Une fournée de nouveaux liens vous menant en divers endroits de la blogosphère (désormais par ordre chronologique d'ajout à mes liens) :

- chez Benoit, parce qu'il le vaut bien,

- chez freakydoll, parce qu'il y a du foutre et que ça me plaît,

- chez Elizabethtessier, électeur de trèmovèzfoa mais pratiquant parfois un humour 2bongoo2bonaloi, quoiqu'un peu cruel,

- chez Romain, parce que je trouve qu'il fait preuve d'une grande sensibilité, dans le meilleur sens du terme, dans ses articles sur ses relations avec les garçons,

- chez Jipé, un cadre sensible et plein d'humour, lecteur du journal dans lequel écrit Alexandre Adler, ce qui n'est pas une mince affaire,

- chez Pascal Riché, le correspondant aux Etats-Unis de Libération, et pas seulement parce que son blog m'a appris qu'aux Etats-Unis, à la piscine, les hommes se douchent collectivement et généralement sans maillot,

- chez Sébastien Cramoisi, parce que son blog est très bien écrit,

- chez Fanougreenboy, dont j'aime bien le blog-notes régionaliste,

- chez la Potiche Suprême, parce qu'elle me harcèle pour que je fasse un lien, et puis bon, quand même, c'est la Potiche Suprême,

- chez Kris, parce que c'est mon Lapon préféré.

- chez Sixte (bis), parce qu'il a ouvert un autre blog, ailleurs,

- chez Kevin Sites, journaliste indépendant, actuellement en Irak pour la chaîne américaine NBC (en anglais),

- chez Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre, professeur d'économie, etc., dont le blog avait été évoqué sur le sien par Nicolas,

- chez Glenn Reynolds, professeur de droit à l'université du Tennessee, qui s'intéresse notamment aux questions des nouvelles technologies, de la liberté individuelle et de leurs relations,

- chez Pierre Haski, correspondant de Libération en Chine.

- sur le blog A l'heure américaine, que Pascal Riché vient (janvier 2005) d'ouvrir avec son collègue Fabrice Rousselot, le précédent blog de Pascal Riché, consacré à l'élection présidentielle américaine de novembre 2005, n'ayant plus lieu d'être,

- chez Chapichapo dont le blog présente cette particularité qu'il est régulièrement mis à jour quoique définitivement fermé,

- chez Baptiste Coulmont, sociologue enseignant à l'université de Paris 8 - Vincennes,

- sur la république des livres, le blog de Pierre Assouline, journaliste et écrivain, ancien directeur de Lire, chroniqueur au Monde 2, critique au Nouvel Observateur,

- chez M. le faune, dont j'ai évoqué le blog dans un article du mien,

- chez mon iench', dont je trouve l'écriture poétique,

- chez Cadence_rompue, parce que ce sera intime, oui, très intime,

- chez Ataegina, dont l’univers, à tort ou à raison, me paraît proche-du-mien-mais-pas-tout-à-fait,

- chez Farkas, blogueur réformé, austère et progressiste, dont les articles sont parfois un peu pornographiques,

- chez Furt, blogueur au talent indéniable,

- chez Anatole (prénom fictif), pour son humour, pour ses qualités d’écriture, pour ses séries (bonnes lectures dominicales, jeunes giscardiens, belles cartes postales, etc.), pour Bernard Menez,

- chez Cathogay, dont le blog contient des lectures et des réflexions, le tout étant très intéressant, sur le sujet "être gay et être catholique" (et on n'est pas obligé d'être gay ni d'être catholique pour apprécier, hein),

- chez Oli, où l'on trouve des lectures, du ciné et de l'actu,

- chez Mike qui écrit de bien jolis récits de rencontre,

- chez Neimad, dont j'ai déjà parlé dans un récent post,

- chez Chickenfamille, qui raconte sa vie d'ado insipide (ce n'est pas moi qui le dis, c'est lui),

- chez -alias- adoré, parce j'adore -alias- adoré, et que j'adore son blog,

- chez Margotte, parce qu'elle est bonnasse,

- chez Steve Zissou, parce qu'en fait c'est la grosse Babête,

- chez Alain Juppé, ancien Premier Ministre, ex-futur Président de la République,

- sur le kolkhoz-blog, centre de réflexion et de prospective sur le marxisme-léninisme,

- chez Gerboise, parce que, pour un vulgaire rat, il écrit bien tout de même (bon, en plus, il est beau, mais je ne vais pas vous dire un truc pareil, on va encore me trouver superficiel),

- sur Dyschromatopsy, photoblog que j'aime beaucoup,

- chez Pacannerabo, qui, en plus d'être mon p'tit Sarthois, a oublié d'être bête,

- chez Jean Quatremer, qui s'occupe des questions européennes à Libé,

- chez Morrissey, qui, en plus d'être trop beau, a oublié d'être con,

- chez Willywalt, qui souffre du même genre de défauts que Morrissey,

- chez Garûdûdû, ouaibmaster adoré de mon site préféré,

- chez Matt, qui souffre du même problème que Garûdûdû, et le suit dans l'ordre alphabétique,

- chez - mon Chapichapoupounénet à meuha, qui a ouvert un autre gue-blo en plus de celui évoqué ci-dessus,

- chez Hugoindigo, parce qu'il fait bon s'y promener,

- chez Matthieux, qui a ouvert un nouveau blog, ailleurs,

- chez M'sieu Pheel, parce qu'il est complètement ouf'.

Bloc permanent de la bogossité

Le principe est simple : si vous êtes l'une des personnes figurant dans ce bloc permanent, vous êtes invité à m'écrire. Je crois que je vous lirai avec plaisir.

Dans l'ordre alphabétique :


Benjamin Biolay


Daniel Brühl


Arnaud Cathrine


Lorant Deutsch


August Diehl


Jérémie Elkaïm


Jean Galfione


Louis Garrel


Richard Gasquet


Stanislas Merhar


Amalric Gérard


Melvil Poupaud


Stéphane Rideau


Guillaume Romain


Robinson Stévenin

Aurélien Wiik


Florian Zeller


Malik Zidi

Monsieur Népomucène may explode without warning
M
EXPLOSIVE

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