Bonjour. Je suis Monsieur Népomucène et je n'existe pas.
Ceci n'est pas un blog.
This is not a blog.
"Je ne voyage sans livres ny en paix ny en guerre".
(Montaigne, "Essais", Livre III, chapitre III)
"Le paradis à n'en pas douter n'est qu'une immense bibliothèque".
(Gaston Bachelard)
J'écoute : la circulation automobile Je regarde : le ciel Je lis : trop lentement, en fait Je joue : uniquement au bureau Je mange : moins, et c'est très bien Je bois : de l'eau minérale plate Je cite : "Le paradis, à n'en pas douter, n'est qu'une immense bibliothèque" (Bachelard) Je pense : à des gens Je rêve : de gens, et d'animaux (mis à jour lundi 15 février 2010 à 17:36)
De peu d’hommes, il est permis de dire qu’ils deviennent une silhouette coulée dans un ton, comme une caricature réussie de ce qu’on leur reprocha d’être et qui finit par faire, l’âge venu et le pouvoir disparu, sinon leur charme, du moins leur singularité. Ou plus exactement : leur discrète panoplie de liberté. Edouard Balladur appartient à cette espèce huronne. A 80 ans, il en fait dix de moins et semble installé dans sa spécificité, juste comme il faut : ni sur le bord du fauteuil ni tout au fond du trône. Ce pourrait être une pose, mais une certaine douceur fait que tout va de soi. L’emphase est retenue par la simplicité, et il n’y a guère que lui qui puisse dire avec naturel : «Je ne me juge pas par rapport aux autres.»
Lorsqu’on lui demande quel texte l’a ému plus que tout autre dans sa vie, il répond : «Les quelques phrases que Pascal portait sur lui à sa mort, écrites sur un morceau de tissu, et qui résumaient sa foi en Dieu plus qu’elles ne l’expliquaient. C’est la naissance du romantisme.» Le Mémorial est le fruit d’une extase mystique qui eut lieu dans la nuit du 23 novembre 1654, et qui livra Pascal à Dieu. Comme lui, Balladur est croyant et d’un orgueil sur la réserve. Mais il ajoute en souriant : «Chez Pascal, ce qu’il y a de beau, c’est la misère de l’homme sans Dieu. J’aime moins son bonheur de l’homme avec Dieu…»
Sa femme lui offre des livres d’Amélie Nothomb, qu’il évalue d’une moue. Il a beaucoup lu Rousseau à 15 ans, mais, avec Pascal, ses auteurs de chevet restent Rimbaud, «que je relis tous les deux ou trois ans», et Proust, qu’il évoque dans son livre sur ses deux années de cohabitation avec François Mitterrand. Livre si juste, et si révélateur de son auteur, que l’idée nous est venue d’aller le voir pour parler, comme on l’aura compris, de son plaisir et de lui-même en littérature. Rimbaud lui donna un «sentiment extraordinaire de nouveauté, d’imprévu, d’une beauté à laquelle on parvient par l’inattendu». Et il a, sur lui, ces phrases naïves et pertinentes : «Son génie extraordinaire et tellement précoce, je ne comprends pas pourquoi il l’a si vite étouffé. Je n’ai jamais rien lu qui explique ce suicide.» Proust, «je l’ai lu à 40 ans. J’étais secrétaire général adjoint du président Pompidou et j’avais des loisirs…». Dans l’Enfer de Matignon (Albin Michel), de Raphaëlle Bacqué, il est le seul ancien Premier ministre à ne pas dire sa fatigue. Ce n’est pas lui qu’on entendra se plaindre d’un travail accablant ou, comme la Verdurin, de ses migraines. Proust l’a d’abord déçu par son «pinaillage» : «Je trouvais la passion de Swann pour Odette ennuyeuse. Je suis alors directement allé au dernier tome, le Temps retrouvé, et soudain tout s’est expliqué. Puis, quoi de plus beau que M. de Charlus vieilli remontant avec Jupien les Champs-Elysées ?» De la duchesse de Guermantes, il n’aime pas la méchanceté, «qui est une forme rustique et élémentaire de l’esprit : en avoir quand on est gentil, c’est plus dur».
Il reçoit au secrétariat d’Etat aux Anciens, dans un bureau attribué au Comité pour la réforme des collectivités locales, à la présidence duquel Nicolas Sarkozy l’a nommé. En 1993-1995, du temps qu’il était Premier ministre, on disait qu’il éprouvait pour le futur président une tendresse fascinée. «Fascination ? C’est un terme un peu fort… en tout cas de ma part. Admiration, plutôt, pour son extraordinaire vitalité. Ce qu’il y a, c’est qu’il bouge, Sarkozy. Il s’adapte. J’ai déjeuné avec lui voilà huit jours… Vous savez, c’est un phénomène de la nature !» C’est le seul moment où l’émotion semble, de manière imperceptible, le dominer. Le reste du temps, tout est emprunt de courtoisie, d’ironie, d’une ingénuité armée. La litote est la figure favorite d’un homme qui craint toujours de s’abaisser à trop en dire.
Du temps qu’il lisait Proust, il aimait Pompidou : «Il était l’exemple le plus parfait de ce qu’avait dit Malraux, lorsqu’il définissait l’intelligence comme la capacité à détruire la comédie. C’était un destructeur de comédie et je n’aime pas la comédie.» Il rappelle volontiers que Pompidou est mort jeune, et que, «pour juger un homme, il faut savoir à quel âge il est mort : qu’aurait-on dit de Victor Hugo s’il était mort à 50 ans ?» Rien ne montre mieux le regard qu’il veut porter sur lui-même, ni l’étoffe de son livre, que la manière dont il en définit les limites : «Je suis allé aussi loin dans les révélations qu’il me semble que ma nature et mes principes me le permettent.» Et il demande, inquiet de l’image vindicative qu’il pourrait donner : «J’ai veillé du mieux que j’aie pu à être équitable envers Mitterrand. Croyez-vous que cela se sente ?»
Oui, mais sans pitié ni complaisance, et dans un perpétuel vernis de grandeur d’âme. Fixé par quelques médaillons qui sentent son moraliste, en particulier lorsqu’il étrille Chirac, son journal d’une cohabitation acceptée, comme de convenance, est écrit d’après les notes qu’il dictait. Il a attendu que le mort soit bien mort, et - il sourit - «qu’il soit temps pour moi de le faire». On découvre un Mitterrand trop humain : amateur féroce et enjoué de manipulation, semeur de zizanie, vieillard aux aguets qui, approchant la mort, ne s’éloigne ni de ses défauts ni de la vie. Edouard Balladur le voit renaître d’entre les morts en avalant des huîtres, blêmir d’émotion devant le corps de Pierre Bérégovoy, à l’hôpital, où lui-même a l’élégance des gens qui partent juste avant d’être de trop. En résumé, «il séduisait et manipulait pour dominer. Je crois qu’il ne concevait pas l’égalité. Ce n’était pas un homme doué pour la reconnaissance ni la sérénité. La fin de sa vie a été plus pathétique que pour un autre».
Lui demande-t-on de quel personnage historique il se sent le plus proche, il a cette réponse, nouveau symptôme de son orgueilleuse délicatesse : «Je n’aime pas ce terme, "proche", car il me semble prétentieux. Mais ce que j’admire le plus, au fond, c’est la capacité à résister au conformisme. Le 18 Juin 40, qui dit mieux ?» Du livre, comme de l’entretien, il ressort un point commun entre Chirac et Mitterrand : «Pour faire quelque chose qu’on croit utile de son pouvoir, il faut être prêt à le perdre. Or, ni l’un ni l’autre n’ont jamais rien mis en jeu. La présence au pouvoir, pour eux, était plus importante que ce qu’on en fait.» Et c’est encore une façon, pour Balladur, de se définir tel qu’il se voit. Il affirme dans le livre qu’il n’a pas été au fait des manœuvres que des hommes tels que Pasqua organisaient autour de lui. Les malins ricaneront, ce n’est pas improbable : son intelligence ne semble pas vouloir descendre jusqu’où sa vie l’a mené. Que croit-il qu’il lui ait manqué pour séduire les Français ? «Leur parler le langage du cœur. J’ai négligé le côté sentimental de la politique.» Il va écrire un autre livre, Le libéralisme a-t-il un avenir ? La réponse est «oui, mais à certaines conditions». L’Etat, selon lui, n’a pas utilisé les moyens dont il disposait pour contrôler le marché. Ensuite, livre écrit, «j’irai marcher, et je lirai. Que faire d’autre ?»
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Le bandeau ci-dessus a été conçu par M. Gayberry.
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Lecture(s) en cours :
Je me permets de vous indiquer quelques blogs divers et variés qui présentent au moins pour point commun de tous m'intéresser, quoique ce soit parfois pour des raisons différentes.
[NB1: la liste des blogs n'est pas exhaustive]
[NB2: les descriptions que je donne ci-dessous doivent être lues comme l'expression d'une sensibilité qui m'est personnelle et non comme le reflet fidèle de la réalité objective de ce qui est décrit]
[NB3: si malgré l'avertissement précédent l'un ou l'autre des auteurs de blog ci-dessous évoqués considérait que mon propos, forcément trop synthétique et imparfait, donne une idée de son blog trop éloignée de sa réalité, qu'il n'hésite pas à me le faire savoir]
- le protocole, c'est le protocole:
Donc je place en haut de cette liste le blog de Samdech Norodom Sihanouk, ancien Roi du Cambodge. Pour l'anecdote, sachez que Samdech Norodom Sihanouk du Cambodge est favorable au mariage des homosexuels.
- catégorie plutôt culturelle/littéraire, ici et ailleurs:
Je recommande vivement le blog de Matoo , que je lis rarement mais de plus en plus souvent et toujours avec le plus grand intérêt. Des réflexions de son auteur sur ce qu'il peut lire ou voir. Toujours bien écrit et intelligent.
Je recommande autant qu'il est possible de recommander le blog de Waves, voire plus. De la vie, de l'intelligence, du talent. Du foutre aussi, ce qui ne gâche rien.
Le blog de Matthieux est bien écrit comme c'est pas permis.
Depuis peu est apparu le blog de Sixte , jeune "scribouillard" (dixit himself) qui, à mon humble avis, scribouille très bien.
Je peux aussi vous recommander le blog d'Olivier.
Mais à mon avis, vous feriez mieux d'aller voir directement son site personnel , d'une très grande richesse, très bien écrit, qui mêle étroitement création littéraire et journal personnel (je ne sais si "intime" serait approprié).
- blogs régulièrement lus sur ce site:
Le blog de MisterPatate, poétique, à sa manière peut-être, mais assurément poétique.
Le blog de Etasseureuh , sale gosse à l'humour décapant.
Le blog de Diabolito, sans doute ce qui se rapproche le plus d'un journal intime réussi (je ne dis pas par là qu'il est exhaustif; il me semble que la question de la qualité d'un "journal intime" et celle de son exhaustivité sont indépendantes l'une de l'autre), avec ce qu'il faut de finesse d'observation de l'existence humaine (je dis existence et non pas nature pour des raisons que je ne développe pas pour l'instant).
Le blog de Nico_Paris12, chez qui je retrouve parfois quelques traits de ma vie, mais perçus avec un peu d'humour.
Le blog de Ricroel, "drôle malgré lui" (J. Diabolito); Ricroel a écrit les scénarios et les dialogues de plusieurs films de Woody Allen.
Tant qu'à faire, vous pouvez aussi lire celui de Matth-dk, qui n'est pas sot non plus.
Le blog de Bamf, décalé, mi-déjanté mi-sarcastique mi-autodérision (je sais, ça fait trois moitiés, mais je n'ai pas fait maths sup', alors bon, hein).
- ailleurs:
Le blog de Ruxor, qui est très loin d'être sot et doué d'une grande aptitude à l'analyse de la vie (précision: ne pas interpréter ce que j'en dis comme un jugement, car ce n'en est pas un).
Je regroupe ensemble les blogs de Bradshaw, Dextropropoxyphèneet Paumé dont les univers me paraissent proches, et me fascinent.
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Une fournée de nouveaux liens vous menant en divers endroits de la blogosphère (désormais par ordre chronologique d'ajout à mes liens) :
- chez freakydoll, parce qu'il y a du foutre et que ça me plaît,
- chez Elizabethtessier, électeur de trèmovèzfoa mais pratiquant parfois un humour 2bongoo2bonaloi, quoiqu'un peu cruel,
- chez Romain, parce que je trouve qu'il fait preuve d'une grande sensibilité, dans le meilleur sens du terme, dans ses articles sur ses relations avec les garçons,
- chez Jipé, un cadre sensible et plein d'humour, lecteur du journal dans lequel écrit Alexandre Adler, ce qui n'est pas une mince affaire,
- chez Pascal Riché, le correspondant aux Etats-Unis de Libération, et pas seulement parce que son blog m'a appris qu'aux Etats-Unis, à la piscine, les hommes se douchent collectivement et généralement sans maillot,
- chez Sixte (bis), parce qu'il a ouvert un autre blog, ailleurs,
- chez Kevin Sites, journaliste indépendant, actuellement en Irak pour la chaîne américaine NBC (en anglais),
- chez Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre, professeur d'économie, etc., dont le blog avait été évoqué sur le sien par Nicolas,
- chez Glenn Reynolds, professeur de droit à l'université du Tennessee, qui s'intéresse notamment aux questions des nouvelles technologies, de la liberté individuelle et de leurs relations,
- chez Pierre Haski, correspondant de Libération en Chine.
- sur le blog A l'heure américaine, que Pascal Riché vient (janvier 2005) d'ouvrir avec son collègue Fabrice Rousselot, le précédent blog de Pascal Riché, consacré à l'élection présidentielle américaine de novembre 2005, n'ayant plus lieu d'être,
- chez Chapichapo dont le blog présente cette particularité qu'il est régulièrement mis à jour quoique définitivement fermé,
- chez Baptiste Coulmont, sociologue enseignant à l'université de Paris 8 - Vincennes,
- sur la république des livres, le blog de Pierre Assouline, journaliste et écrivain, ancien directeur de Lire, chroniqueur au Monde 2, critique au Nouvel Observateur,
- chez Anatole (prénom fictif), pour son humour, pour ses qualités d’écriture, pour ses séries (bonnes lectures dominicales, jeunes giscardiens, belles cartes postales, etc.), pour Bernard Menez,
- chez Cathogay, dont le blog contient des lectures et des réflexions, le tout étant très intéressant, sur le sujet "être gay et être catholique" (et on n'est pas obligé d'être gay ni d'être catholique pour apprécier, hein),
- chez Oli, où l'on trouve des lectures, du ciné et de l'actu,
- chez Mike qui écrit de bien jolis récits de rencontre,
- chez Alain Juppé, ancien Premier Ministre, ex-futur Président de la République,
- sur le kolkhoz-blog, centre de réflexion et de prospective sur le marxisme-léninisme,
- chez Gerboise, parce que, pour un vulgaire rat, il écrit bien tout de même (bon, en plus, il est beau, mais je ne vais pas vous dire un truc pareil, on va encore me trouver superficiel),
- chez Hugoindigo, parce qu'il fait bon s'y promener,
- chez Matthieux, qui a ouvert un nouveau blog, ailleurs,
- chez M'sieu Pheel, parce qu'il est complètement ouf'.
Bloc permanent de la bogossité
Le principe est simple : si vous êtes l'une des personnes figurant dans ce bloc permanent, vous êtes invité à m'écrire. Je crois que je vous lirai avec plaisir.
31/10/09 - 10:10
Très belle conclusion.
Anatole (prénom fictif) (visiteur)